Pointage des canons et des obtésiers. Les canons
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et les obusiers sont tirés sous des angles variables ; ceux-ci vont quelquefois jusqu'à 15"* ou 16^^ quand on veut que le projectile arrive au but en plongeant derrière les masse» couvrantes et atteigne des objets qu^on ne peut pas découvrir directement.
Les canons et les obusiers portent deux crans , l'un sur la plate-bande de culasse, l'autre sur le bourrelet ou la plate-bande prés de la bouche ; la ligne qui les joint et qu'on nomme ligne de mire^ passe ainsi par les points les plus élevés et se trouve dans le plan qui serait mené par l'axe de la bouche à feu , perpendiculairement à celui des tourillons.
Les tourillons étant horizontaux , on dirige la ligne de mire sur la crête du parapet ; ensuite , on fait tourner la bouche à feu autour des tourillons , jusqu^à ce que Taxe ait Finclinaison voulue ; dans cette détermination , on doit tenir compte du relèvement habituel du projectile , au sortir de l'àme (212 à 214).
On mesure Tinclinaison au moyen d^un fil-à-plomb et d'un arc de cercle tracé sur une sorte de triangle évidé en bois , qui affecte ainsi la forme d'un sextan. Les divisions sont plus grandes que sur le quart de cercle employé pour les mortiers et on peut pointer avec plus de précision ; cette condition est plus importante dans ce tir, parce que une petite erreur sur Tinclinaison produit , dans les portées , une différence d'autant plus grande que la vitesse l'est elle-même.
Dans des expériences , on remplace avec avantage les arcs de cercle et le fil-à-plomb, par- une sorte de fausse équerre et un niveau à bulle d'air ; l'une des branches se place sur la bouche à feu ; l'autre , qui est mobile sur un arc de cercle ou sur une ligne droite divisée , est mise horizontale à l'aide du niveau à bulle d^air.
Pour avoir la véritable inclinaison de l'axe avec ces
ÎDslruments , il faut tenir compte de l^ioclinaison relative des génératrices de la surface extérieure sur laquelle on les applique.
Cette inclinaison .est mesurée par le rapport de la différence des demi-diamétres de deux cercles de la surface du renfort sur lequel on pose l'instrument, à la distance qui les sépare. Ces dimensions sont , en général , données avec exactitude , par les tables de construction des bouches à feu.
255. Pointage au moyen de la hausse. A Femploi du quart de cercle et à d'autres instruments dont le rayon des arcs divisés , toujours petit , ne donne pas une grande précision , on a substitué un procédé dans lequel la longueur de la bouche à feu sert de rayon, et où l'arc divisé en degrés, est remplacé par une petite règle divisée en parties égales.
Cette régie est placée à la culasse , sur le rayon de la plate -bande perpendiculaire à Taxe des tourillons; la quantité dont elle sert à le prolonger, s'appelle la hausse. Le rayon visuel qui part de Fextrémité de la hausse et qui est tangent au bourrelet dans les canons , à la plate-bande de la bouche dans les obusiers, est dirigé sur le but; cette ligne de mire fait un certain angle avec Taxe. Lorsque la hausse est déterminée pour la position donnée du but , on fait mouvoir la bouche à feu jusqu^à ce que le rayon visuel passe par le point à battre. Dans cette position , Taxe de la bouche à feu a l'inclinaison voulue , et la trajectoire passe par le même point.
Par ce moyen , une seule opération suffit pour pointer ; il en résulte , que le procédé est à la fois trés-expéditif et très-exact.
256. Relation des hausses et des angles de mire. Soit 0 (Fig. 52) le centre de la bouche à feu , OA le prolongement de Taxe, M le point â battre, P sa projection
sur rhorizontale OP ; soit OB le rayon du bourrelet , et DC celui de la culasse, situés dans le plan vertical de tir ; on mène MB ; celte ligne détermine sur le rayon DC de la culasse prolongé, un points F, et la hausse CF qui convient à la distance OM. Si le point I est Tintersection du rayon visuel BM avec l'axe prolongé OA, l'angle FID est l'angle de mire égal à l'angle FBC, BG étant mené parallèlement à Tase OD de la bouche à feu. L^angle de mire m est facile à déterminer, au moyen de Tangle de projection AOP = 9 , de Tangle d'élévation du but HOP = e, et de l'angle BMO = t , sous lequel le rayon de la culasse est vu du but ; car le triangle IMO donne FID = AOM + IMO , ou
On a déjà fait voir (95) que tant que les angles ne sont pas grands , c'est-à-dire dans le tir habituel des canons et des obusiers, l'angle de projection rapporté à la ligne qui va de Fa bouche à feu au but, est sensiblement indépendant de Félévation de ce but ; et , comme Tangle 1 est constant, cela revient à dire que si le point M s'élève, en restant toujours à la même distance du point 0 , et que Finclinaison relative AOM du canon reste la même , la trajectoire passera par le point M et que Fangle de mire FID restera aussi le même. Le rayon visuel FD devra donc constatnment passer par le point M, et on devra pointer de la même manière sur le point à battre M , quelle que soit son élévation.
Cette propriété précieuse rend simple et exacte le pointage au moyen de la hausse.
L'angle i est toujours très-petit , et on peut le négliger quand les distances du but sont grandes ; alors , Tangle m est directement donné par les formules qui se rapportent au tir (93, équat. 20 et 21).