‹ Traité de balistiqueChapitre 94 sur 124 · FUSIL · texte numérisé non relu

FUSIL

balle de 16n«n7.

nécessaire

atteindre

àl50- 0,64

Hè. L'inclinaison de la bouche à feu n'a pas d'influence (ur la vitesse initiale du projectile. On a admis assez géo^ralemenl, mais à lort, que rioclinaisou d*uoe bouche à f«u au-dessus de Thorizon avait pour effet d'augmenter I jciioD des gaz de la poudre et la vitesse initiale. Cette o^'inion provient d'une erreur dans la traduction des faits; t:ile résulte de ce que les vitesses, entre lesquelles on éta- L!i>saît la comparaison, étaient déduites des portées par ir-s fonnoles plus ou moins approchées et fondées sur la supposîlioo d'une résistance de l'air proportionnelle au carré de la vitesse; par suite de celte supposition, les vi- Wsdes calculées étaient inexactes; de plus, on négligeait ie (enir compte de certaines causes dévialrices. On a déjà Ui \oir (114) ce qui pouvait être dû à Tinezactitude sur i t loi de la résistance de l'air ; on veri*a plus loin quelles autres causes ont pu y contribuer.

Des expériences directes faites à Metz, ei/t846>, ont ;'ri»u%é que Tinclinaison de la bouche à feu n'avait pas <i iufluence sur la vitesse initiale. Ce fait s'accorde d'ail- ' jrs avec les résultats de la pratique habituelle du poin- *M^e avec la hausse qui sert à diriger la bouche à feu. Dans .t procédé, en effet, on ne tient pas compte de l'inclinaison de b bouche a feu, eL l'on n'a pas remarqué de dif- '.reoces appréciables dans les hausses nécessaires ou dans -•^ portées.

'^il, La proximité du sol n'a pfts d'influence sur la

jrme de la trajectoire. On a admis que le sol, suivant sa

'.•ruximâié du projectile et par suite suivant sa forme entre

) bouche à feu et le but, avait une influence sur la trajec-

ite du mobile et la relevait; on a pensé que cet effet se

.>ait sentir sous les petits angles de tir jusqu'à celui de 3<^. *

N^«v»**nM* rapport de la Commis&ion des principes du (ir (suite, '• mbffY IH40), archives du dépOi central. — * Traité d'artil^

On a alfribué cet effet à ce que le fluide dans lequel se meut le projectile, ne peut pas être considéré comme indéfini dans tous les sens, et que la portion de ce Ouide qui était lancée du côté du sol par rhémispbère antérieur du mobile, rencontrait un obstacle résistant; obstacle qui rempécbait de s'échapper et de se répandre dans Tcspace aussi facilement que les secteurs d'air placés dans les autires directions et où le fluide conserve toute sa mobilité, et qui le faisait ainsi réagir sur le projectile.

S'il en était ainsi, il y aurait lieu d'introduire cette influence dans les formules de balistique, et on xlevraii tenir compte à chaque instant de la hauteur du projectile au-dessus du sol, et distinguer, par conséquent, le cas des batteries ordinaires, de celui des batteries enfoncées dans le sol, ou des batteries élevées au-dessus du terrain; par suile, il y aurait lieu de faire une diflérence entre les batteries suivant qu'elles sont employées à Tallaque des places ou à leur défense.

Cependant, la pratique du tir n'a pas montré qu'il fut nécessaii*e de tenir compte de ces circonstances.

On doit croire au contraire que si le fluide lancé par * la partie antérieui*e du projectile rencontre du côté du sol un obstacle qu'il ne rencontre pas dans la partie supérieure, cet effet n'a lieu qu'après le passage du projectile, et qu'ainsi la réaction du sol ne peut avoir aucune influence sur le mouvement du projectile.

Des expériences ont été faites à Metz, en 1846 ', pour reconnaître cette influence, par le tir comparatif de deai canons de 16, pointés exactement sous le même angle«

lerie de M. le général Piobert; paiiie élémentaire et pratique, ' 2« édition, page 169.

' Onzième rapport de la Commission des principes du tir ; archives du dépôt central de rartillerie.

mais pbcés sur des plates-formes différemment élevées ; l'une enfoncée de O'^li au-dessous du sol, l'autre sur le ifrrain, et la troisième élevée de \^0A au-dessus, ce qui pbçait le centre de la bouche respeclivemenl à 0"75, i^Al et S">51 au-dessus de ce terrain. Les canons ont été tirés successtveroent aux charges de ^ et -^ du poids du boulet, ei chacun dans les trois positions ; on a observé avec soin W hauteurs des boulets aux distances de 100»^, 200"» et M^'^y et Ton n'a pu reconnaître aucune différence appré* ciable. Cependant, les résultats des expériences étaient ^-<ft précis pour qu'une influence capable de repousser 00 d'attirer le projectile de trois à quatre millimètres seulement, à la distance de 100'", eût été rendue évidente.

L'erreor dans laquelle on est tombé est du même genre que b précédente, et elle a pu provenir, par exemple, de ce que, pour comparer les portées résultant du tir sous différentes inclinaisons au-dessus du sol, on aurait fait usage de formules balistiques inexactes, ou qu'on n'aurait pas tenu compte de l'angle de relèvement habituel des projectiles.

éSS. Mouvement de rotation des projectiles dû à la prèsuoH sur la partie inférieure de l'dme. Lorsqu'un projec** tile sphérique et homogène est placé dans l'âme d'une bouche à feu, en avant de la charge de poudre, et qu'il repose sur la paroi inférieure de la bouche à feu, il laisse à la partie supérieure une sorte d'évent qui se prête à la «•ortie des gaz enflammés de la poudre ; la grandeur de cet évent est égale à la différence entre le diamètre de i .ime et celai du projectile.

Lorsque les gaz enflammés de la poudre commencent à agir, ceux qui s'écoulent par la partie supérieure exer^ r»>nl sur le projectile une pression considérable; comme ^ mécne temps ils le pressent à la partie postérieure, et 1^ poussent en avant, il en résulte un frottement qui agit

au point de contact, perpendiculairement au rayon da projectile et dans la direction de l'avant à l'arrière. De celte force tangentielle, agissant pendant la durée da contact, il résulte que le projectile prend un mouvement de rotation en même temps qu'un mouvement de translation. Le premier a lieu autour d'un axe perpendiculaire à la fois au rayon qui passe par le point de contact et à la direction du mouvement de translation.

Quand le contact cesse, le projectile conserve son mouvement de rotation acquis, tandis que sa vitesse de translation s'augmente jusqu'à ce qu'il sorte de la bouche à feu. Alors il se meut dans l'air animé de son double mouvement.

Il arrive souvent, et surtout lorsque la bouche & feu présente une dépression à l'emplacement du boulet, que je projectile en s'élevant va frapper la paroi supérieure de cette bouche à feu; ce choc, qui fait changer la direction du projectile par rapport à l'axe, altère la vitesse de rotation et peut même changer la position de l'axe.

239. Mauvetnenl de rotation dû à V excentricité du projectile. La non homogénéité de la matière des projectiles en général, les vides qui se produisent dans la coulée des projectiles pleins, l'inégalité d'épaisseur des parois et le vide de la lumière dans les projectiles creux, sont causes que le centre de gravité ne concorde pas avec le centre de figure. La différence est en général très-faible, mais elle suffit, et plus particulièrement dans les projectiles creux, pour influer d'une manière sensible sur le mouvement de rotation, et par suite, comme on le verra plus loin, sur la forme de la trajectoire. #

Supposons un projectile sphérique et excentrique (Fig. 50) dont G soit le centre de figure et G le centre de gravité. Si la pression des gaz s'exerce d'une manière uniforme sur l'hémisphère postérieur, la résultante de ces

DÉVUT10N8 DBS PROJECTILES. 403

pressions passera par le point G. Celte ligne ne passant pas par le centre de gravité G, il en résultera, outre le moareinenl de translation du centre de gravité, qui aura lien comme si la résultante de toutes les forces parallèles y était appliquée, un mouvement de rotation dont le moment est représenté à chaque instant par le produit de la force et de la perpendiculaire CI abaissée du centre G sur la direction GA que suivra le centre de gravité G.

En verta du mouvement de rotation du projectile autour de ce dernier point, la distance CI varie à chaque ioslaot ; mais, en considérant que l'angle de rotation parcooni dorant tout le trajet dans la bouche à feu n'est pas grand, en remplaçant en conséquence sa valeur variable par une valeur moyenne, et comparant le mouvement de rotation aa mouvement de translation sous l'action des mêmes pressions, on arrive à ce résultat : que la vitesse de rotation acquise par le projectile^ est égale au produit de la projection moyenne de l'excentricité sur un plan perpendiculaire à l'axe de l'âme par la quantité de mouvement de ce projectile, dû à la vitesse de translation £«ule, et divisé par le moment d'inertie du projectile autour d'un axe perpendiculaire à la fois à la ligne des centres et à Taxe de l'àme de la bouche à feu. Le sens du mouveocnt est déterminé par celui du centre de figure relativement plus rapide que celui du centre de gravité.

2U). Moyens de mesurer rexccfitricité. En plaçant sur un bain de mercure un projectile sphérique et non homo- }:êne, et en le laissant arriver à l'état d'équilibre, le centre lie gravité se placera au-dessous du centre de figure et iur b même verticale. Dans cette position, le sommet du projectile sera on point de la ligne des centres, on pourra lioDc le marquer sur le projectile.

Sit de plos, on applique sur un rayon diiïércnt de la ligne des centres et sur la surface de la sphère, ou en

dehors de cette surface, un poids additionnel connu, ie centre de gravité sera changé, et la ligne des centres primitive s'écartera de la position première; elle prendra donc une nouvelle position d'équilibre. En mesurant l'angle décrit et en comparant entre eux le moment du poids additionnel et le moment du projectile autour du centre de figure, on pourra déterminer la distance des centres, c'est-à-dire l'excentricité.

La grandeur de cette quantité et la position relative des centres de figure et de gravité déterminent la vitesse de rotation du projectile et la direction de ce mouvement. 241 . Mouvemetit de rotation. Les deux mouvements de rotation dus aux deux forces distinctes se composent en un seul. Et si l'on prend sur chacun des axes de rotation une quantité proportionnelle à la vitesse, la diagonale da parallélogramme construit sur ces deux lignes comme côtés représentera l'axe du mouvement résultant et sa vitesse.

On peut déterminer ce mouvement par l'expérience, en observant la quantité dont l'extrémité du rayon parallèle à l'axe de la bouche à feu s'est déplacée dans un trajet de quelques mètres du projectile depuis la bouche à feu jusqu'à son entrée dans un massif pénétrable; on reconnaîtra de plus dans quelle direction le déplacement a eu lieu. Avec les projectiles creux ordinaires, qui satisfont aux conditions de réception en usage en France et dans lesquels l'excentricité est plus grande que dans les boulets, sans dépasser généralement un centième du rayon, on reconnaît que l'effet de la pression à l'emplacement du projectile en avant de la charge est plus grand que l'effet de l'excentricité, et que, quand on place le projectile sans faire attention à la ligne des centres, le mouvement de rotation a lieu autour d'un axe horizontal ou un peu incliné de part ou d'autre; l'hémisphère antérieur allant de haut en avant.

Oo recoanati encore que la vitesse de rotation croit avec la vitesse de translation et à peu près comme celle-ci. A égalité de charges de poudre, la vitesse de rotation crott en raison inverse des densités; et, par exemple, un obus ordinaire de 0<»15 tiré dans l'obusier de campagne, successivement aux charges de 01^500 et mMK), possède, à b sortie de l'obusier , des vitesses de rotation qui, comptées de haut en bas, sur l'extrémité antérieure d'un rayon, soDt respectivement de 10,8 tonrs et 16,8 tours par seconde. Cette quantité correspond à une vitesse qui, mesurée à la circonrérence, est respectivement égale è 5/^0 et 7>»6 par seconde, ou environ, pour l'un et l'autre cas, à 77 de la vitesse de translation.

Mais, dans les projectiles auxquels on donne artificiellement une excentricité beaucoup plus considérable que orlle qui provient de la non homogénéité de la matière, c'pst cette excentricité qui détermine le sens du mouvement de rotation ; cette vitesse est alors beaucoup plus grande que celle que nous avons reconnue aux obus ordioaires, et que celle qui proviendrait de la pression sur la paroi inrérieare de l'âme.

m. Influence de la position de l'axe de rotation^ rda- Uvfwunt aux axes principaux d'itterlie du mobile. Lorsqne if projectile est sorti de la bouche à feu, son mouvement de rotation continue dans l'air, sans être beaucoup ralenti par l'action de ce fluide. Mais, en génci*al. Taxe de isolation ne reste pas fixe dacs le corps, ni parallèle dans Ifepace.

Eo effet* comme on sait, les forces ccntriruges de chaque [orlicule du mobile qui résultent de ce mouvement étant transportées au centre de gravité, elles donnent une com- |-*^nte égale à zéro; mais, à moins que l'axe de rotation oe soil exactement un des axes principaux d'inertie, le moment résultant ne sera pas nul ; son action se compo-

sant avec le moment de rotation existant fera dévier Taxe» et, dans Tinslant suivant, l'axe de rotation aura relativement au premier une direction différente, passant néanmoins par le centre de gravité. L'axe de rotation ne sera donc qu'instantané, et il changera incessamment de position dans le corps, et de direction dans l'espace.

Lorsque le mobile sera exactement défini, on pourra déterminer à chaque instant la position de cet axe et le plan du mouvement de rotation.

La recherche des déviations qu'éprouve un projectile animé d'un mouvement de translation et d'un mouvement de rotation autour d'un axe quelconque, est très-compliquée. Poisson s'en est occupé dans plusieurs savants mé* moires ' ; nous donnons ici une courte analyse de ses travaux.

S43. Recherches analytiques de Poisson, swr Finfluence du mouvement de rotation. Lorsqu'un corps sphérique ^ homogène est lancé sans aucune rotation initiale, dans un air calme, son centre de figure ne sort pas du plan vertical de projection ; tout, en effet, est semblable alors de part et d'autre de ce plan ; mais, dans la pratique de l'artillerie, le concours des circonstances qui produit cette simultanéité n'a jamais lieu et il en résulte des écarts considérables du projectile, à droite ou à gauche du plan de projection, qui nuisent à la justesse du tir et n'ont pas manqué d'être observés.

Robins, le premier, a attribué ces déviations au mouvement de rotation du projectile qui accompagne en général son mouvement de translation. Cette circonstance jointe

* Recherches sur le mouvetnent des projectiles, en ayant égard à leur figure, à leur rotation, etc, lues à rAcadémie des sciences, en 1839. — Journal de V École polytechnique, XVI« et XVII« cahier.

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à b floa sphéricité parfaite du projectile et à sa non bo« mogéoéité, autant qu'elles donnent lieu à un frottement do mcinle contre l'air qu'il traverse, sont effectivement les diverses causes qui^ indépendamment des agitations de l'air, concourent ensemble et tendent à produire les déviations horizontales du centre de gravité et à modifier 800 mouvement projeté sur le plan vertical dans lequel il est lancé.

Pour appliquer les équations du double mouvement de Iraosiation et de rotation au cas d'un projectile pesant qui se ment dans l'air. Poisson considère la résistance relative à chaque point de la surface du mobile comme étant composée de deux parties, l'une normale et qu'on appelle la résistance du fluide proprement dite, l'autre tangente et qui constitue le frottement* Poisson restreint ses considérations analytiques au cas où le mobile s'écarte trés-pea de la forme sphérique et de la parfaite bomogé-* néité ; il considère ces effets séparément pour les réunir ensuite lorsque leurs causes ont toutes eu lieu en même temps et il arrive aux résultats ci-après :

Quand un boulet parfaitement sphérique et homogène loome en sortant de la bouche à feu autour de l'un de !^ diamètres, le mouvement continue pendant toute la dorée du trajet dans le même sens et autour du même diamètre qui reste constamment parallèle à lui-même. La vitesse de rotation décroit en raison inverse du produit du diamètre du projectile par sa densité, mais d'une quan* tité eitrémemcnt petite.

La rotation du projectile influe sur sa direction et sur fa portée; la déviation horizontale qu'elle produit, à droite ou à gauche du plan vertical, est indépendante de l'angle que fait ce plan avec le plan vertical de l'axe de rotation. Elle dépend de la longueur du trajet après lequel oD b considère.

Lorsque le corps tourne autour d'un aie vertical, la déviation se produit à gauche ou à droite du plau de projection, selon que Théniisphère antérieur du mobile tourne de gauche à droite ou de droite à gauche, par rapport à un observateur placé dans ce plan et qui regarde la tra^ jectoire ; elle s'évanouit quand le projectile tourne autour d'un axe horizontal. La déviation verticale, c'est-à-dire la quantité dont la rotation élève ou abaisse le boulet relativement à la position qu'il aurait à chaque instant s'il ne tournait pas, conserve pendant toute la durée du trajet un rapport constant avec la déviation horizontale. Elle s'évanouit quand l'axe de rotation est vertical; s'il est horizontal et perpendiculaire au plan de projection, elle a pour effet d'élever ou d'abaisser le projectile et en conséquence d'augmenter ou de diminuer la portée horizontale, selon que la partie antérieure du mobile tourne du haut vers le bas ou du bas vers le haut. Ces résultais se rapportent au cas le plus ordinaire, celui du tir à trèspeu près horizontal.

Quoiqu'on n'ait pas de données suffisantes sur les coefficients du frottement, on reconnaît cependant que cette déviatiou ne peut jamais être qu'une très-petite fraction de la longueur de la portée ; en sorte que ce n'est pas au frottement de la surface du boulet contre la couche d'air adjacente et d'inégale densité, que sont dues {M^incipaleroent les déviations observées, aiu3i que Robins et Lombard l'avaient pensé.

Poisson considère ensuite le cas de la non sphéridlé dans une balle un peu allongée ou aplatie, lancée par une carabine qui lui a imprimé un mouvement de rotation autour de son axe, et ensuite la circonstance de l'excentricité provenant de la non homogénéité de sa masse. Il reconnaît pour différents cas que l'influence de la petite distance des deux centres de la balle sphérique non homo^

sr<^De est beaucoup moindre sur son niouvement de trans^ blion et sur la justesse du tir d'une carabine, que ne peut i*é(re celle de la non sphéricité d'une balle un peu aplatie ou allongée.

ÎH. Le froltement résultant du mouvement de rotatùm ne rend compte ni du sens ni de la grandeur des déviai ti<ms. L*eflet du frottement de Tair contre le projectile animé d'un mouvement de rotation aurait pour résultat, d'après ce qu'on vient d'exposer, de faire dévier le projectile dans le sens opposé au mouvement de l'hémisphère antérieur; or, on a déjà reconnu que les effets n'étaient pas assez grands pour expliquer l'étendue des déviations qu on observe; on reconnaît, de plus, qu'en général, les déviations ont effectivement lieu dans un sens opposé. On doit donc rechercher la raison des déviations dans une autre cause, telle que celle de la variation de densité et de pression des couches d'air qui sont autour du mobile.

ii5. Influence du mouvement de rotation d'un projectile daiis Pair due aux différences de densité du fluide. — La de^naiion a lieu dans le sens du mouvement de l'hémisphère ntUérieur du projectile. Considérons un projectile qui serait animé à la fois d'un mouvement de translation suivant AB <Fig. 51), et d*un mouvement de rotation, dont le sens serait CD, autour d'nn axe, que, pour plus de facilité dans \^ expressions, nous supposerons vertical ; l'hémisphère ariiérieur se mouvant de droite à gauche, les points situés 5ur rbéroîsphère de droite se mouvront dans le même ^ns que le centre de gravité, et les points de l'hémisphère de gauche, dans le sens opposé ; les premiers auront, par rapport à Tair, une vitesse relative plus grande que ceux de l'hémisphère de gauche. Le déplacement de l'air se fera d«jQc, du côté droit, avec moins de facilité que du côté i!aurbe ; par suite, la densité du fluide et par conséquent la pression seront plus grandes à droite qu'à gauche.

Il résulte de là, qu'il n'y a plus de syméirie entre les résistances exercées autour de la direction du mouvement de translation, et que les résistances étant plus grandes sur rhémisphère de droite, la pression sera de ce côté plus considérable que de l'autre et agira de manière à faire dévier le projectile de droite à gauche, dans le même sens que s'exécute le mouvement des points de l'hémisphère antérieur. Cet effet croîtra avec la vitesse de translation et avec la vitesse de rotation.

Si l'axe de rotation fait avec la direction du mouvement de translation un angle moindre qu'un angle droit, en restant toutefois dans le plan vertical de projection, l'excès des vitesses absolues des points de l'hémisphère de droite sur les vitesses absolues des points symétriquement placés de l'hémisphère de gauche, sera moins grand ; par conséqnenty les densités et les pressions de l'air qui s'ensuivent, présenteront des différences moindres, et, par conséquent aussi, les déviations qu'elles produiront, seront moins considérables.

Enfin, si l'axe de rotation se rapproche de ^a direction du mouvement jusqu'à se confondre avec elle, il y aura égalité dans toutes les résistances symétriquement disposées, et il n'en résultera aucune déviation.

Ces considérations s'appliquent à un mouvement de translation, supposé rectiligne, et au tir des projectiles, sous des angles peu élevés au-dessus de l'horizon.

Si l'axe de rotation n'est pas un des axes principaux d'inertie du mobile, majeur ou mineur, cet axe de rotation ne sera qu'instantané, et variera de position dans le corps, et de direction dans l'espace; alors, la déviation aura lieu dans une direction et avec une intensité variable à chaque instant. Cette direction pourra même, si le changement de l'axe de rotation est assez rapide, avoir décrit une ou plusieurs révolutions dans le trajet du projectile,

DÉVIATIONS DBS PROJECTILES. 41 1

et produire ainsi une trajectoire très-différente de celle que le projectile aurait décrite, sans le mouvement de rotation.

Î46. L'influence du mouvement de rotation démontrée par l'expérience. L'expérience confirme Texactitude des considérations qui précédent.

Les expériences sont de deux sortes : les unes directes, les autres se rapportent à l'observation des déviations dans le tir.

Les premières ont été exécutées d'abord par M. G. Magimss elles ont été répétées à Vincennes' en 1853.

L'appareil se compose d'un ventilateur produisant un courant horizontal ab (Fig. 52) d'une section suffisamment grande, d'un petit cylindre auquel, à l'aide d'un mécanisme extérieur, on peut imprimer à volonté un mouvement de rotation rapide, et enfin de deux petites girouettes df et gh très-mobiles. Les axes de ces girouettes sont verticaux et laissent entre eux un intervalle un peu plus grand que le diamètre du cylindre placé au milieu d*eux; le tout peut être compris dans le courant d'air du ventilateur.

Djns cette situation : en premier lieu, quand l'on place Taxe du cylindre dans l'axe du courant et qu'on met le cylindre en mouvement, on observe que les plans des girouettes df et gh restent parallèles à l'axe du cylindre, tout comme quand le cylindre reste en repos.

En second lieu, quand l'axe du cylindre est vertical et perpendiculaire à l'axe du courant, on doit distinguer deux cas :

1^ Cas. Si le cylindre est sans mouvement, les gi-

' Mémoire p^t^entê à l'Acadc^mie de Wissenshaflen, 4851 et 1852, uDpr. i Berlin ; traduit par 0. Terquem. Voir journal le Cosmos,

' Par M. Fèvre, chef d*escadron d'artillerie.

rouelles df el gh restent parallèles entre elles et parai* léles à. l'axe du courant,

2® Cas. Si le cylindre est animé d'un mouvement de rotation rapide, on observe ce qui suit :

10 L'observateur étant placé en face du ventilateur, si le cylindre tourne de droite en avant suivant mnj c'est-àdire la partie antérieure du cylindre allant de droite à gaucbe, la girouette de droite gh s'écarte du cylindre el celle de gauche df s'en approche en prenant respectivement les positions ghl et df. On conclut de là que, sur la droite, le courant d'air du ventilateur étant contrarié par le mouvement de la surface du cylindre qui a lieu en sens inverse, tandis que de l'autre côté l'écoulement est facilité par le mouvement de la surface qui a lieu dans le même sens, il en résulte une augmentation de pression à droite, comparativement à la situation de repos du cylindre, et que cette pression s'exerce à la fois sur le cyliudre et sur la girouette de droite ; à gauche, au contraire, il y a com* parativement une pression plus petite qu'en dehors de la girouette, ce qui fait rapprocher celle-ci. Il résulte évidemment de là que si le cylindre était librement suspendu, la pression qui s'exerce à droite, comparativement plus grande que celle qui s'exerce à gauche, presserait le cylindre de droite à gauche et causerait une dérivation de ce dernier côté ; le sens de celte dérivation est celui du mouvement de la partie antérieure du cylindre.

S<^ Si le cvlindre tourne en sens inverse, on observe des phénomènes analogues et l'on redonnait qu'il y a une pression de gauche à droite.

11 est évident que si à un cylindre on substituait une sphère, on obtiendrait des résultats analogues, mais plus ou moins prononcés, suivant la longueur qu'avait le cylindre.

Les résultats de celle expérience peuvent être appliqués au mouvement des projectiles sphériques dans l'air et sont

coDrorroes à l'explication des phénomènes donnés plus haot (245).

Dans cette expérience, il est vrai, le projectile n'a pas de mouvement de rotation, et c'est Tair qui est en mouvement; mais les mouvements relatifs sont les mêmes, et, pour les rendre similaires, il suffirait de supposer que l'ensemble est animé d'un mouvement de translation parallèle é la direction du courant et en sens inverse. Cela, aa besoin, serait confirmé par cette remarque que les rtdultats observés sont les mêmes, quelle que soit la direction do courant du ventilateur relativement à celui du mouvement de la terre.

La seconde sorte d'expériences se rapporte aux résultats du tir des projectiles animés d'un mouvement de rotation.

Eo général, par l'effet de la pression des gaz enflammés (le la poudre sur le projectile et par celui-ci sur la partie inrérieore de l'âme, le projectile prend un mouvement de r<jtdtion dans un plan vertical ou peu difl'érent (238), et dans on sens déterminé par la vitesse relativement plus p^nde de l'hémisphère supérieur, ou de haut en bas pour i h«^mi$phère antérieur, comme est l'action de la pesanteur; nous regarderons ce mouvement comme dired.

Oo sait aussi que quand le projectile est excentrique (i:i9),et qu'il est placé dans la bouche à feu, de telle sorte <;ue le centre de figure est verticalement au-dessus du centre <i^ gravité, cette disposition seule suffit pour que le moitié reçoive un mouvement de rotation direct; celui-ci s'ajoolera donc au premier. Lorsque le centre de Cgure e>t au-dessous du centre de gravité, il reçoit, au con* traire, on mouvement inverse qui se retranche du mou- ^•'ment direct naturel et le diminue ou change son sens, li doit résulter de là, que, comparativement à ce qui aurait L^'u sans l'excentricité, la vitesse de rotation due à la pre- L^iêre disposition est plus grande, et qu'il y a une force

dérivalrice de haul en bas, qui fait dériver le projectile dans le même sens; dans Tautre cas il y a, au conlraire,UQe force dérivalrice de bas en haut, qui fait dériver le projectile dans ce dernier sens. Dans les deux cas, la dérivation aura lieu du côté de la position primitive du centre de gravité par rapport au centre de figure; il résultera de là qu'en tirant sous un petit angle constant au-dessus de l'horizon, on obtiendra des portées plus grandes dans le premier cas que dans le second.

Si le centre dé gravité est placé en avant et sur le diamètre parallèle à l'axe, il arrivera que par le mouvement qu'il prendra, quand le projectile tournera dans l'âme, le centre de gravité se trouvera un peu abaissé dans une partie du trajet; la dérivation qui en résultera devra se montrer par une petite diminution de porlée; au contraire, si le centre de gravité est primitivement en arrière, la dérivation se traduira par une petite augmentation de portée.

Si le centre de gravité et le centre de figure sont placés sur une perpendiculaire au plan vertical de projection, le mouvement de rotation produira une dérivation latérale; elle sera à droite si le centre de gravité est à droite, et à gauche si le centre de gravité est de ce dernier côté.

Ces indications sont constamment confirmées par l'expérience lorsque les excentricilés sont suffisamment grandes. Nous en citerons quelques exemples.

Des obus de 22cm, dont les poids étaient 27^9 et 29»«5, et dont un culot réservé à la partie opposée à la lumière de l'obus, combiné avec le vide de cette lumière, donnait respectivement une excentricité de 0™0015 et de 0*^)020, ont été tirés * avec un obusier de siège à la charge de 1^500, et avec un obusier de côte à celles de 4 ''500 et 3^^000, sous l'angle de 4° C au-dessus du terrain; on pla-

' Expériences faites à Metz en 1839.

DEVIATIONS DES PROJECTILES.

rail alternativernent le centre de gravité au-dessous ou au-dessus du centre de figure ; on a tiré ces projecliles comparativement avec ces obus sans culot et pesant 361^6. On a consigné, dans le tableau suivant, les résultats qui sont des moyennes sur trois coups :

TiBLE\r des portées comparatives déchus ordinaires et d'obus ticentriques de Ot^22 , en plaçant alternativement le centre de gravité de ces derniers au-dessous ou au-dessus du centre dt figure. •

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