PC
couche est entourée par une enveloppe hyaline et se gonflant Tacilement, épaisse dans les Marsilia, mince dans les Pilularia.
ClaMlflntlsB 4m Rhizocarp^B. — Oulre les trois genres que nous y avons étudiés, la classe des Rbizocarpées renferme encore le genre AïoÙa, peu connu jusqu'ici et qui se rattache au Salmnia. Les quatre genres de la classe forment donc deux familles distinctes : les Salviniacées {Salvinia et Azolla) et Les Marsiliacées {Mantlia et Pilularia). Tout ce qui est exposé plus haut nous dispense de reproduire ici la caractéristique de ces deux familles .
C*r«ctère* prlticlpaax de leurs IImub. — La structure des Ussus des Ilhizocarpées est assez simple, si on la compare ä la complication extérieure de la plante. Un faisceau llbro-vasculaire axile traverse racine, tige et pétiole pour venir, chez les Marsilia, se dichotomiser abondamment dans le limbe aux bords duquel ses branches s'anaslomosent fréquemment. Comme d'habitude dans les plantes aquatiques et marécageuses, le parenchyme fondamental renferme de larges canaux aérifères, disposés en cercle sur la section transversale el séparés par des lames rayonnantes. Dims le Saloinia, le parenchyme est composé partout de lames cellulaires simples (lig. 396 D), qui séparent les larges lacunes aérifËres, lacunes qui dans la feuille aérienne sont superposées comme les cellules d'un gâteau de miel. A la surface des feuilles et des fruits, l'assise cellulaire externe forme un véritable épiderme avec poils et stomates; ces derniers ont
524 LES CRÏPTOGAHES VASCÜLA1RES. [Cl 9.
une structure particulière et sont très-pelils. Sur les stries interslilielles particulières des feuilles des Manitia, Toir A. Braun {loc. cit., p. 673) ; sut les üssm du fruit, voir Russow (foc. cit.).
Dlia£Kt»tlaB •iBgNlIire <•• aporABc«! «t de« apores dkaa U fnt iM Maralllaeée*. — La structure du fruit du Salvmia natani est sufBsaismal éclaircie par la figure 296, BetCCestpal» destruction hibernale de la plante tout <*• tière que les sporanges y sont mis eu liberlt. Les macrospores remplissent le macrop»range et ne s'en échappent pas, witst i«i de la germination; il en est de mCmete
dont les deux genres sont vivaces,«^" contraire une déhiscence, et comuM «"* déhiscence et la dissémination coosécntin des sporanges s'opèrent avec des phÉDomèiie très-remarquables, nous devons nousjwréler un peu.
Sous l'épiderme, très-velu à l'origiM« pourvu de stomates, la paroi du fruil [«*sède 2 & 3 assises de cellules étendues nialement, épaissies et lignifiées, qui, àm ^ Marsilia, f.onstituent une coque très-dan si très-difQcilemeni perméable à l'eau (flg. W et 301). En dedans se trouve un im [»■ renchymateuz, dans lequel s'étendeol 1» faisceaux vasculaires du fruit, Dsnslef*' iaria gMuUfera, il y a en tout douie i^ ceaux, s'élevant, comme des méridiens, ds 1» base au sommet du fruit, no soos chqu! placenta et deux cûte à côle wi-ns de chacune des quatre cloisons. Dîw ^'^ ■'^' silia, le faisceau du pédicelle nmpe ^ ; l'arète dorsale du fruit et envoie àdtoilee'* , gauche sous chaque placenta des bnnci» eiirùu. d-o tra.t mur i m., m.cpo.po™.- jjorizontales, qui SB ramiüeut et s'wasl«»g« i «a, n.«™,po™gc,. ^^^^ ^^ ^^ dirigeant vere l'arête müii>'
ces faisceaux cheminent dans le parenchyme situé au-dessous de 'acoqueJ"^ L'apparente cloison longitudinale médiane du fruit des Jfmi/w n|»' i~ une formation autonome, elle provient de la soudure, sur la ligne médiaM. toutes les cloisons horizontales qui séparent les logetles. Ces cloisoas ^^ mômes sont composées de grandes cellules, dont la couche membrane»* terne est mince el solide, mais dont l'épaisse couche interne est traosß en mucilage et se gonfle fortement sous l'influence de l'eau. Les lo^' fruit, contenant chacune un sore, sont de petits sacs allongés, rouch»
Fig. Î01. — J/or«ttlJolfD(rti.— A, un fr de gtandcnr uïlufelle; «(, pMlie Bupérin de Mm ("Idicelle. - fl, on truilouTfrlds l'eau et qui lnûte éthmpper »u dehors i liimeiu g«latineui (celle Dgnre ot d'ipi M.Huutein]. — C, riiinnDE«laUnauf dfabir« rt étal* ; tr, Ua logelUa ipuran
Cl. 9.] LES KHIZOCARPÊËS. 525
zontalement et empilés en deux rangées ; en avant et [en arrière, ils sont soudés par leur extrémité à un bourrelet de tissu qui occupe l'angle dorsal et l'angle ventral du fruit, en le bordant circulairement sur sa face interne. Les cellules de ce bourrelet annulaire ont aussi les couches internes de leur membrane transformées en mucilage et extrêmement avides d'eau.
Ceci posé, dès que la destruction de l'enveloppe pierreuse du fruit en un seul point permet l'accès de l'eau dans son intérieur, le bourrelet annulaire et les cloisons des logettes se gonflent aussitôt avec une telle force que dix minutes suffisent pour déchirer le fruit en deux valves le long de son arête ventrale et pour projeter par la fente le bourrelet correspondant devenu libre et qui se gonfle progressivement en dehors en forme d'anneau (Ûg. 301 ^4). Les logettes sont soudées a cet anneau sur sa périphérie interne ; mais, comme il continue à s'étendre, bientôt elles se détachent toutes ensemble d'un côté, et le bourrelet annulaire se dilate alors sans obstacle et atteint une énorme longueur, en grossissant à mesure. Ordinairement il se brise plus tard en un point, comme on le voit ûg. 301 C, et se déroule en un corps rectiligne ou vermiforme qui porte à droite et à gauche, en deux séries alternes, et rapprochées par paires, les logettes qui renferment les sores. Chaque logette contient sur sa face externe le ruban saillant qui porte les sporanges (Z>, F). Macrospores et roicrbspores s'échappent ici de leurs sporanges et du sac qui les enveloppe ; cette sortie a lieu par le gonflement de la couche mucilagineuse qui revêt leur exospore et qui augmente leur volume. Elles glissent alors et se répandent dans l'eau extérieure, où leur germination, notamment dans le Marsilia salvairix, commence aussitôt et se poursuit rapidement; par une chaude température d'été, les anthérozoïdes et les archégones aptes à être fécondés sont formés dans l'espace de i2 à 18 heures.
C'est M . Hanstein qui a le premier exactement décrit tous ces phénomènes, ely sur des fruits qu'il m'a communiqués, j'ai pumoi-mêma les vérifier à plusieurs reprises. On doit encore à ce botaniste la connaissance d'un phénomène analogue^ quoique différent à plusieurs égards, chez le Pilulana globulifera. Ici les fruits sont à la surface de la terre ou dans le sol. Ils se fendent au sommet en quatre valves et expulsent un mucilage hyalin qui, lorsque les fruits sont cachés dans le sol, s'échappe seul et forme une goutte arrondie qui grossit pendant plusieurs jours. Dans cette goutte de mucilage s'élèvent les macrospores et les microspores; elles y germent et c'est seulement quand la fécondation s'est opérée que la goutte se dissout. Les macrospores fécondées demeurent à la surface du sol et s'y fixent provisoirement par les poils radicaux de leurs prothalles, jusqu'à ce que les premières vraies racines des embryons puissent pénétrer dans la terre.
Ö26 LES CRYPTOGAMES VASCÜLAIRES. [Cr., iö.
Les Lycopodiacées (1).
GÉNÉBATiON SEXUÉE. — La génération sexuée des Lycopodiacées, leur prothalle, n'est connu jusqu'à présent que dans les deux seuls genres SelagmJk et Isoeies. Comme les Rhizocarpées, ces deux genres produisent de grosses spores femelles et de petites spores mâles, des macrospores et des microspores. Dans le genre Lycopodium, on n'a observé que les débuts de la germination, el encore n'est-ce que dans une seule espèce; les plantes de ce genre ne possèdent, comme les Tmesipteris, Psilotum et Phylloglossum^ qu*nne seule espèce de spores, et, par leurs caractères extérieurs, ces spores correspondent aui microspores des deux premiers genres.
Cette difiérence, si elle avait une réelle valeur objective, suffirait pour diviser les Lycopodiacées en deux classes distinctes et pour adjoindre aux Cryptogames vasculaires isosporées les genres Lycopodium, Psilotum^ Tmesipt&rii, ainsi que le Phylloglossum moins bien connu encore^ mais elle ne repose, pour le moment, que sur l'insuffisance de nos connaissances au sujet de ces divers genres. D'ailleurs, par le mode de formation de leurs tissus, par la ramification dichotomique de leur tige et de leurs racines, par la nature de leurs feuilles et par d'autres caractères encore, ces genres se rattachent étroitemeol aux Sélaginellées. Jusqu'à plus ample informé, nous considérerons donc tous ces genres comme étant les membres d'une seule et même classe naturelle.
Germination des mierospore» de« Sélai^inellée« : pi*otk»lle mAle» u*
ihéridies. — Le contenu des microspores des Selaginella et Isoetes ne produit pas directement, comme on le croyait naguère encore, les cellules mères des anthérozoïdes. On doit à M. Millardet la connaissance de ce fait, impoitiot au point de vue de l'affinité des Cryptogames supérieures avec les Gymnospermes, que le contenu de la microspore se transforme à la maturité en un tissu formé d'un petit nombre de cellules. L'une de ces cellules demeure stérile et peut être considérée comme un prothalle rudimentaire ; les antres produisent les cellules mères des anthérozoïdes, et représentent par conséquent une anthéridie rudimentaire.
Après le repos hibernal, la microspore de VIsoetes lacustris se trouve partagée en deux cellules : une petite cellule stérile et une grande cellule qui oc-
(l) Hofmeister: Vergleich. Untersuchungen, 1851. — Mettbnius: Filices horti bot. Lit*» 18S6. — Cramer : üeber Lycopodium Selago (Nägeli u. Cramer, Pflanzenphysiol. Untersuch©gen, Heft 3, 1855). — Hofmeister : Entwickelung der Isoetes iacustris (Abhandl. derK. Sicte' Gesells. der Wiss., IV, 1855). — Db Bary : Heber Keimung der Lycopodium (Bericht d. nttorf« Gesellsch. zu Freiburg in Brisgau, 1858). -- NiSGEU et Leitgeb : Ueber Entstehung und Wicii^ thum der Wurzeln (Beiträge zur wiss. Botanik., Heft 4, 18ü7). — A. Brad.x : Ueber h^ (Monatsberichte der Berliner Akad., 18C3). — Milde : Filices Europas et Atlantidis. Leipiigi^SC^*
— Mettenids : Ueber Phylloglossum (Bot. Zeitung, 1867). — Millardet : Le prothallium ^ des Cryptogames vasculaires. Strasbourg, 1869. — Jürasyi : üeber Psilotum (Bot. Zeit., 18' 0*
— Pfeffer : Entwickelung des Keims der Gattung Selaginella (Botanische Abhandiaogen tob Uanstein, Heft 4, 1871).
a. 10.] LES L\COPODIACEES. 5Î7
cupe tout le reste de la capacité interne (Gg. 303 A, C). La première, enveloppée par une membrane solide de cellulose (v) ne subit désormais aucuo notableichangemeDt ; la seconde au contraire se divise en quatre cellules primordiales dépourvues de membranes, et dont les deux ventrales produisent
lucâM droh; B an, im» pir la Itceyeatnle. — Aet B. rcpréwolent 1> furmationd? L'anlhéridic : t,t, llulfs dorsaEoi ■,},f.snt ce]lut<?s centrales. — C ri D moolri'nt la ronnitian dn anlUroii.idcs, qui ^t ailn les cellules > et ;, Les iguttre Bgiirrs A-D, moDlrent eu g la cellule •«gétatiie, qui esl lu prolhtlle ituTant M. Millardct. - Les figures n-^suitenl le d*ïiiuppi>mcnl des anlhiïraiaidei {A-D el o-d lonl
chacune deux cellules mères d'anthérozoïdes. La microspore engendre ainsi quatre anthérozoïdes.
M. Pfeffer a confirmé sur les Selagiw.lla les observations de M. Hillardet;ici aussi, longtemps avant que les microspores quittent leur sporange, on y voit d'abord une petite cellule stérile limitée par une paroi solide et une grande cellule qui se partage plus tard en G à 8 cellules primordiales {flg. 304 A-D). M. Pfeffer trouve cependant la disposition de ces cellules primordiales, dans les Selagmella MarieTtsii et caulescens, différente de celle que M. Millardet a décrite dans le S. Kraussiana, ce qui paraîtra peu important si l'on se rappelle qu'il existe de semblables différences dans l'antbéridie des Fougères. Mais ob les deus observateurs diffèrent essentiellement, c'est quand M. Millardet afOrme que deux seulement de ces cellules internes produisent les cellules mères des anthérozoïdes, lesquelles, se multipliant ensuite, résorbentles autres et remplissent la microspore ; tandis que M. Pfeffer assure que, dans ces deux espèces, toutes les cellules primordiales se partagent et contribuent finalement à produire les anthérozoïdes.
Les deux observateurs s'accordent sur les caractères des anthérozoïdes. Dans ]es lioete» ils sont longs et minces, effilés aux deux extrémités et munis aux deux bouts d'un pinceau decilsvibratiles. Ceux des Äe/aj/me/ii sont plus courts, z-enOËsen arrière, atténués en avant où ils se prolongent en deux longs cils déliés. Complètement développés, les anthérozoïdes sont enroulés en hélice allongée, ou en spirale à (ours rapprochés.
LES CRYPTOGAMES VaSCUI -"^ f*^"- '*'-
./« est le m6(De (Uns les deux
.ntiels, à ce que nous noudécrit
CLASSF rfierun anlbéroioïde, laceUntemfere
yailemenl homogene. L'aLUiÈToicàde
^e brillanLe, à peine granuleuse, qui en-
jiréaâ\& se foi^ment d'abord, puis le corps
,^i!5sivement d'avant en arrière dans le pro-
Les Z<yc
GÉNÉRATION 8E\UÉE. — La
Ihalle, n'est connu jusqu'à pf .-, ,. ,, ,,, , , ,. -,
, ' „ ■ ^„.. ortduit, lanlhérozoïde est enroule en spirale
et hoetes. Comme les Hn' ,•''„,. . „ ,
\(c). Il n est pas rare de voir cette vacuole, enve-
^trane , demeurer plus tard allacbêe à l'extrémité
s mouve-
■ T 'Jnibérozoldes des hoetes ne dure pas plus de cinq mi-
dent, comme les y' l/al^^,■ j.u
/Où elle se prolonge pendant 1/2 à 3/4 d heure.
, -^fde la germioation des microspores jusqu'au complet Celte diû''
spores femelles et de pet'
Dam le genre Ly,«poi ^•°^, ^^^ ^__,^^,^^^ 1^, j^^^ ^^^ ^
encore n est-ce que ,,<;^, „j__ j__ ,...,„__ j ,„. j
dent, comme les spores, et, par ' crospo . ^^y^ anthérozoïdes, il s'écoule environ trois semaioes daos
les Lycor ptogar-
pour
div
Jy' " les Itoeies; dans les Selagineila, il faut le m&me
■' temps à partir de l'ensemeo cernent des micro-
spores ,
«ervUatloB d«a vaeroaporcs de« SéUglkelUvB 1 prothslle femelle, arcbf^Mea. — En germant, les macrospores produisent autant de protballes femelles. A un plus baut degré encore que chez les Rbizocarpées, ce prothalle femelle ef«t une formation endogène. Sous ce rapport et dans la marche de son dëveloppemeot, il affecte une ressemblance encore plus grande avec le tissu qui remplit le sac embryonnaire des Gymnospermes et même des Angiospermes.
Prothalle femelle des isoete«. — Quelques semaines après que la macrospore des /sottes s'est échappée du macrosporange détruit, sa aviléintérieure commence à se remplir d'un tissu cellulaire, dont les cellules sont k rorigioe toutes dépourvues de membrane. C'est seulement lorsque l'endospore tout entière est remplie de ces cellules, qu'elles paraissent limitées par des membranes solides (IJg. 3Û3). Pendant ce temps, U membrane qui conslilue l'endospore s'épaissit, protbiiiF, quMtre MöHina iprèi le SC différencie en couches distinctes et prend ud «mil : n, archigooe (M). aspcct finement granulcux, tous phénomène« qii
se manifestent également, d'après M. Hofmeista. sur le sac embryonnaire des Conifères. Ensuite, comme le prothalle sphétiqne se gonOe en se développant, les trois arêtes convergentes de l'ezospote se déchirent en long -et forment ainsi une fente ä trois rayons, suivant laquelle le prothalle n'est plus- recouvert que par l'endospore. A son tour celte derùère membrane s'effeuille, se ramollit et laisse enfin venir au jour la partie cot-
FiR. J03. -
Icparl.gljc^i
emier Èrale-
i maa Toit forme )rolo-
\a iporej de SelagiaeUa. d'iprt» H. Pfeffer.'— I-Ill, Srlagiaella i/arleiaU ; A-D, OQ longitudinile d'uae macroipore remplie ptr l< prolhille eireaduperme -, li ■«ttoD I e, e'i ea Toie d« dévcLoppemcDt ; d, le diaphragme. — II, un jtunc irchegonej qod archégoDe fécondé, ïTec »Dooapore d^jà dWiaäe en dem. — A, microipor« montrant ■c,— fielC,diTenup«l3deraidiYiiioiu.i), leaccLJutei mères dci snlb>!roiuïdeadaju
plasma accumulée à cet endroit pendant la maluralion de la spore (Hg. 303).
C'est ce tissu qui produit plus tard les arcbégones; il constitue doue le prothalle proprement dit. Mais, quelques semaines après l'ensemencement de la macrospore, commence au-dessous de lui, dans la cavité raéme de la spore, une forznation libre de grandes cellules qui remplissent bientôt tout l'espace et se réunissent en un tissu que M. PfefTer, fondé sur des considérations auxquelles je me rattache pleinement, compareà l'endospermedesAngiospermeset que, Cîonséquemment, il nomme aussi endosperme (Bg.304, /), Au moment de la fé-
Saoê*. — Tn^i de Boianigm. 3 (
530 LES CRYPTOGAMES VASCULAIRES. [CuiO.
condation et des premiers développemeDts de Tembryon, les macraporesdes Selaginella renferment donc, à la fois, un prothalle et un eadospeitoft.
La formation des archégones sur le protballe commence dès avant laropture de Texospore, qui s'opère ici comme dans les /sœtes. Le premier aidiis^ne s'établit au sommet même du prothalle et les autres naissent successi^eoeDt, que le premier soit fécondé ou non, en direction centrifuge sur la poruonfc du prothalle.
Développement de rqrchégone des isoetes et Selai^lnclla. — Dans les im genres, pour former l'archégone, une cellule superficielle du prolhalle se diyise d'abord parallèlement à la surface. La cellule supérieure se partage ensuite par deux cloisons perpendiculaires en croix, et chacune des quatre cellules ainsi formées se divise par une cloison oblique en deux cellules snpeiposées; ainsi se constitue le col de l'archégone, formé de quatre rangées bicellulaires. La cellule inférieure est la cellule centrale de rarchégone;soncor|s protoplasmique se sépare bientôt en une petite portion supérieure et une grande portion inférieure; la première est la cellule de canal, qui s'insinue de bas en haut entre les rangées de cellules du col qu'elle dissocie, pour se transformer ensuite en mucilage et enfin traverser le col dans toute sa longueur; la seconde portion de protoplasma s'arrondit et forme, au fond de
Tarchégone, une oosphère nue (fig. 304, II) (1).
Crerminatloii des spores des Ijyeopodes i proth»lle moBoYque, arch^**^
•i anthéridies« . — M. de Bary a observé la germination des spores du 1^ podium inundatum. L'exospore s'y fend profondément en trois lobes et, par l'oaverture, l'endospore fait hernie au dehors et s'échappe sous forme d'une Tésicule à peu près sphérique. Cette vésicule se divise par une cloison supérieure en une cellule basilaire hémisphérique qui ne se développe pas ultérieurement et en une cellule externe qui s'accroît en une cellule terminale et forme, par des cloisons inclinées alternativement en sens inverse, deux courtes séria d^ segments alternes. Chaque segment se partage ensuite par une cloison tangentielle en une cellule interne et une cellule externe, de sorte que le P^' thalle se compose finalement de quatre courtes cellules formant une rangée axile et entourées par deux rangées de cellules latérales, ainsi que par ^ ^^' Iule basilaire et la cellule terminale. M. de Bary n'a pas réussi à obtenir un développement plus avance; il est donc impossible encore de se prononcer sur la vraie nature du corps ainsi formé (2).
GÉNÉRATION ASEXUÉE. — OéTeloppement de l'embryon des S^lsgl*«^^
(1) L'archégone des Selaginella et des /soe/e^ n'est presque pas individualisé par rapport ta^ thalle, et cette absence d'individualisation rappelle ce qui a lieu chez les Anthocérotées.tf"^* czewski {loc. cil.) a vu que, dans les Isoetes, la cellule interne forme, comme partout ûSffi^ ■uccessivement deux cellules de canal, et il conclut de la description et des dessins âotrifif^ M. Pfeffer qu'il doit en être de môme dans les Selaginella^ et qu'ainsi les traits essentiels dii^ formation de l'arciiégone sont les mêmes dans toutes les Cryptogames vascnlaires. Ce qoi^*^ d'un groupe à l'autre, c'est le degré d'individualisation de l'archégone par rapport aup«*^' et sous ce rapport il y a trois types à distinguer: !• individualisation complète (Marsi&^ée») i 2" individualisation du col seulement (Fougères, Prêles, Salviniacées) ; 3" absence dlndiii^™*"" fidLÜon {Selaginella ei Isoetes), [Trad,]
Çl) Tout récemment M. Fankbauser (Bot. Zeitung, 1873) a eu l'heureuse fortune de reocoo*
Cl. Iü.] les LYCOPODIACÉES. î3!
— D'après ce qui a été dit plus haut, on ne connaît les premiers développements de l'embryon que dans les seuls genres Isoetes et Selaginella. La première segmentation qui s'opère dans l'oospore y est perpendiculaire à l'axe de l'archégone (fig. 304, ///), contrairement à ce qui a lieu chez les Fougères et les Rbizocarpées.
Embryon des isoeies. — Dans les Isoetes, d'après M. Hofmeister, chacune des deux premières cellules ainsi formées se partage en deux par un plan perpen* diculaire au premier ; mais de nouvelles recherches seraient nécessaires pour établir la relation de ces quatre quadrants avec la première racine, la première feuille, la tige et le pied de l'embryon.
Proembryon et embryon des Selai^ineiia. — La formation de l'embryon des Selaginella a été récemment étudiée en détail par M. Pfeffer. Ici la moitié supérieure de l'oospore s'allonge considérablement et forme le suspenseur de l'embryon ; ce suspenseur ou proembryon, qui manque à toutes les autres Cryptogames, se retrouve partout chez les Phanérogames, et, par lui, les Selaginella se rattachent ainsi plus intimement encore aux Phanérogames. Le suspenseur demeure rarement à l'état de simple cellule ; habituellement il s'y opère un plus ou moins grand nombre de divisions dans sa région inférieure (fig. 305, A, B). L'embryon lui-même procède de la moitié inférieure de l'oospore, qui doit être considérée comme la cellule terminale primaire de la tige, dont le proembryon représente le premier segment. Par l'allongement du suspenseur, accompagné de la compression et de la résorption des cellules environnantes du prothalle, la cellule mère de l'embryon se trouve refoulée en bas dans l'endosperme, à l'intérieur duquel, comme chez les Phanérogames, l'embryon poursuit ensuite son développement. Pendant ce temps, deux cloisons obliques découpent dans la cellule mère de l'embryon deux segments latéraux. Chacun de ces segments produit une feuille primordiale, oncotylédon, et une moitié de la région hypocotylée de la tige; le segment le plus âgé donne naissance, en outre, au pied et à la première racine. Entre les deux segments se trouve enchâssée comme un coin la cellule terminale de la lige (fig. 305, A, S).
Pendant que les deux premiers segments se transforment, par de nom-
trer dans la nature un certain nombre de prothalles de Lycopodium anno^mum, à divers états de
développement. Ce prothalle est souterrain, privé de chlorophylle et d'amidon, de couleur blanc
Jaunâtre. Sa face inférieure est unie et pourvue d'assez rares poils radicaux ; sa face supérieure
au contraire présente des bourrelets et des sillons plus ou moins irréguliers. C'est sur cette faco
supérieure que se trouvent* la fois les anthéridies et les archégones. Les anlhéridies, de forme
ovale, sont totalement plongées dans l'épaisseur du tissu, mais séparées de la surface par une
seule assise de cellules; elles contiennent d'innombrables anthérozoïdes. Les anthérozoïdes n'ont
qu'un petit nombre de tours de spire et leur corps est assez gros relativement à ceux des Sé-
lagincllées. — M. Fankhausor n'a pas rencontré de jeunes archégones ; mais la place de ces
organes est indiquée par le point d'insertion des plantules sur les prothalles. Elles paraissent
occuper le fond des sillons de la face supérieure. Ordinairement un prothalle ne porte qu'une
seule plantule: un seul archégone y a été fécondé.
Le prothalle des Lycopode» éunt monoïque, on conçoit que ces plantes n'ont à produire Qu'une seule espèce de spores. Par ce prothalle monoïque souterrain et privé de chloropliylle, comme par plusieurs autres caractères (voir p. 502, en note), c'est encore aux Ophîoglossées que les Lycopodiacées isosporées se rattachent le plus intimement. ( Trad.)