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Lycopodiées : une seule espèce de spores

Lycopodiuniy Tmesiptem, Phylloglossum, Psilotum. S. Sélaginellées : deux espèces de spores.

Selaginella^ Isoetes.

Principaux caractères de leurs tiMus. — Racine, — Sur le développeineDl des tissus de la racine et en particulier sur la disposition excentrique des faisceaux dans les racines des Isoeies, je renvoie le lecteur au mémoire ^ MM. Nâgeli et Leitgeb (1).

(1) NiBGBLi : Beiträge zar wiss. BoUnik, Hcft IV, lgG7.

Sur la très-remarquable structur de la racine des Lycopodiacées, structure qui est en r»jf^

Cl. 10.] LES LYœPODIACÉES. 513

Tige et feuilles. — Les faisceaux vasculaires qui cheminent dans la tige des Lycopodiacées lui appartiennent en propre, car on les suit à l'état de procambium dans l'extrémité de la tige jusqu'au-dessus des plus jeunes feuilles, et jusque trèsprès de la cellule terminale. Il en est ainsi, d'après mes propres observations dans les Selaginelta inœquaHfolia et Martemii, ainsi que dans le Lycopodium Chu' macyparissm, etsuivantM. Nftgeli le système fibrovasculaire du Piilotum apparlient également eu propre à la lige, car les feuilles ne reçoivent ici aucun faisceau (1). Si l'on redescend à partir du sommet de

la lige, on voit que les feuilles i

déjà bien développées forment chacune un faisceau de procambium qui vient s'ajuster avec le faisceau de la tige. C'est à l'angle de réunion (fig. 313, ti), que commence la formation des vaisseaux spirales, qui progresse ensuite vers le bas dans la tige et vers l'extérieur dans la feuille.

Considérés à l'état procambial, les faisceaux fibrovasculaires des Lycopodium et Selaginella appartiennent donc en propre, les uns à la lige, les autres aux feuilles, et cependant la formalion des vaisseaux spirales s'y opère absolument comme s'ils étaient communs aux deux organes (comparer avec les Equisétacées).

Les premiers vaisseaux spirales du faisceau de la tige naissent au voisinage de ses arêtes, et il s'y forme ensuite progressivement, de dehors en dedans *" jj^(^[^nV|'^'™,|^/™IiJn'!tudei!u>Mid«^™!iîa^

à partir de ces points, des vais- neioDtpiu Qn»re ligiiiB«>. — B, leclioD tranxor^ale ilc

seaux plus larges et scalarifor- '" "b" i'^ lyoopadium cha<i>aq,parài,a, [w]. mes; mais, suivant la nature

du faisceau de la lige, ce résultat est atteint d'une manière un peu différente.

Ce faisceau est très-simple dans les Selaginella denticulata {(Ig. 311, A),

S . Kraussiana et S. Martensii ; sa section transversale est elliptique. Les pre-

avec sa ramification dichotomique, mais qui se rattache cependant au type général, et sur la discussion des caractère» présentés par les porleracines de MM. Nägeli st Leitgeb, voir mon Hémoire »ur la racine (,An>i. lUasc.nat., É' série, XIII, p. 83-104,1811). iTraä.)

(1) N«cEU ! BeilrSge, p. ûï.

Sicat. -- Traité de boleniq^ie. 33

a*8 LES CRYPTOGAMES VASCÜLAIRES. [Ci. (0.

ment sur toute la surrace inférieure de la feuille. Dans les cellules des Icuilles des Selagmella,]a chlorophylle ne forme souvent qu'un petit norobredt^ote deforme variahle (quelquefois une ou deux seulement); leborddesfeuillsds plantes de ce genre est occupé par une rangée de cellules qui, comme diulB Mousses, se développent en forme de dénis ou de poils.

A ces courtes remarques il nous faut encore ajouter quelques mots reliÜH-

— Selaginella inirqualifoli, ir, ligule; ip.iporiiige; o

ment aux Isoeles. La courte lige de ta plante développée renferme ici nn »fl* ligneux axile .auquel on peut à peine donner le nom de faisceau ; il Mtu™ en effet en courtes cellules vasculaires arroodieset lâchement unies enlrt^"* dont la paroi est munie de bandes d'épaississement spiralées ou réliculf«- "' ce corps central partent les faisceaux vasculaires qui se rendent un i u" '"''■ chacune^ lies nombreuses feuilles (fig. 303)et dans les racines. Malgré 1"'''' description de H, de Mohl (foc ciï.), malgré les observations deM.Hofœeii'''^ mes propres recherches, il n'est pas encore possible d'établir une comp»'**"' morphologique entre ce singulier corps fibro-vasculaire et celui des Zyw/"™'*

a. 10.] LES LYœPODIACÉES. 549

et des Selaginella. Il serait inexact de croire que la couche génératrice qui entoure le corps central de la tige des Isoetes est un cambium comparable au cambium des Dicotylédones et des Conifères; car cette épaisse couche de méristème ne produit vers l'extérieur que du parenchyme fondamental, parenchyme qui vient remplacer les couches parenchymateuses externes qui brunissent et meurent chaque année. Cette couche ressemble donc plutôt à l'anneau d'épaississement des Dracœna, qui n'engendre également vers l'extérieur que du parenchyme cortical, tandisqu'il constitue vers l'intérieur de nouveaux faisceaux fibro-vasculaires. Le vrai cambium des Dicotylédones produit, au contraire, aussi bien en dehors qu'en dedans de lui, des éléments fibreux et vasculaires : en dehors, du liber, en dedans, du bois.

Mais il est probable que la tige des Isoetes ne renferme en réalité aucun faisceau qui lui soit propre. La disposition qu'y affectent les cellules vasculaires semble indiquer bien plutôt que le corps vasculaire axile n'est constitué que par les terminaisons inférieures des faisceaux foliaires, étroitement serrées l'une contre l'autre ; de même la partie basilaire du corps ligneux, élargie en forme de plateau, serait formée par les origines rapprochées des faisceaux qui 86 rendent aux racines. Si cette manière de voir est exacte, la classe des Lycopodiacées présenterait deux extrêmes : l'un chez le Psilotum dont les très-pelites feuilles ne possèdent suivant M.Nägeli aucun faisceau, mais dont la tige allongée produit un système ûbro-vasculaire qui lui appartient en propre ; l'autre chez les Isoetes dont la courte tige est dépourvue de faisceaux, tandis que les feuilles puissamment développées en possèdent.

Quant à la structure des feuilles, elle varie chez les Isoetes^ suivant que l'on considère des espèces submergées, amphibies et marécageuses, ou terrestres. Dans le premier cas, les feuilles, en forme de longs cônes, sont traversées par quatre canaux aérifères entrecoupés de cloisons transverses, un faible faisceau vasculaire occupe l'axe de l'organe et Tépiderme est dépourvu de stomates. Dans le second cas, c'est la même structure, mais avec des stomates et des faisceaux fibreux hypodermiques. Dans le troisième cas, enfin, l'épiderme est également pourvu de stomates et les bases des feuilles mortes forment autour de la tige une cuirasse épineuse, solide et de couleur noire.

548 LES CRYPTOGAMES VÂSCULAIRES. [Ù.. 10.

ment sur toute la surface inférieure de la feuille. Dans les cellules des leuiUes des Selagittella,h chlorophylle ne forme souvenlqu'un petit nombre de pelotes deforme variable (quelquefois une ou deus seulement); le bord des feuilles des plantes de ce genre est occupé par une rangée de cellules qui, comme dans les Mousses, se développent en forme de dents ou de poils. A ces courtes remarques il nous faut encore ajouter quelques mois relaüie-

Flg. ili.^Stlaginella ina^un.

ment aux Isoeles. La courte tige de la plante développée renferme ici un cofjs ligneux axile , auquel on peut à peine donner le nom de faisceau ; il consii'^ en effet en courtes cfUuiesvasculaires arrondies et lâchement unies entre ellö. dont la paroi est munie de bandes d'épaississement spiralées ou réticulées. Df ce corps central partent les faisceaux vasculaires qui se rendent un à un dwchacunel^des nombreuses feuilles (fig. 305) et dans les racines . Malgré la Hil^'* description de H. de Mohl (/oc «'(.), malgré les observations de M. Hofmeister el mes propres recherches, il n'est pas encore possible d'établir une comparaison morphologique entre ce singulier corps libro-vasculaire et celui des Lycopoàum

^HaisON avec les cryptogames VASCULAIRES. 5oi

,. ^^unaire, ou macrospore, des Monocolylédoaes et des Dico- %x>^:^ ^^oQènes^ont un peu différents et rappellent davantage ce

\ ^^^^^^ niacrospore des Sélaginellées. Nous avons vu que dans

^^^(i ^^^ ^r ">lhalle proprement dit qui engendre les archégones, il

%. ^"^^^Ç"^ * ^* P*'' formation cellulaire libre, un autre tissu qui

%. ^*^^^c^^ ^ '^^ ^^ ^* macrospore. C'est à ce tissu surnumé-

.^'<%»^ jv, '^.'^ -^dosperme des Monocotylédones et des Dico-

^ "^^i "^ '^ ** fécondation ei par voie de formation

\^ "^^^^ *^r* ^% ^%, '^®s, il ne se retrouve plus du tout ici,

^ '^ -j. ^%/ ^^ "^y^*^ "^ "^naires, se constituent directement

%J^^^ ^v '"%, ^% '^^ ^ ^nnaire (1 ) .

>/ ^*<'* '^ ^ "^^ ^présentant de la macrospore, la partie

''A, ^ ^ V^' "^ -dire, c'est-à-dire le nucelle, doit être consi-

'^ '^^ y^. ^^ aiacrosporange. Mais de môme que dans lafor-

^ ^ ^ ^v '* -onocotylédones et des Dicotylédones la production

'''Z' ^^ -^rpuscules est supprimée comme n'étant plus nécessaire

^ - '^ * oosphère y prend directement naissance aux dépens du pro-

^c embryonnaire qui est l'analogue de la macrospore, de même

^on du sac embryonnaire lui-même dans le tissu du nucelle de l'ovule

^aucoup plus immédiate. Ce corps nait en effet purement et simplement

^ agrandissement d'une des cellules internes du tissu du nucelle, qui repré-

enle ici le naacrosporange. En outre, tandis que même dans les Cryptogames

"ïes plus élevées la macrospore se sépare encore du tissu de la plante mère et

n'amène son prothalle à développement complet qu'après cette dissémination,

de sorte que l'embryon se constitue toujours en dehors de la plante mère, dans

toutes les Phanérogames, au contraire, le sac embryonnaire, ou la macrospore,

demeure enfermé dans l'ovule, Tendosperme dans le sac embryonnaire, l'em-

bryon dans l'endosperme.

Par cet emboîtement permanent, se trouve constilué en définitive ce corps complexe, particulier aux Phanérogames, qu'on appelle la graine^ corps dont J'enveloppe procède du tégument de l'ovule et entoure à la fois l'endosperme et l'embryon. Après que l'embryon a atteint un certain degré de développement, d'ailleurs très-variable selon les plantes, ce corps se sépare tout entier de la planle mère. Ce qu'on appelle la germination de la graine, c'est le développement ultérieur de l'embryon aux dépens de l'endosperme.

Le grain de pollen est une mia^ospore. — Si, d'autre part, on compare les mierospores des Selaginella et des Isoetes aux grains de pollen des Phanérogames, on y remarque aussi toute une série de ressemblances et, sous ce rapport en- ^ore^ les Gymnospermes font transition et aident puissamment à Tintelligence 4Jes phénomènes. Comme l'ont montré MM. Millardet et Pfeffer, le prothalle 2Xiâ.le et l'anthéride ne sont plus, en effet, représentés dans les Sélaginellées que

<1> Voir Pfeffer dans Ha.nstein : Botanische Abhandlungen, Heft IV, p. 24. — On peut voir un dernier rudiment du vrai prothalie dans les cellules dites antipodes des vésicules embryon' nairesy qui se développent dans le sac embryonnaire des Angiospermes, et Ton peut considérer aussi comme un rudiment des cellules de canal ce qu'on appelle ici Vappareil filamenteux des -vésicules embryonnaires.

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