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ORDRE C

LES 6NÊTACÈCS.

Port et mode de véffétatioii. — L'ordre des Gnétacées renferme trois genres, de port très-difl'érent. Les Ephedra sont des arbrisseaux dépourvus de feuilles vertes et dont les longs et minces rameaux cylindriques à écorce verte

Ordäk C] les GNÉTACÉES. 607

portent à chaque nœud deux très-petites feuilles opposées, soudées en une gaine à deux dents et produisant à leur aiselle des rameaux latéraux. Dans les Gnetum^ qui sont des lianes ligneuses, les feuilles sont également opposées sur les branches articulées, mais elles sont grandes, pétiolées, et leur large limbe lancéolé est traversé par une nervation pennée. EnQn le Welwitschia miiabilis^ si remarquable à tant d'autres égards, ne possède que deux feuilles vertes d'une dimension énorme et qui sont probablement ses cotylédons; elles s'étalent à la surface du sol et se 'divisent en lanières par les progrès de l'âge; la tige qui les porte demeure très-courte et ne dépasse que fort peu le niveau du sol, mais en revanche elle s'élargit beaucoup en formant un sillon sur son sommet et elle se prolonge en forme de rave dans la racine principale (1).

Orir»ni««tioB des fleurs. — Les fleurs des Gnétacées sont unisexuées et groupées en inflorescences dioïques {Ephedra) ou monoïques ; ces inflorescences ont une forme nettement limitée et s'insèrent, dans les Ephedra et les Gnetum^ à l'aisselle des feuilles opposées.

Feurs des Ephedra et Cinetum. — La fleur mâle de ces deux genres consiste en un petit périanthe biparlit au milieu duquel se dresse un pédicelle qui dans les Gnetum est fendu en deux à son extrémité et porte deux anthères biloculaires et dans les Ephedra se termine par un plus grand nombre d'anthères rapprochées en tête.

La fleur femelle a aussi, d'après M. Eichler (2), dans les Gnetum comme dans les Ephedra, un périanthe tubuleux dans le premier genre, à trois dents dans le second ; ce périanthe enveloppe un ovule central qui possède un seul tégument dans les Ephedra, et deux dans les Gnetum où l'intérieur s'allonge en forme de style. L'étude morphologique exacte de ces fleurs présente encore bien des points douteux. D'après Schacht, l'endosperme des Ephedra ne produirait qu'un seul corpuscule et la segmentation du contenu du grain de pollen allongé s'y accomplirait comme dans les Abiétinées.

Insérée à l'aisselle des feuilles vertes, l'inflorescence des Gnetum consiste en un axe 'articulé, pourvu de feuilles verticillées à l'aisselle desquelles sont rassemblées à la fois des fleurs mâles et femelles.

Feurs du ^n^elwiuchia. — Les inflorescenes du Welwitschia mirabilis sont des cymes dichotomes d'environ un pied de hauteur; elles naissent à la périphérie du large sommet de la tige, au-dessus de l'insertion de ses deux puissantes feuilles. Les branches de l'inflorescence sont cylindriques, articulées, et portent des cônes dressés, allongés en cylindre ; ces cônes sont garnis de 70 à 90 larges écailles ovales, étroitement superposées en quatre rangées, et â Taisselle desquelles naissent autant de fleurs isolées, les mâles et les femelles étant réparties sur des cônes difl'érents.

Les fleurs mâles, hermaphrodites en apparence, possèdent un périanthe de deux paires d'écailles décussées; celles de la paire inférieure sont entièrement libres, arquées en faucille et pointues, les deux autres sont élargies en spatule et soudées à leur base en un tube comprimé. A l'intérieur de ce tube on trouve,

(1) Pour plus de détails sur cette mervpilleuse plante voir J. D. Hookbr : Flora, 1863, p. 4&9.

(2) Flora, 1863, p. 463 et 531.

608 LES PHANÉROGAMES GYMNOSPEEiMËS. [Cu li.

soudées inférieurement en un seul faisceau, six étamines, dont le filet cyliadrique se teraiine par une anthère arrondie à trois loges qui s'ouvre au sommet par une fente étoilée à trois branches ; les grains de pollen qai s'en échappent sont simples (?) et elliptiques. Le centre de la fleur est occupé par no OTule dressé, orthotrope, inséré par une large base, sans autre enveloppe qu'un unique tégument qui se prolonge en un tube styliforme à bord étalé en disque; mais le nucelle de cet ovule ne développe pas de sac embryonnaire: il est toujours stérile.

Le périanthe de la fleur femelle est tubuleux, fortement comprimé, coauw ailé et à bord entier ; on n'y trouve aucune trace d'organes mâles. L'ovule, naturellement pourvu ici d'un sac embryonnaire, est totalement enveloppé par le périanthe ; sa forme extérieure est la même que dans la fleur mâle, mais avec cette difi'érence, que le tube qui prolonge le tégument est simplement fendu à son extrémité, au lieu d'être étalé en forme d'assiette.

Au moment de la maturité des graines, le cône femelle atteint environ deni pouces de longueur et se colore en rouge-écarlate ; ses écailles sont persistantes. Le périanthe s'agrandit notablement, devient largement ailé, et sa cavité se rétrécit vers le haut en un étroit canal par où s'échappe la pointe du tégomeni de la graine. La graine, de même forme que l'ovule non fécondé, renferme on abondant endosperme, dans l'axe duquel s'étend un embryon dicotjlédonè. Cei embryon a son extrémité radiculaire épaissie et attachée à un suspensearon proembryon très-long et enroulé en spirale.

Dès avant la fécondation, i'endosperme prend naissance dans le sac embryonnaire et forme des archégones ou corpuscules qui, au nombre de âO à 60, font saillie hors du sac embryonnaire et s'insinuent dans des lacunes creusées dao^ le nucelle ; là ils sont fécondés par les tubes poUiniques qui. marchent à leor rencontre. Après quoi, les proembryons se forment dans la partie inférienre des corpuscules et s'allongent en s'enroulant jusqu'à acquérir trois poocesde longueur. Sur les 2 à 8 corpuscules ordinairement fécondés, an seul embijon arrive à complet développement.

LES ANGIOSPERMES

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