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MARCHE DE L'AGGHOISSËMENT EN LONGUEUR

transversaux d'une racine, d'une tige ou d'une feuille, on constatera également que l'énergie d'allongement de ces disques successifs augmente d'abord, atteint un maximum et enfin diminue de nouveau progressivement. Il est possible aussi que ce soit précisément dans le disque qui présente le maximum d'énergie d'accroissement que les cellules atteignent leur plus grande dimension et par conséquent leur moindre nombre. Cette présomption se trouve d'accord avec les mesures exécutées par M. Sanio sur les cellules ligneuses du Pinus sylvestris. Ce botaniste a trouvé, en effet, que la grandeur définitive et constante (l}des cellules ligneuses de cette plante varie le long de la tige et de telle façon, qu'elle augmente d'abord progressivement de bas en haut, atteint son maximum à une certaine hauteur, puis diminue de nouveau à mesure qu'on s'approche du sommet; il en est de même dans les branches.-

Ceci posé, s'il est vrai qu'il faille attribuer^ ainsi à chaque zone transversale isolée d'un organe une énergie d'accroissement particulière, comme c'est un fait établi que chaque zone possède une période propre de croissance, il est facile de comprendre que l'organe tout entier présente lui-même une grande période d'accroissement. Dans les disques transversaux successifs qui le composent, les maxima de vitesse d'accroissement vont, en effet, en augmentant tout d'abord, passent par un maximum, puis diminuent de nouveau; de son côté la durée d'accroissement des zones transversales augmente probablement d'abord, passe par un maximum, puis diminue de nouveau. Il en résulte que les mesures de l'organe total n'accusent au début que la somme d'un petit nombre de faibles allongements partiels, que plus tard elles représentent la somme d'allongements partiels plus nombreux et plus grands, enfin que plus tard encore on voit diminuer à la fois le nombre des disques qui , s'accroissent en môme temps et leur énergie d'accroissement. Les recherches ultérieures apprendront jusqu'à quel point cette conjecture se vérifie; en tout cas elle est très-près de la vérité«

laé^alités de la grande période, réTélées par Pétude des allon^mente

horaire«. — Si maintenant l'on compare les allongements successifs d'un entrenœud, d'une racine ou d'une tige dans de courts intervalles de temps, par demiheure ou par heure, par exemple, on trouve d'ordinaire que les allongements ne croissent pas d'abord uniformément pour décroître ensuite uniformément, mais qu'ils procèdent par sauts brusques. Après de grands allongements, on en constate en effet de petits, puis de nouveau de grands et ainsi de suite. Si donc l'on construit directement avec ces allongements la grande courbe d^accrois* semeot, cette courbe n'est pas continue, mais présente de nombreux petits zigzags. Toutefois ces inégalités se compensent, si, au lieu de considérer les accroissemenls horaires, on fait la somme de ces accroissements trois par trois ou davantage, en ne considérant les accroissements que pour toutes les trois heures ou pour un temps encore plus long.

(1) Sanio : Jahrbflcher.f. wiss. Botanik. 1872, Vm, p. 402. J'entends par grandeur constante des cellules ligneuses, ceUe que ces cellules possèdent quand, elles se forment à un âge avancé de la tige; dans les premières années, en effet, eUes deviennent de plus en plus grandes, Jusqu'à ce que, dans les couches annuelles suivantes, leur grandeur se maintienne désormais

constante.

972 Mécanisme: de l'accroissement. [§ is.

Je désigne ces oscillations sous le nom de modifications saccadées de Taccroissement (i). Elles me paraissent provoquées par les petits changements de température, d'aération, d'humidité et d'éclairement, auxquels la plante est continuellement soumise, toutes circonstances qui modifient à la fois la turgescence, Textensibililé et l'élasticité des cellules en voie d'accroissement. J'observe en eO'et que les modifications saccadées de l'allongement deviennent d'autant plus faibles que la plante est mieux protégée contre les variations de ces diverses conditions extérieures. Pourtant^ il se pourrait aussi que des égalisations partielles des tensions de tissus vinssent contribuer au phénomène.

Périodicité de l'accroissement en longnenr, provoquée par raiternanoe

des jours et des nuits.

Jour et Huit t ee qsi« ces stois mïgwMkemt po«r Im plante. — Pour la

plante, jour et nuit signifietit des combinaisons très-différentes de ses conditions de végétation et spécialement de ses conditions d'accroissement. Le jour et la nuit ne difiTèrent pas seulement par la présence et par l'absence de la lumière du soleil, mais aussi par une température plus élevée et plus basse, conséquence du premier fait, et qui, à son tour, détermine des différences dans rhumidité de l'air. Abstraction faite de certains phénomènes météorologiques particuliers, la température baisse chaque jour à mesure que le soleil décline et continue de baisser jusqu'à ce qu'il se lève le lendemain matin; la température de Tair diminue rapidement, celle du sol plus lentement. Au coucher du soleil l'abaissement de température est brusque, comme à l'aurore son élévation. En général, à mesure que la température baisse, l'atmosphèie se rapproche de l'état de saturation, c'est-à-dire que sa différence psychrométrique devient de plus en plus petite; inversement, cette différence psychrométrique devient de plus en plus grande, à mesure que s'élève la température de l'air.

Ceci posé, ces divers changements, qui se reproduisent chaque jour dans leurs traits généraux, agissent en sens différent et môme en sens opposé sur l'accroissement en longueur de la plante. Ainsi l'intensité lumineuse, qui va croissant après le lever du soleil agit sur l'allongement pour le ralentir, tandis que la chaleur du jour, qui croit en même temps, agit pour l'accélérer; mais cette opposition ne se maintient qu^aussi longtemps que les autres conditions de l'accroissement demeurent les mêmes. Car la température de l'air, à mesure qu'elle s'élève, augmente la différence psychromélrique et par conséquent accélère la transpiration, d'où résulte bientôt une diminution dans la turgescence des tissus et par suite un ralentissement dans Télongation.

(1) Poar plus de détails sur co point, voirREiNKB : Verhandlangen des bot. Vereins für die Provinz Brandenbourg. Jahrg. VII, et Sanio : Arbeiten des bot. Instituts in Varzburg, Hef II, p. 103.

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