VOLUBILITÉ
plus élancés, plus solidement aussi ils doivent s'appliquer contre leur support. S'il se trouve donc un support au centre de Thelice eh voie de redressement, la partie terminale sera constamment empêchée par lui d'accomplir sa nutation révolutive normale, le sommet s'accroîtra donc toujours suivant une hélice et s'enroulera en montant autour du support, pendant que les tours plus âgés se resserrent de plus en plus et s'appliquent intimement contre le support. Si l'on retire le support aussitôt après qu'il s'est formé autour de lui quelques tours lâches et surbaissés, la pousse conserve pendant quelque temps sa forme spiralée, mais ensuite elle se redresse et recommence de nouveau son mouYement révolulif.
Par des causes purement mécaniques, on voit qu'à chaque tour d'hélice autour du support, correspond un tour de torsion de l'entre-nœud autour de son axe. Mais en outre, notamment quand l'enroulement a lieu autour de supports rugueux et irrégulièrement conformés, il peut s'opérer des torsions secondaires dans les parties déjà enroulées, torsions dirigées tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche.
Dans le cours de l'enroulement, les feuilles doivent se trouver placées tantôt sur la face externe, tantôt sur la face interne des tours (1). Dans ce dernier cas, le pétiole est comprimé contre le support, sur lequel il glisse latéralement sous l'influence de la pression exercée par le resserrement de l'hélice ; il tire en même temps l'entre-nœud de côlé et y détermine ainsi une torsion locale (M . de Vries).
Durée d'une révolutioM. — Ce que nous venons de dire renferme à peu près tout ce qu'on sait actuellement sur le mécanisme de l'enroulement des tiges volubiles. Mais il n'est pas inutile de signaler encore, d'après M. Darwin, quelques remarques aphoristiques sur ce genre de plantes.
Le mouvement révolutif du sommet libre conserve souvent, dans la même plante et à égalité de conditions extérieures, une frappante uniformité {HumU" lus, Mtcania, Phaseolus). Pour ce qui est du temps nécessaire à l'accomplissement d'une révolution dans des circonstances favorables, on s'en fera une idée par les nombres suivants donnés par M* Darwin.
Scypfianthus eiegans 1 heure 17 minutes.
Akebia quinata 1 — 30 —
Convolvulus sepium 1 — 42 —
Phaseolus vulgaris 1 — 57 —
Adhatoda 48 — » —
Constance du eene d enroniement. — Lesens de l'enroulement est ordinai-
(1) On peut remarquer à cette occasion que, d'après Dutrochet^ la spirale d'insertion des fouiUes dans les plantes volubiles à feuilles disposées en spirale tourne autour do l'axe dans le même sens qae l'enroulement, que la torsion et que la nutation révolutive de la même plante.
[J'ai fait voir (Annales des se. nat, 6« série, XVI, 1872) que cette assertion de Dutrochet est inexacte. Il ne peut y avoir de relation fixe entre le sens de la volubilité, qui demeure constant pour tous les individus d'une même espèce et pour tous les axes successifs d'un même individu, et le sens de la spirale foliaire, qui change d'un individu à l'autre dans la même espèce et d'un rameaa à l'autre sur le même individu. Ces deux effets ne peuvent donc dépendre d'une même cause.) {Trad,)
rement constant pour une espèce donnée ; mais il peut arriver, comme dans le Solanum Dulcamara et le Loasa aurantiaca^ que le sens de l'enroulement Tarie avec les individus. Bien plus, Darwin a vu dans cette dernière plante, et même dans les Scyphanthus elegans et Hibhertia dentata^ que la même tige peut s'enrouler d'abord dans un sens, puis dans le sens opposé.
HéliotropUme des tl|r«« volubiie«. — L'héliotropisme positif des entrenœuds volubiles est en général faible. Il est d'ailleurs évident qu'un puissant héliotropisme ne ferait que gêner l'enroulement, et notamment la notation révolutive par laquelle la plante cherche pour ainsi dire son support« Cependant rhéliotropisme se manifeste parfois en ceci, que, dans un éclairage uni* latéral, le mouvement révolutif s'accomplit plus rapidement quand le sommet se rapproche de la source lumineuse que lorsqu'il s'en éloigne; il en est ainsi, par exemple, dans les Ipomœa jueunda^^ Lonicera brachypoda, Phaseoitis et ffumidus.
ÉpaiMenr maximum du lupport. — D'après ce qui a été dit plus haut sur le mécanisme de l'enroulement, on peut admettre qu'il y a pour chaque espèce un certain maximum d'épaisseur de support, pour lequel, l'enroulement est encore possible. Le support ne devra pas être beaucoup plus gros que la largeur des tours que la pousse est capable de former en l'absence de tout support ; dans le cas contraire, le sommet cherche d'abord à accomplir son enroulement à côté du support trop large, puis cet enroulement s'efface. M. Darwin {loe. cù,j p. 22) avoue ne pas connaître la cause pour laquelle l'enroulement ne s'opère pas autour de supports trop gros , mais il me semble que nous venons d'en donner, d'après les recherches de M. de Yries, une raison suffisante.
li« ^olabilité est indépendante de la lamière. — Les mouvements des
entre-nœuds volubiles s'opèrent avec d'autant plus d'énergie que les conditions extérieures sont plus favorables à l'accroissement et que ce dernier luimême est plus accéléré, c'est-à-dire quand la nutrition est abondante, la température élevée et la turgescence considérable. L'influence immédiate de la lumière n'est pas nécessaire à l'enroulement, car les plantes étiolées comme V/pomœa purpurea^ le Phaseolus muUiflorus^ s'enroulent aussi dans l'obscurité autour de leurs supports. Suivant M. Duchartre, il est vrai, le Dioscorea Batatas ne -s'enroule pas à l'obscurité. Mais il résulte des observations récentes de M. de Yries, que les rameaux normaux et verts de cette plante continuent parfaitement à s'enrouler tout d'abord à l'obscurité ; plus tard seulement, quand ils s'étiolent, ils cessent de manifester le mouvement révolutif et d'être volubiles.
Enroulement des vrilles.
Définition physiologique des vrilles. — Sous la dénomination de vrilles, nous pouvons comprendre toutes les parties de plante filiformes ou tout au moins grêles, étroites et longues, qui possèdent la propriété, quand elles arrivent dans le cours de leur accroissement au contact de corps solides et min*