ENROULEMENT DES VRILLES
^r leurs supports et s'enrouler en deçà. Il en est ainsi, par exemple, dans un lant de Cucurbita Pepo^ dont le somme.t continue de s'accroître dans un réipient obscur, nourri par les feuilles vertes qui s'étalent plus bas à la lumière.
Mtéesninne de 1« eourbnre provoquée par le eontaet d'uA corps solide. —
— Considérons maintenant le mécanisme des courbures provoquées par le con- Lact d'un corps étranger sur la face sensible de l'organe (enroulement de la partie fixée et de la partie libre des vrilles attachées), et celui de Tenroulement des vrilles libres. 11 n'est pas douteux qu'il n'en faille chercher l'explication dans les phénomènes de l'accroissement en longueur et dans les modifications qu'ils éprouvent par une pression transversalement exercée sur le côté où l'accroissement est le plus faible. Les vrilles ne sont, en effet, sensibles au toucher et à la pression qu'aussi longtemps qu'elles s'accroissent en longueur. Une courbure due à une excitation passagère pourra bien s'effacer dans le cours de Taccroissement, comme il arrive par exemple pour la courbure imprimée par un choc à des branches en voie d'allongement, mais si l'excitation produite par le support est de quelque durée^ si elle a provoqué un enroulement, la diffé- ' rence de longueur entre le côté convexe et le côté concave est permanente et désormais irréparable.
Les cellules du côté convexe sont plus longues que celles du côté concave, ^ absolument comme dans les racines infléchies vers le bas ou dans les nœuds ' de Graminées condés vers le haut. Dans le^ vrilles épaisses et enroulées autour ' de supports grêles, cette différence de longueur est si considérable qu'elle saute aux yeux sans qu'il y ait besoin de mesures, comme je m'en suis con- ' vaincu dans divers cas. D'autre part, les récentes recherches de M. H. de Yries, qui traçait des divisions équidistantes sur les vrilles encore droites et les mesurait après l'enroulement, ont montré que l'accroissement est plus grand ' sur la face convexe et plus petit sur la face concave, que dans les régions de ' la même vrille situées au-dessus et au-dessous de la courbure et demeurées droites. Une vrille de Cucurbita Pepo, par exemple, s'enroulait autour d'un support de 1"*"*,2 d'épaisseur; la courbure achevée, l'accroissement, pour chaque intervalle primitif de i millimètre, fut trouvé sur la face convexe de jmm^4 et sur la face concave seulement de 0"",4 ; l'accroissement moyen de la région demeurée droite était de O™'',^. Quand l'accroissement de la vrille tout entière, au moment où elle arrive au contact d'un support, se trouve déjà affaibli, on trouve encore, il est vrai, une notable augmentation dans rallongement de la face convexe, mais sur la face concave il ne se fait plus d'allongement ou môme il y a un raccourcissement; dans une vrille de Courge, ce raccourcissement atteignait presque le tiers de la longueur primitive.
De pareilles différences de longueur entre le côté convexe et le côté concave s'observent aussi, soit dans l'enroulement spontané des vrilles libres, soit dans l'eDroulement de la portion libre des vrilles fixées. Mais comme, dans ces deux cas, l'accroissement de la vrille tout entière est ordinairement fort affaibli au préalable, le raccourcissement de la face concave est ici aussi, suivant M. de Yries, un phénomène très-général.
L'ensemble des phénomènes que nous venons de décrire conduit donc à ce résultat, que par la pression du support l'accroissement en longueur se
troave exalté sur la face non touchée. En s'étendant, celle-ci fléchit tout d'abord la face touchée qui devient concave , puis la compression que subit cette face concave arrête son accroissement ou même la raccourcit. 11 me parait probable qu'en même temps il y a affaissement du parenchyme sur la face touchée^ qui cède son eau au parenchyme de la face convexe^ et contraction élastique correspondante de ses parois cellulaires ; au moins est-ce seulement de cette façon que l'on peut expliquer le raccourcissement de la face touchée, dans des vrilles dont l'accroissement est déjà très-ralenti.
Ceci posé, comment la faible pression d'un fil léger sur la vrille, comment le léger contact delà vrille en nutation avec un support peuvent-ils amenerde pareilles modifications d'accroissement, non-seulement au point directement touché, mais dans toute la longueur de l'organe ? c'est ce que jusqu'ici l'on ignore absolument.
M écanime de l^nroalemeMt «pontané des vrillée llbree. — L'enroule-
ment spontané des vrilles libres est dû simplement à ce que la face supérieure de l'organe s'allonge encore pendant quelque temps, après que sa face inférieure a déjà cessé de croître. Les cellules de la face supérieure attirent probablement à elles une partie de l'eau des cellules de la face inférieure, ce qui doit raccourcir celle-ci en même temps que celles-là s'allongent.
Une vrille ae e^iiroiile ime autour d'un support trop luluee. — Sans
approfondir ici les nombreux problèmes purement mécaniques qui se rattachent à la courbure des vrilles, bornons-nous à rechercher encore pourquoi des vrilles épaisses ne sont pas capables d'embrasser de très-minces supports.
Si l'on compare deux vrilles de même grosseur, enroulées l'une autour d'un support mince, l'autre autour d'un support épais, il est clair que dans la première la différence de longueur entre la face externe et la face interne doit être plus grande que^lans la seconde. Si, d'autre part, l'on compare une vrille épaisse et une vrille mince, enroulées autour de supports de même grosseur, on verra que la différence de longueur entre la face externe et la face interne est plus grande dans la première que dans la seconde. Imaginons maintenant que dans ce dernier cas le support devienne de plus en plus mince, il est clair que la différence de longueur croîtra plus vite pour la vrille épaisse que pour la vrille mince. Toute la question est donc de savoir si la différence entre l'accroissement longitudinal des deux faces d'une vrille peut atteindre ou non telle valeur que l'on voudra.
Or, l'expérience montre que la différence de longueur, due à l'inégal accroissement des deux côtés de la vrille, a des limites. Les minces vrilles du Passiflora gracilis s'enroulent solidement autour d'un fil de soie ; les grosses vrilles de la Yigne, au contraire, n'embrassent que des supports d'au moins â à 3 millimètres d'épaisseur. La vrille de Vigne la plus fortement enroulée que j'aie pu trouver embrassait un support de 3"^°^, 5 d'épaisseur, et ses tours surbaissés étaient presque annulaires ; la grosseur moyenne de la vrille dans cette région était de 3 millimètres. Le côté concave d'un tour avait donc environ il millimètres, et son côté convexe environ 29 millimètres de longueur ; le rapport de longueur des deux faces est donc 1 à 2,6. Supposons, au contraire, que cette vrille de 3 millimètres d'épaisseur s'enroule autour d'un support de 0"^,5 de