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GENÈSE DES VARIÉTÉS

\^rin (i)» il est probable que le Rosier mousseux est provenu par variation gemmaire du Rosier à cent feuilles. De son côté, le Rosier mousseux panaché a fait son apparition en 1788, comme simple rejeton d'un Rosier mousseux rouge ordinaire. D'après M. Rivers, les graines du Rosier mousseux rouge donnent presque toujours des Rosiers mousseux.

HàtL prodnoCIon des varlétéi e«t indépendante des envie« eztérienree. — -

Il faut distinguer avec soin, de la variation proprement dite, les divers états que prennent les plantes sous Tinfluence d'une nutrition appauvrie ou surabondante et, en général, sous l'action immédiate des causes extérieures. Suivant qu'ils sont pauvrement ou richement alimentés, en effet, les divers exemplaires de la même plante se distinguent souvent d'une manière frappante par la grandeur et le nombre des feuilles, des branches, des fleurs et des fruits. Une ombre épaisse imprime souvent aux plantes qui croissent habituellement en plein soleil, les modifications de port les plus accusées. Mais ces changements ne sont pas héréditaires ; normalement nourris et éclairés, les descendants de pareils individus reprennent bientôt leurs caractères primitifs.

Au contraire, ces propriétés qui sont capables de devenir héréditaires et de caractériser de nouvelles variétés, apparaissent toujours indépendamment de l'action immédiate du sol, du climat, de l'exposition et en général de toutes les influences extérieures. Elles se montrenttout à coup, sans cause apparente. On doit donc admettre, ou que d'insensibles impulsions extérieures impriment à la marche du développement un écart d'abord imperceptible, mais qui va s'accusant peu à peu jusqu'à devenir visible au dehors, ou que les phénomènes qui s'opèrent à l'intérieur môme de la plante, réagissent l'un sur l'autre de telle façon qu'il en résulte tôt ou tard une modification extérieure.

Ce fait, que des plantes sauvages, dès qu'on en entreprend la culture, commencent d'ordinaire à former des variétés héréditaires, montre que le changement apporté dans les conditions extérieures de la végétation ébranle de quelque façon la marche du développement à venir. Mais il ne prouve pas que des influences extérieures déterminées puissent produire des variétés héréditaires déterminées et correspondantes. Car, dans les mêmes conditions de culture, on voit la même forme primitive engendrer simultanément ou progressivement les variétés les plus différentes, et il en est de même aussi dans les plantes sauvages vivant en liberté. A la même exposition, dans des conditions de végétation toutes semblables, on rencontre souvent, à côté de la plante primitive, ses diverses variétés, et d'autre part on trouve fréquemment une seule et même variélé dans les localités les plus différentes (S).

C'est précisément parce que le^ variétés sont à un si haut degré indépendantes des influences extérieures, qu'elles sont héréditaires. Une modification causée dans une plante par Thumidité, ou l'ombre, ou quelque autre cause externe ne devient pas héréditaire, précisément parce que les descendants, placés dans d'autres conditions d'existence, prennent de nouveau d'autres caractères transitoires. Mais la preuve la plus nette que les propriétés héréditaires, ou qui

(1) Darwin, loc. cii.^ p. 389.

(2) Pour plus de détails sar ce très-important sujet, voirNjiGBLi : Sitxungsberichte d. k. bayer. Akad. der V^lssenscb« , 1865.

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peuveot le devenir, ne sont pas provoquées par des influences extérieures élémentaires, c'est que des graines échappées d'un même fruit reproduisent ml plusieurs variétés différentes, soit une variété en même temps que la forme j originelle. f

Mm. coa«crf»tion é^ê variété« prod«l<e« déyend, a« camtimire, des c^ndi- i tloB» extériearM. — Cependant, bien que la naissance et la forme des variété» ne soient pas causées par l'action immédiate des influences externes, il peut arriver que l'existence ultérieure d'une variété dépende de ces conditions extérieures. Une variété une fois produite, il s'agit en effet de savoir si, cultivée dans un sol humide ou sec, à la lumière ou à l'ombre, elle pourra s'y reproduire ou si elle y périra. A cet égard, on arrive à celte conclusion que les variétés héréditaires prennent naissance indépendamment des influences extérieures^ mais que la possibilité de leur existence ultérieure dépend des conditions externes. Une vahété qui ne se rencontre que dans une station déterminée, n'est pas produite par cette station, mais cette station lui offre seule les conditions de végétation qui lui sont nécessaires. Elle s'y conserve donc et disparatt partout ailleurs.

lA^hjhridUéf et mmami le erolsemeat entre ladtvldus de méoie espèee^ eeet de« reusee de varUttoM. — Nous avons déjà dit au § 32 que les hybrides sont généralement fort enclins à former des variétés. L'hybride réunissant en Ini deux natures héréditaires, il en résulte une impulsion à produire de nouveiies propriétés qui, à leur tour, pourront être plus ou moins transnaissibles. L'hybridité est donc pour les plantes ^n puissant levier qui ébranle la constance des caractères héréditaires et tire, de deux formes fermées chacune^ un grand nombre de variétés (1).

Mais, de son côté, l'union sexuelle ordinaire entre individus de la même espèce, telle qu'elle a lieu dans les plantes dio!ques,dichogames,hétérostyle5, etc., peut être regardée comme une sorte d'hybridité. Ici aussi, en effet, les individus combinés diffèrent sans aucun doute l'un de l'autre, car sans cela leur croisement ne donnerait pas de meilleurs résultats que l'autofécondation. Ici aussi, par conséquent, les descendants réunissent en eux deux natures distinctes, bien qu'assez peu différentes, et puisque l'hybride de deux formes végétales différentes présente une forte tendance à la variation, la fécondation de deux exemplaires différents d'une seule et même forme végétale pourra produire tout au moins une faible tendance à la variation. Il est donc probable que dans l'union sexuelle d'individus différents^ telle qu'on la rencontre partout dans la nature, même chez les plantes hernxaphrodites, il y a une cause de variation toujours agissante. Cette cause de variation n'est toutefois pas la seule, comme l'atteste déjà l'existence d'une variation gemmaîre, et comme cela résulte mieux encore de cette remarque, que la différence des deux individus qui engendrent un produit variable doit provenir elle-même déjà d'une légère variation.

Em outre, toute plaate a en elle-aièaie uae tendance à varier. — Un grand

nombre de faits et de raisonnements portent à croire, en effets que presque toute plante a une tendance intime à varier constamment et dans diverses di-

(1) Voir Naodin : Comptes rendus, 1864, LIX, p. 837.

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