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LA THÉORIE DE LA DESCENDANCE. H

enfin entre les divers groupes du règne végétal le même rapport de parenté ciproque. La théorie de la descendance regarde donc la variation par voie s reproduction, comme la cause de toutes les différences qui existant entre ts plantes, et l'hérédité des caractères des variétés, comme la cause de toutes ^s ressemblances que Ton remarque môme entre les plantes les plus éloi-

nées .

Ce que nous avons appelé la commune loi d'accroissement d'une classe, ou Lussi son type^ c'est à leur commune descendance d'une même souche primitive archétype de M. Darwin), que toutes les plantes de cette classe en sont redevables. Ce que depuis bien longtemps Ton désigne, dans un sens purement métaphorique, sous le nom de parenté des formes végétales, est donc pour la théorie de la descendance une parenté véritable, une consanguinité aux degrés les plus différents. Développées dans le cours de très-longues périodes de temps, c'est-à-dire dans la succession d'un très-grand nombre de générations^ les différences proviennent d'abord de ce que les divers descendants ont varié de diverses manières, et ensuite de ce que les diverses variétés ainsi produites, dans des conditions climatériques différentes, mais surtout dans les conditions différentes où s'est successivement présenté pour elles le combat pour la vie, ont toujours accusé davantage leurs différences. Elles ont dû forcément les accuser toujours davantage, pour demeurer capables d'existence, tandis que d'innombrables variétés, espèces et genres ont progressivement péri parce que, dans les conditions nouvelles apportées par les modiQcatlons géologiques et par l'entrée dans la carrière d'autres espèces mieux pourvues, elles ne se sont plus trouvées suffisamment armées pour soutenir la lutte pour l'existence.

Sa valeur scleatlfl^iie. EUe ne reaferiae «u'niie seule hypothèse et explique ftlmplemeBt tome les phéBontènes. — La théorie de la descendance tire sa raison d'être et sa valeur scientifique de ce qu'elle est la seule théorie en état d'expliquer d'une façon très-simple toutes les relations mutuelles des plantes entre elles, tous leurs rapports avec le règne animal et avec les faits géologiques et paléontologiques, leur distribution à la surface de la terre aux diverses époques, etc. Elle ne présuppose, en effet, que deux choses : i® la variation avec hérédité; 2° le perpétuel combat pour la vie, qui ne laisse subsister que les formes suffisamment pourvues de propriétés utiles et qui tôt ou tard anéantit les autres. Mais d'autre part, ces deux hypothèses s'appuient sur un nombre incalcalable de faits.

La théorie de la descendance ne renferme mème^ en réalité, qu'une seule hypothèse qui ne se laisse pas immédiatement démontrer comme fait. Cette hypothèse consiste à admettre que la somme des variations peut atteindre toute grandeur que l'on voudra, pourvu que l'on considère un temps suffisamment long. Hais comme la théorie de la descendance, qui enveloppe cette hypothèse, suffit à expliquer tous les faits de la Morphologie et de TadaptatioD, et qu'aucune autre théorie scientifique ne permet cette explication, l'hypothèse en question se trouve aussi par cela môme justifiée.

Ponnvoi les plamtes aetvelles sont si hlen armées povr la latte. — La

théorie de la descendance nous fait comprendre comment les plantes sont

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arrivées à être armées avec une si extraordinaire convenance pour le coi pour la vie. C'est le combat pour la vie lui*m6me qui les a ainsi années, que, parmi les variétés nouvelles venues et douées de talents divers, il n'a I subsister et se reproduire que celles qui étaient le plus aptes à résister au clin la concurrence des compétiteurs, à l'attaque des animaux, etc. Faibles et ii sibles au début, les adaptations ont dû se développer ainsi par raccamul progressive des propriétés utiles, de manière à paraître en définitive i'œaTi calcul le plus attentif et de la plus prudente réflexion, mais parfois aas caprice Je plus cruel, comme dans la fécondation de VApoqfman andm foUum^ où les mouches qui l'opèrent sont en même temps martyrisées jui la mort.

P«mr««oi des membres ém aiéaie matvre morpkoloipt^ve u*WLéa.fi/tmi

f«MciloMa iM plvs «iverMB. — Ce fait, que des membres morphologiqaei semblables sont adaptés aux fonctions les plus diverses, s'explique si Too r cbit que les caractères morphologiques des diverses parties du corps i plante sont précisément ceux qui se transmettent le plus sûrement à ses cendants, soit parce qu'ils sont sans importance dans la lutte pour l'exisle soit parce que, dans les conditions de végétation les plus diverses, ils j joi un rôle utile : telles sont la ramification de la tige, de la feuille et de la rac la différenciation des tissus en divers systèmes, etc., toutes propriétés par quelles la division du travail physiologique et l'acquisition des propriétés les] diverses se trouvent facilitées. Les Thallophytes, les Gharacées et les Hépatiq montrent que ces différenciations, ces divisions morphologiques n'existai pas au début chez les plantes inférieures et les premières apparues, m qu'elles se sont accusées et développées peu à peu; Une fois acquises, elles ( été conservées ensuite au milieu de toutes les variations ultérieures, parce q jamais elles n'ont été un obstacle à l'adaptation et que souvent au cootrai elles y ont apporté un réel avantage.

Poiir«iiol il y » des oiyancs aams foBctioK. — Cette constante hérédité à caractères morphologiques conduit à l'un des phénomènes les plus eiinori naires qui se puissent voir, à la production d'organes sans fonction. H estarnf«i en effet, que certaines propriétés héréditaires n'ont plus trouvé d'emp/o/^^ les conditions nouvelles où les descendants ont été placés, parce qae 1^ ^' gences physiologiques correspondantes se sont trouvées satisfaites pard'aalres moyens, par une autre adaptation. A cette catégorie appartiennent, par eiemp^^i les petites feuilles microscopiques des rameaux radiciformes du PsHotm^^^ que la formation de l'endosperme dans le sac embryonnaire d'oQ g^*^ nombre de Dicotylédones, dont l'embryon se développe plus tard assez fortement pour absorber cet endosperme et pour se remplir lui-même des matériaos de réserve qui ailleurs se trouvent déposés dans ce tissu.

Mais les phénomènes de ce genre les plus frappants sont présentés par 1^ plantes parasites et humicoles dépourvues de chlorophylle, qui se rencontreni d'ailleurs dans les classes les plus différentes. Leurs proches parents produiseotde grandes feuilles vertes, riches en chlorophylle, tandis que chex elles les km^ ne sont ni vertes, ni grandes et môme s'atrophient parfois jusqu'à defeiuf méconnaissables. La théorie de la descendance n'hésite pas à déclarer que

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