‹ Traité de botanique conforme à l'état présent de la scienceChapitre 36 sur 202 · DIVERSITÉ DE FORME ET DE CONSTITUTION DES CELLULES · texte numérisé non relu

DIVERSITÉ DE FORME ET DE CONSTITUTION DES CELLULES

telle sorte que tout un ensemble de cellules disposées soit en couche circulaire, soit en faisceau, suive la même voie.

Les unes croissent rapidement dans toutes les directions, leur paroi demeure mince, la plus grande partie de leur protoplasma se consacre à la formation de grains de chlorophylle ; elles sont riches en suc cellulaire et servent, comme nous le verrons plus tard, à l'assimilation, c'est-à-dire à la production de nouvelle substance organique aux dépens des éléments nutritifs absorbés. — A d'autres places de la même plante, les cellules s'étendent beaucoup en longueur, leur diamètre transversal demeure petit, elles ne forment pas de chlorophylle. Mais ces cellules allongées ne se comportent pas toutes de la même manière. Les unes demeurent gorgées de sucs et servent à conduire certaines substances assimilées. D'autres, appartenant au même faisceau, épaississent rapidement leurs parois et ces épaississements présentent des caractères variés ; leurs cloisons transverses se résorbent de sorte que les cellules d'une même ûle verticale communiquent librement et forment un long tube appelé vaisseau ; le protoplasma et le suc cellulaire ont disparu de ces vaisseaux, qui ne servent plus désormais que comme canaux aérifères pour distribuer l'air dans l'intérieur de la plante. — Dans le voisinage des vaisseaux se forment les cellules ligneuses. Elles sont le plus souvent fibreuses, leur paroi est fortement épiissie et sa substance même a subi une transformation chimique qu'on exprime en disant qu'elle s'est lignifiée. Toutes ensemble, elles constituent un échafaudage solide qui soutient tous les autres tissus, qui donne de la fermeté et de l'élasticité aux organes, et qui enfin est éminemment propre à conduire rapidement l'eau à travers le corps de la plante. — Dans le tissu des tubercules, des bulbes et des graines, la plupart des cellules conservent leur paroi mince; elles emmagasinent des substances albuminoîdes, de l'amidon, de rinuline,de3 matières grasses, etc., pour les reslituer plus tard, quand de nouveaux organes se formeront, et faire servir ces matériaux à l'édification des cellules nouvelles. Nous pourrions citer encore une remarquable série d'autres tissus :1e liège, les enveloppes des graines, les noyaux des fruits, etc. ; ils acquièrent tous, et c'est leur caractère commun, la dureté et la force de résistance qui leur sont indispensables pour servir d'enveloppes protectrices aux masses cellulaires encore en voie de développement, par le moyen d'un accroissement, d'une transformation particulière de leurs membranes cellulaires. Le contenu des cellules y disparaît dès que les parois ont acquis celte propriété et que ce but est atteint.

Chacune de ces diverses formes cellulaires, que nous venons de signaler dans une seule et môme plante, sert donc principalement ou même exclusivement à ui\e seule fin. Suivant le but à atteindre, c'est ou la membrane cellulaire, ou le Protoplasma, ou la chlorophylle, ou le suc cellulaire, ou les formations granuleuses qu'il renferme, qui se développent d'une façon prédominante et dans une seule direction. Ainsi spécialisées, ces cellules perdent ordinairement la propriété de se reproduire, de se multiplier par division, et, quand elles ont rempli leur fonction, ou bien elles périssent entièrement, ou bien il ne reste d'elles qu'un échafaudage de membranes lignifiées. La plante n'en continue pas moins de vivre, puisqu'elle possède, à des places déterminées, des cellules généra-

iO MORPHOLOGIE DE LA CELLULE. [§ 3.

trices qui, le moment venu, produisent de nouvelles masses cellulaires aptes à remplir de nouveau el temporairement toutes ces mêmes fonctions.

Genèse des cellules (I).

La naissance d'une cellule commence toujours par la condensation nouvelle d'une masse de protoplasma autour d'un nouveau centre de formation. La substance nécessaire à celte condensation est toujours fournie par un protoplasma préexistant. Le protoplasma nouvellement constitué se revêt tôt ou tard d'une membrane cellulaire. Ces phénomènes sont les seuls qui soient communs à toutes les nouvelles formations de cellules. Dès qu*on veut pénétrer plus profondément dans la question, de grandes différences se manifestent, et il devient nécessaire de distinguer de suite différents cas, si l'on ne veut pas être conduit ä des généralisations inexactes.

Oivers modes de formation des ceUaiee. — Il me semble utile et naturel de distinguer trois types principaux : i^ \e renouvellement ou le rajeunisse' ment d'une cellule, c'est-à-dire la formation d'une seule cellule nouvelle aux dépens de la masse tout entière du protoplasma d'une cellule préexistaote; !^^ la conjugaison ou la formation d'une cellule par la fusion de deux ou de plusieurs masses protoplasmiques en une seule ; 3"* la multiplication d'une cellule par la production de deux ou de plusieurs masses protoplasmiques aux dépens d'une seule. Chacun de ces types présente de nombreuses modifications secondaires et de nombreuses transitions vers les deux autres.

C'est surtout dans le troisième type, dans la multiplication cellulaire, que l'on observe la plus grande diversité. Il y a d'abord deux cas à y distinguer, suivant qu'une partie seulement du proloplasma de la cellule mère est employée à la formation des cellules nouvelles {formation cellulaire libre) , ou que la masse tout entière du protoplasma primilif passe dans les cellules filles (division). Ce dernier cas, c'est-à-dire la division cellulaire, est de beaucoup le plus fréquent et il présente à son tour des modifications secondaires suivant que, oui ou non, les masses protoplasmiques qui se rassemblent autour des nouveaux centres se contractent et s'arrondissent en expulsant l'eau qu'elles renfermaient; suivant que la membrane cellulaire se forme pendant la division môme du protoplasma ou seulement après qu'elle est accomplie ; enfin, suivant le mode, d'apparition du suc cellulaire et des noyaux.

Une même plante emploie tour à tour, dans le cours de sa végétation, ces différents modes de formation des cellules. De la genèse des cellules par divi-

(1) H. V. MoHL : Vermischte Schriften botanischen Inhalts. Tübingen, 18(5, p. 67, 84, 362. — ScHLEiDfiN in Müller's Archiv, 1838, p. 137. — Unger^ Botanische Zeitung, 18 i4, p. 489. — H. V. MoBL, Botanische Zeitung, 1841, p. 273.— Nabgeli, Zeitschrift für wiss. Botanik, 1, 1844, p. 34, 111,1V, 1S46, p.aO. — A. BnAU?i. Verjüngung in der Natur. Freiburg, I8S0, p. 129. — Hofheisteb, Vergleichende Untersuchungen über die Embryobildung der Kryptog. und Conif Leipzig, 1851. — De Bary, Untersuchungen über die Familie der Conjugaten. Leipzig, 1858. — Naegeli, Pflanzenphysiologische Untersuchungen, Heft L — Pringsheim, Jahrbücher für wiss. Botanik« I, 1858, p. 1, 284. 11, p. 1. — Hofmeister, Lehre von der Pflanzenzelle. Leipzig, 1867.

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