GENÈSE DES CELLULES. M
sion dépend tout le développemeut du système Tégétatif, c'est-à-dire la production du tissu cellulaire. La genèse par formation libre se rencontre dans la production des ascospores des Champignons et des Lichens, ainsi que dans le sac embryonnaire des Phanérogames. La genèse par conjugaison est, comme nous le Terrons tout à l'heure, limitée, dans sa forme typique, à certains groupes d'Algues et de Champignons, où elle sert à la reproduction. Le renouvellement ou le rajeunissement des cellules se trouve réalisé, chez certaines Algues, par la formation d'une seule zoospore aux dépens du contenu tout entier d'une cellule végétative, et des phénomènes analogues se présentent dans la reproduction sexuelle des Cryptogames.
Nous allons maintenant, suivant les principes énoncés plus haut, donner une description sommaire des différents modes de formation des cellules. On nous pardonnera si, vu la brièveté nécessaire dans un traité général, nous passons sous silence les développements étendus qu'exigerait une étude plus approfondie du sujet.
Vonnailoii d'ane cellole par renowellencMi ou nJeHnlispneni d'ase cellule pi>éexi«tmnte. — La formation des zoospores du Sligpoclonium insigne (flg. 3, § I) nous en offre un bel exemple. Le contenu tout entier d'une cellule végétative d'un filament se concentre, en expulsant une portion de son suc cellulaire. L'arrangement des diverses parties de la masse protoplasmique est changé et les bandes de chlorophylle s'effacent. La configuration du proloplasma se transforme, en même temps qu'il abandonne sa membrane cellulaire. Une fois mis en liberté, ce corps, d'abord cylindrique, maintenant ovoïde, a Tune de ses extrémités large et verte, l'autre étroite et hyaline. Quand il a terminé son mouvement, c'est par cette dernière qu'il se fixe, tandis que l'extrémité verte se développe seule par voie d'accroissement terminal, dès que la nouvelle cellule s'est entourée d'une membrane.
Les observations analogues de M. Pringsheim sur les Œdogonium montrent que la direction d'accroissement de la cellule rajeunie est perpendiculaire à sa direction d'accroissement avant son rajeunissement. L'extrémité hyaline de la zoospore^ par laquelle elle se fixe plus tard et qu'on appelle son extrémité radicale, se forme en e'ffet (fig. A, A, E) non pas en haut ou en bas, mais bien sur le côté de la masse protoplasmique. Le protoplasma nouveau a donc dans l'espace une orientation essentiellement diOérente de l'ancien, puisque la section transversale de la cellule ancienne se trouve être la section longitudinale de la cellule nouvelle et de la plante qui en provient. La matière, autant du moins qu'il est possible d'en juger, demeure la même, mais son arrangement est différent. Ce caractère est décisif au point de vue morphologique, et toute formation nouvelle de cellule n'est au fond que le résultat de l'arrangement nouveau d'un protoplasma préexistant. C'est pourquoi le rajeunissement d'une cellule peut et doit être considéré morphologiquement comme la formation d'une cellule nouvelle.
FoFmatioB d'une cellule par conjaffi^isoii. -— Dans ce mode, Ics masses protoplasmiques de deux ou de plusieurs cellules se fondent en une masse unique, qui s'entoure d'une membrane et constitue une cellule douée de propriétés différentes.
13 MOHPHOLOGIL: DE LA CtiLLÜLE. [§ 3.
Conjugaison proprement dite. — Pour expliquer ce phénomène, qui présente de nombreuses modiflcations , considérons la conjugaison d'une de nos Algues lllamenlcuscs les plus communes, le " Spirtigyra longaia (fig. 3 et 6). Le filament con-
siste (lig. 5) en une rangée de cellules cylindriques, toutes semblables, et qui contiennent chacune un sac proLoplasmique. Celui-ci renferm« une assez grande quanlilâ de suc cellulaire, an milieu duquel llotte un noyau, qui est enveloppé par une petite pelote de protoplasma et rattacha I au sac par des fliaments proto[tlasmiques. La
paroi du sac renferme un ruban de chlorophylle enroulé en-spirale et contenant h des plaff ces déterminées des grains d'amidon. Dans cet
• exemple, la conjugaison a toujours lieu entre
deux cellules opposées de deux filaments qui ^ sont placés plus ou moins parallèlement l'un contre l'autre. Pour la préparer, les cellules émettent en regard l'une de l'autre des saillies lalérales(commeena,flg. S), qui s'allongent jusqu'à se rencontrer {b). Ensuite, le sac protoplasmique de chacune des deux cellules se contracte, se sépare entièrement de la membrane qui l'entoure, s'arrondit en forme d'ellipsoïde et se rassemble en une masse de plus en plus compacte en expulsant progressivement le suc cellulaire , qu'il renfermait. Ces phénomènes s'opèrent si- - multanément dans les deux cellules en regard. I Puis la paroi cellulaire se perce au point de con- \ lact des deux proéminences (Qg. 6, a), et l'une ' des deux masses ellipsoïdales de protoplasma s'inpia.,.d(Erf»so,,t|,«,.üu.forB«Jw irojuii ^^^^ jg ^^„5, jg communication ainsi
lOOtpore (SSO). Dipr« M. Prin^i-
heim, Jahrb. t. »îsi. Bal., I, Tut. I. établi et SC gllsse lentement dans l'autre cellule. Dès qu'elle arrive au contact de la masse protoplasmique qui s'y trouve, elle se fond avec elle (fig. 6, a). Cette fusion une fois accomplie (flg. 6, i), la masse unique qui en provient reprend la forme d'un ellipsoïde et elle est à peine plus grande que l'une des deux masses qui la composent, preuve évidente qu'il y a eu pendant la réunion une nouvelle contraction et une nouvelle expulsion d'eau. Cette réunion fait sur l'observateur l'impression de deux gouttes liquides qui se fondraient l'une dans l'autre. Le protoplasma n'est cependant jamais un liquide, et, sans compter plusieurs autres circonstances, le fait suivant témoigne qu'il entre ici en jeu des forces toutes particulières qu'aucun liquide ne possède. En effet, pendant la contraction- de chacune des deux masses protoplasmiques qui se conjuguent, le ruban spirale de chlorophylle conserve son caractère, seulement il est étroitement resserré, et, au moment de leur réunion, les deux