LES CORPS CHLOROPHYLLIENS, ETC
laine quantité de granules jaunes, brillants, qui n'ont aucune ressemblance ayec la chlorophylle. Si les feuilles sont rouges au moment de leur chute, celte coloration rouge est produite par une substance dissoute dans le suc cellulaire ; mais on j retrouve aussi les granules jaunes.
PriBcipe» colormmto BiélmMgés à 1» eklorophylle daas les emrpm chlor«-
pkyiiicBs. — On ne peut pas toujours reconnaître la présence de la chlorophylle dans les tissus, à la coloration extérieure de l'organe. Parfois, en effet, les cellules où se trouvent des grains de chlorophylle renferment en même temps un suc cellulaire rouge ; d'autres fois, le tissu vert des feuilles est recouvert par un épiderme pourvu de suc rouge (jeunes plantes d'Atriplex hortensis)^ et dans ce cas il suffit d'arracher cet épiderme coloré pour apercevoir la coloration verte du tissu. Mais dans certaines Algues et dans certains Lichens, il arrive que les corps chlorophylliens de la cellule euz-^ mêmes renferment, outre la matière colorante verte, une substance rouge, ou bleue, ou jaune, mais toujours soluble dans l'eau. A cause du mélange de la chlorophylle qu'ils renferment avec ces diverses autres matières colorantes, les corps chlorophylliens frais paraissent alors vert-de-gris {Osctllaria, Peltigera eanina, etc.) rouge vif (Floridées), brun {Fucus ^Laminaria saccharina), ou jaune-brun (Diatomées). (Voir livre II, Algues.)
.ALiiemiioas de 1» ehiorophylie. — Il faut soigneusement séparer des cas qui précèdent ceux où des grains de chlorophylle originairement verts prennent, à la suite d'une altération de leur matière colorante, une couleur rouge ou jaune, phénomène que je regarde, à cause de ses conséquences physiologiques, comme une dégradation de la chlorophylle. C'est ainsi que les grains verts des parois de Tanthéridie des Mousses et des Characées deviennent d'un beau rouge au temps de la fécondation ; c'est ainsi en* core que le changement de couleur des fruits qui mûrissent {Lycium barbarum^ Solanum pseudocapsicum^ etc.), et qui, de verts qu'ils étaient, deviennent jaunes ou rouges, provient d'un changement de couleur correspondant dans les grains de chlorophylle qui, en même temps, se désagrègent en fragments anguleux à deux ou trois pointes (Kraus, loc. eit,).
ClralBS plgmeiitalrcfl mnalog««« »us yrainsde ekloropfcyllc. — Les grains
qui supportent la matière jaune qui colore les pétales d'un grand nombre de fleurs, ceux des fleurs de CucurbUa par exemple, sont très-voisins des grains de chlorophylle. Les corps qui se présentent dans les fleurs bleues {Tillandsia amcma), brunes ou violettes {Orckis Morio\ s'éloignent déjà beaucoup plus de ce type, bien qu'ils soient encore formés d'une substance fondamentale incolore analogue aru protoplasma, teinte par une matière colorante soluble dans l'eau.
SmbstaBce foBdameBtale des corps ehloroplijllleas. — - Si Ton fait abstraction des divers contenus que nous venons de signaler, la substance fondamentale des corps chlorophylliens est dépourvue de tous ces fins granules qui sont si répandus dans le protoplasma incolore et animé de mouvements. Malgré leur contour très-vif ils sont très-mous, et onctueux quand on les écrase. Mis en contact avec de l'eau pure, ils prennent des vacuoles qui se gonflent fortement et interrompent la masse verte, comme autant de
Sacbs. — Traité de Botanique. «^
vésicules hyalines. Les jeunes grains de chlorophylle peuvent ainsi se transformer en tendres vésicules^ dans l'intérieur desquelles flottent les grains d'amidon; les grains âgés ont beaucoup plus de consistance. Quand on a extrait la matière colorante verte de certains corps chlorophylliens, par exemple des rubans des Spirogyres, des grains de VAUîum Cepa, leur substance fondamentale incolore est plus résistante, comme coagulée, et elle présente toutes les réactions du protoplasma que nous avons signalées plus haut.
«•■èse de« corps ehiorophyiiicMi. — La genèse des corps chlorophylliens n'a été directement observée jusqu'à présent que sous leur forme la plus commune, la forme de grains. Elle peut, jusqu'à un certain point, être comparée à la formation libre des cellules. Autour de certains centres de formation, situés à l'intérieur du proloplasma, de petites particules de sa substance se condensent et forment des masses nettement limitées. Si les centres de formation sont surfisamment espacés, les grains de chlorophylle s'arrondissent (poils des Cucurbita), mais s'ils sont rapprochés et que les grains deviennent gros, ces grains sont dès l'origine polyédriques, comme s'ils s'aplatissaient en se pressant les uns contre les autres. Le phénomèoe se passe alors à peu près comme pendant la formation de nombreuses petites zoospores dans un sporange d'Achlt/a (flg. 9 A), avec cette différence pourtant qu'ici une certaine quantité de protoplasma incolore demeure toujours interposée aux portions qui verdissent (grains de chlorophylle pariétaux des feuilles des Phanérogames).
Si, pendant la formation des grains de chlorophylle, une pelote de protoplasma se trouve rassemblée autour d'un noyau central, les grains naissent souvent au voisinage de ce noyau ; ils peuvent ensuite être promenés dans la cellule par les courants protoplasmiques et y prendre plus tard des positions déterminées. Dans les Algues filamenteuses douées d'accroissement terminal ( Vaucheria^ Bryopsis), ils se forment dans la masse protoplasmique incolore de l'extrémité du tube et demeurent ensuite accolés à la paroi. Dans la spore mûre de VOsmunda regalisy la chlorophylle enveloppe le noyau comme une masse amorphe et floconneuse, mais à la germination cette masse se divise en grains ovales, limités par un contour d'abord confus, plus tard très-vif (d'après M. Kny). Dans les cellules à chlorophylle des très-jeunes feuilles des Phanérogames (cotylédons de VHeiianthus annuus, feuilles primordiales des Phaseolus, bourgeons des tubercules d*Nelianihus tuberosus), on remarque à l'origine, appliqué centre la paroi, un protoplasma hyalin, dépourvu de granules et de forme déterminée ; c'est lui qui, par un développement ultérieur, produit les grains de chlorophylle et les choses s'y passent comme si sa masse tout entière se découpait en fragments polyédriques.
Les grains de chlorophylle n'acquièrent pas toujours en môme temps leur forme et leur substance colorante verte. Ils peuvent être à l'origine incolores, comme dans les Vauckeria et les Bryopsis d'après M. Hofmeister, ou jaunes comme dans les feuilles en voie de développement ou insuflisamment éclairées des Phanérogames, et ne verdir que plus tard. Dans les cotylédons des Conifères et dans les feuilles des Fougères, ils naissent verts.