IT.] LE TISSU FONDAMENTAL. I
dans des sens différenls et forment ainsi un faisceau de procambium qui produit immédiatement, en difTérenciant ses cellules, un faisceau flbro-vasculaire ; le mérislème qui sépare ces faisceaux de procambium se transforme eu même temps en tissu définitif, et notamment eu un parenchyme ä parois résistantes, lequel constitue le tis<u rondamenlal situé entre les faisceaux fibro-vasculaires
k. Vitp! {ptridfnat) ; r, partie ( fMjdmnenUl ^ b, Kclion d'un fth
pRS que la (1^1 le hypocûljlée a hccrntimèlni ; C, i li fia de la ncrni-
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secondaires. En même temps que les cellules internes de l'anneau d'épaississement se transforment de dedans en dehors en tissu permanent, les cellules externes continuent à se diviser, et par conséquent la couche génératrice se déplace progressivement vers Textérieur en laissant en place les faisceaux et les cellules fondamentales nouTellement formés. Dans le Yucca, M. Millardct atrouTé la couche de méristëme ou zone génératrice déjà formée à 3 millim. au-dessous du sommet de la tige; dans le Calodracon, d'après M. Nügeli.en
SuBj, — Traitide Batamquf- '"
an MOHPHOLOGIE DES TFSSl'S. [§ fi.
menie temps que le tissu fondamental et les Taisceaux se différencient dans la pointe de la tige, il subsiste un anneau de mérislime qui forme plus tard de nouveaux faisceaux et du tissu fondamental secondaire.
Zme génératrice des faisceaux dans les Dicotylédones, — Dans les Dicotylédoo« el les Conifères, les mËmes phénomènes se manifestent encore plus fréquemment et avec diverses complications dont je traiterai dans le Livrell- Je ^veus seulement décrire ici un exemple propre à montrer sous un nouveau jour les npports du tissu fondamenUl avec les faisceaux vasculaires.
Dans la région bypocotylée de la tige du Bicmus cotTuninui, on trouve aux débuts de la ge^ mination, sur la coupe transversale, un anneau de tissu générateur (x, lîg. 92 A) qui sépare le tissu fondamental en moelle (m) et en écorce (r). Déjà vers cette époque, huit groupes d'étroits vaisseaux spirales accusent la dilTérenciation d'autant ^ de faisceaux fibro-vasculaires.
Plus Urd, le tissu générateur (^)se dilïérencie en buit faisceaux vasculaires complètement isolés {fv) et en un pareil nombre de portions alternes de tissu fondamental parencbymateuï, que rien ne sépare ni de l' écorce ni de la moelle {voir fig. 93 B).
Les faisceaux II bro- vasculaires sont donc maintenant séparés Fig. «3. — A, une pariic de u Gg. » ^ , piui rurtemcui groi- par autaut de rayous médullai- ,i8;.i,. «itM»uiipiraiéi;jj, g.iu. d«t.iic«ui.-Ä, un« rcs. Mais cct état ne dure pas
piHie de I» Bg. M *, plut fortemeot ironie: d«u le t»Li- , , .,,, „.,„
™>.Bbro-«««ki«m.i»itü-miL»i*,iin.i..p.r*. disi- longlemps; car aussilôt que
■io^ lugentieli«, Dß »rc d« .f.i canbium; la »ulre. kt- Cette pavlic de la tige s'esl !^- Irc. «n.™ d^Ueg,«.- Que l'on «uill.biai™i.p.»r | ^ ^ épaïsslc Cl que leS Il tag. 81 qui [FpriMiile une paiiic du li (i^. ii C, i« même ° '^ ^ ,
ETouimmeni que A el B, ßg. 93. substances nutritives graiiuleu-
scs du tissu fonilamentiil se trouvent employées en grande partie, il commence it se faire, d-ins la ranp'C de cellules des rayons médullaires qui réunit les arcs générateurs de deui faisceaux voisins, des divisions répétées au moyen de cloisons tangenlielles (fig. 92 C, cb). 11 s'établit ainsi comme un pont dé onéristème secondaire entre les arcs générateurs des deux faisceaux, et de la sorte se trouve ^Iconslitué un anneau complet de tissu générateur qui provoque, ici aussi,
§ 17.] LE TISSÜ FONDAMENTAL. 147
répaississement de la tige et peut par conséquent être appelé anneau d'épaississemenU Seulement^ par son origine, cet anneau d'épaississement diffère sensiblement de celui que possèdent les Draccena et les genres voisins. Dans le Draccena, en effet, Tanneau d'épaississement consiste tout entier en méristème secondaire^ issu du tissu fondamental, et les faisceaux nouyellement formés sont plongés dans son épaisseur même; ici, au contraire, l'anneau (C, cb) est formé alternatiTement d'arcs cambiaux contenus dans les faisceaux yasculaires et d'arcs de méristème secondaire qui proviennent du tissu fondamental, et il traverse par conséquent tous les faisceaux entre leur moitié libérienne et leur noioilié ligneuse. Mais le tissu fondamental qui a fourni les arcs complémentaires de l'anneau, alternes avec les faisceaux, n'est lui-même issu que depuis peu de temps d'un tissu générateur.
Plus tard^ l'arc cambial compris dans chaque faisceau engendre sur son bord interne du nouveau bois et l'arc de méristème intercalaire se comporte de la même manière, de sorte qu'il se constitue ainsi un anneau ligneux fermé, c'està-dire un cylindre creux qui continue à s'épaissir; en même temps, le môme anneau générateur forme sur son bord externe et dans toute son étendue du nouveau liber. Dès que cette double activité se manifeste, toute différence s*efface entre les arCs cambiaux intérieurs aux faisceaux et les arcs de méristème secondaire qui les relient, et Ton a une couche continue de cambium. Ensuite les masses fibro-vasculaires ainsi constituées s'accroissent de plus en plus puissamment, tandis que, par contre, la masse originelle du tissu fondamental diminue progressivement. Cette extension périphérique du corps fibro-vasculaire de la tige dilate passivement l'épiderme et le parenchyme cortical, dont les cellules croissent à mesure en direction tangentielle ; mais comme elles se divisent en même temps par des cloisons radiales, leur forme primitive se rétablit toujours. C'est ainsi que la partie corticale tout entière du tissu fondamental primitif et l'épiderme sont amenés à des divisions ultérieures, par suite des phénomènes qui se produisent dans le corps flbro-vascuIaire. La figure 56 représente ces phénomènes dans la région hypocotylée en voie d'épaississement de la tige de l'/Telianthus annuus ; elle peut servir tout aussi bien pour le Ricin (I).
(1) Dans toutes les r&cines et dans la très-grande majorité des tiges, la gaine des faisceaux, on membrane protectrice, forme un cylindre qni enveloppe l'ensemble des faisceaux et qui diviso en même temps le tissu fondamental en deux régions ; la région externe est l'écorce ou tissu cortical ; la région interne et centrale, qui réunit les faisceaux les uns aux autres, est le tissu conjonctif. Par son mode de développement, la membrane protectrice appartient d'ailleurs à l'écorco dont elle n'est que l'assise la plus interne^ revêtue de caractères spéciaux. L'écorce se trouve ainsi limitée en dehors par l'épiderme et en dedans par l'assise protectrice qui en est en quelque sorte l'endoderme. Quant au tissu conjonctif, dans la plupart des tiges il est parenchymateux; sa partie centrale prend alors le nom de moelle, et ses portions situées latéralement entre les faisceaux libéro- ligneux celui de rayons médullaires. Dans les racines, il est aussi quelquefois parencbymateu^^ mais souvent il est parenchymateux au centre et fibreux à la périphé' rie dans les intervalles qui séparent les faisceaux libériens et vasculairo» alternes, et souvent encore il est prosencbymateux dans toute son étendue.
Si, comme cela arrive dans quelques tiges (Fougères, Hydror/eis, Menyanfhent etc.), et dans la plupart des feuilles, les faisceaux libéro-ligneux sont enveloppés individuellement par une gaine de cellules plissées, une pareille séparation du tissu fondamental on tissu cortical et ii>bu conjonctif n'existe plus. {Trad.)
H8 MORPHOLOGIE DES TISSUS. [§ i8.
Vaisseaux laticiféres, vaisseaux ntriculeux, canaux sôcréteux*s intercellulaires, glandes.
Comme les autres espèces de cellules et de tissus, les vaisseaux laticifères, les vaisseaux utriculeux, les canaux sécréteurs intercellulaires et les glandes, que nous allons étudier maintenant, peuvent se rencontrer, aussi bien dans le tissu fondamental, que dans les faisceaux fibro-vasculaires et dans le système tégumentaire. Aussi dans une exposition rigoureuse de la morphologie des tissus, ces appareils devraient-ils être traités comme des parties constituantes de chacun des trois systèmes. Si donc je les considère ici tous ensemble en leur donnant une place à part, c'est uniquement pour faire mieux ressortir leurs remarquables propriétés physiologiques.
Caractères généraux de ces appareils. — Ces appareils présentent d'ailleurs de nombreuses transitions, soit entre eux, soit vers les diverses formes de tissu du système où ils sont plongés. Les vaisseaux utriculeux les plus simples, qui se trouvent principalement dans le parenchyme du tissu fondamental de beaucoup de Monocotylédones, ne diffèrent du parenchyme ambiant que par la plus grande longueur des cellules constituantes et par leur superposition en séries verticales. Quand ils sont plus développés, ces séries se fusioanent par la résorption des cloisons transverses et il se forme ainsi de loogs tubes le plus souvent rapprochés de Tépiderme ; de ces tubes aux vrais vaisseaux laticifères il n'y a qu'un pas.
Les vaisseaux laticifères proviennent aussi de la fusion de cellules disposées en séries longitudinales simples ou rameuses et, dans ce dernier cas, anastomosées entre elles. Les tubes ainsi produits, remplis de suc laiteux, sont situés fréquemment dans la partie libérienne des faisceaux et cheminent avec eux dans toutes les parties de la plante en y formant un système continu ; maisoa les rencontre aussi dans le bois {Carica) où, produits par la fusion de cellules parenchymateuses, ils enveloppent les vaisseaux et s'échappent à travers les rayons médullaires jusque dans l'écorce ; enfin, dans d'autres cas, ils font partie intégrante du tissu fondamental, soit de la moelle, soit de Técorce. Leur paroi est le plus souvent très-mince, quand ils proviennent d'une fusion de cellules parenchymateuses opérée déjà dans le méristème primitif ; mais elle peut aussi s'épaissir beauct)up, et il est à peine douteux que dans plusieurs cas (Apocynées, Euphorbiacées) les fibres libériennes elles*mômes sont transformées en vaisseaux laticifères ; dans plusieurs Aroïdées, il est même probable, d'après M. Hanstein, que les vaisseaux du bois peuvent prendre la forme et la fonction des vaisseaux laticifères. La signification morphologique de ces organes peut donc être très-difFérente ; mais au point de vue physiologique, ils ODtceci de commun, qu'ils contiennent des substances dissoutes ou divisées en fins granules sous forme d'émulsion, substances qui trouvent le long de ces larges voies le moyen de se mouvoir plus rapidement«
§ 18] VAISSEAUX LATICIFÉRES, CAiNAUX SÉCRÉTEURS, ETC. «49
Le même but peut être atteint dans la plante d'une autre façon. Des cellules peuvent déverser les matières qu'elles renferment dans des espaces intercellulaires de forme déterminée qui peuvent, comme les vaisseaux laticifères, former à Tinlérieurdela plante un système continu de canaux..Ces canaux, eux aussi, sont produits tantôt dans le tissu fondamental parenchymateux, tantôt daBs le liber, tantôt dans le bois des faisceaux. Ils se distinguent facilement des vaisseaux laticifères par la disposition particulière des cellules qui les entourent. Les sucs qu'ils renferment peuvent être limpides, mucilagineux, gommeux (Araliacées) ; il s'y mêle parfois une émulsion de substances résineuses (Ombellifôres) ; ou bien le canal contient soit une buile essentielle résineuse (Conifères), soit d'autres liquides colorés et odorants de nature oléagineuse (Composées, Ombellifères).
Les glandes se distinguent de tous les réservoirs de suc dont nous venons de parler, parce qu'elles ne sont ni des tubes, ni des canaux, mais seulement des formations locales ; ce peuvent être de simples cellules, ou des groupes arrondis de cellules dont les cloisons se résorbent assez souvent, de manière à produire ici aussi, par voie de fusion, des réservoirs contenant des substances particulières, le plus souvent très-odorantes, visqueuses, oléagineuses et colorées. Les glandes peuvent se rencontrer dans toutes les régions du tissu ; quand elles appartiennent à l'épiderme, elles déversent leurs produits dans l'atmosphère ambiante.
TalsMAUx Uticif ères et valttieaiix ntricnleiix (1). — Les vaisseaux laticifères et les vaisseaux utriculeux offrent, comme nous Tavons déjà dit, des Iransitionë si nombreuses et si diverses'^ci^ir serait désirable de pouvoir les comprendre sous un seul et même nom, en les appelant par exemple tubes séveux.
Vaisseaux laticifères des ChicoracéeSj Campanulacées et Lobéaacées. ^ Des vaisseaux laticifères très-complètement développés se rencontrent dans les Chicoracées, Campanulacées et Lobéliacécs ; ils y appartiennent aux faisceaux Gbro-vasculaires, qu'ils accompagnent dans toute la plante en formant un système de tubes anastomosés en réseau ; ils sont situés chez les Chicoracées dans la couche externe et chez les deux autres familles dans la couche interne du liber. Pour reconnaître leur forme, le mieux est de faire bouillir des fragments de ces plantes pendant quelques minutes dans une dissolution étendue de potasse ; ce traitement permet déjà d'apercevoir les réseaux laticifères au milieu du tissu transparent (fig. 94) et il est facile alors de les isoler entièrement sur de grandes longueurs.
Vaisseaux laticifères des Papayacées. — Dans les Papayacées {Carica et Vasconcella)j au contraire, c'est dans le bois des faisceaux Ûbro-vasculaires que che-
(1) J. Hanstbin : Monatsberichte der Berliner Akademie^ 1859. — Le même : Oie Milchsaftgefässe und verwandten Organe der Rinde. Berlin, 18C4. — Dippel: Verhandlungen der naturwiss. Vereins fQr Rheinland und Westphalen, 22 Jahrg. B. 1-9. ~ Dippel: Entstehung der Milchsaftr gefässe und deren Stellung im Gefassbundelsysteoi. Rotterdam, 1865. — Vogel: Jahrb. fQr wissensch. Botanik, V, p. 31. — Voir aussi les nombreux travaux de M. Trécul sur lus vaisseaux et canaux Uticifères (Comptes rendus, t. XLV, LI, LX, L\I, LXlï, LXIV, LXV, LXVI et Ann. des se. nat., 5c série, t. V, VI, VII). {Trad,)
im MORPHOLOGIE DES TISSUS, [| 18.
minent les vaisseaux lalicifëres. Ces vaisseaux, c'est-à-dire les cellules qui les produisent en se fusionnant, y sont engendrés par le cambium avec les autres éléments ligneux, et ils sont disposés par couches qui alternent avec les vaisseaux ponctués et réticulés du bois. Les brancUes émanées des vaisseaux laticî* fëres enlourent de tous côtés les vaisseaux du bois et s'appliqueot parfois solidement ä leur surface; mais en oulre ils envoient aussi à travers les rayons médullaires des branches horizontales, qui d'un calé pëoëtrent dans l'écorce primaire, oii elles se terminent par des rameaux éparsou par des anses réfléchies, et de l'autre se dirigent dans la moelle aussi loin que, la tige creuse le permet. Ici, comme dans les trois familles précédemment nommées, les cloisons horizontales qui se forment dans le tissu médullaire ä chaque nœud, sont traversées par un riche réseau de vaisseaux laticifëres dont les innombrables ramiflcations forment plusieurs couches superposées et établissent une communication entre les branches des rayons médullaires et tous les tubes du cylindre ligneux.
Vaisseaux laticifères des Papmxracées. — Danslesl'apavé^acées(CA^ lidonium. Papayer, Sanguinaria), les vaisseaux laticifères sont aussi trëscomplélement développés, mais ils n'y sont pas, comme dans les familles précédentes, rapprochés en Fi|.»i. — j, coupe loDgitudwaiïtugcDiKiiei irHcrt groupes lamelliformes; ils cbemi- 'i'iilH"I^''h"^'°'''"h^T"''"T*"T'"™' ''"'' "^"'' '^ f'"^ souvent, à une assci uiicirèm iiidraicrwoi uiiiiMnoxt rnirc oii; B, grande dlslancc l'un de l'autre, isoliM 1*111» püriion ii'uimiHdu i«iirirerc M« Im tel- |és cl dissémifiés dans Ic libef et i^if.' '""'"^''^' quiiontourcni, piui ftiMcincni j^^^ j^ parcnchjme ambiant; on en trouve ça et là dans La moelle, ils ne pénëtrent pas dans le bois. Branches latérales et anastomoses transverses sont rares dans la tige, mais fréquentes dans les feuilles et surtout dans les carpelles, dont le tissu fondamental renferme des réseaux à mailles étroites (d'aprts M. Unger} ; il en est de mPme dans l'écorce de la racine. Dans celte famille, notamment dan» le parenchyme de la racine du Sanguinaria canadensis, le mode de formation des vaisseaux laticifères par la fusion de séries de cellules
§ i8.1 VAISSEAUX LATICIFÈRES, CANAUX SÉCRÉTEURS, ETC. 151
superposées, c'est-à-dire par la résorption des cloisons transTerses, se voit, d'après M. Hanstein^ avec la plus grande évidence; on y trouve en effet des fusions incomplètes qui donnent aux tubes l'aspect moniliforme.
Vatsseaitx laticifères des Urticées. — Le système des vaisseaux laiicilères des Urticées^ très-richement développé, notamment dans les Ficus et Humulus, chemine dans Técorce au voisinage immédiat des groupes de fibres libériennes ; on en trouve aussi dans la moelle chez les Ficus^ jamais dans le bois. Seulement ces vaisseaux ne sont ni aussi abondants et aussi nettement articulés que dans les Papavéracées, ni aussi régulièrement anastomosés en réseau * à mailles étroites que dans les Chicoracées. Dans chaque entre-nœud de la tige, ils cheminent côte à côte, presque isolés, comme de longs tubes cylindriques et ininterrompus, qui n'envoient que rarement une branche latérale et qui ne se mettent que çà et là en communication avec les tubes voisins. Aux nœuds au contraire, et dans les feuilles, ils acquièrent de nombreuses ramifications parfois anastomosées en réseau, et forment de petits prolongements fins et terminés en doigt de gant, comme ceux des Chicoracées. Dans les feuilles épaisses de plusieurs Figuiers, ils se répandent au loin dans le parenchyme et parviennent même jusqu'au contact direct de l'épiderme.
Vaisseaux laticifères des Euphorbiacées, Apocynées et Asclépiadées. «— Les vaisseaux laticifères des Euphorbiacées ressemblent aux précédents, en ce qu'ils se ramifient également et qu'ils sont partout abondamment répandus dans le parenchyme du tissu fondamental ; mais ils en diffèrent parce qu'ils ont des parois plus épaisses et ressemblent sur les coupes transver^les aux fibres libériennes. Atteignant leur développement le plus riche au voisinage des faisceaux de fibres libériennes, ils les remplacent parfois entièrement, comme dans V Euphorbia splendens ; de ce point,, ils envoient des branches dans l'écorce et dans la moelle, formant en particulier de nombreuses ramifications aux nœuds de la tige et aux coussinets des feuilles.
Les vaisseaux laticifères des Asclépiadées et des Apocynées ressemblent bien plus encore aux fibres libériennes ; comme elles, ils sont en partie pointus aux deux bouts, comme elles aussi, ils ont parfois leurs parois épaissies et striées d'une façon caractéristique. Tantôt ils occupent réellement la place des vraies fibres libériennes, tantôt ils sont réunis et mêlés avec elles dans le faisceau libérien, tantôt ils les entourent. C'est donc par la seule présence du suc laiteux que s'accuse la parenté de ces fibres libériennes transformées avec les vrais vaisseaux laticifères; plus leur contenu devient laiteux, plus aussi leur paroi s'amincit (Hanstein, /oc. ciY., p. 21). Outre ces éléments simples et fibreux, on trouve cependant aussi des tubes ramifiés et anastomosés, qui abondent surtout dans les nœuds, dans la moelle et dans l'écorce {Nerium Oleander) (1).
Vaisseatix laticifères des Aroidées, — Les Aroïdées possèdent, à la fois dans le liber des faisceaux fibro-vasculaires, et dans le tissu fondamental, des vaisseaux
(1) D'après les recherches récentes do M. G. David (Ueber die Milchzellon der Euphorbiaceon, Moreen^ Apocyneen und Asclepiadeen, Breslau, Ï%V2), les soi-disant vaisseaux laticifères des plantes de ces quatre familles sont de simples cellules isolées, qui suivent l'allongement do la tige et en môme temps envoient latéralement à travers les méats du tissu ambiant drs bran-
iöl MORPHOLOGIE DES TISSUS. [§ 18.
lalicifères anastomosés en réseau. En outre, plusieurs genres de cette famille {Caladium^ Arum) ont ceci de particulier qu'ils contiennent, dans le bois de leurs faisceaux, des tubes pleins de latex et qui, par leur structure et par leur position, peuvent être regardés comme des vaisseaux spirales transformés ; cependant de larges tubes simples pareils à ceux-là traversent aussi le pareochyme fondamental (1).
Dans le genre Acer, ce sont les tubes criblés du liber qui se transforment en vaisseaux laticifères ; on en a la preuve par la position que ces vaisseaux occupent dans le liber et par le mode d'épaississement de leurs parois.
Vaisseavx utriculeux. — Découverts par M. Hanstein, les vaisseaux atriculeux des diverses espèces d*Allium ressemblent aussi, sinon par leur position, au moins par leur forme^ aux vaisseaux laticifères. Ils contiennent un suc laiteux particulièrement net dans les bulbes de YAUium Cepa, et rappellent à plusieurs autres égards les vaisseaux laticifères simples des Dicotylédones, lis sont formés de longues et larges cellules superposées en files et leurs cloisons transverses sont épaissies à la manière de cribles ou de grillages ; quand deux tubes se touchent latéralement, les parois longitudinales ont, sur la surface de contact, des ponctuations analogues à celles des tubes criblés (fig. 95); la perforation des cloisons transverses, c'est-à-dire la formation d'ouvertures directes par la résorption de la membrane, est cependant douteuse dans les Allium. Ces vaisseaux utriculeux traversent les écailles du bulbe, à la base desquelles ils s'anastomosent, les feuilles ordinaires et l'axe d'inflorescence, en formant de longs traits presque parallèles qui sont le plus souvent séparés derépiderme par 1-3 assises cellulaires. Dans les Amaryllidées {Narcissus, Leucoium, Galonthus)y les vaisseaux utriculeux forment aussi des séries parallèles ; ils ressemblent davantage aux vaisseaux laticifères, en ce que les cloisons transverses de chaque file de cellules se résorbent en parlie et parfois môme totalement; mais leur suc n'est pas laiteux; il renferme de nombreux cristaux d'oxalate de chaux en forme d'aiguilles (raphides).
A cette sorte de vaisseaux utriculeux viennent maintenant se rattacher beaucoup d'autres formations qui se manifestent chez les Monocotylédones et qui ont à peine encore quelque analogie avec les vaisseaux laticifères. Ainsi dans plusieurs genres de Liliacées {Sctllay Omùhogalum, Muscart)^ les vaisseaux utriculeux forment souvent des séries de cellules plus courtes et interrompues, et se réduisent môme dans les bulbes à de grandes cellules parenchymateuses isolées qui ressemblent aux cellules constitutives des premiers par leur contenu de raphides. Mais c'est dans les Commélinées que l'on voit le mieux des cellules à raphides se fusionner ensemble pour constituer des tubes de môme
ches ramiflées qui se prolongent dans les feuilles. Ces cellules laticifères rameuses appartieniieot non aux faisceaux fibro-vasculaires, mais au parencliyme fondamental. Ces observations vit;iinent confirmer les recherches de M. Trécul sur les mômes plantes ^Comptes rè7idu\\ LXJ, 1865;.
( Tind.) (t) Sur les laticifères des Aroîdées et la pénétration du latex dans les vaisseaux spirales de ces plantes, voir les observations de M. Trécul {Comptes rmdus, LXI, 1865), et aussi Ph. Vaii TiEGHCU : Recherches sur la structure des Aroîdées (Ann. des se. nat., &• série, VI, 1866).
{Trad.)
s 18.] VAISSEAIX LATrCIFÈRES, CANAUX SÉCRÉTEURS, ETC. r33
valeur morphologique que les vaisseaux laticifères. Ici, en elîet, on voit dans le jeune parenchyme du lissu fondamental des entre-nœuds el des feuilles, des séries longitudinales de cellules qui se distinguent de bonne heure du lissu ambiant par leur contenu de raphides ; ces cellules ne se divisent plus, tandis que leurs voisines se raccourcissent en se segmentant par des cloisons Iransverses ; elles sont donc déjà plus longues que ces dernières, et de plus, les
Fig. »1. - S«
i bulbt dï l-AHi«* Cipait, l'ë|Hdet<»; t.U™-
raUa hirla:
culf; p, pwraehjnjp; tg, le lai« du laiueiu
ropbjli.;-.,
riculeui eoâjult pir il poiuH ; qq, elolwn Inuu-
cloisons transverses qui les séparent, sont, d'après M. Hanstein, entièrement résorbées pendant l'accroissement de l'organe tout entier qui force les cellules ä s'allonger. Ainsi naissent de longs tubes continus, remplis de raphides d'une énorme longueur, et issus des séries de cellules crislalligères du tissu fonda* mental.
<:ia««M (1). — Sous le nom de glandes, on désigne des cellules isolées ou des amas de cellules qui se distinguent d'une mauiëre frappante de tout le tissu ambiant par leur contenu, surtout lorsque ce dernier est une matière résineuse ou oléagineuse, colorée, odorante , à saveur piquante, et dépourvue de tout emploi ultérieur dans l'écbange des principes immédiats. Le plus souvent les fiarois de ces cellules difièrent aussi eu quelque façon de celles des
(I) Sur la structure et le mode do développement dus poili glsiiduleui, àm gUndes internes et des glandes florales, on consultera avec fruit le trsviil d'ensemble récetnmenl publié psr M. J. B. HiRTtKBT: Organes de sécrétion des vigéUux (Ann. dos sc nsl.,ï* série, XIV, Mil], {Trad.)
IS4 MOHPHOLOGIE DES TISSUS. [S li
cellules voisines, oubieDellesserésorbent et contribuent ainsi direclemenl à li formation d'une cavité et ä la constitution du liquide sécrété qui la remplit.
Il est presque impossible d'établir une démarcation nette entre les glandes uni cellulaires et les cellules isolées disséminées dans le tissu et qui possèdent uo contenu particulier, comme du tannin, par exemple, ou des cristaux. Lalimile est plus Tacile à tracer dès qu'il s'agit de glandes pluricellulaires; dans ce cas,
Fij. «S c
- CUnd« iaterne de Dula-imi
neUa.i
,p,H».Ktuttt.-A,B, pteoi
GlaDd«:>Tc<: poil leimiiul du Di^am-
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oppement; C, glande achcite; ^
llla. d'.prè. K. R»u1.r: - A. B. p«-
^Ufui prolon,^ r*pideTm(;(-:
lulft-mê
Rt du tiunde U glude:o, ui'
en effet, l'amas de cellules sécrétantes s'entoure d'habitude de quelques assis« de cellules spéciales, par lesquelles il se trouve séparé du lissu ambiant el individualisé ; puis, ces cellules sécrétantes, qui forment le tissu propre de H glande, se résorbent en définitive et forment une cavité remplie par la réumi"' des contenus cellulaires primitifs, et par les produits résultant de la dissolu' tion des membranes qui les enfermaient.
Les principes immédiats produits par les glandes peuvent demeure'' ras- • semblés à l'intérieur même de la glande, comme cela a lieu pour le eamph« dans les cellules isolées du parenchyme de la feuille du Camphora offictnarutn, et pour l'huile essentielle de citron dans les grandes cavités produites par Ui*sorption des glandes multicellulaires dans l'enveloppe du fruitdes Citraf',^^^