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VAISSEAUX LATICIFÈRES, CANAUX SÉCRÉTEURS, ETC

ils peuvent aussi se déverser au dehors, comme on le voit pour la sécrétion visqueuse de répiderme de la lige du Lychnis viscaria, pour le liquide sucré de beaucoup de nectaires, et pour la blastocolle des villosités gluantes de beau* coup de bourgeons. (Voir plus loin.)

Relativement à leur position, les glandes se distinguent en glandes internes, c'est-à-dire situées dans Tintérieurdu tissu, et en glandes superficielles; mais il y a cependant aussi des cas douteux. Dans chacune des deux catégories précédentes, la glande peut consister en une cellule unique ou en un amas de cellules, être en un mot, simple ou composée.

Glandes internes. — On a des exemples de glandes internes simples dans les cellules à camphre déjà citées, dans les cellules à chrysophane des Rhubarbes , dans les cellules à gomme des Cactées et des tubercules d'Orchis (Salep), enfin dans les cellules cristaliigères, dont la cavité renferme, outre de grandes macles cristallines, une substance mucilagineuse (§ il).

Au contraire, les réservoirs à huile essentielle du péricarpe des fruits de Citrus sont des glandes internes composées, ainsi que les glandes sousépidermiques de la face supérieure des feuilles de Dictamnus Fraxinella. Les glandes des Citnts se distinguent déjà dans la paroi des jeunes ovaires, sous la forme de groupes arrondis de cellules caractérisées par un protoplasma trouble chargé de gouttelettes d'huile; les parois de ces cellules se gonflent bientôt, se dissolvent et produisent ainsi une large cavité arrondie, occupée par un mucilage qui tient en suspension des gouttes d'huile essentielle. Les assises cellulaires qui bordent cette cavité forment une enveloppe qui la sépare nettement du tissu ambiant. — Le développement des glandes des Dictamntts (ûg. 96 c) prend son origine dans deux cellules, dont l'une apparlient au jeune épiderme et l'autre h l'assise parenchymateuse sous-jacente. La première forme de son côté deux assises cellulaires dont Texterne {d) prolonge répiderme, tandis que l'interne (c) contribue à la formation du tissu de la glande dont la masse principale est constituée par les divisions de la seconde des deux cellules-mères primitives (/?, p); la couche d'enveloppe de la glande est ici à peine développée, comme le montre la fig. 96 c. Les pédicelles floraux , les bractées et les sépales de cette même plante portent de grosses glandes sessiles ou brièvement pédicellées, de forme à peu près ovoïde, et dont le sommet se prolonge en un poil simple (fig. 96 b). Chacune de ces glandes naît , comme Ta montré M. Rauter , d'une seule cellule du jeune épiderme, laquelle se divise par des cloisons d'abord perpendiculaires , ensuite tangentielles (fig. A)j de manière à former deux assises cellulaires; l'assise externe prolonge simplement l'épiderme, tandis que l'interne en continuant à se diviser engendre tout le tissu de la glande (fig. B). Par la suite du développement, le corps tout entier de la glande est en quelque sorte expulsé de l'organe, et rejeté au-dessus de sa surface (ûg. C); enfin, le tissu sécréteur se détruit en produisant une cavité remplie de mucilage et d'huile essentielle, et qui n'est plus recouverte que par le prolongement de l'épiderme. Doit-on considérer le corps de la glande comme une partie du poil qui la termine, cette glande doit-elle être appelée interne ou externe? Ces deux questions ne sont pas encore résolues.

156 MORPHOLOGIE DES TISSLTS. [§ i8.

Par leur mode de développeiïieht , les lacunes et les excroissances gommeuses des prunes malades ressemblent aux glandes. Dans ces fruits, c^est principalement, d'après M. Grégorieff, la partie libérienne des faisceaux flbrovasculaires qui traversent la pulpe qui est le siège de la production de gomme; les parois des cellules se détruisent après s'être préalablement gonflées , et il en résulte des cavités à contour irrégulier, remplies de gomme, et dont le contenu se déverse parfois au dehors à travers la chair du fruit, quand la maladie, la gommose, devient plus intense.

Glandes superficielles y poils glanduleux. — Au nombre des glandes superficielles il faut peut-être compter toutes celles qur versent directement leurs produits au dehors, comme les amas de cellules qui distillent un liquide sucré dans beaucoup de nectaires, par exemple dans ceux qui occupent la base des pétales du Fritillana imperialis et la base de l'ovaire des Nicotiana. Mais c'est surtout par ces poils glanduleux, auxquels beaucoup de feuilles et de tiges doivent leur toucher gluant et beaucoup de bourgeons leur enduit gommeux ou résineux, que les glandes superficielles se manifestent sous des formes aussi nombreuses que variées. Souvent c'est dans la cellule sphérique qui termine un poil simple, dans ce qu'on appelle la tête du poil glanduleux , que se rassemble une matière visqueuse et odorante; mais quelquefois l'huile essentielle odorante traverse la membrane de cette cellule terminale, soulève la cuticule, la dilate en forme de ballon et s'accumule sous forme d'un Uquîde clair entre elle et la paroi de la cellule sécrétante qui, en même temps, s'affaisse plus ou moins ; il en est ainsi dans les Salvia^ Cannabis^ dans les poils qui couvrent les bractées de la fleur femelle des Humulus.

Poils glanduleux des bourgeons. — Nous devons à un travail soigné de M. J. Hanslein (1) la connaissance exacte des poils glanduleux qui existent dans les bourgeons de beaucoup d'arbres, d'arbrisseaux et d'herbes. Les diverses parties du bourgeon sont agglutinées par une substance gommeuse oa par un mucilage mêlé de gouttes balsamiques que l'auteur appelle Blasiocolle, tandis qu'il donne aux poils glanduleux qui produisent cette matière le nom de poils visqueux ou CoUétères, Ce sont des poils multicellulaires, à court pédicelle, issus d'une seule cellule épidermique, et qui, ou se dilatent vers le haut en forme de ruban {Rumex), ou portent des cellules disposées en éventail sur une sorte de nervure médiane {Cunonia, Coffed)^ ou forment des têtes sphériques ou coniques {Ribes sanguineum, Syringa vulgaris) ; dans le Platanus acerifolia, ce sont des séries cellulaires ramifiées qui deviennent glanduleuses par leur seule cellule terminale renflée en sphère. Les collétères atteignent leur complet développement de très-bonne heure dans le bourgeon , alors que les feuilles et les entre-nœuds qu'ils recouvrent sont encore très-jeunes et ont leurs tissus à peine difi'érenciés. Ils sont portés, tantôt par les écailles protectrices du bourgeon {jEscuIus)^ tantôt par les stipules dont le développement précède celui des feuilles elles-mêmes {Cunonia^ Viola, Prunus), tantôt par les gaines (Polygonées), tantôt enfin par les jeunes feuilles elles-mêmes (Rites,

(1) Ceber die Organe der Harz-und Schleimabsonderung in den Laubknospen : Botan. Zeitung^ 1868. Voir surtout les figures très-instructives qui accompagnent ce mémoire.

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