‹ Traité de botanique conforme à l'état présent de la scienceChapitre 60 sur 202 · MERISTEME PRIMITIF ET CELLULE TERMINALE · texte numérisé non relu

MERISTEME PRIMITIF ET CELLULE TERMINALE

met, reçoive, le' système de faisceaux fibroyasculaires et plus tard Tépiderme (1 ).

Tous les organes latéraux de la tige des Proies sout aussi produits par cette couche externe du méristème primitif, comme le montre déjà la figure 101 Ay où les protubérances x^y^b^bs^ représentent les origines des feuilles ; je reviendrai d'ailleurs plus tard sur ce point. Bornons-nous à remarquer encore que les trois segments consécutifs subissent de très-bonne heure un léger déplacement dans le sens vertical, de telle sorte qu'ils viennent se placer, tout au moins par leurs faces externes, sur une ceinture transversale qui se gonfle ensuite au dehors en manière de bourrelet et donne naissance à une gaine foliaire.

Formation du méristème primitif par la cellule terminale dans la racine. — Gomme dernier exemple de la formation du méristème primitif aux dépens •d'une cellule terminale, considérons encore maintenant les phénomènes qui se produisent à l'extrémité végétative d'une racine de Fougère, phénomènes dont les caractères essentiels se retrouvent d'ailleurs dans la racine de la plupart des autres Cryptogames.

La figure iOâ A représente une section longitudinale axile à travers une

Fîg. 10:!. — Sommet de !a racine des Fougèret : —il, coupe loDgitudinale à travers l'extrémité de la racioe du Pteris hastata; J9, coupe transversale à travers la cellule terminale et les segments qui l'entourent, dans la racmc de VAfplenium fUix-fœmina (d'après MM. Nageli et Lettgeb).

racine de Fougère tournée la pointe en haut De la cellule terminale v, procède non-seulement le tissu du corps de la racine (o, c), mais encore la coifi'e kj l, m, n, c'est-à-dire cette masse de tissu qui revêt comme d'un bouclier le point végétatif de toute racine. La cellule terminale ressemble ici à celle de la tige des Equàelum et de beaucoup d'autres Cryptogames, c'est-à-dire que c'est un segment de sphère en forme de pyramide triangulaire ; pour reconnaître cette forme, il suffit de comparer la section longitudinale A avec la coupe transversale B, Ici aussi, les divisions successives de la cellule terminale produisent trois séries verticales de segments, qui sont dans la figure ß numérotés suivant leur âge 1, II, III, etc.; ici aussi, la ligne qui joint les centres

(1) Voir livre II: Classe des Proies et formation des tissus dans ces plantes.

<ü8 MORPHOLOGIE DES TISSUS. [§ lî>.

des segments consécutifs décrit une spirale. La grande différence entre le sommet de la racine et le sommet de la tige des Cryptogames, c'est que dans la racine la cellule terminale produit, non-seulement les segments qui semot comme de pierres pour édifier le corps même de la racine (i), mais encore d'autres segments qui construisent la coiffe de cette racine. Ces derniets soot découpés dans la cellule terminale par des cloisons disposées de telle sorte qu'ils la revêtent comme d'une calotte ; chacun de ces segments destinés à la coiffe peut donc être désigné simplement sous le nom de cellule de calotte. D'après les recherches de MM. Nägeli et Leitgeb, il parait être de règle qu'après chaque formation de trois segments successifs destinés au corps de la racine^ il s'en produit un quatrième destiné à ajouter une calotte à la coiffe, sans que cette règle soit cependant toujours rigoureusement observée.

La cellule de calotte s'élargit rapidement et sa forme primitive de triangle sphérique se change bientôt en celle d'un cercle. En môme temps elle se divise par une cloison perpendiculaire à sa base, parallèle par conséquent à laxe de la racine, en deux moitiés égales qui se dédoublent à leur tour par une cloison longitudinale perpendiculaire à la première ; d'où quatre cellules eo forme de quadrants. Chaque quadrant se. divise de nouveau en deux celluifâ par une cloison radiale, et les cloisons ultérieures des octants ainsi formés ne se produisent plus tout à fait de la même manière dans les diverses espèces, Dans les calottes successives de la coiffe, les quadrants ne sont pas superposés l'un à l'autre, mais alternes, c'est-à-dire que les cloisons radiales d'une calotte font avec celles de la calotte qui précède ou qui suit un angle de 45 degrés.

L'accroissement en longueur du corps de la racine, en tant qu'il est déterminé par les divisions de la cellule terminale, s'opère, comme nous l'avonsdil, de manière que les cloisons successives^ qui se succèdent suivant une spirale, soient parallèles aux faces latérales de la cellule terminale. Chaque segment est limité^ comme au sommet de la tige des Prêles, par cinq faces : deux parois principales de forme triangulaire^ deux parois latérales rectangulaires et une paroi externe un peu convexe sur laquelle repose une cellule de calotte. La première cloison qui se forme dans chaque segment est perpendiculaire à ses parois principales ; toutes ensemble, ces premières cloisons constituent une paroi longitudinale radiale qui s'étend dans toute la racine. Les deux cellules voisines ainsi produites sont inégales de forme el de dimension, parce que la cloison vient rencontrer en dedans une des parois latérales et correspond en dehors au mit^ de la paroi externe. De la sorte, la section transversale de la racine, prinnti^^' ment occupée par trois segments, se trouve maintenant décomposée en siise^* tants, comme nous l'avons vu plus haut pour la tige des Eqmsetum ; trois de ces sextants atteignent le centre de la section, mais les trois sextants alternes n J parviennent pas. Les cloisons de sextants se voient dans la figure i02 B comm^ autant de lignes divisant en deux la paroi externe des segments IV, V, VI, 'H' sur une section transversale prise plus bas, elles formeraient avec les parois latérales des trois segments primitifs une étoile à six branches, comme dans la figure 101 E (voir Livre II, Equisétacées, Elacine). Plus tard chaque sextant 3«

(1) Ces segments sont, dans la section longitadinale A, limités par des tnits plus épais.

Page 1