LES POILS
de simples protubérances en forme de tubes, des séries de cellules, des plans de cellules ou des masses compactes de tissu, qu'elles jouent le rôle physiolo« gique de revêtement laineux pour les jeunes feuilles, ou de suçoirs analogues aux racines (Mousses), ou de glandes, ou d'épines, ou de sporanges (Fougères).
Les poils peuvent naître du méristème primitif du point végétatif, sur les jeunes feuilles ou les jeunes branches, quand il y a déjà à cet endroit une assise externe spécialisée en tant que dermatogène, comme c'est le cas dans les Phanérogames. Mais ils peuvent se produire aussi sur des parties beaucoup plus âgées, où les divers systèmes de tissus sont déjà différenciés, et qui sont en voie d'accroissement intercalaire, parce que dans ces conditions l'épiderme demeure longtemps encore capabled'engendrer de nouvelles cellules, par exemple des stomates, et qu'il s'y produit encore de nouvelles divisions.
Quand les poils s'échappent du point végétatif, ils naissent d'ordinaire après les feuilles, c'est-à-dire plus loin du sommet que les plus jeunes feuilles. Cependant il arrive aussi, dans les Phanérogames, qu'ils apparaissent au-dessus des plus jeunes feuilles, plus près qu'elles du sommet, parce que Tassise la plus externe du point végétatif y est déjà séparée à l'état de dermatogène : il en est ainsi dans rutriculaire d'après M. Pringsheim. Dans les Mousses et les Cryptogames vasculaires, où les feuilles se produisent bien avant la diff^écenciation des assises externes du point végétatif, les poils n'apparaissent aussi que plus tard à la surface de la tige; après elles, plus loin qu'elles du sommet. Quand ils naissent au voisinage du point végétatif, ou sur une zone d'accroissement intercalaire et basilaire comme les sporanges des Hyménophyllacées, les poils peuvent être distribués suivant une loi de position déterminée, ce qui n'a pas lieu, ou du moins ce qui ne se voit pas avec netteté, quand ils se développent sur des organes plus âgés.
Par leur forme, les poils sont toujours très-différents des feuilles et des rameaux latéraux de la même plante, encore qu'ils puissent parfois ressembler par quelque côté à ces mêmes parties considérées sur d'autres plantes. En général, la masse d'un poil isolé est extrêmement faible par rapport à celle du membre qui le porte, et même la masse totale de tous les poils d'une feuille, d'une racine, d'une tige est habituellement négligeable eu égard au poids du membre considéré.
Poils des boargeonfl, potU permanentSy poils radicaux. — Les poils laineux et les poils glanduleux des bourgeons se distinguent par un accroissement exlrcmement rapide; ils sont, en général, complètement achevés longtemps avant l'épanouissement du bourgeon et meurent aussitôt après. Le développement est beaucoup plus lent dans les poils permanents, qui se conservent pendant toute la vie des feuilles et qui se distinguent par l'extrême diversité de leurs formes. Les poils radicaux n'apparaissent qu'à une distance assez considérable du point végétatif de la racine, souvent c'est seulement à partir de 1 à 2 centimètres du sommet, et ils meurent en général après quelques jours ou quelques semaines, de sorte que les régions âgées de la racine, même dans les plantes annuelles, sont dépourvues de poils vivants. L'existence de ces poils est étroitement liée à l'activité physiologique des racines dans le sol.
Poli« r»die»itz des if ousies. — Les poils radicaux qui s'échappent de la tige des Mousses sont caractérisés par un accroissement terminal proioDgé et une ramification souvent répétée. Ce sont des séries de cellules séparte par des cloisons transverses-obliques, et ils remplacent au point de vue physiologique le système radical des plantes yasculaires. Ces poils radicaux des Mousses sont^ à un point extraordinaire, capables de former de nouTelles cellules et ils se comportent, à plusieurs égards, comme le protonema^ qui est une forme de propagation particulière aux Mousses. Comme ce dernier, ils produisent en effet des bourgeons qui, amenés à la lumière, se développent en branches feuillées. Si les poils radicaux sont amenés eux-mêmes à la surface du sol, par exemple par un renversement de Tllot de Mousse, ils produisent des séries de cellules riches en chlorophylle qui engendrent à leur tour des bourgeons de Mousse.
Poiu des Thallophytes. -^ Les Thallophytes, quand ils consistent en masses compactes de tissu, produisent de vrais poils, aussi bien que les Cormophytes. Mais quand le thalle se réduit à une seule assise cellulaire, ou à uoe cellule unique comme dans les Caulerpa^ il ne peut plus être question d'ane assise épidermique externe, ni par conséquent de poils dans le sens où ce mol est employé dans les plantes plus élevées. Cependant on donne, ici encore, le nom de poils aux excroissances de la cellule quand elles sont minces, allongées, dépourvues de chlorophylle et d'ailleurs différentes du thalle qui les a produites.
Protabérancei ■ous-épidermliittei. — D'autre part OU trouve, dans les plantes élevées en organisation, des corps qui, par leurs propriétés physiologiques et aussi à certains égards par leur forme, ressemblent beaucoup à certaines espèces de poils, mais qui se distinguent des vrais poils en ce qu'ils ne dérivent pas d'une seule cellule de l'épiderme. Ce sont des excroissances massives du tissu situé sous l'épiderme, qui demeurent cependant revêtues par un prolongement de ce dernier. De pareils corps pourraient être désignés peut-être sous le nom d'émergences. On en voit des exemples, d'après M. Rauter dans les aiguillons et les «poils en tête » des Rosiers et des Ronces {Rubus). C'est à eux que se rapportent vraisemblablement les verrues, lube^ cules, bosses qui hérissent la surface de beaucoup de fruits, par exemple des fruits d'Euphorbiacées : Ricinus^ etc. Ils ressemblent aux feuilles et aux rameaux des Phanérogames par leur mode de formation, et aux poils par leur développement tardif, par leur apparition aussi bien sur les feuilles que sur les tiges, et enfin par leur disposition irrégulière à la surface de ces membres.
En ce qui concerne les épines, qu'il ne faut pas confondre avec les aiguillons, voir § 28.
Les nudnes (!)■
CfkracUrM g«aér««x 4M rMiae«. — Contrairement au langage populaire, on n'appelle racines, en Morphologie botanique, que les parties du corps de la piaule dont le sommet Têgétalif est revêtu d'une couche particulière de tissu prolecteur, forinant la coilTe déjà décrite au § 19. Les racines ne produisent ni feuilles, ni aucun autre corps foliacé exogène ; mais, en revanche,
Fig. 110. — StcUmlongiliuliiiilïde Ujeane r principale d« l'cmbrroa ia AfaTÈilia nJealri tes, 1a ccIIdIb tennioile, ioA% pA', ich' ]f MM mcorf «impie! de li coiffe. - « y. In
eiloltc est lortatt miiottii dne; a «on tpidenne, gf, i
Je iTum ruine principile un peu plus Igéi inmiére cilolle de la esiffe; wM + wh', 1 it lie dem »liHi cellulaire». — xg, le« pi' D Cûiceau Bbro.iaKuli
bA<, la troillème; ■
gmnill du eorpi de
A, pwtwiH I« pku éMfoéti «t k* ploi ai
leurs cellules épidermiques se prolongent ordinairement en longs tubes qui sont autant de poils radicaux .
Toute racine nouYellement constituée a son sommet situC au-dessous de
(1) K«CEU et LeiTCER dansNiCEU: Beilrtge lur wissarich. Boltnik. Roft IV. ISpi. — Hor- NEiSTEft: Allgeoi. Morphologie der Gewichse. Leipiig, 1888,5 *■ — HaWiui: Bot, Abliindlutigen. Bonn, 1870. Hofl I. — Dodel: Jahrbttcli. fOr viis. DoUnik, VIJI, p. 1*9 ot suit. — Reinii: Wwhïthumeasch. dor Pli»nerogsinenwuriel dm» HANSTEin : Bol. Abhandlungen. Bonn, 1811. UeTtlII.
iW MORPHOLOGIE DES MEMBRES. [§ 23.
la surface du membre donl elle procède (1) ; habituellement mQme, la racioe qui Tient de naître est recouverte par une épaisse couche de tissu qu'elle perce dans sou accroissement ultérieur. Les racines sont donc toujours des
. pointe d'uni
:<iie de Zt
ailti
, ealolM eit«rin
in«U
Idpluijeuu«.