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se trouve emprisonné beaucoup d'air qui donne à l'ensemble son aspect biant Voici maintenant comment s'opère la différenciation interne. Certaines portions de ce tissu aérifère se transforment en un mucilage privé d'air, pair* que, ù ces places, il se développe entre les filaments une gelée hygrnscopiqQ' et transparente qui ne se produit pas dans les autres points. Cette formfll'"" dégelée commence d'abord au-dessous de la surface du noyau blanc (Hg. ITS.^j. dont la couche externe se trouve ainsi transformée en un péridium interne espèce de sac incolore faisant hernie hors du péridium externe sombre, etcorapoHÉ piincipalement de filaments longitudinaux dirigés de bas en haut (Sg' 11^

Cl., s.] LES CHAKPIGSONS. 3*9

«iDg. m ip). Pendant que cette différenciation progresse de la base au sommet, il se rorme, dans une couche plus profonde du noyau blanc aérirëre, en des points isolés, de petites aréoles mucilagineuses qui se développent de bas en baut comme toutes lesaulrbs différenciations ultérieures (Dg. 175 et flg. 176). En même temps,la géliflcation progresse à partir du péridiumintorne vers l'intérieur et ne respecte autour de chacune des places mucilagineuses dont nous venon<i de parler qu'une zone de tissu aérirère(Bg. 176). Chacune de ces zones se transforme plus tard, en serrant plus élroilement sesttlami-nts, en une enveloppe solide formée de deux couches et qui enferme le noyau muciiagineux; faute d'une

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expression meilleure, celle enveloppe peut être appelée sporange. Pendant que la géliflcation alleinl le centre du Champignon, les sporangps s'accroissent et deviennent des corps lenticulaires. De bonne heure, il s'est formé, sur la face inférieure et externe du sporange, un point gélatineux, qui est la lache ombilicale du sporange, el d'oi^ part un faisceau serré de filaments qui se dirige en descendant vers le péridium et qu'on appelle le faisceau ombilical (n dans la

350 LES THALLOPHYTES. [Cr. 2.

figure 176, vu dans la figure 177). Ce dernier est lui-même entouré par on sac conique qui enveloppe le faisceau comme d'une poche (/); cette poche ne se gélifie que plus tard. Le faisce.iu ombilical s'épanouit en haut dans la fosseUe ombilicale gélifiée, où il se résout en ses filaments constitutifs ici plus lâchement unis.

Le tissu gélifié se résorbe d'abord à l'intérieur de chaque sporange, pour faite place à une cavité de même forme que le sporange tout entier, c'est-à-dire lenlieulaire; ensuite la couche interne du sporange produit, dirigées vers rialérleor et serrées l'une contre Tautre, un grand nombre de branches qui constitueot un byménium. Chaque sporange est ainsi tapissé à l'intérieur par une membrane hyméniale, composée de paraphyses et de basides ; ces dernières portent chacune quatre spores sur autant de petits pédicelles. A mesure que le GhampignoD mûrit, la partie supérieure du péridium interne se distend d'abord, paisse déchire plus tard et disparaît. Le réceptacle s'ouvre donc en forme de coupe. Le mucilage qui entoure les sporanges se dessèche, et ces derniers deviennent libres dans la coupe, à la paroi de laquelle ils demeurent attachés parleu^soo^ dons ombilicaux qui se laissent étirer en longs filaments.

Si maintenant l'on imagine les sporanges plus nombreux, plus étroitemeDl serrés et leurs parois moins denses, on aura sous les yeux des logeltes arrondies, analogues à des cellules, telles qu'on les observe dans le réceptacle fructifère d'autres Gastéromycètes {Octaviania^ Scleroderma^ etc.).

Développement du réceptacle fructifère des Phalias. — Les changements amenés par la différenciation interne du tissu sont plus frappants encore dans les Phalloïdées ; je vais en décrire les phases principales en prenant pour exemple le Phallus impudicus.

Ici aussi le jeune réceptacle, qui naît sur un mycélium vivace, souterrain, formé de cordons épais, n'est à l'origine qu'une pelote filamenteuse homogène dans laquelle, à mesure qu'elle s'accroît, commence et progresse une différenciation remarquable. Dès que le corps a atteint la grosseur et la forme d*un(Bof de poule ou d'oie, sa section longitudinale ofi're l'aspect représenté par la figure 178. Le tissu consiste maintenant en portions différentes qui se laissent rattacher à quatre groupes : 1° le péridium ; il est composé d'une membrane externe a solide, épaisse et blanche, d'une membrane interne t blanche, solide, mais mince et, entre les deux, d'une couche épaisse de filaments mucilagineax^. appelée couche gélatineuse ; 2' l'appareil sporifère nommé gléba, sp^ limité eo dehors par le péridium interne i, en dedans par l'épaisse couche membraneuse solide t ; de cette dernière parlent des cloisons dirigées vers l'extérieur, anastomosées en réseau et qui partagent la gléba en nombreuses alvéoles; dans ces alvéoles se trouvent un grand nombre de branches fertiles dont les basides portent quatre spores ou davantage, de sorte qu'à la maturité la gléba, colorée en vert noirâtre, parait formée exclusivement de spores; 3" le pédicelle s/; il consiste en un tissu aérifère creusé de petites chambres étroites, mais ces chambres sont, à cette époque, encore très-étroites; le pédicelle est creux, c'est-à-dir« que la région axile de son tissu s'est transformée en une gelée fluide; cbei certains individus le canal ainsi constitué est ouvert en haut, chez d'autres il est fermé par le péridium interne; 4* ce qu'on appelle la cupule n; c'est

Cl. 2.] LES CHAMPIGNONS. 351

une large colonne surbaissée de tissu solide, donl la parlie externe se rejoint en haut au péhdium interne et dont la partie intérieure s'insinue entre le pédicelle et la membrane inlerne de la gléba (/), en les séparant par une coucbe molle ; la base de la cupule se prolonge directement dans le péridiuro externe. C'est à cet état de développement du réceptacle que les spores atteignent leur maturité. Mais ensuite, et dans le but d'amener leur dissémination, le pédicelle st commence à s'allonger fortement ; le péridium se fend au sommet, la gléba se sépare du péridium interne qui se déchire en x, et elle se trouve soulevée au sommet du pédicelle beaucoup au-dessus du péridium ; car le pédicelle atteint une longueur de six à douze pouces. Cette grande élongation est provoquée par l'élargissement de ses chambres qui donnent au pédicelle développé 1 aspect d'une grossière éponge ; elle est accompagnée d'un épaississemenl correspondant. Cela fait, les filaments sporifères de la gléba se liquéfient et les spores tombent sous forme d'épaisses gouttelettes mucilagineuses , pour ne laisser de la gléba que la membrane interne} avec ses alvéoles; cette membrane pend comme une manchette au sommet du pédicelle et a été appelée le chapeau.

Ces phénomènes subissent d'ailleurs, chez les différentes espèces de Phalloldées, les modifications de détail les plus variées, et je renvoie sur ce point à Corda, loc. ai., et de Bary, loc. cit., p. 84.

IV. AsGOMYCÈTES* — De tous les ordres de Champignons, celui des Ascomycètes est le plus riche en formes diverses. Commençant par des types très-si mples, comparables à certaines Algues unicellulaires, comme les Endomyce8,S€u:charo' mycei,ExoasctJt8,i\s'é\èye peu à peu jusqu'aux puissanU réceptacles fructifères des Truffes, des Morilles et des S phériacées, réceptacles dont la différenciation extérieure et intérieure est trop variée pour comporter une description d'ensemble. Le caractère général qui relie toutes ces formes si diverses en un même ordre naturel, c'est la production des spores asexuées à l'intérieur de tubes appelés asques et par voie de formation libre. Cependant, ces spores endogènes, ou ascospores, n'appartiennent qu'à une certaine génération dans le cycle du développement de l'espèce, et dans beaucoup d'Ascomycètes on trouve encore, à côté d'elles, des spores exogènes, ou stylospores, de formes très- diverses. En général, la marche du développement offre ici, à l'inlérieur de chaque espèce, une diversité plus grande que dans les Hyménomycètes, et dans un grand nombre de cas on y connaît déjà une alternance de générations, en ce sens que les réceptacles fructifères dans lesquels les ascospores sont produits doivent leur existence à un acte sexuel ou à une conjugaison qui a lieu sur le mycélium (Ery' siphe, Peziza, Ascobolus, Eurotium, etc.). Nous devons nous borner, ici encore, à étudier de plus près quelques exemples choisis dans les principales familles de cet ordre.

Ferments. — Les types les plus simples des Ascomycètes sont les levures ou ferments du genre Saccharomyces {}), qui déterminent la fermentation alcoolique des sucs végétaux sucrés (moftt de raisin, moût de pommes et de poires), ou d'extraits sucrés (moût de bière), ou de dissolutions sucrées artifi-

(1) Max Rbes : Botan. Untersachungen Qber die Alcoholgftbrungspilze. Leipitg, 1870.

352 LES THALLOPHYTES. [Cl t

ciellement préparées, liquides où se trouvent toujours contenus, à côté du sucre, une substance azotée (malière albuminoTde ou sels ammoniacaux) et des principes minéraux assimil.ibles aux plantes.

Ces Champignons consistent en petites cellules arrondies ou ellipsoïdales, qui se développent dans les liquides dont nous venons de parler, et qui, parTeifel de leur propre nutrition, les décomposent avec formation d'alcool, d'acide carbonique et de plusieurs autres principes. Chaque cellule de levure produit, en bourgeonnant, de nouvelles cellules semblables ; elle forme à cet effet de petites excroisf ances qui ont d'abord l'aspect de verrues, mais qui atteignent bieolM la dimension et la forme de la cellule mère et rompent tôt ou tardrélroite attache qui les unit à elle. Ordinairement ces cellules de génération successive demeurent quelque temps réunies et forment des chapelets raméux, que l'on peut considérer comme des filaments mjcéliens ramißes à articles courts, arrondis et peu adhérents. Quand la nourriture est précaire, par exemple qoaud on les transporte sur des tranches de Pomme de terra, de Rave, de tubercules de Topinambour, de Carotte, etc., les cellules de levure s'accroissent notablement et leur contenu protoplasmique produit, par voie de formation libre, 1-4 spores arrondies qui, reportées dans un liquide sucré fermenlescible, produisent aussitôt, par bourgeonnement et désarticulation, de nouvelles cellules de levure.

La fermentation du moût de bière est provoquée par le Saccharomycescertvisiœ qui se présente sous deux variétés : la levure de la fermentation basse, ou levure basse, qui fonctionne entrée et 40 degrés, et la levure de la fermenlalioD haute, ou le\ûre haute, qui agita une température plus élevée. La fermentation du jus de raisin, du jus de pommes et de poires est causée par le^ S, ellifmdeu, conglomfrattjs, exiguus^ Paêtorianus, apiculatus^ qui se rencontrent, à c6té d'autres Champignons, à la surface des fruits et sont ainsi introduits dans le jos qu'on en exprime (I).

Tubéracéc«. — Comme la plupart des Gastéromycèles, avec lesquels le commençant pourrait facilement les confondre, les Tubéracées forment des

(1) C'est ici le lieu de rappeler que la fermentation ammoniacale, c'est-à-dire latrtosfar* mation de l'urée en carbonate d'ammoniaque dans l'urine expulsée de l'ofganismp, ainsi qae i^ dédoublement simultané de l'acide hippurique en acide benzoique et glycollammine daniriBrine des herbivores, sont des phénomènes corrélatifs de la vie et du développement d'an OnBpignon en chapelets de très-petits grains spliériques atteignant à peine O^n^fiOiS. Ce fens»^ ammoniacal peut probablement, comme la levure alocolique, produire des aacospores dus ^ circonstances favorables; c'est un point à rechercher. Voir L. Pasteur : Sur les corpuscalesorganisés de l'atmosphère Ann. de chmàe et de physique^ A* série, LXIY) et Ph. Va» TikU»' Recherches f-VLv la fermentation de l'urée et de l'acide hippurique {Ann,scieniifiquei de i*»^ normale^ i" série, I, 18«>4).

Des Ascomycèies d'ordre plus élevé peuvent aussi Jouer, par leur mycélium, le rôle defe^ ments. C'est ainsi que J'ai établi, il y a déjà quelques années, que la fermentation galliq^' c'est-à-dire le dédoublement du tannin, à la température ordinaire, en acide gallîque et enf)*' cose avec fixation des éléments do l'eau, est toujours corrélatif de la vie et du développc<>^ profond du mycélium de VAifpergilius niyer {Kutotium tàgrum) ou du Penûiilium yt«0f^ deux Champignons que l'on sait aujourd'hui, par les recherches de M. de Bary et de M* Bitfeld être deux Pyrénomycëles. Le dernier, toutefois, présente aussi des analogies arec Itt Tubéracées. Voir Ph. Van Tieghbm : Recherches pour servir à l'hisfoire physiologique d€S 1°' cédinées. Fermenution gallique (A^^' ^' ^<^* nat.fb* série, VUI, 1865). {Trad.)

Gl. 2.] LES CHAMPIGNONS. 353

corps arrondis »tuberculeux, le plus souvent souterrains, ordinairement entourés par le mycélium très-rameux dont ils procèdent. On ne sait rien de la première apparition du réceptacle fructifère sur le mycélium, et le développement du mycélium lui-même n'a pas encore été suivi depuis la spore qui lui donne naissance ; on n'y a pas non plus trouvé d'autres sortes de spores que les ascospores. Le réceptacle fructifère est toujours angiocarpe. Complètement développé, il consiste en une enveloppe externe plus ou moins épaisse, le péridium, habituellement formée de deux couches distinctes dont l'externe est souvent ornée d'élégantes protubérances, et en un tissu filamenteux enveloppé par ce péridium et dans lequel les asques se forment aux extrémités de certaines branches des filaments.

Un exemple de structure très-simple nous y est offert tout d'abord par VBydêiobolùes. Son réceptacle fructifère est formé d'un tissu de filaments étroitement enchevêtrés, en tous les points duquel on trouve insérées, sur les branches des filaments, des cellules mères de spores. Seule, la couche superficielle du tissu, léger duvet formé de filaments stériles, représente une sorte de péridium (I). Dans VEiaphomyceSy oà le péridium est plus solide et mieux caractérisé, il part de ce dernier, vers l'intérieur et dans toutes les directions^ un amas de filaments minces à longs articles. Cà et là, il est vrai, ces filaments se réunissent étroitement en lames et cordons plus épais qui proéminent vers rinlérieur, mais il n'y a pas encore de gléba localisée dans des chambres fermées. Les lacunes que laissent entre eux les filaments minces sont partout lâchement remplies parle tissu fructifère, c'est-à-dire par des filaments deux ou trois fois plus gros que les autres, à articles courts, recourbés en tous sens, enchevêtrés . en pelotes et portant les asques aux extrémités de leurs rameaux. A la maturité, tout ce tissu fructifère se transforme en mucilage et disparaît; le feutrage de filaments minces demeure au contraire, et forme un tendre chevelu entre la poussière légère constituée par les spores.

Dans un autre groupe de Tubéracées^ on distingue à l'intérieur une masse fondamentale stérile, au milieu de laquelle sont plongés un grand nombre d'amas ou de nids de tissu fructifère; dans chacun de ces nids sont disséminés, en grand nombre et sans ordre, les asques qui terminent les exlrémités des branches. Les Balsamia ont un épais péridium et l'espace interne est divisé en un grand nombre de cavités aérifères étroites et tortueuses, par d'épaisses lames de tissu émanées du péridium et qui ressemblent aux parois des chambres des Hyménogastrées parmi les Gastéromycèles. C'est ici aussi que vient se placer le genre Tuber; seulement, les chambres tapissées par l'épais hyménium y sont très-étroites, plusieurs fois recourbées et rameuses. La section transversale d'une Truffe montre, en eflet, une masse fondamentale^ le tissu fertile, dans laquelle courent deux espèces d'artères rameuses: les unes sombres, sans air, formées par les troncs principaux des filaments fructifères, partent de la face interne du péridium; les autres blanches, aérifères, s'avancent jusqu'à la face externe du péridium. Ces dernières sont les chambres dont nous venons de parler et dans lesquelles des filaments du tissu pariétal font saillie

(1) Ceci et ce qui suit, d'après M. db Bart : Morphol. und Pbysiol. der Pilze, p. 91. ^ Voir aussi TuLASNE : Fungi liypogœi. Paris, 18S1.

Sachs. — Traité de Botanique. 23

354 LES THALLOPHYTES. [Cut

et se développent de bonne heure en un tissu aérifèré qui lei^r doonc leur aspect blanc. Le péridium des Truffes est une enveloppe puissante, Corméede pseudo- parenchyme dont les parois cellulaires externes sont coloi^es le plos souvent en brun plus ou moins noir.

Les asques des Tubéracées sont sphériques, et les spores^ dont Texo^ppreat ornée d'épines ou de réseaux, y naissent successivement en nombre indto» miné et sans noyaux. La formation des spores y présente certaines pariicularités pour l&squeiles il faudra consulter M. de Bary, loc. eiL, p. 106 et M.'Tiüasoe: Champignons hypogés (1).

PjréMomycèto« (2). — Dans leurs cellules mères, ou asques, qui sontlepl« souvent allongées et claviformes, les Pyrénomycètes produisent d'ordinaire el simultanément huit spores qu'il n'est pas rare de voir seplées. Les tubes sfK)rifères se forment dans des conceptacles globuleux ou en forme de booieifle, conceptacles qui seront désignés ici sous le nom depm/A^ccs.Le contenodo périthèce est à l'origine un tissu tendre, transparent, sans air, qui se Irouveplas tard supplanté par les tubes sporifères et les paraphyses. Ces derniers procèiienl d'un hyménium qui tapisse toute la paroi du périthèce, ou n'en occupe qoeia région basilaire. Tantôt le périthèce est ouvert dès l'origine {Sphœria typkm), tanlôl, fermé à l'origine, il s'ouvre plus tard par un canal tapissé de poibi travers lequel les spores sont expulsées (Ay/am); tantôt enfin il se déchire pour disséminer ses spores {Erysiphe).

Dans toute une série d'espèces (Sphéries simples, Sordaria^ Pleosporaytk.). les périthèces naissent libres sur un mycélium filamenteux peu apparent, isolés ou par groupes. Dans d'autres (Ciaviceps)^ il se forme d'abord ce qu'on appelle un stroma, c'e^l-à-dire un support pulviuiforme, fruticuleux ou cyathiforme, dans lequel naissent ensuite les périthèces, le plus souvent rapprochés en grand nombre (lig. 481).

Outre les ascospores produites dans les périthèces, il se forme encore, daos la même espèce, d'autres sortes de spores d'origine exogène, nolammenl :

(1) Onygénéea. — Les Onygena se développent sur les plumes des oiseaux et saris corne (b sabots des chevsux morts. Sur le mycélium se dressent de petites colonnes blanches tenniiKfs chacune par un périthèce globuleux qui^ à la maturité, s'ouvre circulaireraent à sa bsae. Itey** rois du périthèce, rayonnent des filaments enchevêtrés qui se terminent chacun ptraaasq« contenant huit spores ovales. C'est à peu près tout ce que Ton sait du développement de c« Champignons.

Protomyee«.— Le Protomycet macrosporus, dont la place dans la classification naturelle e« encore mdécise; attaque les organea foliacés de certaines Ombellifères. Son mycélium, dont les membranes se colorent enbieu par le chloro-iodure de zinc, produit des sporangr^s sphériqoes^ renferment de très-nombreuses et très-petites spores. Au printemps, le sporange crève eil* spores sont lancées avec force par l'ouverture. Observées dans l'eau aussitôt leur émlssioo,«» spores s'accouplent deux par deux, et se réunissent par un canal de communication qui*quiert bientôt 1© diamètre des do.ux spores conjuguées; dès lors celles-ci ne forment p<^ qu'une spore unique. Si le phénomène se passe sur la feuille d'une Ombelli/ère, cette s^' sinsi fusionnée, s'allonge en un filament mycélien qui perce l'épiderme et se défcloppeen» mycélium sur lequel apparaissent bientôt de nouveaux sporanges. Les autres phases du dèrdappement sont encore inconnues (De Bary : Beiträge zur Morph, der Pilze, I Heft). (Trtd,]

(2) Tulasne: Selecta fungorum carpologia. Paris, 1S60-I865. — De Bäht et Wobosi«:B«* träge zur Morphoi. und Physiol. der Pilze (Troisième série: Sordan'a, Eurûtium, iT siphcj etc.}. Francfort, 1870. — Flistinc : Botanische Zeitung, 1868, p. I7U.

Cl. 2.] LES CHAMPIGNONS. 355

t* des canidïes^ quelquefois septées, portées sur uu pédicelle fUamenteux qui procède du stroma ou directement du mycélium (fig. l80,c);2«des«^y/Mpor«iy simples ou septées, qui ressembleut aux conidies dans les points essentiels, mais sont produites à Tîntérieur de conceptacles particuliers qu'on appelle des pyenides; 3* des spermaiies^ formées en grand nombre dans des conceptacles plongés nommés spermogonies. Les spermaties sont des corpuscules le plus souvent très-petits, en forme de bâtonnets droits ou arqués, paraissant incapables de germer et qui ressemblent par leur mode de formation aux conidies et aux slylospores (1) . Ces diverses sortes de spores apparaissent d'ordinaire successivement, soit sur le même mycélium, soit sur le même réceptacle, et en général dans Tordre suivant : d'abord les conidies, puis les spermogonies avec leurs spermaties, puis les pyenides avec leurs slylospores, enfin les périibèces avec leurs ascospores ; cependant certains termes de la série, excepté les périthèces, peuvent manquer.

D'après les récentes rechercbes d^ MM. de Bary, Woronine et Fuisting, il est vraisemblable que les péritbèces de ces Champignons sont toujours le résultat d'un développement provoqué par un acte sexuel particulier qui n'est pas sans analogie avec celui des Floridées. Jusqu'ici cela n'a été observé, il est vrai, avec certitude que sur les deux genres Eurotium et Erysiphe par M. de Bary ; mais dans d'autres genres, d'ailleurs très-éloignés de ceux-lä,notammenl dans les Sordaria el dans le Spfusria Z^mannea, M. Woronine a rencontré sur le mycélium une succession de phénomènes toute semblable, bien que l'acte copulateur luimême lui ait échappé et que le mode d'origine des asques soit demeuré douteux. 11 n'en est pas moins certain, cependant, que le réceptacle fructifère des Pyré- Domycètes que nous venons de nommer a pour point de départ un appareil analogue à l'organe sexuel des Eurotium et des Erysiphe. Un travail antérieur de M. Fuisting contenait tout au moins cette indication que, chez d'autres Pyrénomycèles encore, les périthèces pouvaient provenir d'un appareil sexué.

Comme le développement des Champignons de cette famille subit de genre à genre d'importantes modifications, il est impossible d'en tracer une description générale ; nous nous bornerons donc à éclaircir les points essentiels en traitant ici deux exemples très-diCférents.

Développement du périihèce des Eurotium. — L'un des Pyrénomycètes les plus simples est Y Eurotium repens (fig. 179), peu différent de V Eurotium Aspergillus glaucus dont le développement a été décrit en détail par M. de Bary. Toutes deux, ces espèces habitent les corps organiques morts et en voie de décomposition les plus différents, particulièrement les fruits cuils. On voit

(1) DaiisQd travail encore inédit, M. M. Cornu a obtenu et décrit la germination des spermaties de plusieurs Pyrénomycètes, notamment den Aglao^porn profusa, Diplodia vulgaris, Massaria Platani, etc. Les spermaties ne sont donc pas autre chose qu'une sorte particulière de spoi*es. Mais tandis que les stylospores germent dans Teau, les spermaties ne germent que sur des milieux nutritifs appropriés. Elles ont besoin de se nourrir immédiatement et elles grossissent beaucoup en général avant de produire les premiers filaments mycéliens, qui se cloisonnent abondamment et prennent une teinle très-roncée. Elles reproduisent finalement, par voie de culture, la sphérie dont elles proviennent. C'est ainsi qu'en semant sur le Aobinia les spermaties de VAglaaspora pro fusa, M. Cornu a vu apparaître, après deux mois, le» pyenides et les stylospores de ce même Champignon. ( Trad.)

356 LbS THALLOPHYTES. [Cl !.

d'abord à la surface un mycélium blanc floconneus, à filaments ltoiu,d'oä s'élèvent bientôt, en grand nombre, les réceptacles conidifëres. ducunAetts lllamenls dressés se renfle en sphère à son sommet iA,c), et surlamoilièN^ rieure de la sphère se développent, étroitement serrées et radialementdiip»sées, un grand nombre de protubêrflaces coniques appelées »térigmala [Ajt^; chaque stérigmate produit peu à peu un long chapelet de spores TïnUlc«, de sorte que Rnalement le sommet du réceplacle est recouvert d'uoe épiisc couche de spores.

Pendant que se forment ainsi les chapelets despores exogènes, apparais.'eii sur le même mycélium les organes sexuels. L'organe remelle, namtoi p" M. de Bary ascogone ou carpogone, est la terminaison enroulée en tire-bouclic d'une branche myrélienne {A, as) dont les tours se serrent de plus en pi* jusqu'à venir se loucher pour former une spire creuse (C); en mèmeltnp il s'y développée peu près autant de cloisons transversales minces qu'ilj»^' tours de spire, c'est- à-dire cinq à sis. Puis, du tour de spire inférieur de l'v°>' gone s'échappent, en deux points opposés,deux branches minces qui s'accroisstit en longeant la face externe de la spire; l'une d'elles croît plusrapidemealqu'

Cl. 2.) LES CHAMPIGNONS. 357

l'aalre, atteint le tour supérieur et vient poser et appliquer intimement sa pointe contre celle de Tascogone {B). M. de Bary nomme cette branche le polUnode. Entre le pollinode et Tascogone il s'opère une conjugaison, car au point de contact les deux membranes se résorbent et les contenus protoplasmiques des deux tubes se fusionnent. Aussitôt après, il s'échappe de la partie inférieure du poilinode, ainsi que de la branche opposée, de nouveaux filaments qui, croissant en nombre et s'appliquant étroitement contre la spirale (Q, finissent par la recouvrir complètement. Ces tubes se divisent ensuite par de nombreuses cloisons transversales et forment une assise de cellules polygonales (Z>) qui enveloppe Tascogone. Puis les cellules de l'enveloppe s'accroissent vers l'intérieur en formant des papilles qui se partagent par des cloisons transverses (E). Pendant que l'enveloppe se dilate, l'espace interne du périthèce progressivement élargi se trouve bientôt rempli par ces papilles qui, étroitement serrées, s'insinuant entre les tours maintenant relâchés de la spire, se divisant en même temps, par des cloisons transversales, en cellules isodiamétriques, finissent par produire entre i'enveloppe et l'ascogone un pseudo-parenchyme ou tissu de remplissage {F). En même temps, il se forme dans l'ascogone de nouvelles cloisons transversales et bientôt s'échappent, des divers articles qui le constituent, de nombreux rameaux qui pénètrent dans toutes les directions entre les cellules du tissu de remplissage, se partagent par des cloisons transversales et se ramifient. Les dernières branches de ces rameaux sont les asques (C), qui doivent par conséquenl leur production à l'ascogone fécondé par le poilinode. Ces changements internes sont naturellement accompagnés par un accroissement de volume du périthèce tout entier. Pendant le développement des asques, le tissu de remplissage se relâche, ses cellules s'arrondissent, se gonflent, perdent leur contenu riche en matière grasse et enfin disparaissent ; dans le périthèce mûr, le tissu de remplissage est donc remplacé par les tubes sporifères.

Les cellules de la couche pariétale s'agrandissent pour suivre l'accroissement de volume du périthèce et se recouvrent en même temps d'un enduit jaune clair, qui atteint une notable épaisseur et consiste probablement en une matière résineuse ou grasse ; finalement elles s'afiaissent et se dessèchent. Les asques oclospores se résorbent aussi et, en dernier lieu, le périthèce se trouve réduit à une masse de spores enveloppées par le fragile enduit jaune dont noos venons de parler, et qui s'en échappent sous l'effort de la moindre pression. A l*œil nu, les périthèces se distinguent alors comme autant de grains jaunes isolés à la surface du mycélium, qui se recouvre aussi de son côté d'un enduit roussâtre. Les spores mûres ont la forme de lentilles biconvexes (^); à la germination l'endospore se gonfle fortement «t fait éclater l'exospore en deux moitiés, pour émettre au dehors le tube germinatif. Le mycélium issu des ascospores produit, comme celui qui procède des conidies, d'abord des filaments conidifères et plus tard des périthèces; mais on n'observe pas ici une alternance régulière de ces générations sexuées et asexuées.

En ce qui concerne la formation différente du périthèce dans les Erysipke^ Sphœriay Sordaria (i), je renvoie aux travaux de MM. Woronine et de Bary cités

(I) Il résulte d'on travail de M. Brefeld encore inédit, mais dont il est fait mention dans la Botanische Zeitung du S avril IS73, que le PenicilHutn ^/aucum développe, quand sa végétation

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