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Cl. 9.} LES CHAMPIGNONS. 367
ils cessent d'exister déjà assez loin de la gonidie terminale. Ce ne sont d'ailleurs que certains filaments peu nombreux qtii suivent ainsi rallongement de la
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368 LES THALLOPHYTES. [a. 2.
produite par les gonidies. Ce n'est qu'assez loin du sommet de la branche, que Ton voil les lUamenls pousser des rameaux qui s'insinuent entre les gonidies et les groupes de gonidies, en traversant l'épaisse cctuche gélatineuse de leurs membranes cellulaires. Ainsi donc, la forme entière de la branche,ainsiqneson accroissement en longueur et en épaisseur, sont déterminés ici par les gonidie&; les filaments sont en si petit nombre et si ténus qu'ils n'occasionnent aucnn changement essentiel ni dans le contour extérieur ni dans la structure inlene de la branche. Le même fait se représente nettement lorsde la formation d'une branche latérale sur le thalle de YEphebe pubefcens. Une des gonidies externes s'allonge alors perpendiculairement à l'axe de la branche mère etdeviealU cellule terminale de la branche latérale, en produisant par voie de segmentalioD transversale une série d'articles nouveaux, comme on le voit en a figure 490. Les filaments situés en ce point produisent des rameaux dans la même directioR, et ces rameaux se comportent vis-à-vis de la nouvelle cellule terminale comme nous l'avons dit tout à Theure pour l'extrémité de la branche principale.
Cas où le Champignon prédomine sur P Algue. — VUsnea barbaia^ Lichen fruticuleux, forme, comme VEphebe pubescens^ un thalle ramifié en buisson, et b branches du thalle s'y allongent aussi par accroissement terminal (fig. 191, A); mais ce n'est pas, comme dans VEphebe^ aux gonidies que cet allongemeDl est dû et il n'est pas produit par une cellule terminale unique. Ce sont k> divers filaments du thalle, presque parallèles et intimement unis côte à côte au sommet de la branche, qui s'allongent chacun pour soi par leur article ter- . minai et dont l'action commune produit l'allongement de la branche, allongement suivi plus tard d'un accroissement intercalaire dû à l'accroissement intercalaire des filaments et à la formation de branches nouvelles'suivaat diverses directions. Les filaments sont si étroitement unis côte à côte vers le sommet, qu'ils y forment une masse compacte sans interstices aérif^res; ce n'est qu'assez loin de l'extrémité, que le tissu filamenteux se dififérencie en une écorte très-dense de fibres entrelacées en tous sens, en un faisceau exile de filameols longitudinaux étroitement serrés et en une couche intermédiaire lâche et pourvue d'interstices aérifères, appelée moe//!e. Là où commence, au dessous du sommet, cette difi'érenciation du tissu, commence en même temps la couche gonidienne, qui consiste en petites cellules vertes, arrondies, se multipliant pv voie de division pour former de petits groupes cellulaires. Ces groupes euxmêmes sont plongés dans une couche cylindrique, située entre la moelle et l'écorce (voir la section transversale ß). Au-dessous du sommet végétatif de la branche du thalle, on ne trouve d'abord que des gonidies isolées, dool la segmentation ultérieure rend, un peu plus loin, la couche gonidienue piv riche en cellules vertes.
Il est clair maintenant que dans YUmea barbata l'accroissement en longoeor et en épaisseur, ainsi que la diflérenciation interne du tissu, doiventêtremistoot entiers sur le compte des filaments et que les gonidies s'y comportent comme des corps étrangers mélangés au tissu filamenteux. De plus, on démontre aosa que la formation de nouvelles branches sur le thalle est due ici aux filanoents* non aux gonidies. Cette ramification peut être dichotomique; dans ce cas, lesarticles terminaux des filaments s'inclinent vers deux points situés côte à côte, el
a. ï.] LLS CHAMPlüSONS. 3«g
continuenl ensuite à s'allonger dans les deux directions correspondantes, de manière que les branches de la Tonrche fassent ensemble un angle aigu. Mais des branches adventives peuvent naître aussi latéralement, au-dessous du sommet végélatir, parce qu'au point correspondant les fibres corticales forment un nouveau sommet et s'accroissent vers l'extérieur; les gonidîes se rendent aussi sous ce nouveau sommet, et la base de cette branche latérale envoie dans la branche mère des fibres médullaires et un faisceau axile, de sorte que les tissus homologues des deux branches se réunissent.
L'accroissement du thalle des Vsnea peut donc, en laissant de côté des différences accessoires, être comparé à celui du stroma des Xylaria, car les gonidîes ne sont ici qu'un élément subordonné à la structure de l'ensemble.
Chez beaucoup de Lichens crustacés, le thalle n'a pas en général de contours déterminés, il ne présente pas de dîirérencialioa extérieure, dans le sens où nous enlendons ce mol ; il ne parait £tre qu'un assemblage assez irrégulier depêlitsamasde gonidies, traversé en tous sens par les Blaments.Dans d'autres Lichens crustacés, comme les Sporastatia tnorio, Rhizocarpon tubconceniricum,
Aspicilia calcarea, le thalle ng. m. - court pcrp^nüieuiaire do l'ipoih^:« gymnocirpc d« réforme des disques lobés napfjrcAionlia™, sroMiopmironM tQiirAl'hjnnéniuiD; jr, tonche qOl s étendent par accrois- ^ ^^-^^ mMulUi« m »»n éêÔncr ■« gmnîaa ml.l le IhilLe sèment périphérique et ronn« un bord cupulirorme aulmir d« l'tpolbécic.
centrifuge. Le bord en voie
d'accroissement consiste exclusivement en un tissu ßlamenteux dans lequel, à mesure qu'on s'avance vers le centre, apparaissent des amas de gonidies en certaines places isolées qui s'étendent de plus en plus; sur le pourtour de ces plages pourvues de gonidies, le lissu cortical est entaillé. 11 naît ainsi, sur un Huirâtratum fibreux, appelé hypothalle, des fragments isolés et écailleux d'un vrai thalle de Lieben (voir Schwendener : Flora, 186S).
Apyareiu veprodnetAar* i AiMthéeiM. — La formation des spores des Lichens a lieu dans des réceptacles fructifères qu'on appelle apotkécies, et qui ressemblent aux réceptacles rructifëres des DiscomjcËtes, ou, dans d'autres cas, à ceux de certains Pyrénomjcètes. Ils naissent à l'intérieur du tissu du thalle et ne parviennent que plus tard au-dessus de sa surface, soit pour élaler largement leur couche hyméniale à l'air libre (Lichens gjmnocarpes),soilpoMr laisser échapper leurs spores par une étroite ouverture (Lichens angiocarpes).
Dans tous les Lichens sans exception, la première origine de l'apothécie et toutes les parties essentielles de cet organe procèdent exclusivement du lissu filamenteux; c'est le Champignon, et le Champignon seul, qui forme la fructification. L'Algue nourricière, c'est-à-dire les gonidies, n'y contribue en aucune
Sua«. — Traité de Balmlque. 24
370 LES THALLOPHYTES. [Cl. ?.
façon, ou n*y prend qu'une part tout à fait secondaire, comme lorsque le tûsu du thalle, y compris ses gonidies, se soulève en bourrelet autour de l'apolbécie qu'il enveloppe dans une certaine mesure (fig. 192), ou lorsqu'il s'accroUau dessous de l'apotbécie et la soulève sur un pédicule bien au-dessus de la surfice du thalle environnant. La formation endogène de i'apothéciene souffre d*eiception que dans les Cœnogomum et les types analogues, où une pareille forinaüon n'est plus possible en général, puisque les filaments ne forment qu'aoe couche très-mince autour de l'Algue filamenteuse qui fonctionne comme corps gooidien. Ce sont précisément ces types, comme cela résulte des recherches de M. Schwendener, qui montrent avec une netteté toute particulière que le réceptacle fructifère des Lichens appartient exclusivement au tissu filamenteux.
Développement de Papoihécie. — Le développement de l'apothécie oppose lie grandes difficultés à l'investigation et demeure encore obscur en plus d'un point (1). La première trace de l'apothécie apparaît, dans les LieheDsheléromères, au-dessous de la couche corticale, dans la partie inférieure de lazoae gonidienne, ou bien, comme dans certains Lichens crustacés, dans U région la plus profonde du thalle, immédiatement en contact avec le substratum;(laib les Lichens homœomères (Lichens gélatineux, Ephebé)^ c'est au-dessous deli surface même du thalle qu'elle fait son apparition. Dans les Lichens hétéromères, le premier état de l'apothécie gymnocarpe est une petite pelote arrondie de filaments enchevêtrés sans ordre, sur la face externe de laquelle se dresse de bonne heure une forêt de tendres rameaux qui sont les premières paraphyses. Les Lichénologues appellent exctpulum une couche externe de cette pelole,qui entoure la forêt de paraphyses et qui est ouverte en haut, c'est-à-dire rem Tcxtérieur.
Pendant le développement ultérieur de ce premier état, l'excipulum fonoe de nouveaux filaments et s'accroît en surface, tandis que les nouvelles panphyses s'introduisent entre les anciennes en étendant la surface occupée pv elles; cette extension suit immédiatement la formation des nouveaux éléments. L'accroissement se trouve d'abord accompli au centre de l'apothécie, il ^ prolonge longtemps à la périphérie, souvent même après que Tapolhecie a fait son apparition à la surface du thalle. Les cellules mères des spores, les asques, naissent, suivant MM. Schwendener et Fuisting, d'une façon singulière. « Déjà dans la jeune pelote, on aperçoit, entre les premières bases des paraphyses, des filaments plus épais, riches en protoplasma, privés de cloisons» munis de nombreuses ramifications et entrelacés avec les autres. Ce sontle^ extrémités de certaines branches de ces filaments, qui se dressent et s'iosinoenl entre les paraphyses pour devenir autant d'asques claviformes; on peutdooe les appeler filaments tubuleuz, fibres tubuleuses. Ces filaments tubuleoxse distinguent très-facilement des paraphyses, car leur membrane, traitée psf^ potasse, se colore en bleu par l'iode, pendant que les paraphyses ne se colorent pas. De bonne heure, les filaments disparaissent de toute la partie inférieure du nodule, et ne se conservent que dans une couche étroite panll^^^
(1) Ce qui suit, d'après la description donnée par M. de Bary de ses propres observation* et des recliercbea de MM. Schwendener et Fuisting.
Cl. 2.] LES CHAMPIGNONS. 371
à la face supérieure de l'apothécie, el qui s'étend au-dessous de tontes le« bases des asques mûres. Dans celle couche, iU se ramilienl eu direction centrifuge à mesure que s'accroît le bord de l'excipulum et ils envoient de nouveaux asques entre les nouveltes paraphyses. Les premiers asques apparaissent au centre de l'apothécie. D'après M. Schwendener, on ne peut trouver
. — Anaptgehia eiiiani, petite pirtic de l'ipatlite^e m coupe pcrpmdlculiiirB (jïi) . — m, «tiiehr afin da lliillc; |>, llfpothteis, y eumprii la couche »lu-hjintoiilg ; p, lei panphjiesde l'hjméaiiin doBi Témitée Hipérieurcfl ntal colora en brun, Eolre en pinphviei nnt la aiquei I diren éWM de dév« le» apore* wnt jeiuie» tl Don encore «epUei, 1-4 ttits ultérieur» du déTelûppemcnl de» »potm ; le pnrfopUAOu dini leqoel elles »ont pltm^ée» »'«( contracté pendant la deuiocation du Lichen a«ant lu prA-
aucDD lien de filiation entre les filaments tubuleux et les autres Itlaments; ils rormenl deux systèmes distincts et qui ne sont qu'entrelacés (1). » La couche où cheminent les filaments tubuleui est désignée sons le nom de couche sous-byméniale; l'iiyménium lui-même consiste dans l'ensemble des asques et des parapbyses. On appelle hypothécie la masse flbreuse située au-dessous
(1) D'Après Im conntisstncu réeemtnent acquises aar I& rormatlon du Truit dai Pjrrinomyettes et de» Diicomyeètei, un pârticutisr d'apte« les recherebes nouTellei de H. Jinciewski sur VÄteoboltu furfuraeeaa (rolr p. 361) i on eit en droit de luppoie^que les filaments tubalsas de li couche soushym^nlale procèdent d'an Bscogorie, ou scolècits, non encore rencontré Jusqnl présent, et qa'einsi l'ipothécle des Lichens est issue d'un ulo eeiuol, comme le« périthëces des Pjrrénomrcfctes et les rieeptscles fructilères des Péilies et do ÀieoMu».
ITÎ LES THALLOPHYTES. [Cl. 2.
âe la couche sous-hyméniale, et qui preod souvent, par accroissement ultérieur, un développement puissant; elle consiste en filaments dont les brancha viennent se terminer en paraphyses dans i*hyménium, et comprend aussi les restes du nodule primaire; elle peut à peine, dans Tétat de complet dèTeloppement de l'organe, se distinguer de Texcipulum.
A mesure qu'elle grandit, l'apothécie se voûte de plus en plus et perce la couche du thalle qui la recouvre ; l'hyménium et le bord de l'excipulum parviennent au-dessus de la surface du thalle, ou bien le tissu da thalle qui entoure le bord de l'excipulum se soulève et s'accroît en mène temps que lui pour lui former une cupule. Entre les filaments médullaires qui entourent ainsi l'apothécie, il apparaît plus tard, chez beaucoup de Lichens, un grand nombre de gonidies, de sorte que la zone gonidienne se proloose tout autour de l'apothécie. Dans les Peltigera et Solorina, la jeune apothécieest déjà étalée en une surface plane ; ses paraphyses se dirigent verticalement vers la surface du thalle, et la couche du thalle qui les recouvre se irtm plus tard soulevée comme un voile mince. Dans les Bœomyces, Calycim, etc., la région basilaire de l'hypothécie se développe en un pédicule éleré qui porte l'apothécie à son sommet.
L'apothécie des Lichens angiocarpes a, dans son développement et dans sa structure à l'état parfait, tant de ressemblance avec le périthèce des Xylariées, qu*il n'est pas nécessaire d'en donner ici une description détaillée.
AB41IMI et spores. — Les tubes sporifères claviformes, ou asques des Lichens, ressemblent, dans tous leurs traits essentiels, à ceux des Pyrénoroycètes et des Discomycètes. Leur paroi est souvent très-épaisse et capable de se gonfler fortement; les spores (flg. 193) procèdent, comme dans les familles précédeoles. d'une formation cellulaire libre et simultanée, puisqu'une portion souvenl très-notable du protoplasma y demeure sans emploi. Le nombre nonnaldes spores est de 8; cependant il n'est parfois que de 1-2 (Umbilicariay Stfi- /o5/>ora), 2 3 ou 4-6 dans plusieurs jP^r^ti^om, enfin il dépasse la centaine dans l'asque des Bactrospora, Acarospora^ Sarcogyne. La structure des spores est très-diverse, comme elle Test aussi en général dans les autres Asoomjcètes; très-souvent elles sont septées et pluricellulaires; l'exosporeesllepiu' souvent lisse et souvent colorée de diverses nuances.
Les spores sont mises en liberté sous l'influence de Thumidité qui ^^ l'hyménium ; elles sont suspendues dans le liquide qui remplit la cellule mère et sont expulsées avec lui par le sommet déchiré de l'asque. Cette expulsion a probablement pour cause la pression latérale des paraphyses qui se renflent par l'^o* midité et de la membrane même du tube qui se gonfle sous la même influeoc^^
«ermlnatlon des aporee. — La germination des spores des Lichens con>i^ en ce que l'endospore de chaque cellule constitutive forme un filament, qQ|^ ramifie et rampe sur le support humide où la spore est placée. L'appan**^ des premières gonidies n'a jamais encore été observée dans les semis; cepfB* dant M. Tulasne a rencontré quelquefois plus tard, sur le premier lacis de fi'*' ments provenant dli semis, des groupes de gonidies et il a même observé les premières petites portions du thalle, mais sans pouvoir reconnaître un Üca^^ filiation entre les gonidies et les filaments. La germination des très-gros^
Cl. s.] LES CHAMPIGNON». 3T2
spores de quelques genres : Megalospora, Ockrokchia et Perhaaria, diffère notablement de celle des autres. Ces grosses spores sont simples, dod subdivisées, étruitemeul remplies de gouttes d'buile (Qg. 191 A, B). Chaque spore développe, à ta germioation, uu grand nombre, jusqu'à 100 tubes aui différents points de sa périphérie. La formation de chaque tube commence par la production dans l'endospore d'une cavité qui s'élargit de dedans en dehors, s'entoured'une mem-
branetrès-délicateet s'accroît ^ f!
vers l'extérieur en forme de jj /
aiaraenL{ag. 194 A, B). H
Antre» »ppKrella repr»- 4<iet«>M t •pcrMogomicB , preBMe«,aarMlca. — Outre les apoihécies avec leurs ascospores capables de germer, on rencontre aussi des spermogonies chez les Lichens, et elles y sont aussi généralement répandues que chez les Pyrénomycële« et les Distomycétes. Ce sont des cavités, ou conceplacles, creusées dans le thalle, globuleuses, ou en forme de bouteille , ou irrégulièrement tortueuses, tapissées et presque remplies par des stérigmales qui portent un grand nombre de spermalies, lesquelles s'échappent au dehors par l'étroite ouverture de la spermc^onie. — On y trouve aussi parfois d'autre»
Gonceptacles, dont les stérigmalesportentdescorpuscules plus gros el plus semblables aux spores ordinaires; ces germiiniion di soinrina incco/a, d'-pr« m. tuI«™. conceptacles s'appellent des
pyonides, et ces corpuscules des stylospores. La signification des uns el des autres est encore inconnue.
Outre les spores, la plupart des Lichens possèdent encore des organes qui leur permettent de se multiplier à profusion ; ce sont les sorédies. On appelle ainsi des gonidies isolées, ou des groupes de gonidies qui, entrelacées de Dlaments, sont expulsées du thalle et sont capables de développer immédiatement au dehors un nouveau thalle de Lichen. Dans les Lichens non gélatineux, les sorédies se présentent à la surface du tballe comme une Hne pousMëre, con-
LES TUALLOPBYTES.
[Cuî.
densae quelquefois en pulvînules ou bourrelets épais (Uttiea, Bamalm, Evemia, Phytcia, ParmeUa, Pertutaria, etc.). Dans les thalles hélÉromères, les sorédies prennent naissance à l'intérienrde la couche gonidienDe;desgoniJies isoli'^s, souvent en grand nombre, y sontenLouréespar desbriDCkide ßlamenls qui s'appliquent étroilement sur elles et leur constituent comme sue enveloppe fibreuse ; ces gonidies se segmentent à plusieurs reprises elcbicune des cellules filles esta son tour et individuellement enveloppée pula filaments; ce phénomène se reproduisant souvent, les sorédies s'accamulent fortement dans la zone gonidienne et finissent par déchirer l'écorce. Mus mises en liberté; les sorâdies peuvent encore se multiplier en dehors du Ibille; mais, dans des circonstances favorables, chaque sorédie isolée, oa chiqot amas de sorédies se développe en un nouveau thalle (lîg. 195). D'après
pteudo-pATOicliyme ; b, U'iprii H. Scfavcndi
M. Scbwendener, ce développement peut avoir lieu, chez l' Utnea borMs, ^^ l'époque où la sorédie est encore comprise à l'intérieur du thalle taiteniel; il se produit alors, sur ce thalle, ce qu'on appelle une branche sorédie- Rapporta dn Cb*Mpl|{HOB paraatleaTee l'Al|nia ■•nrrielAre. ■iiWrtt**-
— Arrivons maintenant à examiner de plus près l'autre forme élémentiii« qöi contribue, avec les filaments de Champignon, & édifier le thalle des Licheni, c'est-à-dire les gonidiet. Nous savons déjà que ces gonidies ne sont pas *-^^ chose que des Algues qui, attaquées et enveloppées par de certains Ascoœjcèles, leur donnent la nourriture qu'ils sont incapaMes d'assimiler pareU' mômes. Chaque Champignon-Lichen se choisit un type d'Algue déUrmio^ comme on sait d'ailleurs que dautres parasites, les Hypodermées par eieop^ ne s'établissent aussi que sur de certaines plantes hospitalières parTiileniu' déterminées. Ce que le parasitisme des Champignons- Lichens a de parlicB' lier, c'est que le Champignon ne se fixe pas en certains points extérieur s''^ »aplanie nourricière, qu'il ne pénètre pas non plus à l'intérieur de ses cella^i mais qu'il l'enveloppe et l'enferme dans les mailles de son propre tisjQ. ll>'' rive parfois cependant que les deux êtres se soudent ensemble, parceque certaines branches des filaments s'appliquent étroitement sur la membrsneaK
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C^ jj LES CBASIPIGNONS. 3'»
cellules isolées de l'Algae (ttg . m Ag, Bg, Cg). Ce phénomèDe de soodute a conduit autrefois à supposer que le* gonidies elles-mêmes ne sont que des produils des filaments, dont certains rameaux se renflent eo spbères el forment de la chlorophylle; l'hypolhÈse inverse, suiraol laquelle les filamenU proeéderaienl au conlraire des gonidies a été aussi émise accidenlellemenl, notamment par moi, sur les CoUema (BoUnische Zeiiung, 1835). Celle dépendance, d'ailleurs rare, se laisse comprendre aujourd'hui beaucoup plus simplement comme une soudure consécutive des rameaux des IllamenU avec les cellules de l'Algue dont ces filaments se nourrissent; elle ne saurait empêcher, en aucune façon, de considérer les gonidies comme de véritables Algues, car la démonstration de ce fait est sans réplique.
Laissons de côté les vues des anciens Lichénologues, vues que l'on trouvera d'ailleurs exposées en détail dans les écrits de MM. Baranetiky et Schwendener que nous citerons plus loin, et mentinnoons d'abord que déjà M. de Bary (MorpUolcRie und Physiologiedi'rPilze.FlechlenundMyxomyceten, p. 291) était parvenu en 1866, en ce qui concerne les Lichens gélatineux, les £'/)Afée et les formes analogues, à l'allernalive suivante : « Ou bien les Lichens en question sont les états complètement développés et fructifies de végétaux dont les formes incomplètement développées ont été placées jusqu'à présent parmi les Algues sous les noms de Noslochinées el de Chrooeoccacées ; ou bien, au contraire, les Noslochiiiées el Cbroococcacées sont réellement des Algues el elles prennent la forme de CoUema, A'Ephebe, etc., parce que certains Ascomycèles parasiless'yiiitroiluisent, étendent leur mycélium dans le thalle en voie de développement el souvent contractent une intime adhérence avec les cellules remplies de phycochrôme
(Fleetüspoia,Omphalaria).liADs ce dernier cas, les végéUux en question ne seraient que des Pseudo-Lichens, etc. » H résulte de celle citation, que M. de Bai7 ne voulait pas, en tout cas, appliquer la dernière alternative aux Lichens héléromères.
Bienlôl après, MM. Faminliine et Baranelzky, puis ce dernier seul, publièrent des recherches sur les modilicalions ultérieures que subisseol les goni-
■•H UB Blamrnt.
M du LkMnaps- .prtsM. Sehwfn-
37« LES THALLOPH\TES. [û- 1
dies des Lichens lorsqu'elles sont mises en liberté dans Teau par la destroclion du tissu filamenteux (1). Ce dernier auteur arrive à ce résalUl : « Les gonidies des Lichens hétéromères à chlorophylle ( Phy^eia y Everm^ Ck- (hma)j comme aussi des hétéromères à phycochrôme {Peltigera) el des Lichens gélatineux (Collema)^ sont capables de mener, en dehors da Üulle du Lichen, une vie tout à fait indépendante. Par leur mise en liberté, ces gonidies semblent élargir leur cycle de végétation ; ainsi les gonidies dfê H^ cia, Evemiüy Cladonia, quand elles vivent en liberté, produisent des zoospores. Parfois on trouve aussi que toutes les cellules des sphères formées par les gonidies des Peltigera se changent plus tard, de manière à devenir tout àlaii semblables aux cellules interstitielles d'un No$toc^ el l'on ne peut doaler qu'elles ne comstituent en cet état des cellules durables. Quelques-unes, peutêtre même beaucoup des formes décrites jusqu'ici comme des Algues, doivent être regardées comme des gonidies de Lichens en cours de végétation libre; il en est ainsi, pour le moment, des genres Cystococcus, Polycoccm et No$toc.^
Les recherches détaillées de M. Schwendener, en partie déjà antérieures» cette époque, en partie contemporaines, el longuement -poursuivies plus tard, conduisent à une conclusion tout opposée. Pour M. Schwendener» les gonidies sont bien réellement des Algues, dont le mode normal de végétation est pii» ou moins troublé par le Champignon parasite. 11 a, pour la première fois, exprimé cette proposition, sans détour et de la façon la plus claire, en l'appliquant à tous les Lichens, dans un Mémoire intitulé : «t Ueber die Algentypeo der Flechtengonidien » et publié à Bâie en i869. Dans ce remarquable Irarail, qui assure désormais aux Lichens leur place dans le système naturel parmi les Ascomycètes, il passe en revue, dans le tableau suivant, les genres d'Algues qui jusqu'à présent sont connues comme pouvant servir de plantes nourricières aux Champignons-Lichens, dont elles constituent les gonidies :