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Jungermanniées

Les quatre premières familles ne renferment que des types frondacés;l) cinquième embrasse à la fois des genres frondacés et des genres foliacés.

1. AH(ii»eéroU«*. — Les Anthoceroi lœvis et punctatm, qui croisseol en été sur les sols argileux, développent un thalle aplati en forme de ruban, ïitiërement dépourvu de feuilles et dont les ramifications assez irrégulières forment un disque circulaire. La régularité de la ramification normale, qo'

est dichotomique, y est en effet détruite par des pousses adventivesqni-"' chappent du bord du thalle, et rnSme de sa surface dans 1*^4. panrtu/M- ^^ thalle comprend plusieurs assises de cellules et les cellules terminal« i'" lii'iuiches, logées dans les échancrures de leur sommet, se divisent par des cloisons inclinées alternativement vers le haut et vers le bas (flg. 216, 0- ^ cellules du thalle, dont l'assise supérieure ne se différencie pas en ua ^P''

Cf.. 4.] LES HÉPATIQUES. 413

derme dislinct, renCerment chacune un unique corps chlorophyllien qui eoloure le noyau. Sur la face inférieure du thalle, immédiatement au-dessous du bord végétatif, il naît, d'après M. Janczewski, des stomates, par le pore desquels il n'est pas rare de voir s'introduire des ßlaments de Nostoc; ces filaments se développent dans le tissu du thalle en tubercules arrondis, qui étaient considérés autrefois comme des propagules endogènes.

Anthéridies et archégones naissent, sans régularité apparente sur la face supérieure du thalle, tous deux à l'intérieur du tissu. Pour former les anthéridies, un groupe arrondi de cellules appartenant à l'assise externe du thalle se sépare du tissu sous-jacent et forme ainsi un large espace inlercellulaire ; les cellules qui forment le plancher de celte cavité se divisent d'abord par des cloisons verticales, puis certaines d'entre elles se soulèvent en papilles pour former les anthéridies dont la situation est indiquée dans la figure 216, an, et dont le mode de développement est représenté par la figure 314. C'est seulement lorsque les grains de chlorophylle de k paroi de l'anihéridie se colorent en jaune, et que les anthérozoïdes sont mûrs, que le toit de la cavité se déchire el que les anthéridies, s'ouvranl à leur tour au sommet, mettent en liberté leur contenu.

Les différences par rapport aux autres Hépatiques sont plus frappantes encore, si l'on étudie le développement des archégones (Bg. 216, C, ar). Une rangée de cellules, dirigée de dehors en dedans et issue de la division d'un segment supérieur de la cellule terminale de la branche, se remplit de protoplasma; la cellule inférieure de cette rangée se renfle et devient la cellule centrale de l'archégone. Pendant qu'elle s'accroît et s'arrondit, les autres cellules de la rangée se résorbent et forment ainsi un canal ou col, ouvert au dehors et entouré par six rangées de cellules {ar, fig. 216, D) (1).

Après ta fécondation, l'oosphère devenue oospore se divise d'abord en deux par une cloison oblique ; la cellule supérieure, qui devient la cellule

quiert encore quelques cloisons obliques allernalivement à droite et à gauche, mais bientôt les cloisons s'y développent suivant quatre directions alternes. Pendant que le

(I) Les ADthocérotées s'écwrUnt des aulres Hépitiqne» k pau près »uUni ciua celleB-ci de»

414 LES MUSCINÉES. ' (Cl. 4.

jeune sporogone devient ainsi un corps multicellulaire élargi à sa base (ßg. 216, E)y le tissu environnant du thalle se développe par des partitions répétées, et se soulève en forme d'un involucre que le sporogone perceta plus tard en s'allongeant (fig. 217). D'abord formé d'un tissu homogène, le sporogone ne tarde pas à se dififérencier ; il s'y forme une colonne ccntele cylindrique composée de 12-16 rangées de cellules allongées suivant Vaie; les cellules de l'assise suivante se divisent au contraire par des cloisons horizontales et produisent les cellules mères des spores et les élatères; enfin les 4-5 assises externes constituent la paroi de la future silique. Parmi les cellules de l'assise qui entourent la colonne, celles qui doivent devenir des élalères subissent encore une ou plusieurs divisions perpendiculaires; les élalères sont donc ici des séries transversales de cellules à l'intérieur desquelles il ne se forme pas de rubans spirales. Les cellules situées entre les élatères, au contraire, s'arrondissent, s'isolent progressivement du sommet à la base du sporogone, et, quand elles se sont encore agrandies, commence la division en quatre dont nous avons parlé plus haut et qui produit autant de spores disposées en tétraèdre. Après quoi, le sporogone s'allonge et forme un tube de 15 à 20 millimètres de hauteur, dont la paroi brune se fend progressivemeDl de haut en bas en deux valves.

2. Monoeiéées. — Le groupe des Monocléées parait, d'après le SynopmBtpaticaruniy renfermer des formes de transition qui relient les Anlhocérolées aux Jungermanniées. Le long sporogone y a une déhiscence longitudinale, sans columelle; la première génération est tantôt thalloïde, tantôt foliacée.

3. Ricciées. — Les Ricciées ont une tige aplatie, thalloïde, nageante ou enracinée au sol, ramifiée en dichotomie et dont les cellules terminales situées, d'après M. Kny, plusieurs côte à côte dans Téchancrure de la branche, se segmentent par des cloisons inclinées vers le haut et vers le bas, et se mulüplient par des cloisons longitudinales et verticales (1). La surface supérieure du thalle a un épiderme nettement différencié , mais sans stomates, sous lequel s'étend, creusé souvent de lacunes aérifères, le tissu vert qui procède des segments supérieurs de la cellule terminale. Sa face inférieure est munie d'une seule rangée de lamelles placées transversalement et qui, issues immédiate- Mousses, elles devraient, dans l'opinion de M. de Bary, former une classe à part dans les Masonées. M. Janczewski (/oc. ciY.) formule ainsi les principaux résultats de ses recherches sur te

développement de l'archégone de ces plantes. Contrairement à tout ce qui a lieu chei toatestes autres Muscinées, l'archégone de VAnthoceros, quoique parfaitement bien différencié, n'est « aucune façon individualisé par rapport au tissu du thalle. La division de la cellule mère de tVchégone en trois cellules périphériques et une cellule médiane s'y retrouve cependint, et * montre ainsi caractéristique pour toutes les Muscinées. [Trad.)

(1) Dans une lettre qu'il m'a écrite au sujet de l'accroissement terminal des Blasia, M. Le^ démontre que cette Jungermanniée ne possède qu'une seule cellule terminale, mais i <1<^ faces; et il ajoute : a Je ne doute pas que chez les Hépatiques qui, d'après M. Kny, auraieot bb^ rangée de cellules terminales {Pellia, Jiiccia), il n'y en ait aussi qu'une seule qui « f^^ comme celle des Blasia, La méprise peut provenir de ce que les segments latéraux soüss«"^ leurs premières divisions, comme la cellule terminale elle-môme, par la formation de scgineBo dorsaux et ventraux. On croit alors avoir en réalité devant soi une rangée de cellules tenw nales. »

Ci,. 4.] LES HÉPATIQUES. 451

ment des segments inférieurs de la cellule terminale, doivent être considérées comme des feuilles. Plus tard elles se déchirent dans leur longueur el forment deux séries; entre elles se développent un -grand nombre de poils radicaux dont la membrane présente sur sa face interne des épaississemenis coniques.

Archégones et anthéridies naissent, sur la face supérieure du thalle, aux dépens déjeunes cellules épidermiques qui proéminent en forme de papilles, et

Fig. HS.~ nicda glaïaa. d'aprèi M. Hofmcisler.— .1, scetioa lopgiludîiule pcrprodiculiiiro i Irttfrs U rL'^iun terminalcdc Ja tïgF; i, »mnifl; b, TeuilLcs ; a, jdunF sqUitrIilJr i a' , uilfa«ridit pluslfé« déjà CDlour^e par auu bourrclcl u? (900;. — B, prcfoière origine d'une anibfridic di^jii imuLucr«« . C, jfuae anlhCridi« a en sntluD loagiladinale (JOD}.

ils sont, pendant leur développement, entourés d'un bourrelet par le tissu environnant (fig. 218). Cet involucre forme quelquefois, au-dessus de l'anthéridie sessile, un long col proéminent. Au moment de la fécondation, les archégODes font encore saillie audessus de l'épiderme (flg. il9, A) ; mais ensuite elles sont recouvertes par l'involucre. Leur cellule centrale , c'est-à-dire l'oospliëre fécondée et devenue l'oospore , produit un sporogone sphérique avec une paroi d'une seule assise, et totalement rempli de spores , sans élatères. Les spores ne deviennent libres que par la destruclion du tissu d'alentour.

4. Hareluinlléea. — Les Marcbautiées ont toutes une large tige thalloîde, étalée sur la terre

en forme de ruban, ramifiée en dichotomie, pourvue de nervure médiane et toujours formée de plusieurs assises cellulaires. La face inférieure de ce thalle, outre un grand nombre de poils garnis d'épaississemenls coniques faisant saillie à l'intérieur et situés sur un sillon spirale du tube (flg. 18),

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