CD
Rubiacées.
CD
Ombellifères. . . .
Saxifragacées.. . .
CD
Rosacées.
ctT
Légumineuses. .
Caryophyllées . .
CD
Crucifères ....
Renonculacées. .
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
Tous ces calculs ne peuvent jamais être rigoureusement exacts; ce ne sont que des données particulières, mais la donnée générale manque. Ce que nous pouvons constater, c’est que le nombre absolu des espèces ligneuses et arborescentes augmente à mesure qu’on s’approche de l’équateur, et que la taille de tous les végétaux en général suit un développement ascendant.
Les espèces annuelles et bisannuelles ne sont cependant pas nécessairement des végétaux des régions glaciales; bien au contraire, on trouve, en s’élevant vers les pôles, des arbustes et des végétaux vivaces capables de résister à la rigueur du climat, tandis que les plantes dont la durée est limitée, ne réussissent que dans les régions tempérées.
L’étude de Yhabitation et de Yaire, ou de la surface de distribution des plantes, est la base fondamentale de la géographie botanique; celle des stations viendra après, et terminera ce chapitre. On doit admettre en principe, ce que ne dément pas l’expérience, qu’un végétal croît partout où il trouve des condilions d’existence identiques à celles du lieu où il a pris naissance, ou qui ne répugneront ni à son mode d’existence ni aux diverses phases d’évolution qui caractérisent sa vie; c’est ce que nous appelons naturalisation. Quant à Y acclimatation, c’est un tout autre problème : il ne faut plus seulement prendre un végétal pour le transplanter dans un milieu où la vie est possible pour lui ; il s’agit, au contraire, de prendre un végétal et de le mettre dans des conditions où la vie est, sinon absolument impossible, du moins difficile, parce qu’il n’a pas le temps d’accomplir dans le cours d’un été sa période de végétation, s’il est annuel, ou que le climat s’oppose à son développement s’il est vivace, et que la rigueur, la durée ou l’humidité des hivers altèrent son tissu et y portent des causes de mort. Or, malgré les essais nombreux d’acclimatement, on n’est encore parvenu à changer la nature d’aucune plante des pays chauds, de manière à lui faire supporter la rigueur de notre climat. La pomme de terre et le dahlia gèlent à la moindre gelée blanche ; les orangers vivent parfaitement sous le climat du midi de la France, mais ils souffrent et périssent même quand la température descend à 5 ou 6 degrés au-dessous de zéro. Il en est ainsi des dattiers, des agaves, des nopals, introduits dans les mêmes localités.
Nous avons au contraire des exemples nombreux de naturalisation.
Certaines villes du Brésil et de l’Amérique du Sud comptent aujourd’hui, parmi les herbes inutiles qui abondent dans leurs environs et jusqu’au seuil des maisons, Xèchium vipérine, le marrube, l’ortie dioïque, qui croissent le long de nos chemins; le chardon-marie a envahi les Pampas, et nous trouvons à chaque pas, dans nos terres incultes et dans nos jardins, l’érigéron du Canada, qui dresse coquettement sa longue panicule de fleurs blanches. La Nouvelle-Zélande et Taïti cultivent une partie de nos végétaux potagers.
Un phénomène d’un grand intérêt, et qu’on n’a pas encore assez étudié, est celui de la sociabilité végétale. On rencontre, en effet, des plantes qui croissent solitaires, isolées, sans rechercher la compagnie de leurs sœurs; tandis que d’autres se serrent, se pressent, semblent se complaire dans les charmes d’une vie commune : ce sont les plantes dites sociales.
Parmi les mousses, le sphagnum palustre et le dicranum glaucum couvrent, dans le Nord, des terrains marécageux d’une manière si exceptionnelle, qu’on y aperçoit à peine d’autres végétaux. Parmi les lichens, le cenomyce rangiferinus est dans le même cas, mais ce sont les lieux secs qu’il envahit. Les plantes d’eau offrent encore fréquemment l’exemple de la sociabilité : tels sont les chara, les acorus calamus, les scirpus lacustris, les arundo phragmites , qui donnent un caractère particulier au paysage de nos climats.
Les lemna et les conferves, qui croissent flottantes au sein même des eaux, sont celles qui sont le plus abondantes; elles couvrent souvent des espaces considérables; et jamais on ne les trouve isolées. Les bruyères sont peut-être, de toutes les plantes, celles qui ont au plus haut degré le caractère social. Viennent après, mais toujours avec le même caractère, le pinus sylvestris, le polygonum aviculare , le poa annua, Vulex europceus, le gerdsta scoparia, les pjotentilles, le vaccinium myrtillus, le juncus buionius , le myriopliyllum spicatum.
Le bouleau, le chêne, le hêtre, Faune, quoique moins sociaux, couvrent ensemble de vastes étendues de terrain.
Dans la zone tropicale, les bords de la mer sont presque exclusivement couverts de mangliers. Dans les îles de la mer du Sud, les fougères arborescentes de taille moyenne croissent ensemble; sur le continent australien, ce sont les banksia speciosa et les protea argentea. Dans l’Asie orientale, les bambous forment des forêts entiè-
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res, et sur les bords du fleuve Magdalena, Humboldt a vu des forêts non interrompues de bambous et d 'helicoma. Les kyllingia et les mimosa couvrent les savanes du bas Orénoque.
Si des plaines brûlantes des tropiques nous nous dirigeons vers les montagnes, nous y trouvons des forêts de cinchona; et les escallo nia, ainsi que les rhododendrons, y sont aussi communs que chez nous les ajoncs ou les genêts.
Les plateaux des Andes sont couverts de tapis de calandrinia et de quelques espèces de verbénacées. On trouve au Chili, parmi les plantes qui affectent le plus le caractère social, Y acacia cave, le lycium gracile, et plusieurs espèces de bambou et de cactus.
A la Nouvelle-Hollande on trouve, dans l’intérieur des terres, réunis en masse, le polygonum junceum, le cupressus callitris , ainsi que plusieurs espèces de protéacées et d’ eucalyptus, qui y forment des forêts entières.
Parmi les plantes marines, les laminaires, les fucus pyriferus, antarcticus et natans, sont réunis en très-grande quantité sur un même point.
Après avoir ainsi examiné les lois générales de diffusion des végétaux qui croissent spontanément, passons sommairement en revue le mode de distribution des plantes soumises par l’homme à une culture régulière, et qui servent à ses divers besoins.
En Europe, la culture des céréales ne s’élève guère plus haut que le 70°, dans la Péninsule Scandinave; encore est-ce le seul point du globe où on les retrouve à ce degré; partout ailleurs la culture est loin de s’élever si haut.
Dans l’Asie septentrionale, elles décroissent en allant de l’ouest à l’est : tandis que dans la partie occidentale on les retrouve au 60°; dans la partie orientale, elles ne s’élèvent pas plus haut que le 51°.
Dans l’Amérique du Nord, on les cultive dans l’ouest jusqu’au 57°, et sur les côtes orientales à peine plus haut que le 51°.
Il s’en faut néanmoins que ce soient toutes les céréales qui croissent jusqu’à de si hautes latitudes; la seule espèce de graminée alimentaire qui réussisse dans ces climats glacés est Y orge, qui sert à la nourriture de l’homme dans toutes les régions septentrionales.
L’ avoine, qui entre aussi pour une part importante dans l’alimentation humaine, ne réussit pas à de si hautes latitudes; il faut, pour en trouver la culture régulièrement répandue, descendre de quelques
degrés plus bas ; et dans les localités où cette céréale arrive à maturité, on trouve déjà le seigle, qui descend jusqu’aux bords de la Baltique et remplace avantageusement les deux autres, qui n’y sont plus cultivées que pour la nourriture des animaux et la fabrication de la bière.
Dans le nord de l’Allemagne, on commence à trouver le blê, qui est d’abord cultivé concurremment avec le seigle, et finit par devenir la culture dominante. 11 part du sud de l’Écosse, traverse la France, l’Allemagne, la Crimée, le Caucase, et s’étend jusque dans l’Asie, sans pour cela qu’on néglige les trois autres céréales; mais celles-ci n’y sont plus si fréquemment employées aux besoins de l’homme. Le seigle devient la culture des régions plus froides des montagnes, et en descendant vers le Sud, Xavoine disparaît entièrement pour faire place à 1 ’orge, qui est donnée aux animaux. A mesure que l’on descend vers le Midi, le riz et le mais remplacent les autres céréales, ainsi que cela se voit dans la France méridionale, en Italie, en Espagne, et ils deviennent d’une culture presque exclusive jusqu’au nord de l’Inde, où ils sont préférés au blé, en traversant tous les pays intermédiaires comme une vaste zone. En Afrique, diverses espèces de sorgho et le ieff(Poa abyssinica ) sont cultivées comme céréales d’usage habituel. A l’extrémité orientale de l’Asie, le riz remplace toutes les céréales, ce qui a également lieu dans les parties méridionales de l’Amérique du Nord. On y trouve cependant aussi le mais, dont la culture est même plus répandue que chez nous. Dans l’Amérique du Sud, c’est le mais qui domine à l’exclusion de toute autre céréale ; néanmoins on cultive le blé au Brésil, dans la Plata et au Chili. A l’extrémité australe de l’Afrique, ainsi que dans la Nouvelle-Galles du Sud et en Australie, la culture du blé, de 1 ’orge et de Xavoine a été importée par les Européens.
Si nous examinons maintenant les altitudes qui servent de limites à la culture des diverses espèces de céréales, nous trouvons dans les Andes que le maïs est cultivé jusqu’à 2,400 mètres; cependant on le trouve encore plus haut, et ses limites latitudinales sont le 52°. Quand cesse le mais, apparaît le blé, conformément à la loi naturelle de distribution ; le seigle et l 'orge sont les céréales qui s’élèvent le plus haut; mais elles s’arrêtent à 3,800 mètres. On trouve cependant encore au Chili une chénopodiée, le quinoa, cultivée concurremment avec le blé.
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Certaines espèces cîe polygone'es, mais surtout le sarrasin , viennent s’associer à nos céréales, et sur quelques points les remplacent. Sur les hauts plateaux de l’Asie, les semences des polygonum servent à la nourriture de populations entières, et dans le nord de l’Europe, jusqu’au haut Jutland, en Bretagne et dans une partie de la Normandie, le sarrasin est la base de l’alimentation.
Le sorgho, cultivé dans l’Afrique et les Indes orientales, ne s’élève pas plus haut que le 42°.
Le riz, la plante graminée qui nourrit le plus de nations, a une distribution géographique très-étendue. Il croît depuis les pays tropicaux et subtropicaux jusque dans la zone tempérée, et sa culture s’étend aujourd’hui dans nos départements méridionaux. Comme il ne réussit que dans les plaines basses et inondées, il n’a pas de limites altitudinales.
En tête des plantes à racines qui sont, concurremment avec les céréales, celles qui contribuent le plus puissamment à l’alimentation de l’homme et des animaux domestiques, il faut mettre la pomme de terre , ce tubercule précieux qui a conjuré des disettes affreuses, si communes au moyen âge, et qui n’a encore rencontré aucune plante à racine comestible qui puisse le remplacer. La distribution géographique delà pomme de terre est immense, bien qu’elle ne réussisse pas dans les régions brûlantes des tropiques; car, à cette latitude, elle cherche les plateaux des montagnes pour jouir d’une température plus modérée. Originaire des régions froides des Cordillères, elle s’est répandue sur les plateaux inférieurs des Indes, de la Chine, du Japon, et a été introduite dans les îles de la mer du Sud, sur le continent australien et dans la Nouvelle-Zélande; en Europe, elle réussit partout, et est cultivée dans la Laponie, en Islande, dans les îlesFéroë et jusqu’à Hammerfest.
La patate, que nous pourrons bientôt regarder chez nous comme un végétal alimentaire, ne croît guère au delà du 45°, bien qu’elle ait fleuri dans le midi de la France et donné des graines fécondes. Ses limites altitudinales sont 2,700 mètres.
Le châtaignier, que l’on peut mettre au nombre des grands végétaux alimentaires, aune distribution géographique assez restreinte. En Italie, il cherche la partie abritée des montagnes, et refuse de croître dans les parties chaudes de cette péninsule. On ne le trouve plus en Afrique, et vers le 51° il cesse de donner des fruits. Sa zone
d’habitalion est dans les montagnes du midi de l’Europe, de l’Asie Mineure et du Caucase.
La distribution des plantes alimentaires tropicales est plus limitée que celle des'végétaux utiles de la zone tempérée, parce qu’il leur faut des conditions de végétation que les autres n’exigent pas.
L z palmier dattier , qui croît sous le 13°, a l’Espagne pour limites extrêmes en Europe ; encore n’existe-t-il que dans une partie trèsrestreinte de la Péninsule ibérique, celle qui regarde la Méditerranée, ce qui lui donne pour limite le 44°. Il exige une température moyenne de 13° à 14°, et il s’élève jusqu’à 600 mètres en hauteur régionale.
Le cocotier, d’une utilité au moins aussi grande que le dattier , et répandu sur les bords de la mer dans toutes les parties de la zone tropicale, a une distribution peu étendue, bien que sur une zone assez longue; il s’élève jusqu’au 28° comme limite septentrionale, et ses limites altitudinales sont 2,100 mètres.
Le bananier s’arrête au 25° et ne s’élève pas plus haut que 2,000 mètres; encore lui faut-il une chaleur moyenne de 19° à 21°. Le musa paradisiaca ne croît pas plus haut que 1,500 mètres.
Le manioc s’étend moins loin encore; il s’arrête au 30° de chaque côté de l’équateur, et ne croît pas plus haut que 1,000 mètres.
Le sagoutier ( Cycas circinalis ) est essentiellement tropical.
L’ igname ne réussit pas au delà de 10° de chaque côté de l’équateur.
On voit, par ce qui précède, que l’avantage est toujours aux région» tempérées, dont les végétaux se plient mieux encore aux variations du climat et s’élèvent plus haut sur les montagnes.
La vigne , qu’on peut mettre au nombre des végétaux les plus utiles à l’homme, comme objet de commerce et d’échange, autant que comme boisson réparatrice, a une distribution assez capricieuse; elle s’étend sur une longue zone d’environ 22 degrés de latitude. Sa culture en grand commence sur la côte occidentale de France au 47°,20; vers Nantes, elle ‘passe par le 49°, et remontant vers le Rhin et la Moselle, elle s’arrête au 51° comme limite extrême; elle oscille ensuite sur les bords de cette zone, mais sans la dépasser ; cependant, en Prusse, on trouve des treilles jusqu’à Kœnigsberg, sous le 54°,42 de latitude septentrionale.
Dans la partie septentrionale de l’Amérique, où l’on en a essayé l’introduction, elle ne s’élève que jusqu’au 37°, ce qui s’explique par l’inflexion des lignes isothermes qui traversent cette région.
128 GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
Dans l’hémisphère austral, elle ne s’élève pas jusqu’au 40°; dans l’Australie, elle est cultivée sous le 34°, ainsi qu’au Cap de Bonne- Espérance.
Ses limites en altitude sont variables : en Hongrie, elle s’élève à 300 mètres au plus; en Suisse, à 550 sur le versant septentrional, et à 650 sur le versant méridional. Dans l’Apennin méridional et en Sicile, ses limites supérieures^sont de 960, et dans les Canaries, 800.
L ''olivier s’élève du 36° au 44° de latitude avec une température moyenne de 14°,50 à 19° centigrades. 11 ne faut pas, pour qu’il réussisse, que la température hivernale soit moindre de-j-5°,5 centigrades. En altitude, il croît jusqu’à 850 mètres; cependant, sur le plateau du Mexique, on le trouve à 2,300 mètres. On le cultive au Pérou sous les 15° et 17° latitude, et au Chili, par le 33° de latitude, il s’élève jusqu’à 1,500 mètres.
La canne à sucre exige une température moyenne de H- 19° à 25°, et ses limites altitudinales sont 1,100 mètres ; cependant, au Mexique et dans la Colombie, on la cultive à 2,400 mètres, avec une température de 13°,7.
Le thé, cultivé en Chine, au Japon, chez les Birmans, dans le royaume d’Ava, s’élève dans son pays natal jusqu’au 40°, avec des limites altitudinales de 2,500 à 3,500 mètres. Il croît plus haut dans la zone tempérée, où il a été cultivé avec succès sous le 47°.
Le café, plante tropicale et subtropicale, ne croît pas au delà du 36° de latitude septentrionale.
Le poivre est un végétal essentiellement tropical, et même intertropical.
Le tabac croît depuis les tropiques jusque sous le 55° latitude nord, en changeant toutefois de qualité à mesure qu’il change de zone. Pour qu’il ait ses qualités natives, il lui faut une région dont la température moyenne soit de 15°.
Le cotonnier , dont la patrie est la région tropicale, s’élève néanmoins jusqu’au 41°; et dans les Indes, ses limites altitudinales sont 14 à 1,500 mètres. Il exige une température moyenne de 15° à 17°.
Le chanvre , qui paraît originaire de la zone tropicale, s’élève néanmoins jusqu’au 50° ; mais, comme toutes les plantes soumises par l’homme à la culture, son aire s’accroît de plus en plus. Le lin s’élève encore plus haut vers le Nord. On en fait un grand commerce en Courlande.
Avant de traiter la question des stations, qui terminera ce chapitre, il est bon d’examiner en peu de mots les influences des terrains sur les végéfaux qu’ils nourrissent. La composition du sol agit surtout en modifiant ses propriétés physiques : elle le rend plus ou moins meuble ou compacte, par conséquent plus accessible aux influences de l’air et de la lumière. Sa perméabilité dépend beaucoup de la constitution de la partie du sol sur laquelle repose la couche supérieure, et qu’on appelle le sous-sol; elle empêche ou facilite l’écoulement des eaux, ce qui rend le terrain propre ou impropre à certaines cultures; et cependant, suivant la différence des climats, le même sol sera convenable ou nuisible à une même espèce végétale. C’est pourquoi le blé préfère les terres alumineuses dans les climats secs, parce qu’elles sont plus hygrométriques; et dans les climats humides, il préfère les terres siliceuses.
Nous savons que, dans les terres siliceuses , il croît spontanément de préférence des graminées, des potentilles, des sédum, des herniaires, des tussilages ; dans les terres calcaires, des orchidées, des teucrium , des sesleria; dans les terres gypseuses, on trouve la petite caryophyllée appelée gypsophile et un petit nombre de végétaux caractéristiques. On sait que la variation de composition géologique influe sur la flore naturelle des localités; c’est pourquoi il est important de s’aider, dans ses excursions botaniques, d’une carte géologique locale ou à grande échelle; et les herborisateurs parisiens se trouveront bien de consulter le beau travail de M. Charles d’Orbigny sur la géologie des environs de Paris. Si l’on s’applique à bien connaître les rapports du sol avec la végétation, on ne s’égarera plus dans ses recherches, et l’on connaîtra d’un seul coup d’œil la nature générale de la flore de la région qu’on visite. Si ces connaissances sont nécessaires à celui qui fait de la botanique un délassement, combien plus encore ne le sont-elles pas à l’agronome qui cherche à approprier ses cultures à la nature du sol.
Un phénomène dont on ne peut se rendre compte, mais qui est constaté par un assez grand nombre de faits pour qu’il ne puisse être révoqué en doute, c’est celui auquel M. Thiébaut de Berneaud a donné le nom d 'apparitions spontanées , et M. Dureau de la Malle celui d’ alternance permanente . On sait qu’après l’incinération, ou même seulement la destruction d’une forêt, il croît invariablement des végétaux qui diffèrent suivant l’essence du bois détruit. Ainsi,
Botan., T. I. g
GÉNÉRALITÉ DE LA BOTANIQUE
dans le duché de Nassau, on a vu le spartium scoparium couvrir le terrain qu’occupaient précédemment les bois qu’on a abattus, et dont les racines ont été brûlées sur le sol. A la Guyane, quand on a abattu une forêt vierge, le sol se couvre de palmistes, de chou maripa, de bois puant (onagyris fœtidci), et d’autres espèces qu’on ne rencontre que dans les grands bois.
Après les coupes des hêtres sur le revers du mont Dore, les groseilliers apparaissent les premiers ; pendant trois à quatre ans, les framboisiers occupent le sol; les fraisiers, pendant deux années; la ronce bleue pendant huit à dix ans ; enfin, quand le hêtre couvre le sol de son ombrage, tout disparaît.
Dans les forêts d’arbres résineux, on trouve, après la disparition des pins, non pas des framboisiers, mais tout simplement des fraisiers et des ronces. D’après Franklin, les peupliers croissent à la place des pins détruits par le feu. Dans l’Amérique du Nord, le sol des forêts vierges se couvre, peu de temps après le déboisement, d’une espèce particulière de trèfle.
Lorsque, par suite de circonstances locales, il s’est opéré dans le sol des modifications profondes, il est de toute évidence que les phénomènes végétaux qui s’y produisent présentent un caractère de nouveauté, d’étrangeté même, qu’il est impossible d’expliquer. Le premier naturaliste qui développa cette idée en s’appuyant, sans théorie, sur des faits nombreux, c’est M. Thiébaut deBerneaud 1 . Burdach, de
I. Comme aucun ouvrage de botanique ne traite cette importante question, nous empruntons à ce savant une partie des faits qu’il a réunis sur cette matière, en lui en laissant toute la responsabilité :
« Il n’est point rare de voir, dans les taillis exploités en coupes réglées de huit à douze, de vingt et trente ans, ainsi que dans les futaies de cent vingt ans, des végétaux herbacés ou ligneux succéder à d’autres de familles, de genres et d’espèces différentes. Le fait est consigné dans les archives des forêts depuis le douzième siècle de l’ère vulgaire, et les pièces qui le relatent, le font souvent remonter à des époques plus reculées; mais personne n’en avait calculé la portée, relativement à la physiologie végétale, quand, l’ayant remarqué plusieurs fois, j’en fis le sujet d’une étude spéciale; il s’est étendu promptement et, sans aucun doute, il gagnerait bien davantage si chacun voulait y ajouter le fruit de ses recherches.
« Dans l’année 1746, des pâtres préparant un feu pour passer la nuit au milieu de la forêt de Châteauneuf, aujourd’hui département de la Haute-Vienne, déterminèrent, sans le vouloir et sans pouvoir l’arrêter, un incendie qui détruisit, en peu d’heures, 10 hectares environ d’une superbe futaie de hêtres. Le propriétaire en exploita les débris et résolut d’abandonner à la nature toute cette partie, que l’on nomme encore en ce moment le Bois-Brûlé, sachant bien cependant que l’essence dont elle était couverte donne trèsrarement du recrû de souche. Bientôt le sol, quoique tout chargé de charbons, qu’on
son côté, a recueilli un grand nombre de matériaux qui compliquent encore la question. D’après Link, quand de l’eau salée vient à percer le sol et à s’épancher à sa surface, il ne tarde pas à y croître des
retrouve encore pour peu qu’on fouille avec une pioche, offrit un tapis de mousses dominé par des tiges de séneçons, d’airelles, de bruyères, de houx, de viornes et de bourdaines, rhamnus frangula , à travers lesquelles s’élevèrent, quelques années plus tard, une infinité de petits chênes, dont plusieurs attestent, aujourd’hui (1837), le luxe d’une puissante végétation. Jusqu’alors aucun arbre de ce genre n’avait été vu dans la forêt de Châteauneuf, et ce qui n’étonna pas moins, c’est que nulle espèce de chêne n’existait dans les environs, à plusieurs myriamètres à la ronde.
« En 1719, plus de 1,500 hectares de bois de Lumigny, de la forêt de Crécy et de quelques communes voisines, département de Seine-et-Marne, ayant été exploités, le hêtre y fut remplacé, sans le concours de l’homme, par des framboisiers, des fraisiers et des ronces; après quatre ou cinq ans pour les deux premières espèces, et huit à dix pour la troisième, ces humbles plantes cédèrent la place à des chênes que l’œil du maître vit s’élever majestueusement et lui promettre des coupes d’un haut produit. Aux bois assis sur le territoire de Haute-Feuille, aux environs de Coulommiers, même département, c’est le tremble qui se substitue spontanément aux vieilles souches des chênes. On y rencontre aussi parfois des ajoncs, quelques faibles traces de saule marceau, et surtout une grande quantité d’aliziers et de pruniers épineux.
« Les forêts qui couronnent les bords escarpés du Dessombre, dont les eaux murmurantes se perdent dans le Doubs, sous les murs de Saint-Hippolyte, sont composées de hêtres et s’étendent sur un espace assez considérable. Lorsqu’une coupe s’y pratique, l’emplacement dénudé se couvre d’une infinité de framboisiers qui fournissent, durant trois et quatre années, une abondante récolte de fruits succulents, agréables à manger. Sans les détruire entièrement, des fraisiers leur succèdent, et après eux la ronce domine; enfin les pousses des grands arbres mettent un terme à cette succession de rosacées, et le nouveau bois se compose de chênes, de bouleaux et de châtaigniers. Ce phénomène qui m’a été attesté par les propriétaires du pays, je l’ai constaté sur des titres d’exploitation dans l’année 1819; je le retrouve au sein des forêts voisines du littoral de la Méditerranée ; la seule différence, c’est qu’ici ce sont les lentisques, les cistes, les arbousiers qui se montrent quand le chêne, le hêtre et l’orme ont été abattus.
« Une tradition orale et des documents authentiques m’ont également appris, en 1823^ lorsque je visitais plusieurs de nos départements de l’Ouest, que la grande forêt de Chambiers, près de Durtal, département de Maine-et-Loire, présenta jusqu’en 1800 des chênes magnifiques, dignes rivaux de ceux qui peuplent la superbe forêt de Baugé, non loin de là. Vingt-trois ans plus tard, il me fut impossible d’en rencontrer un seul individu, et je me suis assuré que l’on a vainement tenté d’en semer et d’en planter. Le temps était venu où l’arbre vénéré de nos aïeux les Gaulois et les Celtes devait être naturellement remplacé par les bruyères et les ajoncs, les genêts et les ronces, par quelques cormiers, des aliziers, des poiriers sauvages et des houx aux nombreux rameaux chargés de feuilles ondulées et piquantes. Le hêtre a refusé de croître près d’eux ; le genévrier a été moins rebelle ; et, d’après cette indication, l’on a eu recours aux arbres verts, qui y prospèrent merveilleusement aujourd’hui. Dans deux ou trois siècles, le châtaignier et le bouleau remplaceront les arbres verts, ou bien le chêne renaîtra plus nombreux et tout brillant de jeunesse.
« Généralement, aussitôt après les coupes blanches des forêts de hêtres assises sur le Jura, surtout au revers du mont Dore, l’un des points culminants de cette chaîne de
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végétaux qui ont pour station habituelle le bord de la mer. Il en est de même des terres imprégnées de principes salins : un terrain enlevé à la mer pour la construction de digues, et qui était sous les
montagnes, les groseilliers paraissent les premiers et donnent une baie aussi bonne et tout aussi belle que celle des groseilliers cultivés dans les jardins ; mais la croissance de ces petits sous-arbrisseaux non épineux n’est que locale, et limitée à quelques cantons seulement, et particulière à ceux dont le sol est frais sans être humide, et consistant sans être argileux. Les framboisiers viennent ailleurs s’emparer partout de la place pendant trois ou quatre ans, puis les fraisiers pendant deux années, ensuite la ronce bleue pour huit ou à dix ans; enfin, un demi-siècle écoulé, l’essence du hêtre et du chêne ne tarde pas à reconquérir le terrain pour le conserver sans partage durant trois ou quatre cents ans.
« Si nous entrons dans les forêts de pins et de sapins, ce ne sont plus des framboisiers qui se montrent, mais seulement quelques fraisiers et beaucoup de ronces, comme on l’observa, en 1820, sur plusieurs points fort éloignés les uns des autres, principalement à Malbuisson, près de Pontarlier ; puis naissent des sorbiers, des bouleaux, des tilleuls, des peupliers, et à leurs pieds, des obiers et des framboisiers, ainsi que Pallas le remarqua dans la Crimée, de Buch dans l’ancienne et héroïque Scandinavie, Mackenzie dans les régions élevées de l’Amérique du Nord.
« A trois sortes de coupes sont constamment soumises, dans le même triage, les forêts de Belesme, de Réno, de Perseigne, situées près de Mortagne et d’Alençon, département de l’Orne. La première coupe a lieu sur taillis de vingt ans , essence de chênes et de hêtres mêlés de quelques châtaigniers, ormes et frênes; trente ans après, on fait, sur les mêmes souches, une seconde coupe qui prend le nom de taillis sous-futaie; la troisième, après un siècle de végétation, et toujours sous l’ancienne souche, est dite Coupe de haute futaie; alors ces souches épuisées pourrissent, laissent à découvert le sol qui s’imprègne des rayons solaires, des nouveaux gaz que lui apporte l’air ambiant, et l’on ne tarde pas à voir, à la place des chênes ruinés, s’élever, sans semis, sans plantation et même sans voisinage immédiat, d’abord des genêts, des airelles et des bruyères, puis, à peu près partout, des tiges de bouleaux et de charmes ; aux lieux marécageux, des aunes, et là où le sol est doux et argileux, quelques trembles et d’autres peupliers. Quand ces arbres ont, à leur tour, fourni trois coupes successives de vingt ans chacune, les chênes, les hêtres, les ormes, les frênes, reparaissent pour ombrager la terre durant un siècle et demi, abriter sous leurs dômes de verdure des houx et des nerpruns, et disparaître ensuite totalement.
« Entrons en Helvétie, où l’antique forêt de Sauvabelain, sise au canton de Vaud, va nous offrir, sur plusieurs points, le phénomène qui nous occupe, sans cette transition générale et jusqu’ici paraissant indispensable lorsque l’essence du bois passe des hêtres aux chênes. Ce point de vue n’est pas sans intérêt pour le physiologiste. L’essence dominante depuis trois siècles est en chênes; mais aujourd’hui les arbres ont atteint l’âge de retour; ils se couronnent; la foudre les a tant de fois sillonnés dans tous les sens, qu’ils donnent sur tous les points les signes non équivoques d'une extrême caducité, j’allais presque dire d’une agonie imminente ; les glands eux-mêmes qui, de temps à autre, tombent au pied de leurs troncs d’une grosseur remarquable, sont tellement déshérités de tout principe vital, qu’ils jonchent inutilement le sol, et que le sanglier fouille auprès sans être tenté d’en enlever quelques uns. Les hêtres, au contraire, se montrent partout en heureux vainqueurs : les uns naissent, les autres sont déjà parvenus à un brillant degré de force, et cela dans les parties de la forêt où, depuis trois cents ans,
eaux depuis un temps immémorial, produisit le salicornia herbacea, dans les endroits les plus imprégnés de sel, Xarenaria marina , et le poa maritima dans le sable pur. Viborg a vu, en Danemark, après le
l’on n’avait vu aucune pousse de cette espèce, et où, depuis la nouvelle période du phénomène, aucun hêtre n’avait atteint l’âge de la reproduction.
« Sur les bords de l’Oder, au nord de l’Amérique, nous trouvons un autre fait : des portions de marais ayant été mises en culture dans l’année 1796 ont été spontanément et sur tous les points envahies par une prodigieuse quantité de pieds de moutarde blanche, sinapis alba , qui n’était point cultivée dans le pays, et dont les graines nombreuses les multiplièrent encore davantage l’année suivante. Cette apparition extraordinaire rappelle celle d’un sisymbre à feuilles lancéolées, sisymbrium strictissimum , jusqu’alors étranger au sol de toute l’Angleterre, que Ton vit paraître, végéter abondamment, fleurir et fructifier sur les débris, pour ainsi dire, encore fumants, des édifices consumés, en 1666, par l’incendie qui dévora la majeure partie de la cité de Londres.
« Voyons maintenant ce qui se passe dans les régions équinoxiales du continent américain, quand on détruit par le fer et par le feu ces forêts vierges, où les troncs d’arbres de toutes les sortes, tellement élevés que le plomb du chasseur peut à peine atteindre les aras et autres grands oiseaux qui y nichent et en habitent les cimes toujours vertes, s’unissent aux rhizomes gigantesques de fougères élégantes et très-variées dans leurs formes ; où les souples lianes s’élancent d’une branche à l’autre, s’entrelacent, décrivent des courbes bizarres à côté de palmiers, montant en colonnes hardies à des hauteurs prodigieuses, et d’orchidées aussi remarquables par leur taille que par la singularité et les larges étoiles de leurs fleurs ; où toutes les nuances, tous les contrastes sont accumulés ; où l’on trouve des serpents très-dangereux, des jaguars aussi féroces qu’habiles à franchir toutes les difficultés, des vampires avides de sang, des animaux paisibles, des singes aux hurlements affreux, des eaux courantes, des savanes profondes, des rochers nus et de charmantes retraites; quand, dis-je, on détruit ces forêts magnifiques et épouvantables, le terrain se couvre immédiatement d’arbres et de plantes dont les congénères n’existent nulle part autour d’elles. Au sein des bois revenus appelés mamans dans la Guyane, croissent en énorme quantité deux espèces de palmistes, l’aouara et le maripa des Caraïbes, le bois-puant, l’acassois, le bois d’artic, etc., qu’on ne rencontre jamais dans les grands bois. Au Brésil, après les arbres d’une nature tout à fait étrangère aux forêts vierges, succède une belle fougère arborescente appartenant au genre pteris, et en troisième lieu, une graminée visqueuse, que les habitants appellent capim gordura, ou herbe de graisse, qui repousse tous les autres végétaux et étouffe leurs jets les plus vigoureux. Cette plante envahissante une fois épuisée, les baccharis paraissent, forment de charmants bosquets toujours verts ; des arbres plus élevés surgissent ensuite et préludent au retour des grands bois. Il en est de même aux îles Baléares, principalement dans celle de Majorque. Une forêt de chênes ou de pins est-elle incendiée, le carreigt ou YArundo donax de Linné s’empare du territoire, s’étend le plus loin possible, s’assied partout avec force ; mais le temps de l’usurpation passe ; alors les cistes, les pistachiers, les camélées et autres arbustes prennent la place, pour la céder plus tard aux chênes et aux pins, qui cherchent à reconquérir leur sol primitif. Aux Canaries, au contraire, ce sont les ronces et certaines fougères, surtout l’aquiliue, pteris aquüina , qui viennent envahir la place des grands arbres tombés sous la cognée ou dévorés par le feu ; des millepertuis, des cinéraires se mêlent ensuite à elles, puis les bruyères arrivent, et après elles les lauriers, les fayas, myrica faya, les ardisiers, les
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dessèchement d’un étang qui n’avait pas été vidé depuis plus de cinquante ans, croître le carex cyperoides, qui n’appartient pas à la flore du pays. En 1796, on mit en culture, sur les bords de l’Oder, cer-
myrsines, les arbousiers, les chênes verts, qui précèdent l’olivier des montagnes, olea excelsa , les pins et les habitants des anciens bois.
« Arrêtons-nous à ces faits bien établis, et demandons-nous comment il est possible d’expliquer la loi qui préside à cette variation singulière. Pour nous en rendre compte, aurons-nous recours au phénomène de la dissémination, dont le but est d’offrir aux semences une matrice propre pour s’y établir, y végéter librement et prendre tout le développement assigné à l’espèce? Mais les pays voisins ne présentaient point les types générateurs, ou bien ils y étaient absolument étrangers, ou seulement mentionnés dans des titres très-anciens, comme ayant existé autrefois; mais la stabilité dans la succession de deux, trois, quatre et six genres au plus absolument différents, ainsi que la constance des produits que l’on voit partout à peu près les mêmes, et leur apparition à des époques fixes, ou du moins dans des circonstances égales, rendent ici tout à fait inapplicables les lois ordinaires de la dissémination.
« Dira-t-on que les plantes nouvelles étaient des rejetons, des boutures, des fragments de racines, de rhizomes, de traînées demeurés dans un état d’inertie complète, pendant que la surface du sol était occupée par d’autres végétaux activement sollicités sous l’influence directe, habituelle, des rayons solaires, des variations atmosphériques, des gaz homogènes qui les enveloppaient? Mais pourquoi ces rejetons, ces boutures, que je veux bien admettre pour le moment réduits aux molécules les plus ténues, conservant chacune, religieusement, toutes les parties de la plante mère, n’ont-ils pas donné signe de vitalité, lorsque, tous les dix ans, tous les trente ans, tous les cent ans, suivant les localités et la nature de l’essence, on faisait de temps immémorial une coupe réglée, et même ce qu’on appelle, en termes d’administration forestière, une coupe à blanc étoc ,, ou à blanc-être, c’est-à-dire que l’on abattait tout sans distinction, sans laisser ni baliveaux, ni taillis, ni aucune sorte d’arbres? Comment dans les forêts incendiées exprès ou par accident, ces mêmes semences ou rejetons ont-ils pu résister à la puissance des flammes qui, après avoir dévoré les arbres de toutes les grosseurs, couvrirent le sol de charbons ardents, brûlèrent non-seulement les dépouilles végétales, mais jusqu’à la terre, souvent à plusieurs mètres de profondeur?
« Oserait-on nous assurer que les semences qui devaient remplacer les végétaux tombés de vieillesse ou détruits par le feu se trouvaient, pour ainsi dire, scellées dans les fissures des roches ou sous tout autre abri quelconque, et que là, protégées par des circonstances particulières, elles ont pu, longtemps engourdies, attendre que l’heure d’une évolution favorable fût sonnée? Cette propriété bénévolement accordée aux semences me semble très-exagérée, puisqu’elle embrasse, ici, une série plus ou moins longue d’années, là, jusqu’à quatre siècles, et partout elle exige une combinaison de phénomènes opposés les uns aux autres. Elle peut bien, cette propriété, me fournir une preuve nouvelle des immenses ressources de la nature, sans pour cela satisfaire aux lois connues du raisonnement. Je conçois qu’un taillis, acquérant de la force et de l’élévation, fasse périr presque subitement les plantes qui demandent une grande lumière, un certain degré de chaleur, une ventilation large et perpétuelle, comme les groseilliers, les framboisiers, les fraisiers, les ronces et les fougères que nous avons vus jouer un rôle intermédiaire dans le cas important que nous examinons; je veux même encore que certaines semences privilégiées, enlevées sur l’aile des vents ou des oiseaux, roulées par les insectes ou transportées par les animaux qui les ont reçues sur leurs robes
taines portions de marais, et, l’année suivante, le sol se couvrit de sinapis arvensis. Il est apparu dans plusieurs circonstances, après des incendies considérables, des végétaux phanérogames n’existant pas dans le pays; tel est, d’après Morison, cité par Tréviranus dans sa Biologie, Yerysimum loti folium (M. Thiébaut de Berneaud dit que c’est le sisymbrium strictissimum), sur les ruines d’une grande partie de Londres incendiée en 1666. Froriep cite, dans des circonstances semblables, Yerysimum angustifolium en Norwége, le blitum capitatum à Kœnigsberg, le senecio viscosus à Copenhague. En 1839, une tranchée de 5 à 7 mètres de profondeur ayant été ouverte pour la construction du chemin de fer de Birkenhead à Chester, toutes les berges se couvrirent de sinapis arvensis. La terre, prise à une grande profondeur, se couvre de végétaux comme si elle était saturée de
velues ou soyeuses, se réfugient dans les interstices de la couche végétale produite par le détritus annuel et successif des feuilles, des jeunes pousses, des débris de plantes et autres, qu’elles s’y tiennent cachées jusqu’à ce que le degré de chaleur versée sur elles par le soleil, l’action de l’humidité fournie par la terre, impriment le mouvement nécessaire aux germes qu’elles recèlent, et que, favorisés par les gaz circulant autour d’eux, ceux-ci atteignent tout le développement qui leur est promis ; mais je demanderai que ^’on me prouve qu’il en est de même pour le gland, pour la faîne, pour les noix osseuses et monospermes des pins, recherchés avec une sorte de fureur par les sangliers, les rats, les perroquets, les pourceaux, les cerfs, les écureuils, la loxie au bec croisé, les perroquets et plusieurs autres espèces d’oiseaux. D’une part, l’expérience nous a fait voir que des semences de diverses familles, enfermées en un lieu parfaitement sec, peuvent conserver et conservent, en effet, longtemps leur propriété germinative; mais celles confiées à la terre ne s’y trouvent-elles pas sans cesse sollicitées à germer, ou bien, si l’humidité est trop grande, à pourrir en peu de mois? De l’autre part, la multiplicité des ronces, leurs racines traçantes et nombreuses, la force végétative qui caractérise toutes les parties de ces plantes, ainsi que la rapidité avec laquelle elles augmentent nombre de leurs tiges, et l’étendue considérable de terrain qu’elles envahissent, sont autant de causes pressantes pour prévenir le développement de tous les germes qui tenteraient de se montrer auprès d’elles. C’est, encore pis avec la ptéride : son rhizome, produit, à la surface de la terre, beaucoup d’articulations très-vivaces qui fournissent chacune des jets multipliant à l’infini, principalement quand elles se trouvent sur un sol mis en culture. Il en sort aussi des racines se dirigeant dans tous les sens et s’enfonçant très-profondément; j’en ai vu qui s’étendaient à plus de 0 mètres, d’autres jusqu’à 10, et offraient généralement près de 54 millimètres de circonférence, ce qui les rend extrêmement nuisibles à toute autre végétation.
« Sans aucun doute, il est des limites que l'intelligence humaine ne peut franchir ; disons mieux, l’état actuel des connaissances acquises ne nous autorise pas encore à considérer un fait sous toutes ses faces, afin de le tourner ou de l’obliger à se décomposer devant nous; mais rien ne nous permet, pas même l’obscurité du phénomène qui nous occupe, de contester à la nature la faculté de créer, de changer ses formes, de varier sans cesse ses productions, de leur imposer une ou plusieurs exceptions à ses lois éternelles. »
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germes. C’est ainsi que Henckel, ayant mis dans un pot de la terre prise au printemps, à 0 m ,65 de profondeur, et l’ayant placée au faîte de sa maison, y vit croître des graminées et des orties.
Une étude plus modeste et non moins utile est celle des stations. Quoique les flores locales dépendent des influences du milieu, l’on ne s’y attache pas assez. Nous avons vu, par ce qui précède, que, partout où l’homme porte ses pas, il trouve la terre ornée de verdure ; qu’il aille du pôle à l’équateur, qu’il quitte les plaines pour gravir la cime des monts, qu’il suive le cours des fleuves ou des ruisseaux, s’engage dans les marais, s’arrête sur le bord des fontaines limpides ou des fossés remplis d’une vase pestilentielle, il verra que la vie végétale est universelle, et que le manteau qui couvre la région dite des neiges éternelles n’a pas échappé à l’empire du monde animé, puisqu’on y trouve encore \e protococcus. Les rochers les plus durs, les monuments antiques exposés au soleil brûlant de l’Égypte, les déserts dont la fraîcheur si rare des nuits tempère à peine l’aridité, les profondeurs même de la terre, celles des eaux, ne sont pas dépourvus de toute participation à la vie générale. Si la flore de ces localités est restreinte, elle n’en existe pas moins, et sous des formes neuves, parce qu’elle est appropriée au milieu. Ce que la nature n’a pas fait pour la série phanérogamiquc, elle l’a fait pour le monde cryptogamique, ce monde des infiniment petits qui s’attache aux granités les plus durs. Il ne faut pas méconnaître que, la nature plaçant toujours les êtres dans le milieu propre à leurs conditions d’existence, c’est dans leur patrie, dans leur station surtout, qu’il convient d’étudier les plantes, et ne pas les juger au dehors ; car elles ont perdu leurs caractères natifs. Les végétaux des terres glacées acquièrent sous notre climat des formes extraordinaires qui les rendent méconnaissables; les espèces tropicales s’atrophient, et même les plantes de nos champs, celles de nos bois, prennent dans nos jardins un aspect si nouveau, qu’elles ont cessé d’avoir le caractère qui leur est propre.
Voici les stations pour les végétaux d’Europe; comme elles comprennent toutes les localités dans leur plus grande variété, on pourra s’en servir comme d’un guide certain pour les autres parties de la terre :
Plantes des montagnes, Plantœ montante. — Ce sont celles qui
croissent sur les hautes collines ou les derniers contre-forts des grandes chaînes qui ne sont qu’accidentellement sous la neige. On a réservé le nom de pl. collinœ pour celles qui croissent dans les lieux élevés, tels que collines ou coteaux.
Plantes des Alpes ou alpestres, Pl. alpestres. — Les plantes de cette station habitent sur les plus hautes montagnes; mais, dans leurs parties moyennes, elles sont en général de stature très-médiocre.
Plantes alpines, des glaciers, nivéales, PL nivales, alpinœ, glaciales. — Ces végétaux, en très-petit nombre, croissent seulement sur les points où la végétation a perdu sa puissance; et, à l’exception de quelques lichens qui montent plus haut encore, elles forment les limites extrêmes de la végétation et sont voisines des neiges éternelles : ce sont les potentilla nivea et frigida, ranunculus et draba nivalis, artemisia et gentiana glacialis , silene acaulis, diapenia helvetica.
Plantes des rochers, PL rupestres. — Quoique paraissant rentrer dans la catégorie des plantes qui croissent au milieu des pierres, celles-ci ont un caractère particulier, et appartiennent souvent à des genres dont les tiges et les feuilles sont succulentes, bien que beaucoup d’autres ne soient pas dans le même cas. On appelle rupestres et rupicolæ les plantes qui croissent sur les rochers nus et élevés, et saxatiles, saxosce, saxicolœ, celles qui sont établies sur des rochers presque nus.
Plantes des bois, des forêts, sylvatiques, Pl. nemorosœ, sylvaticœ. — Les plantes qui croissent à l’ombre des grands arbres sont, en général, printanières, et elles apparaissent le plus souvent avant que les feuilles ne soient développées; car ce qu’elles recherchent surtout, ce n’est pas la protection de leur ombrage, c’est la fraîcheur entretenue à leur pied par la richesse du sol qui doit sa fertilité continue aux détritus abondants qui se renouvellent chaque année.
Plantes des haies, Pl. sepium. — Il est un certain nombre de végétaux qui, refoulés par les envahissements de la culture, se sont retirés à l’ombre des haies; tels sont les bryonia, convolvulus sepium, solarium dulcarnara.
Plantes champêtres, Pl. campestres. —Les végétaux qui croissent dans ces localités sont ceux qui s’accommodent des champs arides et incultes, où ils ne trouvent en général qu’une nourriture peu abondante.
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Plantes des sables, PL arenosœ, arenariœ, sabulosœ, ammoclytes. — Cette station comprend tous les végétaux qui croissent dans les sables éloignés des eaux. Malgré l’aridité apparente des sables, ils renferment encore une humidité assez abondante pour nourrir un grand nombre de végétaux.
Plantes des prés, des prairies, PL pratenses. — On trouve dans cette station la plus grande variété de végétaux appartenant surtout aux familles des graminées, composées, légumineuses, ombellifères, labiées, et des rumex, des rhinanthus. Beaucoup de végétaux dont les prés sont la station propre en portent le nom comme spécifique, tels sont les trifolium pratense, phleum pratense, salvia pratensis. On a distingué les plantes des pâturages, Pl. pascuorum, de celles des prés, parce que les pâturages, ou pacages, sont des lieux secs et herbeux où la faux ne passe pas, et l’on ne peut ni pour l’une, ni pour l’autre de ces deux stations, admettre des caractères tranchés ; ces dernières participant pour la nature à celle des lisières et des hauts prés, il en résulte que cette distinction est inutile.
Plantes des lisières, PL versurœ. — On a établi une station particulière pour les végétaux qui affectionnent surtout les bandes de terre incultes, mais herbues, qui bordent les champs et les bois.
Plantes des moissons, PL segetales. — Les végétaux qui croissent dans les moissons ont un caractère souvent assez particulier pour qu’on ne puisse les confondre avec celles des champs cultivés. Ce sont, en général, les centaurea, cyanus, adonis œstivalis, githago segetum, chrysanthemum segetum, alsine segetum, delphinium consoliaa.
Plantes des champs cultivés, PL agrorum, arvenses. — Ce sont celles qui viennent se mêler à nos cultures, malgré les soins que nous prenons de les en faire disparaître par le sarclage. Elles ont un caractère particulier, quoique beaucoup d’entre elles rentrent dans la classe précédente.
Plantes des guérets ou des jachères, PL arvorum . — Quoique peu différentes en général de celles qui croissent dans les champs et les moissons, dont les guérets au reste ne sont que la continuation, on y trouve comme espèces dominantes les thlaspi arvense, iberis amara , myosotis scorpioides.
Plantes des toits, PL tectorum. — Les plantes désignées sous
ce nom sont celles qui croissent sur les toits de chaume, telles que les sempervivum et le bromus tectorum.
Plantes des décombres, PL ruderales. — On appelle ainsi les plantes qui viennent dans les déblais, le long des murs et dans les lieux incultes voisins des lieux habités; elles sont peu nombreuses, mais caractéristiques et appartiennent aux genres marrubium, lappa, datura.
Plantes des murailles, PL murales. — On les trouve le long des murs, dans leurs tissures, comme la pariétaire, ou sur leur sommet, comme certains draba, saxifraga.
Plantes des pierres, des lieux pierreux, PL saxatiles, lapidosœ, petrosœ. — Les plantes qui croissent dans les fentes des murs y trouvent encore, dans les débris du plâtre ou de la terre qui a servi à en unir les pierres, une nourriture qui leur permet de vivre; mais celles qui viennent dans les pierres, les véritables saxatiles, trouvent encore moins de nourriture.
Plantes des prairies humides, PL uliginosœ, uliginariœ. —
La station désignée sous ce nom est humide sans être inondée; elle tient à la fois de la nature des marais et de celle des prés marécageux. Les végétaux qui y croissent spontanément sont impropres à faire du fourrage; ils ne peuvent servir qu’à chauffer le four ou à faire de la litière. Ce sont surtout des carex, scirpus , eriophorum , et quelques orchis. •
Plantes des lieux inondés, Pl. inundatorum. — Ce n’est, à proprement parler, qu’une station accidentelle, car les lieux où croissent ces végétaux sont souvent inondés pendant l’hiver; et dans les années chaudes et sèches, ils sont entièrement dépourvus d’humidité, de sorte qu’il y croît aussi bien des végétaux des marais que de ceux des terres humides. Les végétaux caractéristiques sont les juncus squarrosus , hypericum elodes, lg copodium immdatum.
Plantes des marais ou marécageuses, Pl. paludosœ. — Ce qui caractérise les marais, c’est de n’être secs en aucun temps de l’année et constamment inondés et fangeux. On a réservé le nom de marécageuses [palustres ) pour les plantes qui habitent les endroits aquatiques : les plantes des tourbières, Pl. turfosœ, rentrent dans cette station. On y trouve comme plantes spéciales les sonchus palustris, cirsium palustre, alisma ranunculoides , equisetum palustre.
Plantes maritimes, littorales, PL maritimœ, littorales. — On
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a donné le nom d q plantes salinœ, sctlsœ, salsuginosœ, ou des marais salants, à celles qui croissent dans les terrains salés ou saumâtres du voisinage de la mer. La végétation du littoral a un caractère qui lui est propre, et l’on y trouve des végétaux caractéristiques, tels que
Yeryngium maritimum, le crithmum maritimum , Yinula critkmoiclea, Yarenaria maritima, le crambe maritima, le cochlearia danica, les salicornia frulicosa et herbacea, Yaster tripolium, YorseiUe, Yepliedra, etc.
On a établi des distinctions subtiles peut-être, mais qui ont leur utilité, pour désigner les végétaux qui croissent dans les eaux; ce sont les plantes aquatiques (aquaticœ ), qui croissent dans l’eau ou dans son voisinage, et aquatiles (aquatiles ); celles qui sont plongées dans les eaux.
Plantes des étangs, Pl. lacustres, stagnâtes. — Ce sont les char a, qui vivent au fond des eaux ; les callitriche et les lemma , qui flottent à leur surface, et toutes les plantes qui croissent dans les endroits dont le fond est vaseux et qui sont toujours inondés. Tels sont les ra-
nunculus lingua, sium inundatum , phellandrium aquaticum , cerato phyllum demersum, typha.
Plantes des rivages, PL ripariœ. — Les végétaux caractéristiques de cette station sont les butomus umbellatus, sparganium erectum, scirpus maritimus, iris pseuclo-acorus, cyperus longus . On a désigné sous le nom de rivulares celles qui viennent plus immédiatement dans l’eau : tels sont les alisma et le sparganium natans.
Plantes fluviales, PL fluviales ou fluviatiles. — Celles-ci croissent directement dans l’eau des rivières et des ruisseaux; ce sont les nuphar, les nymphœa al ha, la vallisneria, les villarsia, \espotamo gelons, les naias, les myriophyllum.
Plantes des fontaines ou fontinales, Pl. fontinales, fontanæ. — Ce sont les végétaux qui habitent les eaux des fontaines et les petits ruisseaux qui en découlent.
Plantes marines, Pl. marines. —Les plantes marines sont celles qui croissent dans les eaux de la mer.
Plantes épiphytes et parasites, PL epiphytœ et parasiticœ. ■— On a fait une station particulière pour les végétaux qui croissent aux dépens d’autres espèces, et qui ne réussissent que sur la plante qu’ils ont adoptée et à laquelle leur vie est étroitement liée. Ce sont là les vrais parasites qui naissent sur des végétaux vivants, tirent leur nour-
riture de la plante même, et vivent à ses dépens : tels sont les orobanches, le gui, la cuscute. Il est d’autres plantes qui croissent sur des végétaux, mais sans rien leur emprunter pour leur développement : les orchidées et les broméliacées sont dans ce cas ; on les désigne sous les noms de plantes épiphytes, ou de fausses parasites.
De Candolle divise les végétaux parasites en deux classes : les parasites phanérogames et les parasites cryptogames. Les parasites phanérogames sont subdivisées en trois groupes : 1° les parasites chlorophylles ou feuillées, appartenant à la famille des Loranthacées, et dont nous avons chez nous le gui pour type ; elles vivent réellement sur le tronc des arbres dicotylédones, et aux dépens de leur substance ; 2° les parasites radicicoles, dépourvues de feuilles, vivant sur les racines des autres végétaux et dépourvues de suçoirs latéraux, telles que les orobanches, les lathrœa, les monotropa, les cytinus, cynomorium et rafflesia; 3° les parasites caulicoles, qui vivent sur les tiges des autres végétaux, comme les cuscutes.
Les parasites cryptogames forment trois groupes : les superficielles, les intestinales, ou biogènes, et les parasites nécrogènes : 1° parasites superficielles : telles sont les érysiphes qui croissent sur les noisetiers, les saules, les bouleaux, les peupliers, et même sur les végétaux herbacés ; les erineum, qui se développent sur les feuilles de la vigne et de divers arbres, ressemblent à des touffes de poils, et les rhizoctonia, dont une espèce fait périr le safran et l’autre la luzerne ; T parasites intestinales ou biogènes : ces sont les uredo, les œcidium, les puccinies, etc., qui se développent dans les tissus sous-jacents des feuilles et des tiges d’un nombre considérable de plantes ou dans les ovaires des céréales comme Xergot, le charbon, la carie , etc. ; 3° les parasites nécrogènes , appartenant aux hypoxylées, et qui s’établissent sur les végétaux morts ou mourants.
Les fausses parasites sont les mousses, les lichens, les champignons, qui vivent sur les écorces et sur certaines algues. Il donne improprement ce nom aux végétaux volubiles qui entourent les arbres de leurs rameaux flexibles ou s’y fixent avec des crampons.