‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 36 sur 64 · DANTES · texte numérisé non relu

DANTES

Sureau noir, chèvrefeuille, tulipe jaune,

de

safran.

HO

16 février.

Groseillier épineux, lilas, aubépine.

Groseillier à grappes, fusain, troëne,

1 er mars.

rosier.

Saule, aune, obier, noisetier, bouleau,

cerisier, pommier.

Tilleul, marronnier d’Inde (découvre ses

bourgeons), orme, charme.

Poirier, prunier, abricotier, pêcher....

Nerprun, bourgène, prunellier.

1 er avril.

Hêtre, tremble, érable plane.

Charme, orme, vigne, figuier, noyer,

frêne.

Chêne.

1 er mai.

Asperge, pointe.

Il en est du travail d’Adanson comme de celui de Linné. En admettant l’exactitude des époques de feuillaison, on ne pourrait encore s’en servir comme d’un guide pour les opérations agricoles; car rien de plus illusoire que les moyennes dans des observations de semblable nature. Rien, en effet, ne fait connaître le point de départ de cette échelle de numération ; de sorte que, s’il est utile de connaître l’époque de la feuillaison des principaux arbres de notre climat, il est difficile d’apprécier les conditions de température nécessaires pour déterminer ce phénomène, et plus difficile encore d’en tirer parti.

Voici, du reste, les observations les plus intéressantes du même auteur sur la feuillaison et l’efîeuillaison de quelques végétaux. La plupart des arbres printaniers ne commencent à végéter et ne continuent que lorsque la température est de H-10°, et la végétation s’arrête dès que la chaleur tombe au-dessous de ce point. En 1756, les marronniers d’Inde et les tilleuls avaient développé leurs premières feuilles dès le 1 er mars; tout à coup la température tomba à 3° et 6°, et se maintint pendant six semaines à cette élévation. Jusqu’au 16 avril, époque où le thermomètre remonta à 11° et 12°, la végétation fut suspendue. C’est ce qui a lieu dans les années précoces,

Botan., T. I. 20

chaque fois que le développement des feuilles est suivi d’un abaissement de la température au-dessous de 10° à midi. C’est à une température semblable, et même un peu plus basse, que végètent les céréales. D’autres n’exigent que 6° à 7°, et le chêne, au contraire, demande une température plus élevée. En général, l’époque del’effeuillaison des végétaux est celle où la température tombe au-dessous du degré où ils ont commencé à ouvrir leurs bourgeons.

D’après MM. Chevreul et Mirbel, lorsqu’une fois l’évolution des bourgeons est commencée, elle continue même à une température inférieure et sans ralentissement sensible.

L’effeuillaison est un phénomène qui mérite une étude particulière, à cause des changements qui s’opèrent dans la couleur de la feuille, ce qui donne en automne un aspect si varié au paysage. Outre la teinte jaune générale, elle devient, comme il a été dit plus haut, rouge dans les sumacs et la vigne ; d’un brun très-foncé dans le noyer ; d’un brun clair dans le marronnier d’Inde ; bleu cendré dans le chèvrefeuille ; violette dans les diverses espèces du genre rubus, et jaune clair dans les érables, le tilleul et un grand nombre d’autres arbres.

La chute des feuilles est due à la cessation de leurs rapports vitaux avec l’arbre qui les porte ; il ne faut donc pas l’attribuer seulement à l’abaissement de la température : les feuilles tombent quand elles ont atteint leur complet développement, comme le fruit se détache naturellement à sa complète maturité. Le tilleul, qui perd ses feuilles dès la lin de juillet, en est une preuve; pendant tout l’automne, cet arbre en est entièrement dépouillé; et cependant, quand les froids arrivent, les premiers bourgeons sont déjà développés : c’est donc à cet état de maturité que les feuilles doivent cette mortalité périodique ; en se détachant, les feuilles laissent sur la tige une marque qu’on appelle cicatrice.

La durée de l’effeuillaison varie : quelques plantes, comme le peuplier, le bouleau, la vigne, perdent leurs feuilles presque au même moment; le chêne, le hêtre, le charme, conservent tout l’hiver leurs feuilles desséchées, et elles ne tombent qu’au printemps, lorsque les autres commencent à sortir de leur bourgeon. Certains autres végétaux, tels que le magnolier à grandes fleurs, attendent que les feuilles nouvelles soient entièrement développées pour quitter la branche à laquelle elles étaient fixées. Les plantes herbacées perdent leurs

FEUILLES

tiges avec les feuilles qui y étaient attachées, sans que celles-ci s’en séparent.

On a remarqué que reffeuillaison s’effectue de deux manières : les végétaux dans lesquels la pousse automnale a lieu par la simple prolongation du bourgeon terminal ou par l’allongement des rameaux commencent à s’effeuiller par le bas ; tandis que, pour ceux chez qui cette même pousse a lieu par l’apparition de petits rameaux latéraux, elle commence par le haut.

L’effeuillaison est un phénomène propre à certains végétaux, que ne modifie pas toujours le changement de climat. Les espèces caduques restent toujours caduques, et l’on ne peut en faire des plantes toujours vertes. Le pommier, transporté au Cap, perd ses feuilles chaque année ; et dans les Andes du Pérou, le chêne se dépouille de ses feuilles, comme il le fait en Europe.

Les feuilles pétiolées tombent plus tôt que les feuilles sessiles ou amplexicaules : celles-ci, ayant des points d’adhérence plus nombreux, tombent les dernières.

Nous empruntons à M. Thiébaut de Berneaud un tableau fort intéressant de l’époque de la feuillaison et de l’effeuillaison de quelques végétaux sous deux latitudes différentes : sous le 42°, qui correspond à la partie septentrionale de l’Espagne, et coupe l’Italie à la hauteur de Rome; et sous le 48°, qui répond au climat du Mans, d’Orléans, et représente une ligne partant de la pointe du Raz dans le Finistère, coupant le Haut-Rhin au-dessous de Colmar, et traversant le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Mayenne, la Sarthe, l’Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher, le Loiret, l’Yonne, l’Aube, la Haute-Marne et les Vosges.

On verra combien varie la durée de la feuillaison. Tandis que le sureau conserve ses feuilles pendant plus de sept mois, le lilas, l’aubépine, le rosier, le troène, près de six mois, la plupart des arbres ne les conservent que quatre mois et demi, et le ricin ne les garde que deux mois.

TABLEAU de la feuillaison et de Veffeuillaison.

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