RESPIRATION
Les végétaux ne vivent, comme les animaux, qu’en faisant pénétrer dans leurs organes les éléments qu’ils trouvent dans le milieu où ils sont placés, et, sans avoir une puissance élective qui ne leur fasse prendre que ceux qui sont réellement propres à l’entretien de la vie, ils sont obligés d’accepter tous ceux qui se trouvent dans le sol, pourvu qu’ils soient dans un état de division qui leur permette d’être absorbés. Une fois ces éléments de nutrition introduits dans les différents appareils d’élaboration, il se fait un nouveau travail, qui est le choix entre les principes assimilables et ceux qui sont impropres à la nutrition, éliminés ensuite par l’exhalation.
La respiration est l’acte par lequel le végétal, mis en rapport avec l’atmosphère, par les stomates des feuilles et des parties vertes de la plante, puise dans le réservoir commun. Son but fonctionnel est de fixer le carbone fourni par la décomposition de l’acide carbonique, dont la source est dans l’atmosphère, aussi bien que dans les éléments contenus dans le sol; de réduire l’oxyde d’ammonium et l’acide azotique ; d’en séparer l’azote, qui sert à la composition de certains produits sécrétés; de décomposer la vapeur d’eau, fournie par le même foyer, en ses éléments constituants, l’oxygène et l’hydrogène, qui entrent tous deux dans certains produits sécrétés, et enfin d’éliminer l’oxygène, inutile à ces sécrétions.
La respiration des plantes est donc l’inverse de celle des animaux : ces derniers s’emparent de l’oxygène, tandis que les végétaux le rejettent; et les animaux rejettent l’acide carbonique dont s’emparent les plantes.
Cette double fonction sera peut-être expose'e d’une manière plus sensible, en résumant cette opération, qui semble complexe au premier abord.
1° Les parties vertes exhalent de l’acide carbonique pendant la nuit, et absorbent de l’oxygène ; pendant le jour, elles exhalent
l’oxygène produit par la décomposition de l’acide carbonique, et gardent le carbone.
2° Les parties colorées absorbent l’oxygène jour et nuit, et exhalent l’acide carbonique.
L’absorption de l’oxygène n’est pas propre exclusivement aux tissus organiques vivants : après la mort de la plante, si elle est mise en contact avec de l’oxygène et de l’eau, ce gaz se combine avec le carbone du végétal, forme de l’acide carbonique en convertissant les parties mortes en humus, combinaison qui n’appartient plus à la vie.
Nous avons vu, en parlant des fonctions des feuilles, qu’elles sont les organes principaux de la respiration ; leur premier travail est la formation de l’acide carbonique. Il a lieu dans les couches situées au-dessous de l’épiderme, au moyen d’une action vitale qui ressemble à la respiration pulmonaire, par laquelle les animaux séparent cet acide et le restituent à l’atmosphère, qui a fourni, soit en pénétrant par les stomates, soit à travers les tissus lâches, l’air nécessaire à cette formation, et dont le réservoir paraît être les méats intercellulaires. Il s’en faut que ces cavités, propres à recevoir de l’air, soient les seuls réservoirs; on trouve dans un grand nombre de végétaux, surtout ceux qui croissent dans l’eau, des lacunes (nom réservé pour les cavités les plus larges), et elles sont regardées comme étant destinées à faciliter la flottaison des feuilles submergées ; dans cette hypothèse, qui paraît fondée, elles représenteraient la vessie natatoire des poissons. C’est dans les utriculaires, très-communes dans nos eaux, qu’on trouve l’exemple le plus frappant de l’existence de ces organes natatoires; ils munissent les racines en grand nombre, et les font flotter à la surface de l’eau. Comme dans les poissons, l’air contenu dans les lacunes est de composition différente de l’air atmosphérique, et contient une plus grande portion d’oxygène.
La lumière est le stimulant de cette fonction, et c’est sous son influence que s’effectue la respiration véritable, qui est un acte essentiellement vital ; car l’exhalation du gaz acide carbonique pendant la nuit ne paraît être qu’un acte physique : il faut l’intervention de la lumière pour que les matériaux absorbe's se convertissent en substance alibile. Les parties souterraines, comme celles qui ne sont pas colorées en vert, fonctionnent autrement : elles dégagent de