RESPIRATION
l’acide carbonique, et fixent de l’oxygène. La fixation du carbone est le résultat direct de l’action de la lumière sur l’appareil foliaire * ou de respiration : c’est donc à l’action de l’agent lumineux que les végétaux doivent leur vigueur. On sait que les arbres qui croissent seuls dans les lieux élevés, où ils sont soumis partout à l’influence de la lumière, sont plus vigoureux que ceux qui vivent à l’ombre d’autres végétaux ; c’est pourquoi les arbres de la lisière des bois sont toujours plus beaux que ceux de l’intérieur. Dans les champs où la culture des céréales alterne avec les cultures sarclées, la végétation est plus vigoureuse. L’influence de la lumière est telle, que, dans les serres, on attendrit les végétaux et les prédispose à la pourriture ou à la gelée, en diminuant l’intensité de l’action lumineuse, ce qui ralentit l’activité de l’exhalation. Il en est de même des animaux, plus robustes dans l’état sauvage qu’en domesticité. Cette vérité est frappante pour l’homme, qui s’étiole et s’amaigrit dans les villes, quand on l’enlève à la vie des champs, où il est de toutes parts environné du fluide lumineux, respire à pleins poumons, et fonctionne normalement. On guérit les végétaux chlorotiques ou étiolés, faute d’une quantité suffisante de lumière, cet agent considéré toujours comme stimulant essentiel de la vie, en les exposant graduellement à son action; peu à peu les fluides aqueux qui gorgeaient ses tissus sont éliminés par l’exhalation, ou rentrent dans le torrent de la circulation, et la vie reprend son cours. Dans le règne animal, les chlorotiques, les êtres chez lesquels il y a absence de tonicité des tissus, ceux qui sont infiltrés, bouffis, pâles, reprennent la vie et la couleur sous l’influence de la lumière. C’est donc l’agent le plus universel de la vie, et celui qui, dans l’acte physiologique, mérite le plus d’être étudié.
Si les végétaux qui ont subi les effets de l’étiolement sont susceptibles de reprendre leur vigueur naturelle sous l’influence de la lumière, ce qui a lieu le plus souvent au bout de quarante-huit heures, d’un autre côté, les végétaux qui ont acquis tout leur développement en restant soumis à son action vivifiante, peuvent difficilement s’étioler. Le mouvement vital produit par la lumière modifie puissamment la nature des fluides contenus dans les végétaux : l’étiolement diminue l’activité des sécrétions ; les sucs âcres ou même quelquefois délétères perdent leur puissance, et les végétaux nuisibles soumis à l’étiolement deviennent alimentaires. Dans l'état sauvage, le céleri
n’est pas comestible, et quand il a blanchi, il est converti en un aliment agréable. La chicorée sauvage perd par l’étiolement une partie de son amertume, ce qui explique la modification des propriétés des végétaux, par suite du changement d’exposition et de climat, et pourquoi les plantes qui croissent dans une atmosphère lumineuse sont douées de vertus plus actives que celles qui habitent des régions froides et brumeuses.