‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 51 sur 64 · DE LA PHOSPHORESCENCE · texte numérisé non relu

DE LA PHOSPHORESCENCE

La phosphorescence est un phénomène qui n’a pas encore été observé avec assez d’attention pour que les faits sur lesquels on s’appuie soient bien authentiques. On sait que le bois pourri répand une faible lueur, quand il est arrivé à un certain degré de décomposition. Les rhizomorpha subterranea et acidula, espèces de champignons qui croissent dans les lieux humides et obscurs, et ont la figure de longs filaments noirs et sinueux, semblables à des racines, sont dans le même cas, d’après M. Nees d’Esenbeck; l’éclat en serait assez vif pour qu’on puisse lire à leur clarté ; leur lumière s’éteint quand on les plonge dans l’acide carbonique ou dans l’azote, et se ranime dans l’oxygène. L ’agaricus olearius, en entrant en décomposition, devient également lumineux. La fille de Linné a observé qu’à la fin des journées chaudes, les fleurs de la capucine, de l’œillet d’Inde, du souci, du iis bulbifère, laissent voir des petits jets phosphorescents qui apparaissent comme des éclairs. Un autre observateur, M. Haggren, assure que deux personnes ont en même temps observé la phosphorescence du souci. Lorsqu’on extrait le suc de Y euphorbia phosphorea, et qu’il est soumis à une température élevée, il répand une lumière phosphorescente.

Page 1