‹ Traité de botanique générale (volume 2)Chapitre 52 sur 64 · EXHALATION · texte numérisé non relu

EXHALATION

La plus grande partie de l’eau qui est arrivée à travers les tissus jusqu’aux feuilles en est rejetée au dehors. Cette fonction représente la transpiration insensible des* animaux ; elle est attribuée à deux causes distinctes : une petite partie du liquide exhalé est éliminée par évaporation, et la plus grande partie par l’exhalation ; c’est-à-dire par le mouvement intérieur qui se passe dans les tissus vivants. On a établi une distinction entre ces deux fonctions, parce que l’évaporation est propre aux tissus qui ont cessé de vivre, tandis que l’exhalation ne se trouve que dans les végétaux vivants. On admet cependant, plus généralement, que cette fonction se confond avec l’évaporation, car c’est l’évaporation même. Sans tomber dans les hypothèses de l’école vitaliste, nous sommes obligés de reconnaître que le phénomène appelé la vie a un mode d’activité particulier, qui distingue ses propriétés de celles des corps inertes, chez lesquels on ne trouve que des propriétés purement physiques. S’il en était autrement, il y aurait unité de fonctions dans toute la nature organique et inorganique : le mode d’accroissement par juxtaposition, de la pierre ou du métal, serait semblable à la nutrition du végétal par intussusception, et il n’y aurait plus que des faits physiques et pas de physiologie ; tandis qu’il y a bien réellement une appropriation des matériaux de nutrition, et leur conversion a lieu par le fait de l’assimilation, ouïe changement, de proche en proche, en éléments organiques, semblables à ceux du végétal se développant sous l’influence de la vie. C’est ici le lieu de dire que les discussions des écoles ontologique et organique ou organicienne, ou, pour parler plus nettement, spiritualiste et matérialiste, sont oiseuses. Ï1 faut toujours, quelle que soit l’hypothèse adoptée, en revenir à l’observation des faits, et, en bonne et saine philosophie naturelle, reconnaître que les éléments répandus dans l’inépuisable creuset de la nature sont différemment mis en œuvre, suivant qu’ils entrent dans une combinaison inorganique, ou qu’ils contribuent à la formation des tissus

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