EXHALATION
animaux ou végétaux; que, même dans les corps organisés, leur appropriation varie autant de fois qu’il y a de variétés d’êtres.
La transpiration, fonction si importante chez l’homme, ne l’est pas moins dans le végétal, qui perd souvent, par l’exhalation, un poids égal au sien et quelquefois double ; elle est plus active dans les plantes herbacées et à feuilles minces, que dans les végétaux ligneux à feuilles épaisses, et dans les arbres à feuillage caduc, que dans ceux toujours verts.
Les organes qui sont le siège de l’exhalation sont les stomates; tandis que l’évaporation, ou la fonction purement hygroscopique, paraît avoir lieu par tous les points des tissus qui en sont privés. On est donc d’accord sur ce fait, que les stomates sont les organes de l’exhalation, comme les extrémités radiculaires sont les appareils d’absorption.
Comment agissent les stomates? Quel est le mode d’activité qui leur est propre? C’est ce qu’on ne sait pas; mais il est hors de doute qu’ils sont les véritables organes de l’exhalation, et que le principal agent excitateur de l’exhalation est la lumière. Active pendant le jour, cette fonction est nulle pendant la nuit; mais, dans ces conditions nouvelles, elle est proportionnelle à la quantité de vapeur aqueuse répandue dans l’atmosphère, et elle varie suivant la nature de la plante, son âge et la saison. Très-active au printemps, elle diminue en été, et se ralentit jusqu’à ce que le cycle de la végétation ait été parcouru par le végétal. On remarque, comme résultat direct de cette fonction, la vapeur réduite en gouttelettes qui revêt les feuilles des végétaux, quand la lumière du soleil levant ranime l’exhalation ralentie par une basse température. C’est pour maintenir l’équilibre le plus parfait possible entre l’absorption et l’évaporation, qu’il faut faire les transplantations des végétaux, aux époques où l’exhalation n’est pas sollicitée par un abondant feuillage ou une saison trop hâtive : aussi a-t-on 'spécialement consacré, aux transplantations, le printemps et l’automne; quand on plante pendant la durée de la végétation, on ôte les feuilles aux branches les plus vigoureuses, pour donner plus d’activité aux jeunes pousses, qui en ont moins, et faciliter leur développement; car elles seraient privées de nourriture si on ne favorisait pas cette fonction.
Les bassinages des serres, et le lavage minutieux des feuilles des végétaux qu’elles renferment, ont pour but de délivrer ces organes
de la poussière et des corps étrangers qui s’opposent à la fonction transpiratoire.
L’eau résultant de l’évaporation et de l’exhalation est semblable à de l’eau distillée : on y trouve quelques traces, seulement, des matériaux qu’elle contenait à l’époque où elle est entrée dans la plante par suite de l’absorption radiculaire. On a constaté que les deux tiers du fluide absorbé sont rendus à l’atmosphère par l’exhalation et l’évaporation; que la dernière partie qui reste est chargée des principes de toute nature, qui le saturaient lors de son entrée dans le tissu des spongioles, et enfin que la se've est plus dense qu’auparavant. L’exhalation est donc une des forces vitales qui contribuent le plus directement à l’élaboration des matériaux de nutrition.