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6 ORGANES DE LA REPRODUCTION

ou glumelles avec trois étamines et un pistil, pour chaque fleur des graminées (PI. 1,fîg. 2). La fleur de mercuriale (PL 1, fig. 11) est composée de trois petites feuilles vertes insérées à la même hauteur autour de Taxe, formant un verticille ou calice, au centre duquel se trouvent des étamines. Dans les joncées (PL 1 , fig. 3), la fleur présente six écailles disposées sur deux rangs, six étamines et un pistil au centre ; une double enveloppe florale est manifeste dans le perceneige (fig. 5) et les broméliacées (fig. 7). Enfin, la fleur de renoncule, qui est une fleur des plus complètes, offre quatre organes très-distincts; extérieurement, cinq petites feuilles vertes ou sépales forment un premier verticille nommé calice-, en dedans de ce calice, cinq autres petites feuilles jaunes ou pétales constituent un second verticille qui est la corolle; des étamines composent le troisième verticille ou androcée ; et des pistils occupant le centre représentent un quatrième verticille auquel on a appliqué le nom de gynécée (PL 1 , fig. 15).

Rien n’est plus variable, comme on voit, que la composition de la fleur ; il est donc impossible d’en donner une définition absolue.

Théoriquement, il n’en est plus ainsi : la fleur existe partout où il y a un des organes sexuels, qu’il soit accompagné ou non d’appendices extérieurs. La fleur réside exclusivement dans les deux organes delà reproduction, étamines ou pistils; réunis, ils constituent la fleur hermaphrodite (PL 1 , fig, 3) ; séparés l’un de l’autre, la fleur est unisexuée; elle est dite mâle quand il n’y a que des étamines (fig. 9), et femelle quand l’organe sexuel est le pistil (fig. 10).

Suivant que ces deux organes floraux sont dépourvus ou accompagnés d’appendices extérieurs, la fleur est nue, incomplète ou complète. Pour qu’une fleur soit complète , il faut qu’elle présente quatre verticilles d’organes différents, disposés autour de l’axe commun : 1 0 le calice ; 2° la corolle ; 3° les étamines ; 4° les pistils. Le verticille de glandes nectarifères qu’on observe dans quelques fleurs doit être considéré comme anormal. Chaque fois qu’il manque un des quatre verticilles normaux, la fleur est incomplète.

Les fleurs de Y arum maculatum et du frêne {fraxinus eldtior ) sontm^s; celles de la clématite sont incomplètes parce qu’elles n’ont qu’un calice coloré; dans les renoncules elles sont complètes (PL 1 , fig. 15).

Toutes les parties de ces quatre verticilles floraux prennent naissance sur un axe central, qui n’est autre que le sommet de l’axe

même de la plante, soit cle la tige, soit des ramifications de la tige, raccourci et plus ou moins élargi, creusé en coupe, ou relevé en sphéroïde, et qui porte le nom de réceptacle.

On peut suivre avec beaucoup de clarté dans certaines plantes la transformation des éléments foliacés en éléments floraux, et celle qui se prête le mieux à cette étude est le nymphæa blanc.

On distingue fort bien les folioles calicinales ou du calice, vertes à la base et blanches sur les bords ; puis les pétales constituant la corolle et formant le second verticille ou le second cercle, de même forme, mais plus grand; la réduction successive des pétales, et leur conversion en étamines ou troisième verticille, c’est-à-dire un cercle plus intérieur encore, avec leurs loges pollinifères soudées sur le filet ; souvent les étamines, quoique formant un seul verticille, sont disposées en plusieurs séries, comme dans les familles polyandres; enfin le quatrième verticille, ou les carpelles. On peut donc suivre le passage d’un verticille à l’autre avec la plus grande facilité.

Pour vérifier la théorie de l’origine foliaire des différents verticilles, on peut, après avoir suivi la transformation des éléments qui les composent les uns dans les autres : celle des bractées en folioles calicinales, des folioles calicinales en pétales, des pétales en étamines, des étamines en pétales, ce qui a lieu dans la duplicature des fleurs, la conversion des feuilles carpellaires en étamines et réciproquement, retrouver, par un renversement de la loi naturelle d’évolution, la métamorphose en feuilles de tous les verticilles ou d’ime partie d’entre eux. On donne à la transformation des feuilles en organes de reproduction et des différents verticilles en verticilles supérieurs, le nom de métamorphose ascendante , et celui de métamorphose descendante à la conversion des verticilles floraux en feuilles ou en verticilles inférieurs. Nous étudierons ces faits dans le chapitre de la tératologie.

L’étude du pistil est plus difficile au premier abord, et pour y reconnaître la transformation d’un organe foliacé, il faut choisir des sujets qui se prêtent à cette étude. Certaines renonculacées, dans lesquelles le fruit est un follicule, sont les meilleurs exemples à étudier. Dans l’origine, le follicule est une simple feuille, dont les bords opposés se rapprochent et finissent par se souder pour former le pistil; plus tard, lors de la maturité des semences, elle s’ouvre et reprend sa forme laminaire. Les ancolies, les eranthis, les hellébores.

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les delphinium sont dans jce cas. On a donc donné à chacune des parties qui forment le pistil le nom de feuille carpellaire ou de carpelle.

Si maintenant on étudie le développement des verticilles des différents noms, il est facile de reconnaître que, depuis les folioles ealicinales jusqu’aux feuilles carpellaires, l’évolution est spirale, ce qui s’explique parfaitement, comme pour les feuilles, et fait voir la cause pour laquelle, lors du développement de chacune des parties, elles sont disposées le plus souvent de manière à alterner entre elles; ainsi les pétales ne sont pas appliqués sur la foliole calicinale ou ne lui sont pas opposés, mais ils sont alternes; les étamines ne sont pas opposées aux pétales, mais alternantes. Cependant il s’en faut que ce soit uniforme et constant ; on remarque, chez quelques plantes, les vignes, les primevères, par exemple, des modifications qui échappent à la règle. Quant à la recherche de la spirale primitive, c’est une étude de même valeur que la phyllotaxie.

Quoique le nombre des éléments floraux varie à l’infini, on cons-: tate généralement une loi commune à certains groupes, et qui a été longuement exposée dans le chapilre relatif à l’ascendance des formes : c’est le nombre trois dans les monocotylédones, et le nombre cinq dans les dicotylédones.

On doit admettre que toute fleur, pour répondre au but que la nature lui a assigné, doit être complète et, de plus, régulière, c’està-dire offrir la régularité géométrique. Il s’agit maintenant de décider si les fleurs dans lesquelles les éléments qui les composent sont divisés en un nombre égal et normal de parties distinctes, sont celles qui réunissent le plus haut degré de perfection, ou si ce sont au contraire celles dont les différentes parties, soudées entre elles, ne paraissent formées que d’une seule pièce. Si nous recherchons dans le règne animal les éléments de la solution de celte question, nous verrons que c’est la division des organes en autant d’appareils appropriés aux fonctions qui constitue le plus haut degré de perfection : c’est ainsi que dans les vertébrés, surtout dans les mammifères supérieurs et dans l’homme, chaque fonction a son appareil spécial, et il n’y a pas cumulation de fonctions dans un même organe; mais comme, dans le règne végétal, on remarque une opposition réelle avec le règne animal, une sorte de renversement des lois morphologiques et physiologiques qui constitue son système propre d’évolu-

tion, on serait tenté de croire que la soudure des organes est une perfection. Cependant nous pensons que c’est une erreur, et que, dans la coordination philosophique des groupes, on doit procéder du simple au complexe, de l’irrégulier au régulier. Si nous suivons l’ordre évolutif des grandes familles, nous voyons, dans les cypéracées (PI. \, fig, \ ) et les graminées (fîg. 3), des enveloppes florales qui ressemblent assez aux parties vertes, pour ne s’en distinguer que par leur fonction; le fruit est un caryopse, c’est-à-dire le plus simple des fruits : un sac renfermant un périsperme farineux, avec un petit embryon à l’un des bouts. Dans les joncacées (fig. 3), la fleur, quoique n’étant pas encore sortie de la contexture herbacée, est cependant déjà plus fleur que dans les groupes précédents, et nous trouvons l’ovaire à trois loges distinctes; la famille des joncs est un passage aux monocotylédones à périanthe coloré. Dans toutes les familles qui suivent, les éléments floraux sont distincts ; les fruits eux-mêmes se composent en général de capsules à plusieurs loges, dans les angles desquelles sont attachées les graines.

Dans les dicotylédones, les groupes diclines commencent et présentent des ovules nus ou protégés par une enveloppe. La plupart des fleurs sont incomplètes : ce sont des écailles, comme dans les conifères (fig. 8), ou des fleurs monandres; tandis que, d’après la loi normale d’évolution, les éléments de chaque verticille doivent être en nombre égal ou double, mais toujours en rapport de nombre avec alternance, et presque toutes les fleurs de la diclinie sont incomplètes. On y trouve au bas de l’échelle des étamines monadelphes ou soudées, comme cela a lieu dans les myristicées, des styles soudés dans les cytinées; et sous le rapport de la distribution des sexes, des plantes monoïques, dioïques, polygames, enfin tous, les jeux imaginables ; ainsi pas de fleurs réellement complètes, et des soudures multipliées.

Dans les dicotylédones apétales, les fleurs hermaphrodites commencent à paraître; ce sont des fleurs incomplètes avec soudure de certains verticilles et pas de verticiîles bien définis. Dans les monopétales régulières, on trouve une évolution plus normale et des fleurs complètes; mais les différentes pièces qui les composent sont soudées, et l’on n’y remarque que des divisions, qui laissent cependant voir les points où la soudure a eu lieu (PI. 1 , fig. 1 2). On trouve dans ce grand groupe les apocynées et les asclépiadées, qui semblent repré-

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senter les orchidées dans les monocotylédones; les composées, qui se distinguent surtout par la soudure desanthères, par la transformation en poils ou en aigrettes des calices, et par les paillettes des réceptacles. Les monopétales irrégulières sont également complètes et avec des soudures moins distinctes; toutefois les étamines sont souvent en nombre inférieur à celui des divisions du limbe. Viennent ensuite les polypétales, dont les fleurs, complètes dans la plupart des familles, présentent cependant deux anomalies : des étamines indéfinies et des verticilles irréguliers; puis des soudures de verticilles entiers : telles sont les étamines dans les malvacées. Dans les polypétales périgynes se trouvent le plus grand nombre de fleurs complètes, et on trouve que, dans les grandes familles, qu’on peut regarder comme les types, il y a distinction des parties et rapport numérique des organes reproducteurs.

Que remarque-t-on dans l’évolution florale, comme éléments : 1° les adhérences ou soudures, qui s’appliquent aux verticilles des différents ordres : pour les calices , c’est la soudure des sépales ; pour les corolles, celle des pétales. Les filets des étamines se soudent aussi quelquefois, tantôt par les filets, comme dans les malvacées, où elles constituent les types monadelphes, soit par les anthères, comme dans les synanthérées; l’adhérence des folioles carpellaires constitue le pistil unique. Outre les soudures des éléments de verticilles semblables, il y a encore soudure de verticilles dissemblables entre eux, ce qui est essentiellement anormal, car il est dans l’essence même du développement floral que chaque verticille soit sans cohérence avec les verticilles inférieur et supérieur, et que même les parties qui la composent soient libres entre elles. On voit les pétales se souder aux folioles du calice, les étamines aux pétales; quelquefois ces trois verticilles se soudent avec l’ovaire. C’est ici le cas d’étudier le mode de génération des fleurs dans lesquelles les adhérences sont nombreuses, pour s’assurer si, dans leur état embryonnaire, les parties réunies étaient libres; mais le perfectionnement, expression dont nous nous servons pour reproduire une idée vulgaire (car une fleur incomplète et irrégulière, suffisant à la production de son fruit, est aussi parfaite que celle dont les divers éléments sont distincts), consiste dans le nombre régulier des verticilles , l’alternance des parties verticillaires, la symétrie et la régularité de ces mêmes parties. En suivant l’ordre d’évolution ascendante, nous constatons le

fait de l’amélioration de la forme par la division et la liberté des éléments de la fleur. Les types considérés comme les plus élevés, sont donc ceux qui réunissent les quatre principes énoncés ci-dessus. On ne peut dire que les adhérences, dans l’état d’évolution normale, viennent de la compression des parties : nous voyons dans les fleurs en thyrse d'énormes rameaux à fleur qui sont composés d’un tel nombre de fleurs, que les soudures devraient être l’accident le plus ordinaire ; cependant il n’en est rien, et le marronnier d’Inde, qui devrait dans sa fleur présenter le plus d’adhérences, est au contraire composé d’éléments floraux très-distincts. Nous ne parlons ici que de l’évolution normale, et non des cas de tératologie, où la compression des parties et l’hypertrophie sont des causes de soudures.

Les grandes exceptions à la loi de régularité, dans le nombre et la disposition des verticilles, viennent encore : 2° de la multiplication du nombre des parties de la fleur ; 3° de leur réduction.

La multiplication des parties a lieu surtout pour les étamines, qui, au lieu d’être égales en nombre aux autres éléments verticillaires, ce qui leur a valu le nom de fleurs isostèmones , sont en nombre double, les diplostémones, ou plus. Ces anomalies détruisent la régularité, et l’on chercherait vainement à retrouver, dans l’ordre de disposition, des verticilles d'évolution spirale. Quelquefois il y a multiplication, sans qu’il y ait augmentation du nombre des verticilles : les pétales se doublent par l’accroissement de certains appendices qui s’hypertrophient, ou bien les filets staminaux se ramifient et forment des faisceaux, au lieu de présenter un filet simple.

La modification du type normal par réduction, ou par avortement de parties de verticilles, ne donne pas toujours naissance à des fleurs incomplètes, mais à des fleurs complètes avec variation dans le type. Ces suppressions portent sur tous les verticilles : dans les fleurs où la corolle manque, ce sont des fleurs apétales ; elles sont dites achlamydées quand les deux verticilles calicinaux et corollins ne se sont pas développés; quand, au contraire, ce sont les organes reproducteurs ou les deux verticilles intérieurs, elles sont dites neutres, ce qui se voit souvent dans certains genres de composées.

On doit toujours admettre qu’une fleur est complète, et regarder les fleurs monoïques comme celles dans lesquelles il y a eu arrêt de

développement pour un des verticilles reproducteurs. Nous voyons dans les genres urtica, lychnis, des espèces dioïques, ce qui prouve qu’il y a eu résorption d’un des verticilles.

Par suite de cette tendance de notre esprit, qui nous porte à rechercher partout des analogies, nous avons, par une synthèse judicieuse, comparé les étamines aux mâles des animaux, et les pistils qui contiennent les ovules aux femelles : de là, ainsi que nous l’avons déjà dit, le nom de fleurs mâles donné à celles qui n’ont que des étamines; de fleurs femelles à celles qui n’ont que des pistils; et de fleurs hermaphrodites à celles dans lesquelles les deux verticilles staminaux et pistillaires sont réunis dans une même enveloppe.

On a donné le nom commun de diclines aux végétaux dans lesquels les fleurs sont incomplètes, c’est-à-dire apétales, et les sexes séparés, soit sur un même pied, soit sur des pieds différents. Quand les sexes séparés sont portés par un même individu, on les appelle monoïques, et dioïques quand, au contraire, ils sont sur des pieds différents.

Les végétaux polygames sont ceux qui portent à la fois des fleurs hermaphrodites, des fleurs mâles et des fleurs femelles sur un même pied.

L’ensemble des organes mâles ou staminaux s’appelle androcée, et celui des organes femelles gynécée, expressions qui n’en disent pas plus que les mots étamines et pistils : les botanistes anciens attachaient à ces deux noms une valeur semblable; par étamines, ils entendaient l’ensemble de l’organe mâle, ou le verlicille fécondateur, et, par pistil, l’ensemble de l’organe femelle plus complexe et composé de parties essentiellement distinctes.

Pour suivre le développement des verticilles des différents noms, et voir leurs modifications ascendantes ou descendantes, on a imaginé des coupes horizontales des boutons à fleurs avant leur épanouissement et à la hauteur des étamines; il en est résulté une suite de figures, dans lesquelles on reconnaît parfaitement la position relative et le nombre des verticilles floraux. On a donné à ces coupes le nom de diagrammes (PL 2 et 3) : elles sont fort utiles pour faire connaître les rapports des groupes les uns avec les autres; mais elles sont fort difficiles à faire, parce qu’il faut choisir l’époque précise du développement primitif des verticilles floraux pour obtenir une

coupe qui représente leur aspect réel1. Cependant avec de l’habitude on obtient des diagrammes satisfaisants. On pourrait joindre, à la coupe horizontale, un diagramme vertical qui ferait connaître la position des étamines par rapport à la corolle et au pistil, et la disposition des ovules dans le fruit.

Une des connaissances les plus importantes à acquérir, et qui présente des difficultés qu’on ne peut vaincre que par l’habitude, c’est celle de l’insertion des parties de la fleur, et surtout du rapport des étamines et du pistil. Les insertions fournissent des distinctions d’une grande valeur, pour grouper les végétaux suivant leurs affinités naturelles, sous le rapport méthodologique, et l’étude en est indispensable, parce qu’elle forme la base de la classification de Laurent de Jussieu.

Si les fleurs se développaient toujours normalement, les quatre verticilles fondamentaux seraient superposés à partir du calice, le plus externe, qui en formerait la base, jusqu’au pistil, qui est le verticille le plus interne, et en formerait le sommet. Il n’y aurait, dans ce cas, qu’un seul mode de rapports, et l’ovaire serait toujours libre et supère; mais les adhérences et tous les autres modificateurs opposent à cet arrangement primitif une perturbation très-grande.

Lorsque l’ovaire surmonte le point d’attache des parties environnantes et qu’il n’y a de continuité qu’avec le réceptacle, il est dit supère; c’est ce qui a lieu dans le plus grand nombre des végétaux phanérogames ; mais il existe des groupes entiers dans lesquels l’ovaire est soudé avec le calice qui l’enveloppe et le recouvre, et ne forme qu’un corps avec lui : les autres verticilles se trouvent placés au sommet; l’ovaire se trouve alors au-dessous, et est dit infère.

On a désigné sous le nom de torus, de réceptacle, le sommet du pédoncule sur lequel sont attachés tous les verticilles floraux; mais pour qu’il conserve ce nom, il faut qu’il soit plan ou à peu près. Dès qu’il est allongé, il affecte d’autres caractères qui méritent d’être pris en considération ; pour désigner cette disposition particulière, on a inutilement créé des mots qui n’ont pas leur raison logique

1 . Il faut pour cela couper le bouton avec un instrument bien tranchant et à lame mince, de manière à ne pas lacérer les tissus et détruire ainsi les rapports des parties qui composent les verticilles; puis on regarde la coupe, qu’on en ait fait une tranche mince, ou bien qu’on se soit borné à couper dans la masse du bouton, avec une loupe dont l’amplification doit être de trois à quatre diamètres.

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d’être : ceux d’axe staminaire, pistillaire, suffisaient; cependant on a appelé gonophore l’axe portant les étamines, et gynophore l’axe portant l’ovaire ou le pistil. Le gynandropsis palmipes , espèce de capparidée, offre un exemple fort remarquable du gonophore et du gynophore. On a désigné sous le nom d ’anthophore le prolongement de l’axe, qui porte à la fois les étamines, le pistil et la corolle, ainsi que cela se voit dans le lychnis viscaria. On pourrait fort bien l’appeler axe florifère , à moins qu’on ne reprenne le nom de stipe , adopté par Linné, pour désigner tout prolongement de l’axe portant un verticille floral quelconque ; on ferait disparaître cette nomenclature surchargée, qui rend la botanique si difficile pour les personnes étrangères à l’étude des sciences ou qui, n’ayant pas reçu une éducation classique, ne sont pas familiarisées avec les mots grecs.

lin autre appareil, qui surmonte le réceptacle, et remarquable par sa propriété sécrétante, ce qui l’avait fait confondre avec les nectaires, est celui qu’Adanson a désigné sous le nom de disque, et qui a reçu de Desvaux celui de glandes ovariennes. Ces glandes ont de l’importance dans la diagnose, parce qu’elles existent dans un grand nombre de végétaux qu’elles servent à distinguer.

Dans les crucifères, on trouve des glandes hypogyniques qui se composent de plusieurs tubercules naissant sur le sommet du pédoncule, et indépendants de l’ovaire et du calice.

Dans certaines rosacées, entre autres dans le rosier, les glandes nectarifères forment une protubérance orbiculaire autour du calice.

Dans les ombellifères, les rubiacées et les œnothérées, la glande fait saillie au-dessus du sommet de l’ovaire.

La floraison, appelée encore fleuraison ' et florification, est le phénomène évolutif qui suit la préfleuraison. Elle varie suivant les végétaux, et même suivant les espèces, les climats, les stations et certaines circonstances ambiantes. La chaleur est l’agent le plus actif de la végétation ; car, dans les pays chauds, la floraison des mêmes végétaux arrive plus tôt que dans les pays froids. Les plantes des climats méridionaux, qui sont cultivées sous un climat plus froid, ne donnent souvent ni fleurs ni fruits. Il y a un grand nombre de végé-

1. Quelques auteurs, pour arriver à la précision, établissent entre floraison et fleuraison une distinction futile. La première de ces expressions indiquerait l’instant où la fleur épanouie brille de tout son éclat ; l’autre, la durée de la fleur depuis l’épanouissement jusqu’à la marcescence.

taux qui sont dans ce cas; c’est pourquoi les horticulteurs sont obligés de forcer ces plantes, c’est-à-dire de les faire lever sur couche, pour en activer la végétation : les célosies, les balsamines, les cobées sont dans ce cas. On peut mettre encore au nombre des causes qui empêchent la floraison, l’excès de développement, qui fait pousser les organes appendiculaires aux dépens des fleurs.

Suivant la nature des végétaux, les fleurs apparaissent à une époque différente de leur vie. Dans les plantes herbacées dont le cycle de végétation est limité, il y en a qui naissent, fleurissent, fructifient et meurent dans une même saison : ce sont les plantes annuelles. Les plantes bisannuelles ne fleurissent que la seconde année, et meurent après. Les végétaux herbacés vivaces durent depuis trois années jusqu’à huit ou dix ans et plus; dans ces plantes, appelées aussi jwrennes, le système ascendant reparaît chaque année , fleurit et meurt à l’automne pour revivre l’année suivante. Dans les végétaux ligneux, il y a plus de variété dans la floraison : c’est toujours une seule fois par an qu’ils fleurissent ; mais le bourgeon qui renferme la fleur ne se développe pas toujours au printemps; quelquefois la fleur passe l’hiver tout entier cachée dans le bouton avant de se montrer ; dans certains arbres, il faut deux années pour que la fleur se prépare. Il semblerait que la loi de l’évolution florale soit d’une régularité rigoureuse ; car nous voyons la plupart des arbres exotiques, que nous avons soumis à la culture, fleurir sous notre climat à la même époque que dans leur pays natal. L’amandier est dans ce cas : il fleurit chez nous comme dans les chaudes régions d’où il a été' importé, et les Juifs mêmes le regardaient comme l’arbre le plus précoce. Les fleurs apparaissent, sous le climat de Paris, à la fin de février ou dans les premiers jours de mars, et elles ont beau être, la plupart du temps, moissonnées par la gelée, l’arbre n’en a pas moins conservé sa floraison précoce.

Dans les pays tempérés, les végétaux ne fleurissent qu’une seule fois , excepté pour les plantes précoces , qui fleurissent souvent à l’arrière-saison , comme cela se voit sous notre climat qui jouit, depuis quelques années, d’automnes très-doux et qui se prolongent jusqu’au milieu de décembre; mais, par compensation, les printemps sont froids et les gelées très-tardives, ce qui retarde la floraison. En général, quand, dans des climats comme le nôtre, où l’hiver ne fait

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que rétrograder et où le froid amène toujours une suspension de la végétation, il y a une floraison nouvelle des végétaux domestiques ; c’est un mauvais présage, car la fleur est moissonnée par l’hiver et la fructification de l’année suivante s’en ressent. Le figuier nous offre un exemple de cette double floraison : les fruits de la seconde récolte sont presque toujours perdus.

Dans les pays plus méridionaux, la double floraison est un phénomène habituel, et dans les climats tropicaux elle est continue.

La floraison est dans plus d’un cas indépendante du développement des feuilles, ce qui se voit dans l’orme, le calycanthus prœcox, l’érythrine, le paulownia, le magnolier yulan, le colchique, les tussilages. On avait donné à ces végétaux, quoique bien différents, le nom de filius ante patrem (le fils avant le père), à cause de l’apparition de la fleur avant les feuilles. Dans l’arbre de Judée, les boutons à fleurs naissent sur le vieux bois; ils sortent de la racine dans l’astragale cendrée; dans le rosier des haies, l’évolution foliaire précède de peu de temps l’apparition florale; d’autres fois, ce qui a lieu surtout pour les plantes annuelles ou herbacées, la fleur n’apparaît qu’à la fin du cycle végétal ' .

Un phénomène qui mérite l’attention est le moment de l’épanouissement des fleurs1 2, qui sont soumises, comme la floraison elle-même, à des lois constantes. Les fleurs n’épanouissent pas toutes à des heures égales. On a établi une distinction naturelle entre les fleurs diurnes , qui ne s’épanouissent que le jour, et les fleurs nocturnes, qui ne s’ouvrent que le soir. Les roses, les œillets, les camélias sont des fleurs diurnes; elles persistent pendant plusieurs jours, et ne sont soumises à aucun mouvement apparent, tandis que d’autres exécutent des mouvements de dilatation et de contraction qui se lient aux grands phénomènes météorologiques. La belle-de-nuit, le mesembryanthemum noctiflorum, le cereus grandiflorus, sont des fleurs

1. On a assez inutilement donné le nom de gemmœ proterantheæ aux boutons à fleurs se développant avant les feuilles ; celui de gemmœ sxynaniheœ à ceux qui sont contemporains, et de gemmœ hysterantheœ à ceux dont les fleurs viennent après les feuilles.

2. On a donné le nom d ’anthèse, qui est assez généralement adopté, à l’époque où la fleur épanouie a acquis son plus grand développement. Cet instant r.’a pas lieu dans des temps égaux : c’est ainsi que l’anthèse des lis, des asphodèles, a lieu brusquement; quand la force qui retenait les pétales est vaincue, ils se redressent, et l’épanouissement est complet. Il ne faut qu’une heure aux pavots, qui font, en s’épanouissant, tomber les deux sépales de leur calice. D’autres mettent une matinée à s’ouvrir.

nocturnes, parce qu’elles n’épanouissent que quand le soleil a quitté l’horizon.

On a donné le nom de fleurs éphémères à celles qui ne s’épanouissent que pour briller un instant et se flétrir ensuite ; et, parmi ces plantes, il y a des éphémères diurnes, tels sont les cistes, et des éphémères nocturnes, le cereus grandiflorus .

Les fleurs équinoxiales sont celles qui s’ouvrent et se ferment à des heures déterminées : c’est ainsi que les plantes de la tribu des chicoracées, et le convolvulus tricolor, s’ouvrent le matin; les malvacées vers le milieu du jour, et la belle-de-nuit le soir, il y a encore des équinoxiales diurnes et des nocturnes. Parmi les autres influences de la lumière sur l’anthèse, il y a celle produite sur certaines fleurs dites tropiques, qui suivent la marche du soleil; elles sont à demi épanouies le matin, très-ouvertes à midi, et reprennent le soir leur attitude nocturne. Le souci en est un exemple. C’est en s’appuyant sur l’observation de l’anthèse, qu’on a établi une horloge de Flore, dénomination gracieuse, par laquelle Linné a désigné une liste de quelques végétaux à floraison équinoxiale, dont l’épanouissement a lieu aux diverses heures de la journée1. L’idée du savant botaniste

I . L’horloge de Flore est un indicateur assez arbitraire de la mesure du temps ; mais on peut toutefois éprouver delà satisfaction avoir s’épanouir sous ses yeux, et en suivant les progrès de la journée, diverses plantes qui croissent toutes sous notre climat. Il faut toutefois les mettre à une exposition convenable, c’est-à-dire méridionale, et tenir compte des changements de temps qui peuvent faire varier l’épanouissement quelquefois de plus d’une heure. En général, c’est par un ciel pur et sans nuages que ce phénomène a lieu avec le plus de régularité.

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