MÉTHODE DE LEMAOUT
« Quant aux différences qui séparent les familles voisines les unes « des autres, elles sont, pour la plupart, consignées dans l’enceinte « de chaque cité ; vous les reconnaîtrez par la position de la graine, « la direction de la radicule, la présence ou l’absence de l’albumen, « et la préfloraison de la corolle.
a En disposant ainsi les familles d’après leurs affinités sur une « surface plane, je ne me suis pas dissimulé qu’elles se coordonne- « raient d’une manière beaucoup plus naturelle si elles étaient dis— « tribuées sur une sphère -, on aurait alors, au lieu des trois conti- « nents, trois sphères principales concentriques, dont la plus « intérieure, comme étant la plus ancienne, représenterait les acoty- « lédones, et la plus superficielle, celle des dicotylédones. Ces sphè- « res ne seraient pas pleines ; elles représenteraient des groupes de « familles plus ou moins excentriques, de même que la sphère « céleste nous offre des constellations plus éloignées de nous les « unes que les autres. Mais, une telle configuration de l’ordre natu- « rel étant inexécutable sur une surface plane, j’ai dû me contenter « des deux dimensions que m’offrait le papier.
« Vous concevez qu’après avoir disposé en réseau les familles d’une « région, on peut disposer de la même manière les genres de chaque « famille, les espèces de chaque genre ; et composer ainsi un ensem- « ble de tableaux qui constituerait un véritable atlas du monde végé- « tal, atlas qu’on pourrait résumer dans une mappemonde offrant «c synoptiquement les continents et les régions. Or, il doit être évi— « dent, pour vous, qu’une telle mappemonde représente le plan d’un « jardin botanique, et que ce plan, quelque imparfait qu’il pût être, « serait encore plus rationnel, plus instructif et plus perfectible que « des plates-bandes longitudinales et parallèles. »
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