PREMIER EMBRANCHEMENT
PLANTES ACOTYLÉDONES
C’est dans cet embranchement qu’on trouve les végétaux les plus simples en organisation ; quelques-uns sont microscopiques. Ils sont généralement composés de tissus cellulaires, et on ne découvre de fibres et de vaisseaux que dans les fougères. Les organes reproducteurs diffèrent essentiellement de ceux des végétaux monocotylédonés et dicotylédonés. Point de fleurs proprement dites; la reproduction s’opère par spores, ou cellules génératrices, dispersées dans le tissu même de la plante, ou renfermées dans des cellules mères qui portent des noms différents, suivant les familles. Linné, croyant que les organes sexuels existaient, mais qu’ils échappaient à l’observation à cause de leur petitesse, avait nommé ces plantes Cryptogames . Lamarck, pensant que ces organes n’existaient pas, donna à ces végétaux le nom d ’Agames. Enfin de Jussieu, considérant que les graines ou spores ne renferment pas d’embryon, et, conséquemment, pas de cotylédons, a proposé le nom d 'Acotylédones. Les découvertes récentes de la science ont fait connaître les organes mâles et femelles qui concourent à la reproduction de ces végétaux inférieurs, et la façon dont ces éléments sexuels se comportent l’un par rapport à l’autre. L’élément ou l’organe femelle est la spore, qui, dans certains cas, est douée de mouvement jusqu’au moment où elle germe pour donner naissance à une nouvelle plante ; c’est à cause de ce mouvement qu’on lui a donné le nom de zoospore. L’élément ou organe mâle est composé de petits corps mobiles munis de cils vibratiles, et nommés anthérozoïdes ; ils sont renfermés dans des conceptables ou cellules mères, appelés anthèridies, et, lorsqu’ils s’en échappent, ils s’appliquent sur l’organe femelle qu’ils vivifient et rendent fécond.
PLAINTES ACOTYLÉDONES.
lro section. — Acotylédones dépourvues de feuilles ou d’ appendices ressem bl ant aux feuil l es .
Famille des ALGUES. — ALGÆ.
(Atlas I, pi. 1 4, et atl. II , pl. 47 et 48. )
Les algues sont des plantes qui vivent dans l’eau, ou quelquefois sur le sol et les corps qui ont été submergés. Elles ne présentent pas toutes le même degré d’organisation ; les unes sont réduites à une seule cellule ( protococcus ); d’autres sont composées de cellules placées bout à bout, formant des sortes de filaments simples ou ramifiés (conferves) ; d’autres fois ce sont des lames plus ou moins épaisses, de consistance molle (ulves), ou épaisses, planes et colorées (floridées), ou coriaces nervées (fucacées), toutes généralement gélatineuses. On a divisé cette famille en plusieurs sous-familles ou ordres, d’après la forme extérieure et le mode de reproduction.
1° Les diatomacées, corpuscules microscopiques, les plus simples en organisation; elles sont composées d’une ou de deux cellules accouplées, et leur forme est, le plus souvent, linéaire , aciforme, cunéiforme, quadrangulaire, en croissant, ou globuleuse. Elles vivent libres, isolées dans les eaux comme les infusoires.
2° Les nostochinées (Atlas I, pl. 14, fig. 1 à 4) sont également des corpuscules microscopiques, globuleux ou allongés, mais qui, au lieu de vivre isolément, se réunissent en grand nombre, en chapelets ou en filaments articulés, qui sont agglutinés ensemble, formant alors des lames ou des plaques gélatineuses, sur le sol ou les pierres très-humides. La teinte verte que prend la terre qui a été quelque temps recouverte par l’eau, est due à la présence de nostochinées, tels que protococcus ou rivularia, et les plaques sanguinolentes qu’on rencontre souvent au pied des murs très-humides appartiennent au genre palmella. Pendant les fortes chaleurs d’été, on voit apparaître dans les prés, à la suite des orages, des sortes de morceaux de peau gélatineux et verdâtres, et plus ou moins plissés, qui semblent se détacher du sol ; ces membranes sont des nostoch, plantes qui jouissent, à un haut degré, de la faculté de reverdir, ou plutôt de revivre après une dessiccation complète, dès qu’elles se trouvent replacées dans un milieu humide. Comme les nostoch n’apparaissent que pen-
dant les pluies, époques des douleurs goutteuses, les grands guérisseurs d’autrefois voyaient, dans cette coïncidence, une indication de propriété anti-goutteuse. Les nostochinées se reproduisent par la rupture de cellules mères, qui contiennent plusieurs cellules constituant autant de plantes.
3° Sous le nom de confervacées on désigne toutes les algues filamenteuses, c’est-à-dire celles composées de cellules unisériées (Atlas I, pl. 8, fîg. 4, et pl. 14, fig. 5-6) formant des fils très-déliés, simples ou ramifiés, continus ou articulés, verts ou plus ou moins colore's en rouge, et dont le liquide, renfermé dans les cellules, se transforme en organes générateurs. Ce liquide s’épaissit d’abord, se concrète et se divise alors en de nombreux corpuscules doués de mouvement à la sortie de la cellule mère ; les uns constituent les anthérozoïdes ou organes mâles ; les autres les zoospores, ou spores animées, comme les infusoires, et destinées à reproduire la plante. Cette mobilité de l’organe reproducteur fît croire, à quelques anciens auteurs, que les conferves étaient des êtres qui passaient de l’animalité à la vie végétale, et ils les regardaient comme des animauxplantes.
Les confervacées croissent dans les mares, les rivières, les sources d’eau douce et dans les mers ; ce sont elles qui s’attachent aux parois des bassins, des tonneaux d’arrosement, et qu’on désigne vulgairement sous le nom de mousse d’eau. Les qualités et propriétés de ces plantes sont à peu près nulles ; c’est au rytiphlœa tinctoria qu’on attribue la belle couleur rouge que prennent, à certaine époque, les eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique ; le conferva rivularis est employé dans les campagnes pour calmer les douleurs des brûlures ; il produit l’effet d’un linge mouillé.
4° Les characées (Atl. 1, pl. 1 4, fig. 8) sont des algues qui présentent une sorte de tige cylindrique, creuse, souvent incrustée de matière calcaire, articulée, simple ou rameuse, et garnie à chaque articulation de nombreux petits rameaux verlicillés. Les anthéridies sont globuleuses, rouges et contiennent des anthérozoïdes allongés, mais enroulés d’abord en spirales; les spores sont renfermées dans des conceptacles ou sporanges, qui occupent les parties latérales des tiges et placées au-dessus des anthéridies. Les chara vivent dans les eaux stagnantes et infestent souvent les pièces d’eau. La transparence des tiges permet de voir la circulation des sucs intérieurs ;
PLANTES ACOTYLÉDONES.
toutes ces plantes exhalent une odeur de marais très-désagréable.
5° Les ulvacées forment des lames membraneuses, continues, planes, sans côtes, ou tubuleuses, de couleur verte, rarement pourpre. Les corpuscules reproducteurs sont renfermés dans des sporidies dispersées dans la masse du tissu de la plante, et qui, extérieurement, se présentent sous forme de granulations. Ces plantes sont marines et fluviatiles. Sur les côtes d’Ecosse on en mange une espèce en salade, Yuva lactuca.
6° LesFLORiDÉES (Atl. II, pl. 47 et 48) ont des couleurs pourpres ou roses des plus vives, d’où leur nom qui rappelle les fleurs. Ce sont des lames ou frondes plus ou moins épaisses, parcourues souvent par des côtes très-fines comme des nervures de feuilles (< deles séria, Pl. 48, fig. 2), ou tout à fait planes, simples ( halymenia , Pl. 47, fig. 1), ou divisées dichotomiquement {sphœrococcus) en lanières plus ou moins étroites. Les spores sont renfermées dans des conceptacles saillants, tuberculeux, dispersés à la surface de la fronde.
Les plantes de cette sous-famille sont exclusivement marines; elles ont des couleurs très-vives, qui les font rechercher des personnes étrangères à la botanique, pour en former des sortes d’albums de dessins bizarres et même gracieux. Toutes donnent, par la décoction, un mucilage nutritif ; les halymenia edulis et palmata entrent dans l’alimentation des habitants des îles de l’Océan et des côtes de l’Asie ; quelques-unes, comme le sphœrococcus crispus, ont des propriétés pectorales et toniques ; d’autres sont vermifuges, telle est la mousse de Corse, qui est un mélange de plusieurs petites espèces, désigné en pharmacie sous le nom de helminthocorton. Enfin les fameux nids d’hirondelles salanganes, si estimés des Chinois et des Asiatiques, sont en partie composés de gelidium , sphœrococcus et ceramium; dans leur état de vieillesse, ces plantes se décolorent et se résolvent en une sorte de gelée qui flotte à la surface des eaux ; c’est là que les hirondelles s’en emparent, pour confectionner leurs nids, dans les cavernes profondes de l’île Java et des côtes de l’Asie.
7°LesFucACÉEs(Atl. I, pl. 8, fig. 5; pl. 14, fig. 7 et 9) comprennent toutes ces grandes algues de couleur vert-olive, dont la lame ou fronde est épaisse, continue, coriace, rarement membraneuse, plane ou filiforme, le plus généralement parcourue par une côte médiane très-épaisse, qui souvent, dans la portion inférieure, est complètement dénudée et ressemble alors à une sorte de tige ou de pétiole.
Les organes reproducteurs, spores et anthérozoïdes, sont ou réunis sur le même pied et dans le même conceptacle (plantes hermaphrodites), ou séparés sur des individus différents (plantes dioïques). Ces conceptacles, épars sur la fronde, ou rassemblés aux extrémités des lanières renflées, sont en partie immergés dans la masse du tissu • le col ou l’ouverture fait seul une saillie tuberculeuse. Toutes les fucacées sont des plantes marines, qui adhèrent aux roches à l’aide de crampons radiciformes. Elles croissent sous toutes les latitudes ; leurs dimensions sont très-variables ; quelques-unes, entre autres les ma crocystis, acquièrent des longueurs considérables et forment, sur les mers, des bancs immenses qui souvent arrêtent la marche des vaisseaux. On s’en sert, sur les côtes, comme d’engrais ; l’incinération donne des cendres qui, par lixiviation, donnent du carbonate de soude, ou soude de varech, et des eaux-mères donton extrait l’iode; mais c’estsurtout du fucus vesiculosus et des laminaria que l’industrie retire ces deux substances. En Europe, les habitants pauvres des côtes font entrer dans leurs aliments les laminaria saccharina et cligitata ; en Asie, ce sont des sargassum ; le S. lanci folium est un mets délicieux pour les Sandwichiens ; sur les côtes de l’Amérique, c’est le Durvillea utilis qui fait la base de T alimentation des malheureux ; et le célèbre gluten Hai-tsai des Chinois est préparé avec le fucus tenax.
Famille des CHAMPIGNONS. — FUNGI.
(AU. I, pl. 14, fig. 13 à 21, et atl. II, pl. 46, fig. 23, et pl. 48, 11g. 3.)
Les champignons sont des plantes dont l’organisation est aussi variable que celle des algues. Tantôt ce sont de simples filaments articulés, simples ou ramifiés (Atlas I, pl. 14, fig. 16 à 20), tantôt des petits mamelons celluleux ou des pustules; d’autres fois, des masses charnues, subéreuses ou mucilagineuses, dont la forme est diversifiée à l’infini. Les organes reproducteurs sont de plusieurs sortes ; les spores, nommées aussi sporules ou sporiclies, véritables corps reproducteurs comme les spores des algues ; puis les conidies, les stylospores et les spermaties renfermées dans les spermogonies , et qui, malgré leur nom, ne doivent pas être considérées comme les organes mâles, complètement inconnus dans cette famille, malgré les recherches des plus éminents cryptogamistes.
PLANTES AGOTYLÉDONES. 337
Les champignons ont été divisés, comme les algues, en plusieurs sous-familles :
1° Les gymnomycètes de Fries ou Urêdinées de De Candolle, sont des champignons constitués par des sporidies nues, de formes diverses (Atlas I, pi. 14, fig. 13, 14) naissant sous l’épiderme des plantes vivantes, et qui, en se développant, produisent des sortes de pustules à la face inférieure ou supérieure des feuilles; ces pustules se rompent à la maturité, et offrent alors une ouverture par où s’échappe une poussière, qui est composée de sporidies (Atlas I, pi. 1 4, fig. 15), appelée vulgairement la rouille. L’ ergot de seigle, etïergol de blé , etc., sont des parasites qui appartiennent à cette sous-famille. L 'ergot, administré à l’intérieur, est employé dans la chirurgie comme hémostatique et en obstétrique pour favoriser l’accouchement; à haute dose il détermine des accidents graves, qui peuvent être suivis de mort.
2° Les HYPHOMicÈTES ou Mucédinées sont des petites masses aréneuses ou floconneuses, molles, composées de filaments celluleux, simples ou rameux (Atl. I, pl. 14, fig. 16, 18, 19, 20), qui se développent sur les matières organiques en état de décomposition ; telles sont les mucosités qui apparaissent sur la tannée des serres; les réseaux aréneux, blancs, des oïdium qui enlacent les grains de raisins, et constituent la maladie de la vigne; le duvet floconneux qui apparaît sur les fruits gâtés, et qui constitue la moisissure du pain, de la viande cuite, du lait caillé, etc. Dans toutes ces plantes, les spores naissent de la division des filaments, ou du renflement des cellules terminales.
3° Gastéromycètes. Les champignons de ce groupe sont des amas celluleux, de forme régulière plus ou moins sphérique, qui naissent sur des corps putrides et sortent de terre, comme, par exemple, les vesses de loup (Atl. I, pl. 14, fig. 24), ou de forme irrégulière et croissant sous terre comme la truffe. Les spores sont contenues dans l’intérieur même de la masse cellulaire qui est recouverte d’une sorte d’écorce nommée pendium, quelquefois double, ce que présentent les geasler. Dans la truffe, la chair noire est constituée par les cellules qui renferment les spores auxquelles elle doit sa teinte; les veines blanches sont formées par les cellules stériles, c’est-à-dire dépourvues d’organes reproducteurs. Tout le monde connaît les propriétés et qualités de la truffe.
Botan., T. II. ~~
4° Les pyrénomycètes de Friès ou Hypoxylées de De Candolle sont des petites masses cellulaires, dures, généralement noires, sphériques ou semi-sphériques, quelquefois plus ou moins en forme de massue ; les spores sont renfermées dans des petites cavités spéciales, d’abord closes, puis qui s’ouvrent par un petit pertuis. Ces champignons, par leur petitesse, ressemblent à priori à certaines espèces de la famille des lichens; ils croissent généralement sur le bois mort.
5° Les hyménomycètes de Friès sont les véritables Fungi ou champignons de Brongniart. Ils présentent des formes très-variées; tantôt ce sont des lames plus ou moins épaisses et diversement contournées (tremelles) ou formant la coupe (Atl. I, pi. 14, fîg. 21, Pezize); d’autres fois ils ont la forme d’un auvent plein (bolet amadouvier), ou enfin celle d’un parapluie (agaric et amanite, Atl. I, pl. 14, fîg. 25). Leur consistance est aussi variable : charnue dans les agarics; ligneuse et tubéreuse dans certains bolets; laiteuse dans les agarics âcres, etc. Quelques-uns de ces champignons, les amanites (fîg. 25), sont d’abord renfermés dans une sorte de bourse nommée volva; laplupartontune espèce de tige appelée stipe, qui supporte une masse charnue désignée sous le nom de chapeau, dont le dessous est tantôt garni de feuillets (agaric, Atl. II, pl. 46, fîg. 23), tantôt de tubes (bolet), et d’autres fois de pointes (hydnum). Dans les agarics et les amanites, les feuillets sont protégés par une membrane qui se trouve déchirée par le développement du chapeau, et dont souvent une partie reste fixée au sommet du stipe ; c’est elle qui constitue le vélum ou la collerette (Atl. Il, pl. 43, fîg. 2). Tous présentent une membrane fructifère nommée hyménium, qui tapisse les feuillets ou l’intérieur des tubes, et sur laquelle sont fixées les spores qui, en germant et en se développant, produisent de longs filaments blancs, enchevêtrés, qu’on appelle mycélium ou blanc de champignon. Ces champignons croissent sur la terre ou sur les arbres morts; leur présence sur les arbres vivants dénote un état maladif du sujet, et souvent présage sa mort prochaine.
Certains champignons de ce groupe sont comestibles : l’agaric de couche, l’oronge vraie, le bolet comestible, la morille, la chanterelle et beaucoup d’autres espèces du genre agaric, des clavaires, des helvelies, des hydnes. Mais à côté se dressent des espèces très-vénéneuses qui ont malheureusement la plus grande ressemblance avec les comestibles, et qui, par méprise, occasionnent de graves acci-
PLANTES ACOTYLÉDONES.
dents, trop souvent la mort: tels sont surtout l’oronge fausse (Atl. II, pl. 43, fîg. 25), le bolet tubéreux et une infinité d’agarics. Aucun caractère ne peut faire reconnaître le bon du mauvais champignon ; le principe actif paraît se développer sous l’influence de la température; telle espèce, en effet, inoffensive dans les pays froids, devient vénéneuse dans les pays plus tempérés, Bory de Saint-Vincent nous a assuré avoir mangé, en Russie, des champignons qui sont vénéneux en France, sans jamais avoir éprouvé d’indisposition. Faute de connaissances suffisantes pour distinguer les espèces alimentaires, il est donc prudent de s’abstenir d’en faire usage.
L’industrie tire un produit du bolet amadouvier, connu sous le nom d’amadou ; c’est la partie sous-ligneuse de ce champignon qui est réduite en lames par des battages. La chirurgie l’emploie naturelle pour étancher le sang des plaies ; celle employée pour l’usage du briquet est préparée avec du salpêtre qui entretient et propage la combustion.
Les anciens, ne voyant aux champignons ni racines ni graines, leur attribuèrent une origine divine, et les nommaient fils des dieux et de la terre. Quelques auteurs du siècle dernier, parmi lesquels il faut même citer Linné, regardaient les champignons comme l’œuvre et l’habitation de certains polypes. Munckausen alla même jusqu’à dire que les champignons produisaient des œufs véritables, desquels sortaient des vers qui se métamorphosaient ensuite en d’autres champignons; il fondait ce système sur la présence de vers dans le tissu de ces plantes. Il est vrai, en effet, qu’on trouve des petites larves dans les champignons ; mais elles proviennent d’œufs déposés par les insectes de diverses familles, et ne sont nullement le produit de la plante. Bans l’état actuel de la science, il n’est plus permis de douter de la nature et de l’origine des champignons, et le quatrième règne de la nature proposé en 1 820 par Nées d’Esenbeck, pour ces prétendus animaux-plantes, est tombé dans le néant.
Famille des LICHENS. — L1CHENES.
(Atl. I, pl. 14, fig. 10, 11, 12, et atl. 11, pl. 43, fig. 3; pl. 48, fig. 4.)
Les Lichens sont des plantes qui forment, sur les pierres et sur les troncs d’arbres, des sortes de plaques nommées thalles ( Atl. I, pl. 14,
fig. 10), sur lesquelles l’œil aperçoit de petites verrues qui contiennent les spores. Ces thalles sont irréguliers, intimement adhérents au corps sur lequel ils naissent, ou fixés seulement par un point; ils sont crustacés dans les opegrapha , pulvérulents dans les lepraria, foliacés dans les sticta, cartilagineux dans les ramalina (Atl. I, pl. 14, fig. 11), cylindriques dans les usnea, arbusculeux dans les cladonia. Les verrues qui naissent sur ces thalles ont généralement la forme de petites coupes, d’où le nom de scutelle, qui leur a été donné ; on les appelle encore apothedon. La face supérieure de ces scutelles est constituée par une infinité de petits tubes clos nommés thèques, qui contiennent les spores.
Les lichens se rencontrent dans toutes les parties "du globe ; ce sont eux qui terminent la végétation dans les hautes montagnes et dans les régions polaires. Le cenomyce rangiferina y devient le principal et peut-être l’unique aliment des rennes.
L’homme du Nord y trouve une alimentation salutaire, et les Norvégiens prétendent que ceux qui mangent le lichen, de préférence aux poissons, ont une meilleure santé et ne sont pas sujets à l’éléphantiasis. C’est avec le lichen d’Islande qu’on prépare la pâte de ce nom ; des roccella on extrait un principe colorant, rouge, violet-foncé, connu sous le nom d ’orseille, et qui, suivant Tournefort, serait la pourpre d’Amorgos , que les Grecs tiraient jadis d’une des îles Cyclades.
IIe section. — Acotylédones munies de feuilles ou offrant des organes foliacés verts.
Famille des HÉPATIQUES. — HEPATICÆ.
(Atl. I, pl. 15, fig. 1 à 5.)
Petites plantes de contexture celluleuse, composées d’un organe ressemblant à une feuille étalée sur la terre, et nommée fronde, ou d’une petite tige garnie d’écailles foliacées, vertes, disposées paralèlement sur deux rangs (fig. 5-6). La fructification est une sorte de capsulé qui s’ouvre de bas en haut en plusieurs lobes sous lesquels sont situés les sporanges contenant les spores (fig. 3).
Cette famille, créée par De Jussieu, ne possède aucune plante
PLANTES ACOTYLÉDONES.
intéressante au point de vue de l’utilité. Les botanistes modernes l’ont divisée en ricciacées, anthocérotées , targioniacées, marchantiacées et jongermcinniacées. Les plantes de cette dernière sous-famille ressemblent beaucoup, par le faciès, à des mousses.
FAMILLE DES MOUSSES. — MUSCL (Atl. I, p]. 15, fig. 6 à, 10, et ail. II, pl. 48, fig. 5-G.)
Les Mousses sont des petites plantes miniatures du règne végétal, formant ces épais et moelleux tapis de verdure qui recouvrent les sols humides, et qu’on rencontre souvent aussi en petites touffes sur les troncs d’arbres et sur les murs. Elles ont une tige de contexture celluleuse; des feuilles écailleuses éparses, appliquées sur l’axe ou distiques et étalées. Les anthéridies ou tubes renfermant l’organe mâle sont réunies en grand nombre au centre d’une petite rosette de feuilles qu’on appelle feuilles périgoniales , et situées au sommet des tiges ou de courts rameaux latéraux (Atl. I, pl. 1 , fig. 9).
L’organe femelle est une capsule portée par un pédicule, enveloppée d’abord par une membrane close qui se sépare de la tige par sa base, et qui, emportée par la capsule, constitue la coiffe (Atl. I, pl. 15, fig. 6, et atl. 48, fig. ha). Cette capsule, à sa maturité, s’ouvre circulairement ; on appelle opercule le couvercle qui s’en détache; urne la portion inférieure contenant les spores. L’orifice de cette urne est \e péristome (Atl. II, pl. 48, fig. 5), garni, le plus souvent, de nombreuses dents disposées sur un ou deux rangs, et qui, au moment de la chute de l’opercule, sont placées horizontalement, formant ainsi une sorte de membrane nommée épiphragme. Les spores sont insérées tout autour d’un axe central, qui a reçu le nom de colonne , ou columelle. — Les mousses se distinguent essentiellement des hépatiques et des lycopodiacées par leur capsule operculée munie d’une coiffe Elles ne jouissent d’aucune propriété réelle ; on les emploie pour l’emballage des plantes et des objets fragiles. Depuis quelques années, les sphagnum , plus ou moins hachés, entrent dans la composition des terres destinées aux végétaux délicats, surtout aux plantes épiphytes.
Les mousses qui, autrefois, étaient réunies aux lichens, aux hépatiques et aux algues, forment aujourd’hui les familles des andréacées, sphagnacées et bryacées.
caractères et histoire des familles.
Famille des PRÊLES. — EQUISETACEÆ.
(Atl. I, pl. 15, fig. 15, et atl. Il, pl. 30, fig. 15.)
Les plantes de cette famille, créée par De Candolle, sont des herbes à rhizomes souterrains, d’où partent des tiges cylindriques, articulées, munies à chaque articulation de très-petites feuilles soudées entre elles, et formant ainsi une gaine plus ou moins profondément dentée. Les spores, munies de longs fils terminés en massue nommés élatères, d’abord enroulés en spirales autour d’elles (Atl, II, pl. 30, fig. 1 5), sont renfermées dans des sporanges placées à la face inférieure d’écailles peltées, rassemblées au sommet des tiges en une sorte d’épi. Dans certaines espèces, il y a deux sortes de tiges : la tige fertile, ou portant la fructification, . simple et apparaissant la première; la tige stérile naissant ensuite, garnie des nombreuses et fines ramifications qui lui donnent l’aspect d’une queue d’animal, d’où le nom vulgaire de queue de cheval appliqué à ces plantes. Les prêles ont été longtemps confondues avec les fougères, et Adanson les classait parmi les conifères, à cause de leur fructification en épi, ressemblant au chaton mâle de certains pins, et de leur tige qui rappelle celle des ephedra et des casuarina; mais ces ressemblances ne sont qu’apparentes, et les prêles appartiennent réellement bien à la cryptogamie. Les tiges de la prêle des -bourbiers ( equisetum limosum), étant hérissées de nombreuses aspérités, sont employées dans l’industrie pour polir les bois et métaux précieux. Les propriétés médicales qu’on leur attribue sont contestées par plusieurs auteurs.
Famille des LYC0P0DES. — LYCOPODIACEÆ.
(Atl. I, pl. 15, fig. 13, 14; atl. II, pl. 46, fig. 20.)
Les Lycopodiacées, créées par Swartz, sont des herbes vivaces, gazonnantes, ou des sous-arbrisseaux grimpants, à feuilles écailleuses comme celles des mousses. Les spores sont contenues dans des petites capsules nommées sporocarpes , qui naissent à l’aisselle des feuilles (Atl. I, pl. 15, fig. 14), ou qui forment des petits épis au sommet des tiges (Atl. 1I, pl. 46, fig. 20). La poudre de lycopode est constituée par les spores; c’est le soufre végétal employé sur les théâtres pour simuler les éclairs.
PLANTES ACOTYLÉDONES.
Famille des FOUGÈRES. — FILICES.
(Atl. I, pl. 15, fig. 11 et 12; atl. Il, pl. 30, fig. 1 à 13, pi. 43 et 40.)
Cette famille est aux acotylédones ce que les renonculacées et les rosacées sont aux dicotylédones; c’est-à-dire qu’elle renferme des plantes très-dissemblables, et qu’elle est difficile à caractériser. A première vue, on ne comprend pas la présence des ophioglossum dans cette famille; mois elle s’y rattache par des intermédiaires : botrychyum (Atl. II, pl. 43, fig. 5), aneimia, osmunda (Atl . II, pl. 15, fig. 12 ), gleichenia, etc. On peut dire, néanmoins, que les fougères sont des plantes munies d’un rhizome généralement ligneux, quelquefois de tiges qui atteignent 20 mètres et plus de hauteur, portant, à leur sommet, des feuilles de formes diverses, nommées frondes, à nervures généralement bifurquées (Atl. II, pl. 46, fig. 21), et à la face inférieure desquelles sont les fructifications (Atl. II, pl. 48, fig. 8); quelquefois ces frondes se transforment plus ou moins complètement en organe fructifère ayant alors l’aspect d’un épi (genre ophioglossum), ou celui d’une grappe (genre osmunda, fig. 12). Ces feuilles sont toutes enroulées en crosse avant leur développement (Atl. II, fig. 47).
Les spores sont contenues dans des sortes de petites bouteilles nommées sporanges (Atl. Il, pl. 30, fig. 4 à 6), réunies en nombre indéfini, en petits groupes appelés sores (même pl., fig. 1), qui sont tantôt arrondis comme dans les polypodium, tantôt allongés comme dans les asplénium , et très-souvent recouverts d’une membrane nommée indusie. La forme, la position des sores, la présence ou l’absence de l’indusie, et la structure des sporanges, sont les caractères sur lesquels ont été établis les différents genres de cette famille, créée par Linné, et que les auteurs modernes ont démembrée en polypodiacées, hyménopliy liées , gleichéniacées , schizéacées , osmundacées, marattiacées et ophioglossées.
Les fougères sont répandues sur tout le globe. Dans le Nord, ce sont de très-petites plantes ; dans les régions équatoriales, leur tige atteint à des hauteurs considérables et leurs feuilles ont plusieurs mètres de longueur. On trouve cependant des fougères en arbre dans les régions tempérées, l’Australie en possède plusieurs espèces.
La matière médicale est riche en fougères. Ces plantes ne possè-
dent pas toutes la même propriété : les unes sont des vermifuges, les autres des toniques, des astringents, etc.
Quelques espèces sont comestibles : les rhizomes cuits du pteris aquilina sont très-estimés des Russes; à la Nouvelle-Hollande on mange ceux du pteris esculenta, connus des indigènes sous le nom de narre ; le marna- gu des Néo-Zélandais est le cyathea medullaris, fougère arborescente dont la moelle contient un suc gélatineux rougeâtre que les insulaires trouvent délicieux. L'agneau des Scythes est le rhizome poilu de Xaspidivm, baromez, dont le suc gélatineux, sanguin, possède des propriétés astringentes; les Chinois lui attribuent des vertus fabuleuses.
Famille des SALVINIÉES, — SALVIIVIACEÆ.
(Ail. I, pi. 15, fig. 16 ; a tl. 11, pl. 30, fig. 20 et 21.)
Petites plantes aquatiques nageantes, à rameaux radiculaires rayonnants, portant des petites feuilles entières, à l’aisselle desquelles naissent les sporocarpes (Atl. Il, pi. 30, fig. 20 et 21) uniloculaires ou biloculaires, renfermant de nombreuses spores. Ces plantes, qui ne possèdent aucune propriété, croissent sous les climats tempérés et chauds du globe. Cette famille a été créée par Bartling en deux genres : azolla et salvinia.
Famille des MARSILBACÉES. — MARSILEACEÆ.
(Atl. I, pl. 15, lîg. 17 ; atl. Il, pl. 30, fig. 16 à 18.)
Ces plantes croissent dans les marais ; elles ont un rhizome rampant, qui porte des feuilles simples ou à quatre folioles, et des sporocarpes divisés intérieurement en quatre ou en un plus grand nombre de logettes dans lesquelles sont les spores (Atl. II, pl. 30, fig. 16, 19).
Famille des 1S0ÈTES. — ISOETEÆ.
(AU. II, pl. 48, fig. 7.)
Petites plantes aquatiques submergées, à feuilles linéaires rubanées, naissant en touffe sur une tige raccourcie, et portant à leur base dilatée les sporocarpes divisés en un grand nombre de logettes.