DEUXIÈME EMBRANCHEMENT
PLANTES MONOCOTYLÉDONÉES
Ce qui caractérise les plantes monocotylédonées, c’est l’embryon pourvu d’un seul cotylédon (Atl. Il, pl. 25). Avec la graine, ou au moment de la germination, on peut très-facilement reconnaître les végétaux qui appartiennent à cet embranchement ; mais ils sont plus difficiles à distinguer lorsqu’ils ne présentent que des feuilles et des tleurs. Cependant il existe un ensemble de caractères qui permet d’établir une distinction certaine.
La tige diffère essentiellement de la tige des dicotylédonées; elle ne présente pas, par la coupe transversale, des couches ligneuses concentriques ; ses faisceaux ligneux sont dispersés sans ordre dans une masse de tissus cellulaire (Atl. I, pl. 29). Tous les ouvrages de botanique s’accordent à dire que cette tige est cylindrique, et ne s’accroît pas en diamètre. C’est une gra-ve erreur ; sa forme est parfaitement conique, et son accroissement en diamètre a lieu exactement comme dans les tiges dicotylédonées, mais plus lentement.
Les feuilles ont une forme généralement allongée, et les nervures sont simples, parallèles entre elles, soit longitudinalement (Atl. I, pl. 34, fîg. 4), soit transversalement; il n’y a d’exception que dans les feuilles des aroïdées, smilacées et dioscorées, qui ont des feuilles dont la nervation est rameuse et anastomosée.
La fleur enfin offre le nombre trois ou son multiple, pour chacun des organes ou dans un des organes qui la constituent ; quelques exceptions se présentent cependant encore ici. Dans certaines graminées, par exemple X anthoxanthum, on trouve le nombre deux pour chaque xerticille floral ; on le rencontre également dans quelques restiacées, smilacées, etc. Mais alors on retrouve un caractère distinctif soit dans la feuille, soit dans la tige.
Classe des plantes nionocotylédonées apérianthées .
Fleurs dépourvues d’enveloppe proprement dite; étamines et pistils nus ou accompagnés d’une ou de deux écailles.
Famille des NAÏADES. — NAJADEÆ.
(Atl. II, pi. 48, fig. 9. )
Les Naïades de De Jussieu, ou Potamées de Claude Richard, ou Fluviales de Yentenat, sont toutes des plantes aquatiques, dioïques ou monoïques, à feuilles munies de stipules interpétiolaires et à fleurs souvent dépourvues de périanthe et disposées en épis. Les fleurs mâles sont composées d’anthères uniloculaires, biloculaires ou quadriloculaires, mélangées quelquefois à des écailles et à des ovaires qui, ainsi combinés, constituent de véritables fleurs hermaphrodites à périanthe quadrifoliolé; les fleurs femelles sont constituées par un ou plusieurs ovaires uniovulés, terminé par 1, 2 ou 3 styles. Le fruit est une sorte d’akène ou capsule indéhiscente, monosperme, à graines dépourvues d’albumen. — Les naïades croissent dans les rivières et les eaux stagnantes, sous tous les climats. Le zostera est une plante marine; c’est lui qui est employé sous le nom de paille-marine , comme succédané du crin, par les tapissiers, et pour confectionner des paillasses de lits.
Les Lemnacées, petites plantes nommées lentilles d’eau, qui envahissent les étangs et les pièces d’eau artificielles, diffèrent peu des Ndiadées; elles s’en distinguent par l’absence de tige et par leurs graines pourvues d’un albumen charnu.
Famille des TYPHACÉES. — TYPHACEÆ.
Créée par De Jussieu, cette famille comprend des herbes aquatiques à feuilles rubanées, et à fleurs unisexuées, réunies en épis mâles et femelles superposés sur le même axe. Les fleurs mâles n’ont pas de périanthe; elles forment des épis ou chatons composés d’étamines, entremêlés à des écailles membraneuses ou à des filaments laineux
simples; les fleurs femelles, disposées en épi au-dessous de l’épi mâle, présentent une sorte de périanthe constitué par des poils nombreux,
PLANTES MONOCOTYLÉDONÉES
claviformes, ou par des écailles entourant les ovaires uniloculaires prolongés en style simple. Le fruit est un akène presque drupacé, anguleux, monosperme; les graines sont pourvues d’un albumen charnu. — Les plantes, peu nombreuses, de cette famille sont dispersées à peu près sur tout le globe, et croissent dans les eaux stagnantes et sur le bord des fossés ; elles sont plus répandues dans les contrées tempérées et froides des deux hémisphères.- — Les rhizomes de typha sont amylacés, un peu astringents et diurétiques ; dans l’Asie orientale, on les emploie pour combattre la dyssenterie ; on prétend que leur pollen sert à falsifier la poudre de lycopode.
Famille des PANDANÉES. — PANDANEÆ.
Les Pandanées, de Robert Brown, qui comprennent les Cyclanthées, dePoiteau, sont des Typhacées arborescentes; mêmes caractères de fleurs; les fruits sont beaucoup plus gros, mais ils présentent la même structure. — Ces arbres croissent dans les régions chaudes des deux mondes. Les pandanées vraies appartiennent à la flore asiatique ; les cyclanthées sont américaines. — C’est avec les feuilles des carludovica qu’on fabrique les fameux chapeaux panama-, les feuilles de pandanus servent à confectionner les imitations, et à fabriquer les sacs dans lesquels sont expédiées les différentes denrées coloniales sèches, comme le café. — \d ivoire végétal est l’albumen corné trèsdur des graines de phytelephas. Le suc, un peu astringent, extrait des feuilles de pandanus, est administré, en Asie, dans la dyssenterie et la diarrhée.
Famille des AROIDÉES. — AROÏDEÆ.
(Atl. I, pl. 16, 48, et ail. II, pl. 43 et 47.)
Cette famille, créée par de Jussieu, et à laquelle Bartling donne le nom de Callacées, est composée de plantes herbacées très-remarquables par leurs belles et grandes feuilles, dont les nervures sont anastomosées, et par les panachures de couleurs diverses qui ornent celles de plusieurs espèces ornementales. Les fleurs, souvent unisexuées, rarement hermaphrodites, sont disposées sur le même axe, mais séparément, en une sorte d’épi, nommé spadice, et accompagné d’une grande bractée, qui porte le nom de spathe. Ces fleurs
sont généralement dépourvues de périanthe ; les ovaires occupent la base de l’axe, et les anthères sont groupées au-dessus. Dans quelquesespèces, comme dans la tribu des pothos, les fleurs sont composées d’un périanthe à quatre folioles écailleuses, de quatre étamines et d’un ovaire. Le fruit est une baie à une ou plusieurs loges; les graines sont généralement pourvues d’un albumen charnu ou farineux. Les aroïdécs abondent dans les régions tropicales, et particulièrement dans l’Amérique équatoriale, où croissent les belles espèces à feuilles panachées de rouge, de blanc ou de jaune ; l’Europe n’en possède que quelques espèces. Toutes ces plantes contiennent un principe âcre, quelquefois corrosif. Plusieurs espèces entrent dans la médecine populaire de l’Asie ; les rhizomes de quelques-unes entrent dans l’alimentation des peuples de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique ; on désigne sous la même dénomination de chou caraïbe les colocasia esculenta , sagittifolia, et autres espèces alimentaires. L 'acorus calamus entre dans la composition du vinaigre des quatre voleurs, et dans des élixirs divers.
Famille des CENTROLÉPIDÉES. — CENTROLEPIDEÆ.
Famille créée par Desvaux, pour des herbes de l’Australie, trèspetites, et ressemblant aux petites espèces de scirpus de la famille des cypéracées ; leur tige est simple, nue ; les feuilles, toutes radicales, sont filiformes, et les fleurs, composées d’une écaille, d’une étamine, d’un ovaire uniloculaire, surmonté d’un style filiforme, sont disposées en épillets distiques. Sans propriété ni usage.
Famille des CYPÉRACÉES. — CYPERACEÆ.
(Atl. I, pi. 26, fig. 3-5; atl. Il, pl. I.)
De Jussieu, dans son Généra plantarum, a créé cette famille sous le nom de cyperoideœ, pour des herbes à rhizomes traçants émettant des tiges triangulaires, rarement cylindriques, sans nœuds saillants, et dont les feuilles rubanées ont une gaine non fendue. Les fleurs, disposées en épillets groupés en panicules ou en glomérules capités, sont composées d’une seule écaille accompagnant trois étamines à anthère fixée au filet par leur base ; d’un ovaire surmonté de deux ou
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trois styles et entouré d’une sorte de disque membraneux entier ou découpé souvent en lanières très-fines. Le fruit est un cariopse renfermé dans une capsule membraneuse comme dans les carex , ou muni à sa base de poils cotonneux, formant une très-élégante aigrette, comme dans les eriophorum; l’unique graine qu’il contient a un albumen farineux, à l’intérieur duquel est un embryon très-petit à cotylédon lenticulaire.
C’est à cette famille qu’appartient 1 e papyrus des Egyptiens ; c’est avec la tige du cyperus papyrus, coupée en lanières très-minces, qu’ils fabriquaient le papier ; l’on dit qu’on se sert des rhizomes de la laiche des sables [carex arenaria) pour falsifier la salsepareille. Le rhizome du cyperus esculentus, connu sous le nom de souchet, est une sorte de tubercule de la grosseur d’une petite aveline, dont il a un peu le goût, et qui est très-estimé des habitants de l’Europe australe, où la plante croît spontanément; on en extrait une huile grasse. Les belles couvertures des chaumières sont faites avec les tiges du scirpus lacustris.
Famille des GRAMINÉES. — GRAMIIVEÆ.
( A tl . I, pl. 9, 12, IG, 25, 49; atl. II, pl. 43 et 48.)
Les Graminées de notre climat sont toutes des herbes ; dans le midi de la France on rencontre Yarundo donax, ou grand roseau, qui a l’aspect arborescent ; dans l’Inde et la Chine, le bambou est tout à fait un arbre; sa tige acquiert jusqu’à 35 à 40 centimètres de diamètre. Chez toutes ces plantes, la tige nommée chaume est cylindrique, noueuse, creuse intérieurement, excepté celle de la canne à sucre, du maïs, du sorgho, et divisée transversalement par des cloisons qui correspondent aux nœuds, d’où naissent les feuilles rubanées, engainantes par leur base et à gaine fendue, munie le plus souvent, à son sommet, d’une petite membrane nommée ligule. Les fleurs (Atl. I, pl. 1 2, fig. 6), disposées en épillets (Atl. II, pl. 43, fig. 7, et pl. 48, fig. 11) présentent chacune deux ér dites qui portent des noms différents selon les auteurs : tantôt ce sont des glumes, d’autres fois elles sont dites glumelles ; on les désigne aussi sous le nom de squames ; ces deux écailles constituent l’enveloppe florale, nommée corolle par Linné, calice par de Jussieu, stragule par Palissot de Beauvoir, et valvules par Linck. En dedans de ces deux écailles, il
s’en trouve deux autres souvent très-petites, qu’on appelle glumellule, nectaire , corolle , lodicule , parapétdle ; les étamines sont généralement au nombre de trois ; la flouve odorante n’en a que deux, et le riz en a six ; ces étamines ont des filets filiformes, et des anthères vacillantes bifides aux deux extrémités. L’ovaire, qui occupe le centre de la fleur, est surmonté d’un style bifide ou de deux styles distincts, dont les stigmates sont plumeux. Cet ovaire devient un cariopse dont la graine contient un albumen farineux et un embryon situé en dehors et à la base de l’albumen. Les épillets sont uniflores ou composés d’un plus ou moins grand nombre de fleurs, et accompagnés à leur base, généralement de deux écailles, qui constituent le calice de Linné, les glumes de Jussieu, la lépicène de Richard, le tegmen de Palissot, et les valves de Linck.
Les graminées sont répandues sur tout le globe ; elles forment le fond de nos prairies, et fournissent ces excellents fourrages et les grains qui servent à la nourriture des animaux. C’est aussi à cette immense famille que l’homme emprunte les graines qui font la base de son alimentation; l’habitant du Nord cultive, comme céréales, Y orge et Y avoine; dans les régions tempérées de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique, les céréales cultivées pour la nourriture sont le blé et le seigle; en Asie, c’est le riz ( oriza saliva ) et le nutchanée {eleusine coracana ) ; l’Africain du Sud se nourrit de la farine du Bourra ( andropogon sorgho ), de tef [poa abyssinien ) et de tocusso {eleusine tocusso); enfin, dans les régions chaudes de l’Amérique, c’est le mais qui remplace le blé des pays tempérés.
Par la mouture, on obtient des fruits de ces différentes céréales la son qui est le péricarpe, ou vulgairement la peau du fruit, et la farine qui provient de la pulvérisation de l’albumen.
C’est de la sève de la canne à sucre ( saccharum officinale) qu’on extrait le sucre, et qu’on obtient différentes liqueurs alcooliques, telles que le rhum, le tafia, etc. Là bière est fabriquée avec les grains d’orge germés.
Mais si cette famille renferme des plantes utiles à l’homme, elle en recèle quelques-unes qui lui sont assez nuisibles; le grain de l’ivraie [folium temulentum ) est un narcotique dont les effets sont connus de tous; le festuca quadridentata , très-commun au Pérou, où il porte le nom de pigonil, est considéré comme plante vénéneuse pouvant occasionner facilement la mort. L’art de guérir emprunte
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aux graminées le chiendent, l’orge perlé et mondé, la racine de canne de Provence [arundo donax), etc., et en Italie on emploie les rhizomes du sorgho d’Alep, sous le nom de gramignone et d esmilace dolce , comme succédané de la salsepareille. Enfin la parfumerie lui doit le vétiver , rhizome odorant de Y andropogon muricatus de Retz, très-commun sur les côtes de Coromandel et au Bengale.
Classe des plantes monocotylédonées mo nopériant liées .
Fleurs généralement pourvues d’un périanthe simple à plusieurs folioles libres ou soudées, souvent colorées.
SECTION I. Ovaire libre ou supère.
Famille des RESTIACÉES. — RESTIACEÆ.
Ces plantes, pour lesquelles Robert Brown a créé une famille distincte, ont beaucoup d’affinité avec les cypéracées, desquelles elles diffèrent par les feuilles à gaine fendue et par les fleurs qui ont un périanthe à 4 folioles glumacées, 2, rarement 3 étamines, et un fruit capsulaire à une seule graine ; elles se distinguent des joncées par le nombre des folioles du périanthe, et par le fruit uniloculaire monosperme. Par la ténacité de leurs tiges, la plupart des restiacées servent à couvrir les cases des indigènes de la Nouvelle-HolJande, de Madagascar et du cap de Bonne-Espérance, contrées où elles croissent spontanément.
Famille des JONCS. — JU1VCEÆ.
(Atl. I, pl. 16;atl. II, pl. 1.)
De Jussieu créa cette famille, sous le nom de junci, pour des plantes herbacées, dont les feuilles alternes sont souvent réduites au pétiole engainant. Les fleurs hermaphrodites, disposées en épis ou en capitules terminaux, ont un périanthe simple régulier à 6 divisions glumacées; 6 étamines; 1 ovaire triloculaire, surmonté d’un style simple et de 3 stigmates filiformes. Le fruit est une capsule à 3 loges ou à une seule loge, et qui contient trois graines, rarement plus, pourvues d’un albumen jcharnu. Les joncées sont cosmopolites; on les trouve sous toutes les latitudes, tantôt dans les marais, tantôt dans les sables les plus arides. Tout le monde connaît l’emploi du
jonc ( juncus glaucus ) dans la pratique horticole, pour attacher et palisser les plantes ; son rhizome, ainsi que celui des juncus conglomérats et effusus, paraissent diurétiques ; on attribue, en Cochinchine, la même propriété aux racines du juncus Loureirii ; et le narthecium ossifragume st considéré comme vulnéraire.
Famille des PHILIDRÉES. — PHILIDREÆ.
Cette famille a été créée par Robert Brown pour des plantes marécageuses de la Nouvelle-Hollande et de la Chine australe. Les fleurs, disposées en épis terminaux, ont un périanthe à 3 folioles pétaloïdes ; 3 étamines à filets soudés à la base, mais une seulement pourvue d’une anthère biloculaire ; un ovaire triloculaire pluriovulé; un style simple couronné par un stigmate capité. Le fruit capsulaire à 3 loges contient plusieurs graines très-fines, pourvues d’un albumen charnu entourant un embryon cylindrique droit. Propriétés et usages nuis.
Famille des SMILACÉES. — SMILACEÆ.
(Atl. I, pl. 25, fig. 1 1 .)
Cette famille a été créée par Robert Brown, avec une partie des plantes que De Jussieu avait réunies dans les asparaginées; elle comprend actuellement des herbes ou des sous-arbrisseaux à feuilles alternes ou verticillées, dont les nervures sont souvent anastomosées. Les fleurs ont un périanthe régulier à 6, rarement à 4, 8 ou 12 folioles bisériées, distinctes ou soudées en tube; des étamines en nombre égal à celui des folioles du périanthe; un ovaire libre à 3, rarement à 2 ou 4 loges, surmonté de plusieurs styles, en nombre égal à celui des loges, distincts ou souvent soudés entre eux. Le fruit est une baie à loges contenant peu de graines, qui sont pourvues d’un albumen charnu ou cartilagineux. Cette famille est peu distincte des liliacées et des asparaginées; elle diffère de la première par son fruit baccilaire, qui les rapproche de la famille des asparaginées, de laquelle elle ne peut être, selon nous, séparée. On trouve cfes représentants de cette famille dans toutes les parties de notre globe. 11 y a peu déplantés ornementales; le muguet, les triilium, les smilacina sont de ce nombre. Le paris quadrifolia ou parisette est consi-
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déré comme un narcotique dangereux ; les racines du muguet pulvérisées sont sternutatoires ; on attribue aux trillium des propriétés émétiques; les racines du petit houx sont diurétiques, et leurs graines, à albumen corné, peuvent être employées comme succédanés du café. Les salsepareilles sont des dépuratifs.
Famille des ASP ARAGf NÉES. — ASPARAGINEÆ.
Cette famille est tellement voisine des liliacées, que beaucoup d’auteurs ne la regardent que comme une tribu de cette dernière. En effet, la différence réside dans le fruit qui est une baie, et non une capsule comme dans les vraies liliacées; et encore ne peut-on point admettre ce caractère comme distinctif, puisque les yucca ont un fruit charnu. C’est naturellement à cette famille qu’appartient l’asperge, dont les griffes sont diurétiques; chacun connaît l’odeur désagréable des sécrétions urinaires des personnes qui ont mangé des asperges. Les racines des espèces de cordyline de l’Asie tropicale sont administrées dans la dysenterie, et les fleurs du cordyline reflexa sont réputées emménagogues ; les racines du medeola virginica sont diurétiques et émétiques. La résine rouge, connue dans le commerce sous le nom de sang-dragon, est une production d’un arbre de cette famille, le dragonnier ( dracena draco). Enfin, l’industrie emprunte à cette famille un ingrédient odoriférant; le dianel.la odoratci, originaire de l’Inde, lui procure une racine qui, broyée et mélangée à d’autres aromates, entre dans la composition des pastilles du sérail , qui, en brûlant, exhalent une odeur véritablement orientale.
Famille des LILIACÉES. — LÏLIACEÆ.
(Ail. I, pl. 12, IG, 25, 48, el atl. II, pl. 43 et 46.)
La famille des Liliacées, telle qu’elle est constituée actuellement, comprend les Liliacées et une partie des Asparagées et des Narcissées de De Jussieu; les Hémérocallidées et Liliacées de Robert Brown; les Liliacées , Tulipacées et Asphodélées de De Candolle; on la désigne souvent par le nom de asphodélées . Toutes les liliacées ne sont pas des plantes herbacées bulbeuses ; plusieurs ont des racines fibreuses
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et des tiges ligneuses; tels sont \esyucca, les aloès, etc. Leurs feuilles sont simples, entières. Leurs fleurs ont un périanthe coloré, à 6 folioles distinctes comme dans les lys, ou plus ou moins longuement soudées entre elles inférieurement, comme dans la jacinthe; 6 étamines; un ovaire à 3 loges, surmonté d’un style simple ou de 3 stigmates sessiles. Le fruit est une capsule à plusieurs graines ; l’embryon est situé au milieu d’un albumen charnu. Les plantes de cette famille sont répandues surtout le globe; mais certains genres sont limités à certaines régions. C’est ainsi que les yucca appartiennent cà la flore américaine ; les aloès au cap de Bonne-Espérance ; quelques espèces seulement se trouvent dans l’Asie et l’Amérique tropicale; les funkia sont du Japon et de la Chine.
La famille desliliacées fournit de charmantes plantes d’ornement : les tulipes, lys, fritillaires, agapanthes, jacinthes, scilles, asphodèles, hémérocalles, etc., etc., sont des liliacées. L’art culinaire lui emprunte l’ail, le poireau, l’oignon, la ciboule, etc. La médecine a trouvé dans le suc d’aloès un purgatif ; la pharmacie prépare avec les bulbes de la scille maritime des vins, vinaigres, miel, teinture de scille. Les Indiens emploient les racines de sanseviera contre la goutte. On attribue aux racines tubéreuses d 'anthericum la propriété d’arrêter les effets des piqûres de scorpion et les morsures de serpent. Dans le nord de l’Amérique, les habitants récoltent, pendant l’été, les bulbes de camassia et scilla esculenta qui entrent dans leur nourriture d’hiver.
Famille des COLCHIQUES. — COLCHICACEÆ.
Cette famille, créée par De Candolle, correspond aux Mélanthacées de Robert Brown, et aux Vératrées de Salisbury; elle comprend des herbes vivaces, bulbeuses, ou à racines fibreuses. Les fleurs régulières hermaphrodites sont composées d’un périanthe coloré à 6 divisions, distinctes ou soudées inférieurement en un long tube; de 6 étamines, à anthères versatiles ; de 3 ovaires généralement distincts, surmontés chacun d’un style. Chaque ovaire devient à la maturité un follicule à plusieurs graines pourvues d’un albumen charnu ou cartilagineux. Cette famille a beaucoup d’affinité avec les joncées et les liliacées ; mais elle en diffère par ses trois ovaires et ses styles distincts. On rencontre des représentants de cette famille dans toutes les parties
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du monde; les tofieldia s’avancent jusque dans les régions froides de l’Europe ; ils sont très-communs dans l’Amérique boréale, et ils ont été observés jusqu’au sommet des andes du Pérou. Les colchiques, qui émaillent nos prés à l’automne, sont de charmantes plantes d’ornement; les uvularia, veratrum , entrent également dans l’ornementation des jardins. Les colchiques et le veratrum, connu sous le nom hellébore blanc , entrent dans la préparation de certains médicaments; ils doivent leur propriété anti goutteuse à un principe particulier, nommé vératrine, qui est un poison très-violent ; on attribue au colchicam variegatum, l’ hermodacte des anciens; les racines de Yhelonias dioica ou divils-bit des Américains du Nord passent, en Amérique, pour anthelmintiques, et les feuilles pilées de Y uvularia grandiflora jouissent d’une grande célébrité comme remède de la morsure du serpent à sonnettes.
Famille des PONTÉDÉRIÉES. — POIVTEDERIACEÆ.
Cette famille, créée par Kunth, ne comprend que quelques plantes aquatiques, originaires des deux Amériques, de l’Asie et de l’Afrique tropicales. Leurs feuilles sont toutes radicales, à limbe très-élargi. Les fleurs, disposées en épis accompagnés d’une spathe tubuleuse, ont un périanthe coloré, monophylle, à 6 divisions bisériées, contournées dans la préfloraison; 6 étamines; un ovaire le plus souvent libre, à trois loges parfois incomplètes et pluriovulées; un style simple et un stigmate épaissi, obscurément trilobé. Le fruit est une capsule enveloppée dans le tube persistant du périanthe, et contient plusieurs graines cylindriques, pourvues d’un albumen farineux, au centre duquel est niché l’embryon orthotrope. Les plantes de cette famille ont beaucoup d’analogie avec celles des liliacées ; mais elles s’en distinguent surtout par la préfloraison contournée du périanthe. Le pontederia cor data est une jolie plante d’ornement pour les bassins et pièces d’eau des jardins; le P. crassifolia, par le renflement de son pétiole et ses belles fleurs, est recherché pour orner les aquarium des serres chaudes. Les racines du pontederia vaginalis , ou carim-gola des Indiens, sont usitées dans la pharmacie indienne pour la préparation de médicaments stomachiques, anti-asthmatiques; mâchées, elles calment les douleurs de dents; la plante pilée et mêlée avec du lait est recommandée dans les affections cholériques.
SECTION II. Ovaire infère.
Famille des DIOSCORÉES. — DIOSCOREÆ.
(Atl. I, pl. IG, flg. c.)
Les Dioscorées de Robert Brown sont des herbes vivaces, dioïques, à racines tubéreuses, charnues, à tiges volubiles, portant des feuilles à nervures anastomosées. Les fleurs, disposées en grappes ou en épis axillaires, ont un périanthe régulier monophylle, à 6 divisions; 6 étamines pour les fleurs mâles; un ovaire infère, triloculaire pour les fleurs femelles, surmonté de 3 styles courts, très-souvent soudés par la base. Le fruit est une capsule triangulaire ou une baie, à une ou trois loges contenant chacune une ou deux graines pourvues d’un albumen charnu ou cartilagineux. Le tamus représente cette famille en Europe; les autres genres appartiennent à l’Amérique, à l’Asie, à l’Afrique et à la Nouvelle-Hollande. C’est le genre dioscorea qui fournit les ignames, racines charnues, si recherchées des habitants des pays tropicaux; les feuilles de quelques espèces sont employées dans l’Asie tropicale pour arrêter les effets des morsures de serpent; d’autres, préparées en décoction avec de la coriandre, sont administrées dans les fièvres intermittentes; enfin les rhizomes âcres de notre tamus ont des propriétés diurétiques, et pris à forte dose ils deviennent émétiques.
La famille des taccacées diffère peu des dioscorées; elle comprend des herbes de l’Asie et de l’Afrique tropicale, à fleurs hermaphrodites disposées en ombelles accompagnées d’un involucre foliacé.
Famille des AMARYLLIDÉES. — AMARYLLÏDEÆ.
(Atl. I, pl. 16, et atl. II, pl. 4G et 47.)
De Jussieu a créé cette famille sous le nom de Nar tissées ; elle comprend des plantes herbacées bulbeuses, à fleurs hermaphrodites, souvent très-grandes et très-belles, composées d’un périanthe quelquefois irrégulier, toujours à 6 folioles distinctes ou soudées entre elles; de 6 étamines; d’un ovaire infère; d’un style simple et d’un stigmate souvent indivis. Le fruit est une capsule à 3 loges contenant plusieurs graines pourvues d’un albumen charnu. Les Amaryllidées
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diffèrent des liliacées par l’ovaire infère. Elles sont abondantes dans les régions tropicales, peu nombreuses dans l’Europe tempérée. Toutes ou presque toutes sont des plantes d’ornement.
Les bulbes du leucoium vernum et du galanthus nivalis ou perceneige, du narcissus pseudo-narcissus , sont émétiques; ceux du stember gia lutea sont usités en Orient pour faire dissoudre les tumeurs. En Amérique, en Asie, on emploie au même usage les bulbes d 'amaryllis, de crinum et de paner atium. h' hœmanthus toxicarius est regardé comme très-dangereux par les indigènes de l’Afrique australe. Aux Antilles, on attribue à X amaryllis belladona des propriétés analogues; et dans l’Inde, les bulbes du crinum zeylanicum passent pour être très-vénéneuses. Les agaves, improprement nommés aloès, sont réunis à cette famille par quelques auteurs. Ces plantes fournissent une boisson nomm éepulque en Amérique , et on extrait de la filasse de leurs feuilles.
La famille des hypoxidées ne diffère des amaryllidées que par le légument crustacé des graines, qui est membranacé dans cette dernière famille.
Famille des JRIDÉES. — IRIDEÆ.
(Atl. 1, pl. 16 ; atl. II, pl. 39 et 46.)
Cette famille est une des familles créées par De Jussieu; elle peut être caractérisée ainsi : périanthe coloré à 6 divisions bisériées ; 3 étamines ; 1 ovaire infère à 3 loges pluriovulées ; 1 style ; 3 stigmates; fruit capsulaire; graines pourvues d’un albumen charnu ou cartilagineux, ou corné. Les plantes de cette famille ont généralement de jolies fleurs qui les font rechercher pour l’ornement des jardins ; tels sont : les iris, glayeuls, ixia, tigridia, crocus, etc. Elles sont abondantes dans les pays chauds, et s’avancent jusque dans les régions tempérées des deux hémisphères. Plusieurs sont employées dans la médecine et dans les arts. Le safran est composé des stigmates de plusieurs espèces du genre crocus.
Les famille des hémodoracées diffère des iridées par le stigmate toujours simple; par l’ovaire souvent supère, et par les étamines, au nombre de G, mais dont 3 sont souvent dépourvues d’anthère. Les hémodoracées ne jouissent d’aucune propriété ; elles sont indigènes à l’Amérique boréale, au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle- Hollande.
Famille des BANANIERS. — MUSACEÆ.
(Atl. 1, pl. 16, fig. 10.)
Les Musacées ou Musées, comme les appelle De Jussieu, sont des herbes gigantesques, dont quelques-unes [musa ensete) atteignent à la hauteur de nos grands arbres. Leurs feuilles, dont le limbe a plusieurs mètres de longueur, ont un pétiole engainant à gaine très-épaisse, et c’est, l’ensemble de ces pétioles emboîtés les uns dans les autres qui constitue le plus grand diamètre de la tige. Les fleurs sont hermaphrodites, irrégulières, réunies plusieurs sous des écailles spathiformes, disposées autour de l’axe floral pour former ce qu’on appelle un régime. Chacune de ces fleurs est composée d’un périanthe simple à 6 folioles pétaloïdes bisériées, dont une, celle de devant, plus grande, et une autre, celle de derrière, plus petite et labelliforme ; de 6 étamines; d’un style simple, terminé par un stigmate obscurément lobé. Le fruit est charnu, indéhiscent, à plusieurs graines pourvues d’un albumen farineux, et nichées dans une pulpe abondante un peu acidulé. Les musacées sont des plantes tropicales, dont le fruit, nommé banane, est la principale nourriture des indigènes. On connaît plusieurs variétés de bananes comestibles; toutes sont privées de graines. Les pétioles renferment des fibres très-solides, connues sous le nom de soie végétale, abacca, avec lesquelles on fabrique des cordages et des étoffes. L'arbre du voyageur est le ravenala , dont les épais pétioles contiennent une sève abondante, très-limpide, providence des voyageurs altérés ; il est vrai que cette plante croît sur le bord des rivières, et que sa sève est alors d’un secours trèssecondaire.
Famille des ORCHIDÉES. — OllCHIDEÆ.
(Atl. II, pl. 8 et pl. 42; pl. 46, 47 et 48.)
Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des plantes terrestres et épiphytes, à racines souvent tuberculiformes ; la tige, pour la plupart des espèces épiphytes, est une sorte de tronc raccourci et épaissi, nommé pseudo-bulbe, qui porte les feuilles généralement très-allongées, épaisses, charnues. Les fleurs, hermaphrodites, sont très-irrégulières, et affectent des formes qui rappellent certains animaux (pa-
PLANTES MONOCOTYLÉDONÉES
pillons, abeilles, mouches, etc.) (Atl. II, pl. 42, fig. \ à 4) ; le périanthe est composé de 6 folioles très-inégales, colorées : 3 extérieures à peu près régulières, et 3 intérieures, dont une, l’inférieure, de forme très-diversifiée, nommée labelle ( labellum ); les étamines et le style sont soudés ensemble en une colonne centrale appelée gynostème; des trois étamines, deux avortent constamment; il n’en reste qu’une qui occupe le sommet du gynostème, nommé clinandre (dans les cypripedium il y en a deux de fertiles); l’anthère est à deux loges, dans lesquelles le pollen est agglutiné en deux petites massues, nommées masses polliniques , fixées par une partie amincie ou caudicule, à un petit corps nommé rétinacle , qui est renfermé dans une petite poche appelée bursicule ; le stigmate est situé dans une cavité antérieure du gynostème. Le fruit est une capsule à 3 loges qui renferment une grande quantité de graines très-fines dépourvues d’albumen.
On ne rencontre en Europe et dans les régions tempérées des autres parties du monde, que des orchidées terrestres ; les espèces épi phytes ne croissent que dans les forêts humides des pays tropicaux, où elles étalent leurs fleurs aux mille formes qui exhalent les plus suaves odeurs. La vanille, que l’industrie emploie pour donner du parfum à ses produits, est le fruit d’une orchidée, vanilla aromatica ; le salep est préparé avec les bulbes de quelques espèces terrestres, telles que orchis mono, mascula, militaris, etc. On attribue aux racines de Torchis bouc ( himantkoglossum hircina ) et du spiran- . thés autumnalis des propriétés aphrodisiaques, et les fleurs du gymnadesia conopsea passent pour antidysenteriques. Les Américains du Nord guérissent les tumeurs de la langue avec Yarethusa bulbosa, qui est en outre pour eux un excellent odontalgique ; les rhizomes du cypripedium pubescens , vulgairement appelé par eux noaks-ark ou mocasin flower, remplacent, en médecine, la racine de notre valériane. Au Chili, les habitants se servent des racines du spiranthes diuretica, pour faciliter les sécrétions urinaires. En Sibérie, on croit que la décoction du cypripedium guttatum est un puissant remède contre l’épilepsie. V angrœcum fragrans est très-vanté, aux îles Mascareignes, comme remède pour guérir la phthisie; les indigènes de ces îles le nomment poam, et c’est lui qu’on trouve quelquefois dans le commerce sous le nom de thé de Bourbon.
Classe des plantes monocotylédonées, dipénanthées .
Fleurs ayant une double enveloppe : un calice à 3 sépales, et une corolle à 3 ou C pétales.
SECTION I. Ovaire infère.
Famille des BROMÉLIACÉES. — IÎROMELIACEÆ.
(Atl. I, pi. 12 ; atl. II, pl. 43 et 4 7.)
Les plantes de cette famille, créée par De Jussieu, sont généralement épiphytes, c’est-à-dire qui croissent sur les troncs d’arbres, mais sans leur emprunter leur nourriture; elles ont des feuilles roides canaliculées, souvent dentées-épineuses. Les fleurs hermaphrodites, disposées en épis, naissent à l’aisselle de grandes bractées colorées, qui constituent le mérite ornemental de ces plantes; elles ont un calice à 3 divisions, dont 2 plus grandes, souvent soudées entre elles; une corolle à préfloraison contournée, et à 3 pétales plus ou moins adhérents entre eux ; 6 étamines; 1 ovaire tantôt supère, tantôt infère ou semi-infère, à trois loges pluriovulées ; un style simple triangulaire; 3 stigmates, contournés en spirale. Le fruit est une baie ou une capsule; les graines sont pourvues d’un albumen farineux. Toutes les Broméliacées sont de l’Amérique tropicale; les espèces baccifères ont des fruits qui contiennent de l’acide citrique et malique en grande quantité ; l’ananas, si estimé des gourmets, est une réunion de ces fruits charnus soudés entre eux. Aux Antilles, on les regarde comme d’excellents diurétiques et anthelminthiques, propriétés que possèdent tous les fruits des espèces charnues. Le tillandsia usneoicles, qu’on appelle dans le commerce crin végétal, sert à préparer, au Pérou, un onguent pour les hémorrhoïdes : on obtient un extrait du puiga Chilensis, qui est employé, au Chili, dans les fractures des os. Les cechmea, billbergia, tillandsia, et beaucoup d’autres, sont très-recherchés pour l’ornement des appartements comme plantes à feuillage.
P L A N TES MONOCO T YLÉDOiNÉES.
Famille des ZJNGIBÉRÀCÉES. — Z INGIBER ACEÆ
(Atl. II, pl. 4G, fig. 15.)
C’est Claude Richard qui a donné le nom de Zingibéracêes à cette famille, que De Jussieu appelle Amomées, Robert Brown Scitaminées, et Link Alpiniacêes. Elle comprend des herbes à rhizome rampant ou tubéreux. Les fleurs sont hermaphrodites irrégulières, et souvent très-belles ; le calice est tubuleux, très-court, souvent coloré, entier ou denté ; la corolle est monophylle à 6 divisions inégales, dont une, l’inférieure, plus grande, forme le label; une seule étamine, à filet filiforme, est située en face de la division inférieure; le pollen est granuleux ; l’ovaire est infère, surmonté d’un style filiforme terminé par un stigmate qui a souvent la forme d’un entonnoir. Le fruit est une capsule indéhiscente triloculaire, couronnée par le calice persistant, et renferme plusieurs graines munies quelquefois d’un arille, et pourvues intérieurement d’un albumen farineux. Presque toutes les plantes de cette famille sont indigènes aux régions tropicales; quelques-unes seulement appartiennent à la flore du Japon. Cette famille fournit à la matière médicale les racines de gingembre, de galanga, de zédoaire, de costus, les fruits de cardamome ou amomum, etc. L’industrie teinturière retire, des rhizhomes de curcuma longa, une belle couleur jaune, nommée safran des Indes.
Famille des BALISIERS. — CANNACEÆ.
Les Cannacées de Robert Brown ou Mdrantacêes de Lindley sont des herbes à belles et larges feuilles et à jolies fleurs hermaphrodites irrégulières, très-ornementales; elles ne diffèrent guère des zingibéracées que par la position de l’étamine unique, qui est latérale au lieu d’être placée en face la division antérieure ou inférieure de la corolle, et par l’ovaire qui est uniloculaire. Comme les zingibéracées, ces plantes appartiennent à la flore -tropicale ; elles sont, avant tout, ornementales. Le maranta arundinacea a des rhizomes qui contiennent beaucoup de fécule connue sous le nom d’ arrow-root . O11 regarde les rhizomes de canna ou balisiers comme diurétiques et diaphorétiques; on conseille les graines comme succédanés du café.
Famille des HYDROCHARIDÉES. — ÏIYDROCHARIDEÆ.
(Atl. II, pl . 43, fig. 1 1 .)
Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des herbes aquatiques dioïques, à feuilles radicales, souvent flottantes. Les fleurs régulières sont accompagnées d’une spathe monophylle ou diphylle, et sont composées d’un calice à 3 sépales verts; d’une corolle à trois pétales; les étamines des fleurs mâles sont en nombre égal, ou double ou triple de celui des pétales ; les fleurs femelles ont un ovaire infère à une ou plusieurs loges, surmonté d’un style à 3 ou 6 stigmates plus ou moins profondément bifides. Le fruit est variable, à une ou plusieurs loges, dans lesquelles sont renfermées des graines insérées à des placentas pariétaux, et dépourvues d’albumen. Les Hydrocharidées croissent dans les rivières des pays tempérés ; quelques-unes appartiennent aux pays chauds. La fameuse valisneria , si remarquable par son mode de fécondation, est une plante de cette famille, qui n’en possède aucune jouissant de propriétés particulières.
SECTION II. Ovaire supère.
Famille des XYRIDÉES. — XYRÏDEÆ.
Petite famille créée par Kunth, pour des plantes vivaces à feuilles radicales filiformes, et dont les fleurs hermaphrodites sont disposées en capitules au sommet des hampes nues; le calice est à 3 folioles glumacées ; la corolle a 3 pétales distincts ou soudés à leur base. Les étamines, au nombre de 3, à anthères extrorses, sont insérées sur le tube de la corolle et opposées aux 3 pétales. L’ovaire est à trois loges quelquefois incomplètes et pluriovulées ; il est surmonté d’un style trifide. Le fruit est une capsule divisée en trois loges à sa base, et s’ouvre au sommet par un opercule; les graines renferment un trèspetit embryon lenticulaire, et un albumen charnu. Les Xyridées croissent dans les endroits marécageux de l’Amérique et de l’Asie tropicales; quelques-unes seulement appartiennent à la Nouvelle- Hollande. On prépare dans l’Inde, avec le xyris Indien, une mixture qui aurait la propriété d’arrêter les démangeaisons et de guérir la lèpre ; le xyris Americana, de la Guyane, et le xyris vaginata, du Brésil, jouiraient des mêmes propriétés.
PLANTES MONOCOTYLÉDONÉES
Famille des ÉRIOGAULONÉES. — ERIOCAULOIVEÆ.
Claude Richard a réuni, sous ce nom, trois genres de plantes à fleurs très-petites, unisexuées, rassemblées en capitules très-denses, qui sont disposés souvent en ombelles très-élégantes. Chaque fleur est munie d’un double périanthe ; le périanthe extérieur ou calice des fleurs mâles est à deux ou trois sépales; l’intérieur ou corolle est un tube campanule, divisé au sommet en 2 ou 3 dents, et sur la paroi interne duquel sont insérées des étamines en nombre double de celui des dents. Les fleurs femelles ont un double périanthe, composé chacun de trois folioles ; un ovaire à 2 ou 3 loges surmonté d’un style court. Le fruit est une capsule dont chaque loge ne contient qu’une seule graine à albumen charnu. Les deux tiers des Ériocaulonées appartiennent à l’Amérique tropicale, où quelques espèces acquièrent des dimensions sous-frutescentes; la Nouvelle- Hollande en possède plusieurs ; elles sont très-rares dans l’Asie tropicale et l’Afrique australe. Toutes croissent dans les sables humides, sur les bords des rivières. Une seule espèce, 1 ' eriocaulon setaceum, paraît jouir de quelque propriété dans les Indes orientales; la décoction est employée en friction, par les Indiens, pour combattre les démangeaisons et guérir la gale.
Famille des COMMÉLINÉS. — COMMELINEÆ.
La famille des Commélinées a été créée par Robert Rrown ; elle comprend des herbes à racines parfois tubéreuses, à tiges articulées, pleines, portant des feuilles alternes, engainantes, à gaine non fendue. Les fleurs sont hermaphrodites, rarement unisexuées; le calice est à 3 sépales verts; 3 pétales constituent la corolle; les étamines, au nombre de 6, ont les filets généralement poilus, et les anthères introrses. L’ovaire est triloculaire, surmonté d’un style simple, terminé par un stigmate indivis ou obscurément trilobé. Le fruit capsulaire est à 3 loges qui contiennent, chacune, un petit nombre de graines généralement anguleuses, peltées, à testa membranacé réticulé, adhérent à l'albumen dans lequel est niché un embryon antitrope. Les plantes de cette famille sont très-abondantes dans l’Amérique et l’Asie tropicales, plus rares dans l’Afrique extra-
tropicale et la Nouvelle-Hollande. Quelques-unes, par leurs jolies fleurs bleues, roses, blanches, etc., sont cultivées pour l'ornement des jardins; d’autres jouissent, dans leur pays originaire, de propriétés diverses. Les rhizomes tubéreux des commelina cœlestis, tnberosa , stricta, etc., contenant un abondant mucilage amylacé, sont considérés comme pectoraux; le commelina rhumphii est préconisé dans l’Inde comme emménagogue; en Chine, le commelina medica de Loureiro est employé contre l’asthme. Le traclescantia malabarica, bouilli dans l’huile, guérit la gale et la lèpre; la décoction du cyanotidis axillaris est en usage dans le traitement de l’hydropisie; enfin le traclescantia diuretica est célèbre comme diurétique.
Famille des ALISMACÉES. — ALISMACEÆ.
(Atl. II, pl. 46, lig. 13.)
La famille des Alismcicées, de Robert Brown, comprend aussi les Joncaginées de Claude Richard. Les plantes réunies sous ces dénominations sont toutes aquatiques; elles ont fies rhizomes rampants et des feuilles radicales à limbe élargi plan. Les fleurs hermaphrodites, très-rarement unisexuées, ont un calice à 3 sépales verts; une corolle à 3 pétales; des étamines au nombre de 6 ou multiples; 3, 6 ou un plus grand nombre d’ovaires uniloculaires, portant chacun un style et un stigmate. Le fruit est composé d’un nombre variable de carpelles secs, contenant chacun une graine dépourvue d’albumen. Les alismacées sont indigènes aux régions tempérées de l’Europe et de l’Amérique; on en trouve quelques espèces dans les régions tropicales. La sagittaire et le plantain d’eau ( alisma plantago) ont joui d’une certaine célébrité dans la médecine populaire; on leur attribuait la vertu de guérir la rage, mais on reconnut bientôt leur inefficacité; les rhizomes de la sagittaire de la Chine [S. Sinensis ), celle de l’Amérique (S. obt.usi folia), et l’espèce qui croît dans nos rivières ( S . sagittæ folia), ont des rhizomes alimentaires; dans l’Europe australe on tire de la soude, des cendres de plusieurs espèces de triglochin.
Les butomées (atl. I, pl. 16, fig. 3) différent des Alismacées par le nombre considérable des graines qui tapissent la paroi interne du fruit.
PLANTES M ON OC OT Y LL DON LES
Famille des PALMIERS. — PALMEÆ.
(Atl. I, pi. 9, 16, 23 et 29.)
La famille des Palmiers est une des familles reconnues par Linné; elle comprend des arbres à tige généralement simple, couronnée par un faisceau de grandes feuilles pennées ou avant la forme en éventail. Les fleurs sont raremenl hermaphrodites, le plus généralement unisexuées, monoïques ou dioïques, disposées en grappes ou épis, enveloppés d’abord dans une grande spathe ligneuse; le calice est à 3 folioles distinctes ou soudées ; la corolle a 3 pétales, tantôt distincts, tantôt réunis en corolle monopétale ; les étamines sont au nombre de six, rarement trois ou multiples; l’ovaire est unique à une ou trois loges, surmonté de trois styles soudés, rarement distincts ; le stigmate est indivis. Le fruit est une noix très- variable quant au volume ; tantôt charnu, tantôt ligneux, ou à mésocarpe fibreux; les graines sont pourvues d’un albumen très-épais, qui est ou charnu, ou huileux, ou corné. Les régions chaudes des deux hémisphères constituent la patrie des palmiers ; ils s’avancent en Amérique jusqu’au 36e degré de latitude et en Asie jusqu’au 34e de latitude boréale; ils sont rares dans l’Océanie ; c’est le chamerops humilis, des régions méditerranéennes, qui s’avancent le plus vers nous. Tous les palmiers sont des arbres élégants et d’un port majestueux ; \e cor y plia umbraculifera a des feuilles qui ont un diamètre de plus de cinq mètres. Cette famille fournit le vin cle palme, qui est la sève fermentée de Xarenga saccharifera , des sagas rumphii, borassus flabelliformis, cocos nucifera , raphia mauritia et vinifera ; le lait et l’amande de cocos; la datte; l’huile de palme, qui est extraite des graines de Xelœis guineensis; le beurre de Galam, de Corozo ; la cire de palme , qui est exsudée par les tiges des ceroxylon andicola, et cor y plia cerifera. Le calamus rotang donne une résine rouge, sorte de sang-dragon ; le chou palmiste est l’extrémité des tiges de Xareca oleracea, etc. L’art médical trouve un astringent dans la noix d’arec ( areca calechu); enfin l’industrie tire parti des fibres ligneuses de la base des feuilles pour fabriquer des balais.