TROISIÈME EMBRANCHEMENT
PLANTES DICOTYLÉDONÉES
Les plantes dicotylédonées ont un embryon pourvu de deux cotylédons (Atl. 1T, pl, 26); caractère très-apparent pendant la germination. La tige est composée de faisceaux fibreux vasculaires, disposés régulièrement autour d’une moelle centrale, et formant, chaque année, une couche concentrique distincte des couches précédentes (Atl. I, pl. 30, fig. 1 à 4). Les feuilles présentent des nervures ramifiées et anastomosées (Atl. I, pl. 36, fig. 1 et 17). Les fleurs offrent presque toujours le nombre cinq dans chaque, ou dans l’un des verticilles qui la composent ,; le nombre trois, qui appartient aux monocotylédonés, est très-rare, et, quand il se rencontre, il est pour ainsi dire neutralisé par la nervation des feuilles ou la structure de la tige.
Classe des plantes dicotylédonées, apétales, diclines.
Fleurs unisexuées, dépourvues de corolle, n’ayant qu’un calice souvent représenté par une simple écaille.
SECTION I. Gymnospermes.
Graines nues, non contenues dans un péricarpe.
Famille des CYCADÉES. — CYCADEÆ.
Famille créée par Claude Richard ; elle comprend des arbres ou arbustes qui ont le fades de palmiers; leur tronc est droit, presque cylindrique , composé d’une moelle abondante et de faisceaux ligneux disposés en couches concentriques. Les feuilles sont trèslongues, pennées, en palme de martyrs, réunies au sommet de la lige. Les fleurs mâles sont composées d’anthères sessiles, insérées en grand nombre sur la face inférieure d’écailles disposées en chatons allongés; les fleurs femelles consistent en ovules nus, non renfermés dans un ovaire, situés à l’aisselle de bractées disposées, comme celles
PLANTES MONOCOTYLÉDONÉES
des fleurs mâles, en chatons raccourcis ou presque globuleux. Le fruit est une sorte de cône ; les graines ont un testa osseux qui protège un gros albutnen charnu, au centre duquel est situé l’embryon. Les Cycadées croissent sous les climats tropicaux ou presque tropicaux, en Amérique, dans l’Inde, dans l’Afriquq; quelques espèces appartiennent à la flore de la Nouvelle-Hollande.
Le tissu de la moelle contient une abondante fécule, qui, extraite, devient la farine de sagou, très-estimée au Japon; les Hottentots tirent de la moelle d’un encephalartos une nourriture saine et nutritive ; dans le Malabar, on emploie les graines broyées en cataplasmes contre les douleurs néphrétiques. -
Famille des CONIFÈRES. — COMFEUÆ.
(Atl. I, pl. 17, fig. 1, et atl. H, pl. 49, fig. 1.)
Sous le nom de Conifères , De Jussieu a réuni tous les arbres résineux, dont la tige est dépourvue de vaisseaux; le corps ligneux est constitué exclusivement de fibres ligneuses. Les feuilles sont généralement très-longues, étroites et roides, éparses, ou réunies plusieurs dans une petite gaine. Les fleurs mâles, disposées en chatons caducs, se composent d’anthères à 2, 4 ou 8 loges, et dont le connectif est très-élargi au sommet en forme d’écailles peltées. Les fleurs femelles sont constituées par des ovules nus, non renfermés dans un ovaire, et réunis par deux, ou en plus grand nombre, à la base d’écailles planes ou peltées et rassemblées autour d’un axe commun, en petit cône nommé strobile. Le fruit est un cône, quelquefois une baie, par suite de l’épaississement et delà soudure des écailles; la graine à testa membraneux ou osseux est pourvue d’un albumen charnu, un peu huileux, qui protège un embryon dont les deux cotylédons sont profondément découpés en lanières étroites qui simulent autant de feuilles cotylédonaires, d’où le nom de polycotylédonés , appliqué, par quelques auteurs, aux végétaux de cette famille.
La famille des conifères, de De Jussieu, a été divisée par Claude Richard en cupressinées , abiétinées et fascinées.
Les Cupressinées sont les arbres et arbustes à feuilles courtes, linéaires, éparses, à anthères pluriloculaires, dont le connectif est pelté ; à cône presque globuleux, composé d’écailles peltées ou rétrécies à la base. Exemple : genévrier, cyprès, thuya, etc.
Les Abiétinées sont les arbres à fëuilles longues, roides, souvent piquantes; à anthères biloculaires, dont le connectif est squamiforme, non pelté, et à cône allongé, composé d’écailles planes ou un peu épaissies au sommet. Exemple : pins, sapins, cèdres, araucaria, etc.
Les Taxinèes sont les arbres comme l’if, les podocarpes, etc., qui ont des graines solitaires, non disposées en cône, et enveloppées plus ou moins complètement dans un disque charnu, qui leur donne une apparence de fruit drupiforme.
On rencontre des Conifères sous tous les climats. L’absence de vaisseaux dans la tige de ces* arbres donne une grande flexibilité au bois qui, pour cette raison, est préférablement employé pour la mâture des navires. On recherche, pour cet usage, les sapins du Nord, dont la végétation très-lente ne produit chaque année que des couches ligneuses très-minces. Le thuya articulata, ou thuya d’Algérie, offre, à la base de ses tiges, des sortes de loupes qui procurent à l’ébénisterie un très-joli bois pour la fabrication de petits meubles; les crayons sont faits avec le bois du juniperus Virginiana ou cèdre de Virginie. De la tige des conifères, et particulièrement des pins et sapins, découle une matière résineuse plus ou moins concrète; les térébenthines de Venise et de Bordeaux, d’où on extrait l’essence de térébenthine, le goudron, le brai, le galipot, la poix de Bourgogne, la poix noire des cordonniers, la colophane qui sert à frotter les archets. La sandaraque est la résine pulvérisée du thuya articulata et du callitris quadrivalvis. L’huile de cade est une huile empyreumatique qu’on obtient de la distillation du bois de juniperus oxydedrus.
Depuis quelques années, l’industrie tire parti des feuilles de pins; on les débarrasse par la macération de la portion épidermique, et alors on obtient des fibres une sorte de filasse ou crin végétal employée à des usages divers.
Les fruits des cupressinées contiennent du sucre et du mucilage qui leur donnent certaines propriétés. Avec ceux du genévrier commun; on prépare un alcool ou eau-de-vie de genièvre, très-estimée des Anglais sous le nom de gin.
Dans le midi de l’Europe, on mange les graines du pin pignon et autres; celles du gincko biloba sont très-estimées des Japonais qui en retirent une huile bonne à manger.
PLANTES D1C0TYLÉD0NÉES.
Enfin la thérapeutique emprunte, à cette famille, différentes substances pour la préparation de certains médicaments; 1 ejuniperus sabina contient un principe délétère qui en rend l’usage très-dangereux.
SECTION 11. Angiospermes.
Graines contenues dans un péricarpe.
Famille des GNÉTACÉES. — G IV LT A CE Æ.
Biume a distrait des conifères de De Jussieu le genre ephedra, pour le réunir au genre gnetum, et en former cette famille, qui diffère des conifères vrais, par le fruit composé d’un péricarpe uniloculaire contenant une graine pourvue d’un albumen charnu.
Famille des POIVRIERS. — Pi PEU ACE/E.
De Jussieu rapprochait les piper des indicées, mais sans les unir à cette famille; c’est Ci. Richard qui créa les pipéracées. La tige de ces plantes est articulée-noueuse, à couches ligneuses à peine distinctes, mais traversées par des rayons médullaires très-épais; Les feuilles sont opposées ou verticillées, sans stipules. Les fleurs, disposées en épis cylindriques, sont tantôt unisexuées, tantôt hermaphrodites, et constituées par une écaille généralement peltée; des étamines en nombre variable ; un ovaire uniloculaire uniovulé , surmonté d’un stigmate sessile. Le fruit est une petite drupe peu charnue, qui contient une graine dressée, pourvue d’un épais albumen charnu. Les pipéracées n’ont aucun représentant en Europe; elles appartiennent toutes aux régions chaudes et tempérées des autres parties du monde, situées entre le 35e degré de latitude boréale et le 42e de latitude australe. Toutes les graines de poivriers ont une saveur brûlante, due à une huile volatile et à une résine âcre que contient particulièrement l’albumen. Le poivre du commerce est fourni principalement par le piper nigrum, arbrisseau sarmenteux de l’Asie tropicale; c’est la graine pulvérisée ou concassée.
Les Chloranthacèes et les Saururêes sont deux petites familles sans importance, très-voisines des pipéracées; la première s’en distingue par la graine, qui est suspendue au lieu d’être dressée, et la se-
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conde par son ovaire à trois ou cinq loges, contenant plusieurs graines.
C’est à la suite des pipéracées qu’on place trois autres petites familles de plantes aquatiques de peu d’intérêt : les Cératophyllées Callitrichinées indigènes à la France, et les Poclostémées, qui appartiennent à la flore tropicale de l’Amérique et de l’Asie.
Les Cératophyllées ont l’ovaire1 uniloculaire, uniovulé; la graine est dépourvue d’albumen;
Dans les Callitrichinées , l’ovaire est à quatre loges uniovulées; la graine est pourvue d’un albumen charnu;
Enfin les Podostémées ont l’ovaire à deux ou trois loges pluriovulées, et la graine est dépourvue d’albumen.
Famille des GASUARINÉES. — CASUARINEÆ.
Le genre Casuarina avait été classé par De Jussieu dans les conifères; de Mirbel l’en a distrait, pour former la famille des casuarinées, se basant sur la présence d’un périanthe composé de deux folioles bractéales, accompagnant une étamine pour les fleurs mâles, et un ovaire aplati uniloculaire, surmonté d’un style court et de deux stigmates pour les fleurs femelles. Le fruit est un cariopse renfermé dans les deux écailles périgonales lignifiées, simulant une capsule bivalve, et rassemblés plusieurs en une sorte de petit cône. Les plantes de cette famille sont des arbres à bois très-dur, dépourvus de feuilles, presque tous originaires de la Nouvelle-Hollande ou des îles océaniennes. Le bois est employé dans les constructions, et l’écorce du casuarina equisetifolia est légèrement astringente.
La famille des Myricées, de Claude Richard, est très-voisine de cette famille; mais ce sont des arbrisseaux à feuilles alternes, et les fleurs mâles ont 2, 6 ou 8 étamines. Une seule espèce est indigène à la France, le myrica gale. Les fruits de plusieurs espèces américaines sont comme incrustés d’une substance cireuse, qui donne une des cires dites végétales.
Famille des PLATANÉES. — FLATANEÆ.
C’est Lestiboudois qui a créé cette famille pour l’unique genre platane, composé de grands et beaux arbres, à feuilles alternes, dont
PLANTES DICOTYLÉDONÉES
le pétiole, creusé en éteignoir à sa base, recouvre complètement le bourgeon qui, dans les autres végétaux, est toujours situé à l’aisselle de la feuille.
Les fleurs mâles sont disposées en chaton composé d’étamines entremêlées à de nombreux poils claviformes ; les fleurs femelles sont constituées par des ovaires uniloculaires biovulés, accompagnés de poils qui forment ensemble un chaton globuleux très-dense. Le fruit est un akène coriace, entouré à sa base de poils articulés, et dont la graine est pourvue d’un albumen charnu. Les platanes sont de l’Amérique boréale et de l’Asie tempérée.
La famille des Balsamifluées , de Blume, ne diffère des platanées que par l’ovaire biloculaire pluriovulé et par le fruit qui est une capsule. Elle comprend de grands et beaux arbres de l’Amérique septentrionale, de l’Asie Mineure et de quelques îles de la Sonde. Par l’incision du tronc et des branches on obtient, du liquidambor styraflua, un suc balsamique, connu sous les noms de baume ou d'ambre liquide employé dans la parfumerie, et de styrax liquide dans les pharmacies.
Famille des SALICINÉES. — SALICINEÆ.
(Atl. II, pi. 40, fig. 22.)
Cette famille a été créée par Cl. Richard pour les saules et les peupliers, qui appartenaient à la grande famille des amentacées de De Jussieu. Elle a pour caractères : chaton mâle composé d’écailles à l’aisselle desquelles est une seule étamine, qui est remplacée, dans le chaton femelle, par un seul ovaire pluriovulé surmonté de un ou deux styles. Le fruit est une capsule bivalve, à plusieurs graines dépourvues d’albumen.
Famille des BÉTULACÉES. — BETULACEÆ.
Démembrement des amentacées de De Jussieu, opéré par Cl. Richard, et qui ne comprend que les aulnes et les bouleaux, grands arbres des régions tempérées et froides de l’hémisphère boréal, à feuilles alternes munies de stipules caduques. Les fleurs sont disposées en chaton : les mâles, composées d’un périanthe monophylle ou de quatre écailles et de quatre étamines; les femelles, d’un ovaire
biloculaire nu ou protégé par un périantlie à quatre écailles. Le fruit est un assemblage cl 'écailles ligneuses, comme dans le cône, et à l’aisselle desquelles est situé un akène à graine dépourvue d’albumen. Avec l’écorce de bouleau, les indigènes de l’Amérique du nord fabriquent leur vaisselle et des pirogues; les feuillets, trèsminces, servent de papier. Cette écorce est astringente ; en perforant le tronc, il découle des plaies une sève sucrée, de laquelle on obtient le sucre de bouleau.
Famille des CUPUL1FÈRES. — CUPULIFEREÆ.
Comme la précédente, cette famille est un démembrement des amentacées de De Jussieu. Elle comprend des arbres à feuilles alternes stipulées. Les fleurs mâles, disposées en chaton, ont un périantlie ou calice monophylle ou squamiforme, et des étamines en nombre égal ou double ou triple de celui des écailles composant le calice ; les Heurs femelles sont en chaton ou quelquefois solitaires, accompagnées d’un involucrequi les enveloppe plus ou moins complètement; le calice est soudé intimement avec l’ovaire, qui est à deux ou trois loges. Le fruit est un nucule uniloculaire monosperme, accompagné d’une cupule comme dans le chêne, ou d’un involucre capsuliforme épineux comme dans le châtaignier, ou enfin d’un involucre foliacé comme dans le noisetier, le charme, etc, ; la graine est dépourvue d’albumen et ne contient qu’un embryon à cotylédons très-épais, charnus. Plus des deux tiers des espèces de cetle famille sont indigènes au nouveau continent; les plus beaux chênes appartiennent à l’Amérique du Nord et au Mexique. Le hêtre croît dans les régions tempérées et froides de l’Europe. Tous ces arbres fournissent d’excellents bois de construction et de chauffage; l’écorce du chêne est astringente et contient beaucoup de tannin ; concassée, elle forme le tan qui sert à préparer les cuirs et qui, ensuite, séché, procure aux classes pauvres ces malières combustibles nommées vulgairement mottes et poussier de mottes. Le liège, employé à des usages trèsdivers, est la portion subéreuse du chêne-liége (quercus suber ) ; on obtient par macération de l’écorce du Q. tmetoria, ou chêne quercitron une matière colorante qui sert à teindre la laine en jaune. Les noix de Galles, qui contiennent une grande quantité d’acide tannique, sont le résultat de piqûres d’insectes sur les feuilles et les rameaux
PLANTES DTCOTYLÉDONÉES.
du chêne des teinturiers [qv.ercus rnfectoria ) ; elles entrent dans la composition de l’encre. De la graine de hêtre on extrait une huile douce bonne à manger, dite huile de faîne; on en extrait également des noisettes. La châtaigne sert de nourriture aux habitants des pays où croît le châtaignier. Le fruit du chêne à gland doux {(). ballotd) est comestible, et on l’emploie comme succédané du café.
Famille des MURIERS. — MORE IL.
(Au. I, pl. (7, fig. 2.)
Endlicher a réuni , sous ce nom, plusieurs genres de plantes que De Jussieu considérait, avec quelque raison, comme des indicées ; car, en effet, ces plantes, qui sont toutes des arbres ou arbrisseaux, ne diffèrent des indicées vraies que par l’ovule qui est amphitrophe au lieu d’être orthotrope. Les mûriers, les figuiers sont les types de cette famille, dont on ne trouve aucun représentant spontané en Europe ; les morées appartiennent aux régions chaudes et tempérées des deux hémisphères. Le suc laiteux du ficus elastica produit le' caoutchouc par évaporation au contact de l’air; le bois du F. sycomorus était employé par les anciens Égyptiens pourconfectionner les cercueils de leurs momies; les habitants des îles de l’Océanie, du Japon et de la Chine, préparent des étoffes et du papier avec les couches de liber du broussonetia papyrifera. On connaît les qualités et propriétés de la figue et de la mûre.
Les Artocarpées sont aussi d’anciennes urticées arborescentes à ovule analrope. Les Artocarpus incisa et integrifolici, nommés arbre à pain, ont des fruits charnus, plus gros que la tête, qui servent d’aliments aux habitants de l’Inde et des îles de l’Océanie. Vantiaris toxicaria contient un suc laiteux très-délétère.
Le Galactodendron , originaire de l’Amérique tropicale, fournit, au contraire, un lait qui a toutes les qualités du lait de vache, ce qui lui a valu le nom vulgaire d’arbre à la vache [Palo de vacca , ou arbol de leche).
Famille des ORTIES. - URTICEÆ.
.(AU. I, pi. 17, fig. 3.)
Cette famille, ainsi démembrée, ne comprend plus que des herbes ou des petits arbrisseaux à feuilles opposées ou alternes munies de sli-
pules. Les fleurs mâles ont un calice à quatre ou cinq sépales et autant d’étamines ; les fleurs femelles ont un calice à deux, quatre ou cinq sépales très-souvent inégaux, et un ovaire uniloculaire, contenant un seul ovule dressé orthotrope ; le fruit est une sorte d’akène à graine pourvue d’un albumen charnu. On trouve des urticées dans toutes les parties du monde. Les urtica utilis et nivea du Japon et de la Chine ont des fibres du liber d’une extrême finesse avec lesquelles on fabrique les fines batistes de Chine. Les jeunes feuilles d’orties sont recommandées comme succédané de l’épinard.
Les Cannabinées se distinguent des urticées par l’ovule qui est campulitrope. Lechanvreetle houblon sontles seulsgenresde cettefamille.
La famille des Népenthées, qui comprend des plantes si curieuses, par leurs feuilles terminées par une ascidie operculée (Atl.I, pi. 46, fîg. 4), forme de pipe allemande munie de son couvercle, peut être rapprochée de la famille des urticées, dont elle diffère essentiellement par ses étamines monadelphes, et son ovaire quadriloculaire, qui devient une capsule à la maturité. Les népenthes sont originaires de l’Asie tropicale et de Madagascar.
Famille des EUPHORBIACÉES. — EUPHORBIACEÆ.
La famille des Euphorbiacées est une famille polytype très-difficile à caractériser : elle comprend des herbes et des arbres à suc laiteux ou aqueux, à feuilles alternes quelquefois opposées, généralement munies de stipules très-souvent caduques. Les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées (monoïques ou dioïques) très-souvent incomplètes, c’est-à-dire qu’elles sont pourvues ou dépourvues de calice ; qu’elles ont quelquefois une corolle qui est tantôt polypétale, tantôt monopétale. Les étamines sont en nombre défini ou indéfini, distinctes ou monadelphes. L’ovaire est presque toujours à trois loges, rarement plus. Les styles sont en nombre égal à celui des loges de l’ovaire, tantôt distincts, tantôt soudés entre eux. Le fruit est généralement à trois coques, contenant chacune une graine munie d’une caroncule ou d’un arille, et pourvue d’un albumen charnu très-épais. Les euphorbiacées sont répandues sur tout le globe et présentent des faciès très-divers ; les unes fournissent des substances alimentaires, comme la fécule de manihot ou tapioca, qu’on extrait de la racine du jatropha manihot ;le plus grand nombre contient des principes très-
PLANTES DICOTYLÉDONÉES
actifs et joue un grand rôle dans la médecine ; ce sont des purgatifs, des émétiques, des astringents, des irritants, des vésicants et des poisons très-violenis ; c’est le crozophora tinctoria Neck. ou croton finet.orium L. ou mamelle qui donne le tournesol en drapeau. h’hevea guyanensis fournit du caoutchouc. Le fameux mancenilier, le buis et le ricin appartiennent à cette famille.
Classe des plantes dicotylédonées apétales hypogynes.
Fleurs hermaphrodites, pourvues d’un calice seulement ; étamines insérées sur le réceptacle.
Famille des ULMACÉES. — ULMACEÆ.
Les plantes de cette famille, créée par Mirbel, appartenaient aux amentacées de De Jussieu ; ce sont des arbres à feuilles alternes stipulées; à fleurs généralement hermaphrodites, composées d’un calice monosépale à quatre ou cinq divisions; d’un nombre égal d’étamines insérées au fond du calice ; d’un ovaire à deux loges, surmonté de deux styles. Le fruit est une samare à graine dépourvue d’albumen.
La famille des Celtidêes d’Indlicher, qui est réunie aux ulmacées par quelques auteurs, en diffère par l’ovaire uniloculaire , le fruit drupacé et les graines pourvues d’un albumen charnu. Les ormes et le micocoulier fournissent d’excellents bois de charronnage.
Famille des POLYGONÉES. — POLYGONEÆ.
Cette famille, créée par De Jussieu, comprend des herbes ou des arbrisseaux à tiges articulées noueuses et à feuilles alternes munies de stipules angaînantes. Les fleurs ont un calice généralement coloré, à trois, quatre, cinq et six sépales ; des étamines en même nombre ; un ovaire uniloculaire uniovulé à trois angles; trois styles, rarement quatre, distincts ou soudés. Le fruit est un akène ou cariopse, à graine pourvue d’un albumen farineux.' L’oseille, la rhubarbe, le blé sarrazin, appartiennent à cette famille, qui compte de nombreux représentants sous notre climat. On retire du poligonum tinctorium un principe colorant bleu, semblable au bleu indigo.
Famille des CHÉNOPODÉES. — CHENOPODEÆ. -
(Atl. I, pl. 17, fig. 4.)
Cette famille, que De Jussieu désigne sous le nom de Atriplicêes, diffère de la précédente : par les feuilles non munies de stipules, et par l’embryon qui est annulaire ou enroulé en spirale en dehors de ralbumen farineux. Les plantes de cette famille sont des herbes trèscommunes sous tous les climats; l’épinard, la betterave, la baselle, lequinoa, l’arroche, etc., en font partie. L’industrie retire de la soude du salsola soda, et la médecine tire quelques médicaments de certains chenopodinm.
Les familles des Phytoîaccacées et des Amarantacées sont à peine distinctes des chénopodées. Les plantes ont des faciès très -différents; mais les fleurs ont une organisation à peu près identique. Cependant l’ovaire des phytolacca estpluriculaire. De Jussieu, qui a établi la famille des amarantacées, n’indique de différence que l’insertion des étamines, qui est hypogyne dans les amarantacées et périgyne, suivant lui, dans les chénopodées; mais ce caractère est insaisissable, tant les étamines de ces dernières sont peu adhérentes au calice.
Famille des NYCTAGINÉES. — NYCTAGINEÆ.
Les plantes de cette famille, créée par De Jussieu, sont des herbes et des arbrisseaux à feuilles opposées sans stipules, cà fleurs munies souvent d’un involucre caliciforme ou coloré. Le calice est monosépale tubuleux à quatre, cinq ou dix lobes ; les ;étamines sont en nombre moindre ou supérieur, rarement égal à celui des lobes du calice; l’ovaire est uniloculaire uniovulé, surmonté d’un style simple ou d’un stigmate sessile multiflde. Le fruit est un akène renfermé dans la base persistante et durcie du calice ; la graine est pourvue d’un albumen amylacé central entouré par l’embryon. Toutes les nyctaginées sont exotiques à l’Europe ; elles appartiennent aux régions équinoxiales des deux continents; quelques espèces, cependant, croissent dans l’Amérique boréale, à la Nouvelle Hollande. Le buginvillea, les mirabilis sont de ravissantes plantes d’ornement; les racines de toutes les nyctaginées possèdent plus ou moins des propriétés