‹ Traité de botaniqueChapitre 100 sur 218 · PHYSIOLOGIE DES TISSUS ET DES APPAREILS · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DES TISSUS ET DES APPAREILS

multiple de cellules, un appareil étant une association de tissus doués de propriétés analogues et tendant au même but, la physiologie spéciale des tissus se confond à bien des égards avec la physiologie spéciale des cellules qui les composent et celle des appareils avec celle des tissus qui les constituent. En poursuivant l’étude morphologique des tissus et des appareils, on a suffisamment indiqué le rôle particulier, mécanique ou chimique, dévolu à chacun d’eux, pour qu'il soit inutile d’y revenir ici. Mais du fait même de la juxtaposition des cellules en tissus cohérents, ainsique de l’association des tissus en appareils massifs, il résulte certaines propriétés nouvelles qu'il convient de signaler. On insistera notamment sur les tensions propres qui se développent dans les tissus et dans les appareils pendant la durée de la croissance et qui y persistent quelquefois quand la croissance a pris fin.

Tension des tissus et des appareils (1).

Les deux causes principales de la tension des tissus sont la turgescence des cellules (voir p. 600) et l’imbihition des membranes.

Tension <les divers tissus due à la turgescence des cellules. — Les tissus de cellules mortes: sclérenchyme, tissu criblé, tissu vasculaire, n’ont évidemment pas de tension de turgescence. Parmi les tissus de cellules vivantes, le méristème, primitif ou secondaire, où les liydroleucites sont très petits et peu nombreux, n’a dans ses cellules qu’une turgescence très faible. La turgescence est faible également dans le tissu subéreux, le parenchyme scléreux et le collenchyme. C’est dans les divers parenchymes à parois minces et surtout dans le tissu sécréteur qu’elle atteint toute son intensité. Elle peut y devenir assez forte, comme on sait, pour faire filtrer à travers la membrane une partie du suc cellulaire ou des produits liquides de sécrétion, qui s’épanchent soit au dehors, soit dans les lacunes intérieures, soit dans une cellule voisine.

Dans un tissu turgescent, la tension totale, c’est-à-dire la pression exercée sur le milieu extérieur ou sur les tissus voisins, est une résultante assez compliquée des tensions élémentaires des cellules constitutives ; elle est loin d’en être la somme, car les pressions exercées en sens contraire par les cellules contiguës s'annulent sur les faces de contact. Vient-on à dégager une cellule interne sur quelqu’une de ses faces, en enlevant les cellules qui la recouvraient, on augmente de ce côté sa turgescence en supprimant les pressions antagonistes qui lui faisaient équilibre et on lui permet de prendre dans cette direction une croissance que celles-ci empêchaient. L'expérience se fait aisément en creusant une cavité dans le parenchymed’une tige ou d'un pétiole ; délivrées des pressions qui les comprimaient, les cellules qui bordent la cavité s’accroissent dans l’espace vide, s’y cloisonnent et s’y multiplient au point de le combler parfois complètement. La formation des thylles dans les vaisseaux,

(1) Sachs : Traité de botanique , p. 9£6, 1874.

Page 1