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TENSION DES TISSUS ET DES APPAREILS

dans les tubes criblés et dans les canaux sécréteurs, est un phénomène du même ordre(p. 641). En ce quiconcerne les vaisseaux, par exemple, à partir du moment où leur turgescence n’est plus équilibrée par la pression hydrostatique du liquide vasculaire, les cellules de parenchyme qui entourent le vaisseau proéminent dans sa cavité à travers les ponctuations, s’y accroissent et s’y multiplient en se cloisonnant, de manière à l’oblitérer enfin entièrement.

Tension des divers tissus due à limbibitioii des membranes cellulaires.

— La tension de turgescence est nulle, avons-nous dit, dans les tissus de cellules mortes et très faible dans les tissus de cellules vivantes dont les membranes sont fortement épaissies, comme dans le tissu subéreux ou culineux, le parenchyme scléreux et le collenchyme. Mais précisément dans ces divers cas, à cause de leur grande épaisseur, les membranes cellulaires peuvent absorber de l'eau et en perdre, de manière à modifier sensiblement le volume des cellules et celui du tissu tout entier ; d’où une pression, assez intense pour vaincre de très fortes résistances. Ce sont les pressions ou tractions dues à cette cause qui déterminent la déhiscence des fruits, des sporanges, des anthères, les mouvements si remarquables des arêtes de l’Avoine ( Avena ) et du fruit des Erodes ( Erodium ), enfin l’apparente réviviscence de l’Anastatice (. Anaslatica kicrochuntica ), vulgairement Rose de Jéricho.

Les pressions ainsi engendrées dans le sclérenchyme ligneux, par exemple, sont très fortes, mais très différentes suivant les directions. La dilatation du bois sous l’influence de l’imbibition a son maximum dans le sens de la périphérie, son minimum dans le sens de la longueur, une valeur moyenne suivant le rayon. Ainsi, dans l’Érable (Acer), on a mesuré pour la dilatai ion : suivant l’axe, 0,072, suivant le rayon 3,35, suivant la périphérie 6,59. Il en résulte que des tiges ligneuses prennent, en se desséchant, des fentes longitudinales, qui se referment quand elles viennent à s'imbiber de nouveau; les changementsde dimension dus à cette cause s’opèrent avec une force extraordinaire.

Tension relative «les diverses coucbes d’un même tissu. — Qu elle soit due à la turgescence des cellules ou simplement à l’imbibition de leurs membranes, la tension d’un tissu n’est pas toujours la meme dans ses diverses parties. Si elle est plus forte dans une assise, plus faible dans l’assise voisine, il se développe entre ces deux asQses, à l’intérieur du tissu, une tension relative, ou antagoniste. La première, en effet, distend passivement la seconde ; celleci résiste et comprime passivement sa voisine. La tension relative est dite positive dans la première assise, dont l’extension naturelle est empêchée ou gênée, «éÿah’ue dans la seconde, qui est passivement distendue par la première. De même, comme on sait, dans une cellule turgescente, la tension relative qui s'exerce entre le contenu et la membrane est positive dans le contenu, négative dans la membrane (voir p. 661).

Si l’on vient à séparer l’une de l’autre ces deux assises de tissu, ainsi tenduês en sens inverse et qui se font équilibre, la première s’allonge, la seconde se raccourcit. Et réciproquement, toutes les fois qu’une couche de cellules, isolée du tissu dont elle faisait partie, s’allonge, on en conclut que dans le tissu elle était en tension positive et que ses voisines étaient passivement distendues par elle. Si l’on isole, au contraire, une lame renfermant les deux

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