PIIÉNOMKNES INTIMES DE LA. FÉCONDATION
enfonce aussitôt son extrémité dans le tissu conducteur (voir et 304). 11 s’y allonge entre les cellules, dans l’épaisseur même des membranes gélifiées (fig. 572 et 574), qu’il dissout sur son passage ; chemin faisant, il se nourrit de la substance de ces membranes et aussi du contenu des cellules voisines; en un mot, il se développe en parasite dans le tissu conducteur. Cètte végétation parasitaire peut durer plusieurs mois, comme on le voit notamment chez les Orchidées, où les tubes polliniques très nombreux forment dans l’ovaire six gros faisceaux, de chaque côté des trois placentes pariétaux (fig. 58-4). De cette manière, le tube pollinique parvient fatalement, à travers le style et l’ovaire, au micropyle, et bientôt après au nucelle d'un ovule.
Si, à ce moment, le sommet du nucelle existe encore en tout ou en partie, le tube pollinique le traverse en s’insinuant entre ses cellules et vient appliquer fortement son extrémité contre celle du sac embryonnaire, au point où sont fixées les deux synergides : Liliacées, diverses Légumineuses (fig. 267 et 268) Violette [Viola), Renouée ( Polygonum ) (fig. 266), etc. Mais le plus souvent le sac embryonnaire, en s’agrandissant vers le haut, a résorbé tout le nucelle; son sommet se présente alors à nu au fond du canal micropylaire, dans lequel il s’allonge souvent plus ou moins, comme dans les Orchidées, les Viciées, le Monotrope ( Monotropa ) (fig. 581), la Scabieuse ( Seabiosa ), etc., parfois même jusqu’à en dépasser l’orifice externe pour s’avancer librement dans la cavité ovarienne, comme dans la Torénie ( Torenia ), le Santal [Santalum), etc. Tantôt la membrane du sac ainsi dénudé persiste au-dessus des synergides, mais ramollie, très réfringente, comme grumeuse, et c’est contre elle que vient s’appuyer l'extrémité du tube pollinique : Orchide [Orchis), Ornithogale [Ornithogalum ), Dauphinelle ( Delphinium ), Monotrope [Monotropa), etc. Tantôt elle est complètement résorbée au sommet par les synergides, qui font saillie au dehors à travers l’orifice et sur la pointe desquelles le tube pollinique vient s’appliquer directement : Crucifères, Safran ( Crocus ) (fig. 582, a, b, c), Ricin [Bicinus), Bartonie [Bartonia) (fig. 582, d), Torénie [Torenia), Santal [Sanlatum), etc.; dans ce dernier cas, les synergides unt souvent leur extrémité recouverte d'une calotte de cellulose, comme dans le Safran (Crocus), la Torénie [Torenia), le Santal [Santalum), etc.
Une fois le contact opéré et la soudure faite entre le sommet du tube pollinique et la membrane du sac embryonnaire ou la calotte des synergides (fig. 585 et fig. 586), on est parvenu à la phase décisive du phénomène. L extrémité du tube renferme alors, comme on sait, dans un protoplasme dense, les deux noyaux issus de la bipartition du noyau générateur primitif (fig. 586, d); le
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noyau végétatif a disparu. A ce moment, ce protoplasme et ces deux noyaux
traversent la membrane ramollie, passent entre les synergides et pénètrent K de dans l’oosphère. En même
temps, les synergides, dont le contenu reste distinct de celui qui est sorti du tube, se désorganisent et diflluent pour faciliter le passage. Une fois la pénétration faite," l'un des deux noyaux générateurs se dirige vers le noyau de l’oosphère (fig. 586,/?) auquel il s’accole (fig. 586,
Fig. 585. — Phases successives de la fécondation dans le Jlonotrope C'j J avant de S6 fusionner (Monotropa Hypopitys). a, contact du tube poliinique avec le som- . . .. . ), .
met du sac embryonnaire; b , pénétration du tube entre les deux a\ eC llll, U gTOSSlt legesynergides, passage de son noyau et d’une partie de son protoplasme j-gment gt gg forme Un dans l’oosphère ; c, le novau mâle se rapproche au contact du noyau .
de l'oosphère; d, les deux noyaux sont fusionnés, mais les nucléoles petit nUCiéole. La ligne de encore distincts ; e. l'œuf est constitué, avec son noyau sphérique, gontact des deux nOVaUX En a, la synergide de droite commence à s’altérer ; en h , elle difflue ; ^
en c, les deux synergides sont résorbées. En bas, on voit le noyau du s’eflace peu à peu (fig. 586, sac (d’après Strasburger). ^ puis digparaît gntière.
ment et les noyaux sont fusionnés en un seul; les deux nucléoles d’abord
distincts se confondent aussi bientôt en un seul, de forme sphérique (fig. 586, E). La fécondation est alors achevée et l’œuf formé s’entoure aussitôt d’une membrane de cellulose.
Le second noyau générateur, resté à distance du noyau de l’oosphère, dans le protoplasme réfringent, se résorbe sans concourir à la fécondation. Quant aux synergides, elles ne se résorbent pas toujours simultanément ; l’une d’elles peut demeurer visible pendant quelque temps encore après
Fig. 586. — Phases successives de la lécondation dans l’Or- ]a fggondation. Il peut arriver chide (Orchis latifolia). A, le tube poliinique est en con- . r
tact avec le sac embryonnaire; le noyau générateur s’est 3.USS1 CJU6 1 UI16 d6S SynGTgidGS OU divisé et le noyau inférieur glisse en s’allongeant vers le louteg ]eg deux conservent ]gUr sac. /?, le noyau générateur a pénétré dans 1 oosphère et
se voit à gauche, à côté du noyau propre de l’oosphère. 6\ noyau, et? s’appropriant UÏ16 partie
les deux noyaux sont en contact. D. ils se pressent et vont jn j * • n* • «
se confondre. Ey ils sont fusionnés, y compris leurs nuclé- du P* OtoplâSme du tul)G pollinifjUe oies et ont produit le gros noyau de l'œuf. En même temps, avec le noyau générateur qui deles deux synergides ont progressivement disparu, ainsi ,, ,. .
que les antipodes (d’après Strasburger). meure Cl Ordinaire Sans emploi,
forment un ou deux œufs surce phénomène n’a été observé jus-
numéraires à côté de l’œuf normal