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FORMATION DE L’OEUF CHEZ LES MOUSSES

Contrairement à ce qui a lieu chez les Cryptogames vasculaires, l’œuf des Mousses se forme directement sur la plante adulte.

Formation de l’œuf.

Ici, comme chez les Cryptogames vasculaires, les deux organes qui concourent à la formation de l’œuf sont des anthéridies et des archégones, ayant la valeur morphologique de poils. Ils sont portés au sommet soit de la tige principale, soit d’un rameau de second ou de troisième ordre, entremêlés de poils unisériés, nommés aussi paraphyses ; le tout est entouré d’un involucre constitué par plusieurs tours de feuilles spiralées, semblables aux feuilles végétatives et qui diminuent progressivement de grandeur vers l’intérieur. Quelquefois l’involucre renferme à la fois des anthéridies et des archégones : il est hermaphrodite, comme chez diverses Bryes ( Bryum ), etc. ; le plus souvent il ne renferme que l’un ou l’autre de ces organes: il est mâle ou femelle, comme dans la Funaire ( Funaria ), le Polylric ( Polytrichum ), etc.

Formation et déhiscence de l'anthéridie : anthérozoïdes. — L’anthéridie

est un sac ovoïde pédicellé, dont la paroi est formée d’une seule assise de cellules, contenant des chloroleucites qui se colorent en jaune ou en rouge à la maturité. L’intérieur est rempli de petites cellules cubiques contenant chacune un anthérozoïde (fig. 625).

L’anthéridie naît, comme un poil, d’une cellule périphérique de la tige. Cette cellule proémine en forme de papille, dont la partie saillante se sépare par une cloison transversale (fig. 625). Elle se divise ensuite par une nouvelle cloison transversale : la cellule inférieure donne le pédicelle, la supérieure l’anthéridie. A cet effet, celle-ci se divise d’abord par deux séries de cloisons obliques alternes, puis par des cloisons tangentielles (a); l’assise externe se

FORMATION DE L’(EUF.

segmente suivant le rayon et se différencie pour former la paroi, pendant que les cellules internes se cloisonnent dans les trois directions pour donner un très grand nombre de petites cellules mères d’anthérozoïdes (6). A l’intérieur de chacune de celles-ci, l’anthérozoïde naît comme il a été dit plus haut pour les Fougères ; le noyau s’étire et se courbe en spirale pour former le corps, tandis que la couche protoplasmique pariétale se découpe en hélice pour constituer les deux cils.

A la maturité, sous l’influence de l’eau qui remplit l’involucre, la paroi de

Fig. 626. — Funaire ( Funarla hygrometrica). A , atithéridic mûre, ouverte au sommet et laissant échapper les anthérozoïdes. B, anthérozoïdes plus fortement grossis ; b, encore dans la cellule mère ; r, anthérozoïde libre de Polytric ( Pohjtrichum ) (Sachs).

l'anthéridie se fend au sommet (fig. 620, .4), et, par l’ouverture, les anthérozoïdes s’échappent, encore renfermés dans leurs cellules mères, comme une épaisse bouillie mucilagineuse. Les membranes des cellules mères se disolvent dans l’eau (fig. 626, B) et mettent en liberté les anthérozoïdes, qui prennent leur forme définitive et nagent dans le liquide. Ce sont de minces filaments enroulés en spirale; leur extrémité postérieure est renflée ; leur extrémité antérieure, au contraire, est effilée et porte deux longs cils grêles, dont les battements provoquent la translation de la spirale et en même temps sa rotation autour de l’axe (voir aussi p. 464, fig. 315, C, et p. 574, fig. 385, c).

Fig. 025. — Section longitudinale axile d’un jeune involucre mâle de Funaire (Funaria hygrometrica). d , e, feuilles de l’involucre, coupées suivant la nervure médiane et suivant le limbe; a, jeune anthéridie; hf anthcridie presque mure, coupée en long; c, paraphyses (Sachs).

DÉVELOPPEMENT DES MUSCINÉES.

Formation et déhiscence de l'archégone : oosj>hère. — L’archégone a la forme d’une bouteille pédicellée, dont le col est mince, allongé et ordinairement tordu autour de son axe (fig. 627). La paroi du ventre comprend deux épaisseurs de cellules; celle du col ne contient qu’une assise, formée de quatre à six rangs. Ventre et col renferment une rangée axile de cellules dont l’inférieure devient l’oosphère arrondie, tandis que toutes les autres se détruisent

et se transforment en mucilage. Ce mucilage disjoint les quatre cellules terminales, ouvre le canal du col, et se répand en partie au dehors en une gouttelette, qui demeure en face de l’orifice, retenue par un filet gélatineux.

Comme l’anlhéridie, l’archégone procède d’une cellule superficielle de la tige et a la valeur d’un poil (fig. 628). Cette cellule proémine au dehors et sa partie saillante se sépare par une cloison transverse {m). Puis elle se divise par une nouvelle cloison transversale (a) : la cellule inférieure donne le pédicelle, la supérieure l’archégone. Pendant que la cellule mère

Fig. 627. — Funaire (Funaria h\f grometrica ). A, section longitudinale axile d’un involucre femelle ; b, feuilles ; a, archégones. B , un archégone grossi ; b, ventre avec l’oosphère et la première cellule de canal ; h, col encore fermé au sommet m, avec les autres cellules de canal commençant à se transformer en mucilage. C, portion supérieure du col ouvert d un archégone fécondé, avec ses membranes colorées en rouge (Sachs).

Fig. 628 . — F’remiers états de la formation de l’archégonc de l’Andrée {Andræea). A, après la séparation de la cellule mère du pédicelle. By après la formation des trois cellules pariétales et de la cellule operculaire ; indication de la cloison qui sépare l’oosphère et la cellule de canal. C, section de la région ventrale du jeune archégone.

dcT archégone s’accroît, il s’y fait successivement quatre cloisons tangentielles, trois sur les côtés, une en haut; il en résulte une cellule centrale entourée de quatre cellules périphériques. De ces dernières, les trois latérales, en se cloisonnant ultérieurement, donnent la paroi du ventre et du col, tandis que la supérieure, en se partageant par deux cloisons en croix, produit les quatre cellules terminales du col. La cellule centrale se divise par une cloison transversale en

DÉVELOPPEMENT DE L’ŒUF

deux moitiés inégales: l’inférieure, plus grande, est l’oosphère : la supérieure, plus petite, est la cellule de canal. Celle-ci s’accroît dans le col et se divise en plusieurs cellules superposées, qui se détruisent plus tard, en ouvrant le col et en mettant à nu l’oosphère, comme il a été dit plus haut.

Fécondation et formation de l’œuf. — Quand la pluie ou la rosée ont rempli d’eau J’involucre, les anthéridies s’ouvrent et les anthérozoïdes nagent en grand nombre dans le liquide. Ceux qui viennent à rencontrer une boulette gélatineuse retenue en face du col d’un archégone s’y trouvent pris ; suivant alors le filet de mucilage qui les conduit à travers le col, ils pénètrent dans l’oosphère, où ils disparaissent comme tels. La substance de l’anthérozoïde se combine à (ftlle de l’oosphère noyau à noyau, protoplasme à protoplasme, et des deux se forme un œuf, qui s’entoure aussitôt d’une membrane de cellulose.

SECTION II

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