LILIACÉES
D’autres Liliacées ont un rhizome horizontal sympodique, c’est-à-dire redressant chaque année son extrémité, pour la développer dans l’air en une tige l'euillée et florifère, et se continuant dans le sol par un bourgeon axillaire (Muguet, Polygonate, fig. 91, p. 265 et fig 614, p. 954, Yératre, etc.). Ailleurs, la tige se dresse tout entière et se ramifie dans l’air, en demeurant herbacée (Asperge, etc.), ou en devenant ligneuse. Dans ce dernier cas, elle se comporte de deux manières différentes. Tantôt, conformément à la règle ordinaire, elle ne forme aucune production libéroligneuse secondaire et ne s’épaissit pas (Fragon, Smilace, etc.). Tantôt, au contraire, elle s’épaissit au moyen d’une assise génératrice, située dans le péricycle, en dehors des faisceaux primaires (Aloès, Yuque, Beaucarnée, Dragonnier, Cordyline, etc.). Cette assise produit d’abord vers l’intérieur une couche de phelloderme, dans lequel se développent ensuite des faisceaux libéroligneux tertiaires, comme il a été expliqué page 827, figure 542. C’est grâce à cet épaississement lent, mais continu, que les Dragonniers deviennent de grands arbres, dont la tige peut dépasser 20 mètres de hauteur et 5 mètres de tour. La tige est quelquefois volubile à droite (Stémone, diverses Asperges, Fragon androgyne, Boviée volubile) ou à gauche (Lapagérie); ou bien elle grimpe soit par la nervure médiane de la feuille prolongée en vrille au delà du limbe (Glorieuse), soit à l’aide de deux vrilles latérales émanées du pétiole (Smilace).
Les feuilles sont presque toujours isolées, spiralées, avec des divergences diverses, parfois distiques (Phorme, Smilace, Tofieldie, etc.); elles sont rarement verticillées par deux (Maïanthème), par trois ( Trille), par quatre (Parisette). Elles sont ordinairement sessiles, à limbe rubané et rectinerve plus ou moins engainant, parfois épais et charnu (Aloès, Bulbine), ou cylindrique et creux (Ail). Il y a quelquefois un pétiole (Funkie, Smilace, etc.); dans les Smilaces, il porte de chaque côté, au-dessus de la gaine, un filament enroulé en vrille, qui représente une stipule ou une foliole. Dans les Asperges et les Fragons, les feuilles sont réduites à de petites écailles, à l’aisselle de chacune desquelles se développent, soit plusieurs rameaux verts en forme d’aiguilles, dépourvus de feuilles, c’est-à-dire réduits à leur premier entre-nœud (Asperges), soit un seul rameau qui produit aussitôt en arrière une large préfeuille verte et avorte au-dessus d’elle (Fragon).
La tige et les feuilles renferment quelquefois des cellules sécrétrices, associées en files longitudinales et contenant soit des raphides et de la gomme (Jacinthe, etc.), soit de la résine (Ail, Aloès, etc.) (voir fig. 422, p. 622).
Les racines adventives sont quelquefois épaissies, uniformément par le grand développement de l’écorce (Asperge), ou localement en forme de tubercule par le renflement du parenchyme du cylindre central (Asphodèle, Anthéric). Dans les plantes dont la tige produit des faisceaux libéroligneux secondaires, la racine, à partir d’un certain âge, se comporte de la même manière.
Fleur. — L’inflorescence est très variable. Les fleurs sont parfois solitaires, terminales (Tulipe, Érythrone, Trille, Parisette, etc.), ou axillaires, comme dans le Streptope, où le pédicelle est concrescent avec la tige jusqu’au nœud suivant. Le plus souvent, elles sont groupées en épis ou en grappes, simples
MONOCOTYLÉDONES
(Jacinthe, Muscare, Ornithogale, Tofieldie, etc.) ou composés (Yuque, Aloès, Vératre, etc.), parfois en grappe d’épis (Dragonnier) ; quelquefois, ce sont des corymbes pauciflores (Colchique) ou des ombelles (Smilace). Ailleurs, ce sont des cymes unipares scorpioïdes, géminées (Hémérocalle) ou groupées soit en ombelle (Ail, Agapanthe), soit en grappe (Gagée, Hémérocalle, Phorme), ou des cymes unipares héliçoïdes, simples et pauciflores (Fragon), géminée' (Asperge) ou disposées en grappe (Asphodèle jaune, Lis blanc). Dans les Fragons, le pédicelle commun est concrescent avec sa large préfeuille dans son premier entre-nœud, de sorte que la cyme florale paraît s’insérer sur la face inférieure et ventrale de cette préfeuille.
Le pédicelle floral est souvent dépourvu de bractées ; ailleurs, il porte une bractée située latéralement un peu en arrière (Scille, Jacinthe, etc.), quelquefois deux bractées latérales, rapprochées et parfois concrescentes en arrière (Dragonnier), trois bractées concrescentes, deux latérales et une en avant (Tofieldie), ou même sept bractées, deux inférieures et cinq supérieures concrescentes (Aphyllanthe).
La fleur se compose en général de cinq verticilles ternaires alternes et réguo liers (fig. 995), le premier toujours successif, le
second tantôt successif (Aloès, Lis, etc.), tantôt simultané (Asperge, etc.), les trois autres. toujours simultanés . En l’absence de toute bractée sur le pédicelle , le troisième sépale est toujours antérieur (fig. 995). Quand le pédicelle porte une bractée, ce troisième sépale est ordinairement postérieur ; mais quelquefois il se trouve placé latéralement en arrière, de sorte que le second sépale est antérieur et que le calice se trouve, en définitive, orienté comme lorsqu’il n’y a pas de bractée (Hémérocalle, etc.). Quand le pédicelle porte deux bractées, le second sépale est postérieur (Dragonnier, etc.); quand il en porte trois, c’est le premier sépale qui est postérieur (Tofieldie). Dans tous les cas, l’orientation des diverses parties de la fleur trimère se trouve par là déterminée.
La fleur est dimère avec sépales latéraux dans les Maïanthème, Stémone, Croomie, Stichoneure; tétramère avec deux des sépales latéraux dans l'Aspidistre; trétramèrc encore dans la Parisette quadrifoliée, où les sépales alternent avec les feuilles du verticille sous-jacent ; pentamère dans la P. polyphylle.
Calice et corolle sont réguliers, concolores et pétaloïdes, quelquefois assez, différents (Parisette, Trille), rarement sépaloïdes (Aphyllanthe, Anguillaire, Burchardie). Le périanthe est parfois un peu irrégulier, avec commencement de symétrie par rapport au plan médian (Hhinopétale) ; dans les Weldénie et Hétérosmilace, la corolle avorte ; dans les Gilliésie et Miersie, le périanthe porte une couronne.
Les étamines des deux rangs sont ordinairement semblables, à filets quelque
de l’Ornithogale à ombelle ( Orni thogalum umbellatum).