OMBELLIFÈRES
Siebères, Peucédans et Buplèvres), encore plus rarement des arbres (quelques Peucédans américains, certains Panicauts de l’île Juan Fernandez) ; les herbes ont leur tige souvent cannelée, et creuse par la prompte disparition de la moelle. Les feuilles sont isolées, rarement opposées (Spananthe, Bowlésie), munies d’une gaine très développée, parfois simples à limbe tantôt entier, reclinerve (Buplèvre) ou en. écusson (Hydrocotyle), tantôt palmatilobé (Sanicle), le plus souvent composées pennées à un ou plusieurs degrés, ordinairement sans stipules, quelquefois munies de petites stipules écailleuses (Hydrocotyle, Micropleure, Bowlésie, Spananthe, divers Azorelles et Mulins). Racines, tige et feuilles sont traversées par des canaux sécréteurs oléifères. Dans la structure primaire de la racine, ces canaux, creusés dans l’épaisseur du péricycle, sont disposés en arc vis-à-vis de chaque faisceau ligneux (voir p. 688) ; il y a, de plus, un canal isolé au milieu du bord externe de chaque faisceau libérien. On sait quelle influence ces canaux sécréteurs péricycliques exercent sur le lieu de formation des radicelles, dont ils doublent, dans tous les cas, le nombre des rangées longitudinales (voir p. 712). Dans la structure primaire de la tige et dans les feuilles, les canaux sécréteurs occupent à la fois le parenchyme cortical et le péricycle en dehors du liber des faisceaux libéroligneux ; dans la structure secondaire de la tige et de la racine, il se forme de nouveaux canaux oléorésineux qui sont situés dans le liber secondaire.
Fleur. — Les fleurs sont petites, disposées en ombelles rarement simples (Astrance, fig. 149, p. 345, Hydrocotyle, Sanicle), le plus souvent composées (fig. 153, p. 346), quelquefois groupées en grappes composées (Dorème) ; c’est de cette disposition presque constante que la famille a tiré son nom ; il n’y a d’exception que pour le Panicaut, dont les fleurs sont en capitule. L’ombelle est tantôt dépourvue, tantôt munie d’une fleur terminale ; dans ce dernier cas (Dauce carotte, Sanicle d’Europe, Cicutaire vireuse, Berce sphondyle, Coriandre cultivé, etc.), cette fleur terminale diffère des autres par un pédicelle plus court et plus épais, par une disposition différente des organes sexués, parfois même par une autre couleur, comme on le voit dans la Dauce carotte, où elle est rouge noir. Les bractées mères sont rarement toutes développées (Panicaut); le plus souvent, celles des fleurs extérieures de l’ombelle se développent seules pour former l’involucre autour de l’ombelle générale, les involucelles autour des ombelles partielles ; mais l’involucre et les involucelles peuvent aussi avorter, séparément ou en même temps. Les fleurs sont régulières, rarement zygomorphes avec développement prédominant de la face antérieure, tournée vers la périphérie de l’ombelle (Coriandre, Berce, fig. 178, p. 366). Elles sont hermaphrodites, assez souvent polygames monoïques (Astrance, Cerfeuil, etc.), rarement unisexuées dioïques (Arctope, certains Trinies et Aciphylles). Quand il y a polygamie, les fleurs hermaphrodites ou femelles, seules fertiles, occupent tantôt le milieu de l'ombelle, tantôt les ombelles supérieures et les plus âgées de la plante, tandis que les mâles sont situées respectivement soit au pourtour de l’ombelle, soit dans les ombelles inférieures et les plus jeunes de la plante. La fleur est pentamère, avec un seul verticille à l’androcée (fig. 1157), et son organisation générale s’exprime par la formule : F= (5S -f- 5P-+- 5E -}- 2C).
DICOTYLÉDONES
Le calice, dont le sépale médian est postérieur, est rarement bien développéau-dessus du niveau où il est séparé de la corolle; les sépales sont alors tantôt verts (Panicaut, Sanicle, Astrance), tantôt pétaloïdes (Hermade, Azorelle dichopétale) ; le plus souvent, il est réduit à de petites dents ou à peine prolongé. Les pétales, toujours libres au-dessus du calice, rarement plans, le plus souvent, enroulés en dedans, sont d’ordinaire égaux, parfois l’antérieur plus grand, les deux postérieurs plus petits, ce qui rend la fleur zygomorphe (Coriandre, Berce, fig. 178, p. 366), très rarement nuis de îa^nêu^du'^^n icaut (divers Actinotes). Les étamines ont leurs filets libres aucnampètre ( Eryngium dessus de la corolle, courbés en dedans, avec des anthèresintroses à quatre sacs s’ouvrant par deux fentes longitudinales. Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l'ovaire, qui est infère(fig. 1157), est composé de deux carpelles médians, fermés, concrescents en un ovaire biloculaire qui renferme dans chaque loge, attaché au sommet de la cloison, un seul ovule analrope pendant, à raphé interne et unitégumenté (voir fig. 257, p. 401); l’ovaire se termine par deux styles libres, recourbés en dehors après la fécondation, avec des stigmates globuleux. Rarement le carpelle postérieur avorte dans sa région ovarienne en laissant subsister son style (Echinophore, Actinote, Pétagnie), ou bien, au contraire, il se développe dans sa portion ovarienne en faisant avorter son style, tandis que le carpelle antérieur avorte dans son ovaire en conservant son style (Lagécie) ; le pistil est alors constitué par une loge et un style appartenant à deux carpelles différents. Ce n'est qu’exceptionnellement qu’on rencontre çà et là trois et jusqu’à cinq carpelles. Autour de la base des styles, le tissu de la face dorsale des carpelles se renfle et forme deux coussinets
nectarifères distincts, confluant quelquefoisen unanneaucontinu(Panicaut,fig.H58et fig. 257) Fruit et graine. — Le fruit est un diakène (fig. 1159 et 1160), dont les moitiés se séparent quelquefois complètement (Panicaut, Hydrocotyle, etc.), mais le plus souvent laissent subsister, dans le prolongement du pédicelle, un filament dont elles se détachent de bas en haut, tandis que lui-même se fend de haut en bas en deux branches portant les deux akènes à leur sommet (fig. 1159); ce filament n’est autre chose que la portion centrale de la cloison contenant les faisceaux marginaux des carpelles. Une des loges avorte quelquefois, et le fruit devient un simple akène (Echinophore, etc.). Les dix faisceaux libéro-
Fig. 1158. — Fleurd'Hydrocotyle ( Hydrocotyle ) coupée en long.
Fig. 115d. — Diakène de Fenouil ( Fœniculum ) , se séparant.
Fig. 1160. — Diakène d’Ombellifère dorsale; 2, face commissurale.
1, face