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II. Ombelles composées. Pas de côtes secondaires

4. Echinophorées. — Un carpelle avorté : Echinophore ( Echinophora ), Pycnocycle (Pycnocycla).

5. Ammlnées. — Fruit comprimé latéralement : Ciguë ( Conium ), Maceron ( Smyrnium ), Buplèvre ( Bupleurum ), Ache (Apium), Cicutaire (Cicuta), Amme ( Ammi ), Care {Carum), Berle [Sium), Boucage (Pimpinella), Cerfeuil [Chærophyllum), Scandice ( Scandix ), Anthrisque ( Anthnscus ), etc.

6. Séséunées. — Fruit cyündrique : Sésèle ( Seseli ), Fenouil ( Fœniculum ), OEnanthe

DICOTYLÉDONES

(Œnanthe), Ethuse [Æthusa), Livèche ( Ligusticum ), Sélin ( Selinum ), Angélique ( Angelica ), etc.

7. Peucédanées. — Fruit comprimé par le dos : Férule ( Ferula ), Peucédan ( Peuce danum), Berce (Heracleum), Tordyle (Tordylium), etc.

JII. Ombelles composées. Des côtes secondaires.

8. Caucamoées. — Côtes secondaires obtuses : Dauce ( Daucus ), Caucalide ( Caucalis ) B i fore (. Bifora ), etc.

9. Lasehpitiées. — Côtes secondaires ailées : Laser (Laserpitium), Thapsie ( T/tapsia ) Eléosélin ( Elæoselinum ), etc.

Familles rattachées aux Ombellifères. — Aux Ombellifères se rattachent trois familles ayant comme elles l’androcée composé d’un seul verticille d’étamines : ce sont les Araliées , les Pittosporées et les Cornées , dont il suffira de tracer brièvement les principaux caractères.

Araliées. — Les Araliées comprennent 88 genres, avec environ 340 espèces, la plupart tropicales; on en a trouvé 2 espèces dans le terrain crétacé et 53 dans les couches tertiaires, parmi lesquelles 39 appartiennent au genre Aralie, les autres aux genres Panace, Cussonie et Lierre. Ce sont des arbres ou des arbustes, qui grimpent quelquefois à l’aide de racines adventives (Lierre, Tupidanthe), rarement des herbes vivaces (Stilbocarpe, quelques Arabes) ; les feuilles sont isolées, très rarement opposées (certains Panaces et Arthrophylles), tantôt simples à nervation et découpures palmées ou pennées, tantôt composées palmées ou pennées, pourvues de stipules concrescentes avec la base du pétiole. Tige, racines et feuilles sont parcourues par des canaux sécréteurs oléorésineux, disposés comme chez les Ombellifères et qui, dans la racine, entraînent les mêmes conséquences au point de vue de la disposition des radicelles (voir p. 688 et 707).

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites ou polygames, rarement unisexuées dioïques (Méryte), disposées en grappes d’ombelles ou de capitules. Elles sont le plus souvent pentamères (Lierre, fig. 1161, A, Aralie, Panace. fîg. 1161, /?, etc.), parfois tétramères (Cuphocarpe), ou, au contraire, sur un type plus élevé : 5-8 (Gilibertie, Polysciade), 8-12 (Trévésie), 10-15 (Gastonie) ou davantage (Brassaie).

Le calice est ordinairement très peu développé au-dessus du niveau, où il devient libre; quelquefois pourtant ses lobes sont assez grands (Delarbrée,

Myodocarpe). La corolle a ses pétales libres, parfois soudés au sommet et rejetés en forme de coiffe, comme dans la Vigne (Sciadophy lie, Tupidanthe). Les étamines sont en même nombre que les pétales et alternes avec eux (fig. 1161), libres, à anthères oscillantes, introrses, àquatresacs s’ouvrant enlong. Rarement elles subissent une ramification qui en multiplie indéfinimentle nombre (Plérandre, Tétraplasandre, Tupidanthe). Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, est composé de carpelles clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, qui contient dans chaque loge un ovule anatrope pendant à raphé interne et unitégumenté ; il est terminé par autant de styles libres ou concrescents sur une plus ou moins grande

Fig. 1161. — Diagramme floral: A , du Lierre grimpant ( Hedera Hélix); B, du Panace quinquéfolié ( Panax quinquefo lium).

. PITTOSPORÉES. 169»

longueur. Il y a parfois autant de carpelles que de sépales, ils sont alors épipétales (Lierre, fig. 1161, A, Arabe, Pentapanace, etc.); ailleurs, ils sont en nombre moindre : deux médians (Hétéropanace, la plupart des Panaces, fig. 1161, B) ou un seul (Cuphocarpe, Arthrophylle, etc.); ailleurs encore, ils sont en nombre plus grand : 5-10 (Schefflère), 7-10 (Tétraplasandre), 5-20 (Plérandre), parfois jusqu a 100 (Tupidanthe). Autour des styles, la face dorsale des carpelles se renfle en un anneau nectarifère, parfois lobé (Stilbocarpe, Horsfieldie).

Le fruit est ordinairement une drupe à autant de noyaux qu’il y a de carpelles, rarement un diakène comme dans les Ombellifères, mais sans filament axile (Horsfieldie, Delarbrée, certains Panaces), ou une disamare (Myodocarpe). La graine renferme un abondant albumen charnu ou corné, et un petit embryon droit dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et avec le plan médian du carpelle.

Principaux genres : Arabe ( Aralia ), Pentapanace ( Pantapanax ), Panace ( Panax ), Fatsie ( Fatsia ), Sciadophylle ( Sciadophyllum ), Gussonie ( Cussonia ), Oréopanace ( Oreopanax ), Lierre ( Hedera ), Plérandre ( Plerandra ), etc.

Les Araliées se rattachent intimement aux Ombellifères, dont on pourrait les considérer comme n’étant qu’une tribu, caractérisée par un fruit drupacé. Elles sont aromatiques comme les Ombellifères et jouissent de propriétés analogues; les feuilles du Panace arbrisseau, par exemple, servent de condiment comme celles du Persil ; on mange les jeunes pousses de l’Arabe comestible; la moelle de la Fatsie papyrifère sert à fabriquer le papier de Chine.

Pittosporées. — Les Pittosporées comprennent 9 genres, avec 90 espèces; les 50 qui forment le genre Pittospore sont répandues dans les régions chaudes de l’ancien continent; les autres sont propres à l’Australie. On en connaît 9 espèces fossiles tertiaires, savoir : 8 Pittospores et 1 Bursaire. Ce sont des arbustes dressés (Pittospore) et parfois épineux (Bursaire, etc.), ou flexueux et volubilos à droite (Marianthe, Sollie, etc.), à feuilles isolées simples et sans stipules, à limbe entier. Ils sont munis de canaux sécréteurs oléorésineux, disposés comme chez les Ombellifères et les Araliées ; dans la structure primaire de la racine, notamment, ils sont situés dans le péricycle et il en résulte que la disposition des radicelles est dans tous les cas diplostique (voir p. 688 et 707).

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, tantôt solitaires, tantôt groupées en grappes simples ou composées, pentamères avec un pistil ordinairementdimère (fig. 1162).

Les sépales sont libres; les pétales sont souvent accolés en tube bord à bord dans la moitié de leur longueür; les étamines, épisépales et libres ou accolées à la corolle, ont les anthères introrses à quatre sacs s’ouvrant par deux n.

, F'S- H62. — Diagramme

fentes longitudinales, rarement par deux pores au som- de la fleur du putosijore

met (Cheiranthère). Les deux carpelles médians sont (Pittosporum To-

concrescents, tantôt ouverts dans toute leur longueur

(Citriobate, Pronaie), tantôt fermés dans leur moitié inférieure seulement

(Pittospore, Bursaire, etc.), ou dans toute leur étendue (Marianthe, Sollie,

DICOTYLÉDONES

Cheiranthère, etc.), portant dans tous les cas sur leurs bords deux rangs d’ovules anatropes horizontaux. Le fruit est une capsule loculicide (Pittospore, Bursaire, Marianthe, Cheiranthère) ou une baie (Citriobate, Solüe, Billardière). La graine renferme un albumen dur et un petit embryon à cotylédons très courts.

Principaux genres : Pittospore ( Pittosporum ), Bursaire ( Bursaria ), Marianthe [Mariant hus), Cheiranthère ( Cheiranthera ), etc.

Les Piltosporées ressemblent aux Ombellifères et aux Araliées par la nature et la disposition de leurs canaux sécréteurs. Sous ce rapport, ces trois familles forment ensemble un groupe nettement caractérisé vis-à-vis de toutes les autres Phanérogames. Les Pittosporées diffèrent des Ombellifères et des Araliées par l’ovaire supère, les ovules nombreux la placentation en partie pariétale et la nature du fruit.

Cornées. — Les Cornées comprennent 12 genres, avec environ 80 espèces^ habitant la plupart les climats tempérés de l’hémisphère boréal ; on en connaît 16 espèces fossiles tertiaires, appartenant toutes au genre Cornouiller. Ce sont des arbustes ou des arbres, rarement des herbes, à feuilles opposées, très rarement isolées (Mariée, Corokie, etc.), simples et sans stipules, à limbe entier ou denté. On n’y observe pas ces canaux sécréteurs qui caractérisent les trois familles précédentes.

Les fleurs sont petites, régulières, hermaphrodites (Cornouiller, Mariée, etc.), ou unisexuées (Aucube, Garrie, etc.), tétramères (fig. 1163), rarement pentamères (Corokie, Torricellie), disposées en grappes, ombelles, capitules ou en grappes d’ombelles, avec des bractées mères F'de kOcüiTï du CornouTi- f°rmant un involucre parfois pétaloïde (Cornouiller fleuri,

1er sanguin (Comvs san- C. de Suède). Dans les Helwingies, le pédicelle de l’inflo-

9mnea'>- rescence est concrescent avec la feuille mère et ne se déta-

che de sa nervure médiane que vers le milieu de sa hauteur.

Le calice ne prolonge ses sépales que sous forme de petites dents au-dessus du niveau où il devient libre : la corolle a ses pétales libres, rarement cohérents en tube (Mariée), quelquefois munis d’appendices ligulaires formant une couronne (Corokie), parfois nuis (Garrie). Les étamines sont en môme nombre que les pétales et alternes avec eux, libres au-dessus de la corolle, à anthères oscillantes, rarement basifixes (Mariée, Garrie), introrses, munies de quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur del’ovaire, est formé de deux carpelles médians(fig. 1163), fermés et concrescents en un ovaire biloculaire dont chaque loge contient un ovule anatrope pendant, à raphé externe, unitégumenté ; l’ovaire est terminé par un style unique, avec un stigmate entier ou bilobé; le carpelle postérieur avorte quelquefois (Aucube) ; ailleurs, au contraire, il y a quatre carpelles épipétales (Curtisie). Dans les Garries, les deux carpelles demeurent ouverts et chacun des deux placentes pariétaux porte un ovule à raphé interne. Autour de la base des styles, la face dorsale des carpelles se renfle en un anneau nectarifère, parfois rudimentaire (Garrie). Pour les Cornouillers, la formule florale est : F — (4S + 4P + 4E -f- 4C).

ÉRICACÉES.

Le fruit est une baie (Aucube, Garrie), ou une drupe à un seul noyau biloculaire (Cornouiller, Benthamie), ou à deux noyaux (Helwingie) ; dans la Benthamie, toutes les drupes du capitule se soudent ensemble en un fruit composé, qui ressemble à une fraise. La graine renferme un abondant albumen charnu et un embryon droit à larges cotylédons, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument et avec le plan médian du carpelle.

Principaux genres : Cornouiller (Cornus), Benthamie ( Benthamia ), Grisélinie ( Griselinia ), Aucube ( Aucuba ), Garrie ( Garrya ), etc.

Les Cornées produisent des fruits comestibles (Cornouiller, Benthamie, etc); les Cornouillers donnent, en outre, un bois très dur et une écorce fébrifuge (Cornouiller fleuri, etc.). Cette famille se rattache aux Araliées, dont elle diffère par l’absence de canaux sécréteurs et par l'épinastie de l'ovule. Ce dernier caractère, joint à la tétramérie des fleurs, rapproche les Cornées des Haloragées, dont elles se distinguent par l’isostémonie et par le fruit charnu.

Résume des Dialypétales inféro variées du type isostémone . — En résumé, et à part les exceptions, les quatre familles de l’ordre des Dialypétales inférovariées qui se rattachent au type isostémone peuvent être distinguées

comme il suit :

/ l Diakèae Ombellifères.

Canaux sécréteurs. Carpelles ) umovu es- •• f Drupe Araliées.

( multiovulés Pittosporées.

Pas de canaux sécréteurs Cornées.

OBDRE Y

GAMOPÉTALES SUPÉROVARIÉES

L’ordre des Gamopétales supérovariées comprend trente familles; on en choisira trois pour y rattacher toutes les autres. Ces trois familles types sont les Ericacées, les Solanacées et les Scrofulariacées, que l’on peut caractériser d’un mot comme il suit :

Étamines

en deux verticilles

en un verticille. Fleur ! r^8"lièie. • • I zygoinorphe

Scrofulariacées.

Solanacées.

Ericacées.

La première réalise le type diplostémone et correspond, parmi les Dialypétales supérovariées, aux Géraniacées; les deux autres affectent le type isostémone et répondent ensemble aux Célastracées. Cet ordre ne comprend aucune famille correspondant au type polystémone, c’est-à-dire aux Renonculacées, ni au type méristémone, c’est-à-dire aux Malvacées.

famille 16

Éric acées.

Appareil végétatif. — Les Éricacées sont des arbustes ou des arbres, rarement des herbes (Pyrole), parfois dépourvues de chlorophylle et humicoles

(Monotrope, Allotrope, etc.

DICOTYLÉDONES

Leurs feuilles sont isolées, assez souvent aussi

Fig . 1164. — Diagramme de la fleur de la Bruyère cendrée (Erica cinerea).

Fig. 1165. — Diagramme (le la fleur du llosage hirsute ( H/ioilodendron hirsufum).

erticillées, rarement opposées (quelques Bruyères et Gaulthéries), simples et sans stipules, fréquemment persistantes, parfois réduites à des écailles incolores (Monotrope, etc.).

Fleur. — Les Heurs sont régulières, rarement zygomorphes avec développement prédominant du côté antérieur (Rosage, etc.), hermaphrodites, groupées en épis (Callune vulgaire, etc.), grappes (Airelle vigne-d’Ida), ombelles (Bruyère tétralice, etc.), rarement solitaires (Airelle myrtille, etc.). Elles sont le plus souvent pentamères (fig.

1165), assez fréquemment aussi tétramères (Bruyère, iig. 1164, Callune, Blérie, Monotrope, fig.

1166, Airelle, Canneberge, etc.) ; l'androcée comprend deux verticilles d’étamines et la formule peut s’écrire : F — 5S + (5P) + 5E + 5E' -f- (5C).

Le calice a ses sépales libres (Bruyère, Callune, etc.) ou plus ou moins concrescenls (Rosage, Airelle, etc.), parfois pétaloïdes (Callune vulgaire, etc.), quelquefois avortés (Monotrope) ; dans la fleur pentamère, le second sépale, qui est médian, est placé tantôt en arrière, comme c’est le cas habituel (Bruyère, Pyrole, etc.), tantôt en avant comme dans les Papilionacées (Rhodore, Rosage, fig. 1165, etc.). La corolle, caduque (Rhodore, etc.)ou persistante (Bruyère, etc.), a ses pétales ordinairement concrescents, sur une longueur plus ou moins grande, quelquefois entièrement libres (Lédon, Monotrope, Pyrole, Airelle, Canneberge, etc.), rarement nuis (Allotrope). L’androcée se compose de deux verticilles alternes d’étamines; les épipétales avortent quelquefois (Blérie, Salaxide, Grisebachie, Loiseleurie, Notopore, certains Ledons et Rosages, etc.) ; ou bien, au contraire, il se fait un dédoublement qui porte

à 20 ou 30 le nombre des étamines (divers Rosages). Les filets sont indépendants de la corolle et les uns des autres, rarement concrescents avec la corolle à sa base (Lagénocarpe, Notopore, Loiseleurie) ; les anthères sont introrses, rarement extrorses (Pyrole), parfois munies d’appendices en forme de cornes (Arbousier, fig. 1167, Andromède, Airelle, etc.) (voir aussi fig. 202, p. 375) ; elles sont pourvues de quatre sacs s’ouvrant par des pores terminaux, quelquefois par des pores situés à la base (Pyrole) ou sur le dos (Notopore), rarement

Fig. il 66. — Diagramme de la fleur de l’Hypopite multiflore ( Hypopitys multiflora).

Fig. 1167. — Etamine d’Arbousier ( Arbutus ), avec les cornes x de l'anthère a.

ÉRICACÉES.

par des fentes longitudinales (Monotrope), pour mettre en liberté un pollen composé de tétrades, rarement simple (Cléthre, Cheilothèce).

Le pistil se compose de carpelles fermés et concrescents en un ovaire pluriloculaire (fig. 1164-1166) (voir aussi fig. 237, p. 389), contenant à l’angle interne de chaque loge un grand nombre d’ovules anatropes, rarement un petit nombre (Philippie), deux (Callune) ou un seul (Grisebachie, Simocheile, Salaxide, Arctostaphyle, etc.); les carpelles demeurent parfois ouverts et la placentation est pariétale (Cheilothèce, Pleuricospore). L’ovaire porte un style unique, terminé par autant de stigmates correspondant aux cloisons et, par conséquent, d’origine commissurale, autour desquels le style forme un bourrelet ou une manchette; les stigmates sont rarement dorsaux (Cléthre). Les carpelles sont en même nombre que les sépales et alternent avec eux; ils se réduisent quelquefois àr 2-3 (Loiseleurie, Cléthre, etc.) ou, au contraire, sont •en nombre double de celui des sépales (Rosages de la section Booram). Le pistil peut être concrescent avec l’ensemble des verticilles externes dans la moitié ou dans la totalité de la longueur de l’ovaire, qui devient de la sorte à demi (Chiogène) ou tout à fait infère (Airelle). Les loges de l’ovaire sont parfois subdivisées en deux par une fausse cloison (Gaylussacie).

Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide (Bruyère, Pyrole, etc.) ou septicide (Rosage, etc.), dans laquelle les bords placentaires se séparent du reste des cloisons et demeurent unis en une colonne axile; c’est rarement une baie (Arbousier, Airelle, etc.) ou une drupe (Arctostaphyle, Gaylussacie). La capsule est parfois enveloppée par le calice persistant et devenu charnu, ce qui donne au fruit l'aspect d’une baie (Gaulthérie, Diplycosie). La graine est petite et contient un albumen charnu avec un embryon droit à cotylédons •courts, quelquefois non différencié et se réduisant à un petit amas de neuf cellules (Monotrope).

Principaux genres. — La famille des Éricacées comprend 87 genres, avec environ 1330 espèces, dont 400 pour le seul genre Bruyère, croissant en grande majorité dans les climats tempérés et chauds. On en connaît environ 80 espèces fossiles trouvées dans le crétacé et le tertiaire, appartenant la plupart à des genres encore vivants, notamment aux Bruyère, Andromède, Arbousier, Airelle, Monotrope, etc. Plusieurs de ces plantes donnent des fruits comestibles, notamment les Arbousiers, les Airelles, les Gaulthéries, etc. ; elles sont riches en tannin et plusieurs servent à tanner les peaux (Arbousier, etc.). On en cultive un grand nombre pour la beauté de leurs fleurs (Bruyères, Rosages. Azalées, etc.).

Les genres sont groupés en cinq tribus, de la manière suivante :

1. Ericées. — Plantes ligueuses, sépale médian postérieur, ovaire supère, capsule loculi-

cide : Arbousier (Arbutus), Arctostaphyle (Arctostaphylos), Gaulthérie ( Gaultheria ), Andromède ( Andromeda ), Piéride ( Pieris ), Bruyère ( Erica ), Calluue [Calluna] , Grisebachie {Grise bachia), Simocheile ( Simocheilus ), Salaxide (Salaxis), etc.

2. Rhododendrées. — Plantes ligneuses, sépale médian antérieur, ovaire supère, capsule

septicide : Kalmie ( Kalmia ), Lédon (Ledit m), Béfarie (Befaria), Rosage (Rhododendron), Azalée ( Azalea ), Menziesie ( Menziesia ), etc.

3. Vacciniées. — Plantes ligneuses, ovaire infère : Macleanie ( Macleania ), Cératostemme

( Ceratostemma ), Cavendishie ( Cavendishia ), Agapèthe ( Agapethes ), Gaylussacie ( Gay lussacia), Airelle ( Vaccinium), etc.

4. Pvrolées. — Herbes vivaces : Pyrole (. Pyrola ), Chimaphile ( Chimapliila ), etc.

5. Monotkopées. — Plantes sans chlorophylle : Monotrope ( Monotropa ), Hypopite ( Ihjpo -

pilys), Cheilothèce ( Cheilotheca ), etc.

Familles rattachées aux Éricacées. — Aux Éricacéesse rattachent plus ou moins directement dix familles ayant, comme elles, l’androcée composé typiquement de deux verticilles alternes : ce sont les Epacridées, Diapensiacées, Lennoées, Cyrillées, Primulacées, Plombaginées, Myrsinées, Sapolées, Ebénacées et Styracées, dont nous allons esquisser sommairement les principaux caractères.

Épacridées. — Les Épacridées comprennent 26 genres, avec environ 320 espèces, dont la plupart habitent l’Australie extratropicale; on en rencontre aussi à la Nouvelle-Zélande et à la Nouvelle-Calédonie. Ce sont des .arbustes ou de petits arbres à feuilles persistantes, isolées, rarement opposées (Needhamie), simples et sans stipules. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, solitaires ou groupées en épis ou en grappes, pentamères avec le sépale médian postérieur.

La corolle a parfois ses pétales entièrement libres (certains Lysinèmes et Sprengélies), ou, au contraire, complètement concrescents en forme de coiffe qui, à l’épanouissement, se détache circulairement à la base (Richée). L’androcée se réduit constamment aux cinq étamines épisépales, les autres ayant avorté; les filets sont tantôt concrescents avec le tube de la corolle (Épacride', Lysinème, etc.), tantôt indépendants de ce tube comme dans la presque totalité des Éricacées (Dracophylle, Andersonie, etc.) ; les anthères sont introrses, à deux sacs polliniques s’ouvrant par une seule fente longitudinale; le pollen est en tétrades ou en grains simples. Le pistil se compose de cinq carpelles épipétales, fermés et concrescents en un ovaire à cinq loges (fîg. 1168), renfermant chacune dans l’angle interne tantôt un seul ovule Flfë kfielirde îLyao-ide anatrope pendant (Styphélie, Leucopoge, etc.), tantôt

longiflore (Epacris ion- un grand nombre de pareils ovules (Epacride, Sprengélie, etc.); le nombre des carpelles s’abaisse quelquefois à deux (certains Lcucopoges) ou à un seul (Monotoce), ou, au contraire, s’élève jusqu’à 10 (Décaspore, Trochocarpe). Le style est unique et terminé par des stigmates commissuraux bordés d’un anneau.

Le fruit est tantôt une drupe à un (Styphélie, etc.) ou plusieurs noyaux (Trochocarpe, etc.), tantôt une capsule loculicide (Épacride, Lysinème, etc.). La graine est petite et contient un albumen charnu avec un embryon droit et cylindrique.

Les genres se groupent en deux tribus :

1. Epacp.ées. — Loges pluriovulées, capsule loculicide : Epacride (Epacris), Lysinème

( Lysinema ), Audersonie ( Andersonia ), Richée (Ric/iea), Dracophylle (Dracophyllum), etc.

2. Styphéliées. — Loges uniovulées, drupe : Styphélie (Styphelia), Leucopoge ( Leucopogon },

Cyathode ( Cyathodes ), Trochocarpe ( Trochocarpa ), etc.

La principale différence entre les Épacridées et les Éricacées réside, comme on voit, dans les anthères à deux sacs, s’ouvrant par une seule fente longitudinale.

DIAPENSIACÉES — LENNOÉES — CYRILLÉES. 1701

Diapensiacées. — Les Diapensiacées ne renferment que 6 genres, avec 8 espèces, dispersées dans les régions tempérées et froides de l’Europe, de l’Amérique boréale et du Japon. Ce sont des arbrisseaux à nombreuses petites feuilles serrées (Diapensie, etc.) ou des herbes portant un petit nombre de grandes feuilles (Galace, etc.). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, solitaires (Diapensie, Sbortie), groupées en grappes (Berneuxie) ou en capitules (Galace, etc.), pentamères avec un seul verticille d’étamines, les épipétales étant réduites à des staminodes (Galace, Shortie, etc.) ou complètement avortées (Diapensie, etc.). Les filets sont concrescents avec le tube de la corolle; les anthères sont introrses, munies de deux (Galace) ou de quatre sacs (Berneuxie), s’ouvrant par une fente transversale (Pyxidanthère, fig. 201, p. 375, Galace) ou par deux fentes longitudinales (Berneuxie) ; leur pollen est formé de grains simples. Le pistil se compose de trois carpelles clos et concrescents en un ovaire triloculaire, renfermant dans l’angle interne de chaque loge un gand nombre d’ovules anatropes et terminé par un style simple à stigmates non bordés d’un anneau. Le fruit est une capsule loculicide. La graine renferme un petit embryon droit et cylindrique dans l’axe d’un albumen charnu.

Les genres se groupent en deux tribus :

1. Diapensiérs. — Corolle persistante, pas de staminodes : PyxidaDthère ( Pyxidanthera ),

Diapensie ( Diapensia ).

2. Galacées. — Corolle caduque, cinq staminodes : Galace ( Galax ), Shortie ( Shortia ), Schi-

zocode ( Schizocodon ), Berneuxie ( Berneuxia ).

Ce petit groupe se relie étroitement aux Éricacées, dont il diffère surtout par la concrescence des étamines avec la corolle, le pollen simple et le stigmate non entouré d’un anneau.

Lennoées. — La petite famille des Lennoéesne renferme que 3 genres, avec 4 à 5 espèces, vivant au Mexique et en Californie. Ce sont des herbes parasites, sans chlorophylle, à feuilles réduites à des écailles, à port de Monotrope ; les fleurs sont régulières, hermaphrodites, disposées en épi (Pholisme) ou en cyme contractée en forme de corymbe (Lennée) ou de capitule (Ammobrome). Il y a 5 (Pholisme), 6-10 (Ammobrome) ou 8 sépales (Lennée), autant de pétales concrescents, autant d’étamines alternes avec les pétales et concrescentes avec eux, dont les anthères, munies de quatre sacs, s’ouvrent par deux fentes longitudinales et émettent des grains de pollerl libres; enfin, les carpelles, clos et concrescents, biovulés, sont au nombre de 8 à 14, mais divisés par autant de fausses cloisons en 16 à 28 logettes, contenant chacune un ovule anatrope. Le fruit est une drupe à autant de noyaux que de logettes. La graine renferme un albumen amylacé avec un petit embryon homogène et globuleux.

Genres : Pholisme ( Pholisma ), Ammobrome ( Ammobroma ), Lennée ( Lennoa ).

Ces plantes se rattachent directement aux Monotropées, dont elles diffèrent surtout par la concrescence des étamines avec la corolle et les carpelles biovulés.

Cyrillées. — Les Cyrillées ne comptent que 3genres, avec 8 espèces, habitant les régions subtropicales de l’Amérique. Ce sont des arbustes à feuilles isolées, simples et sans stipules, persistantes, à limbe entier et coriace. Les fleurs sont

DICOTYLÉDONES

régulières, hermaphrodites, pentamères, disposées en grappes simples ou composées. Lessépalessontpersistants, libres(Coslée)ou concrescents(Cyrille, etc.) ; les pétales sont libres (Cyrille, Cliftonie) ou faiblement concrescents (Costée). L’androcée comprend tantôt deux verticilles alternes (Cliftonie, Costée), tantôt îfn seul verticille épisépale (Cyrille), l’autre avortant; les fdets sont libres et les anthères introrses à quatre sacs s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose de 5 (Costée), 3 (Cliftonie) ou 2 (Cyrille) carpelles clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, contenant dans chaque loge un seul ovule anatrope pendant, à raphé interne et dont le tégument est confondu avec le nucelle. Le fruit est une capsule loculicide (Cyrille), une trisamare (Cliftonie) ou un simple akène (Costée). La graine a un albumen charnu et un petit embryon droit.

Genres : Cyrille ( Cyrilla ), Cliftonie ( Cliflonia ), Costée ( Coslæa ).

Non seulement les Cyrillées ont les étamines indépendantes de la corolle, comme les Éricacées, mais elles sont à peine gamopétales. Parmi les Dialypétales supérovariées, c’est aux Olacacées et aux Ilicacées qu’elles semblent se rattacher le mieux.

Primulacées. — Les Primulacées comprennent 21 genres avec environ 230 espèces, croissant la plupart dans les climats tempérés de l’hémisphère boréal, notamment dans les régions alpines. Ce sont des herbes, ordinairement vivaces à l’aide d’un rhizome qui peut se renfler en tubercule (Cyclame), parfois aquatiques nageantes (Hottonie) ; les feuilles sont isolées, disposées en rosette ou éparses le long de la tige, parfois opposées (Mouron, Astérolin, etc.) ou verticillées (certaines Lysimaques), simples et sans stipules, à limbe entier, rarement lobé ou pennifide (Hottonie). La tige des Auricules est potystélique et diffère par là de celle des Primevères et de tous les autres genres de la famille (voir p. 763).

Les fleurs sont régulières, rarement zygomorphes (Coride), hermaphrodites, ordinairement pentamères (fig. 1169), solitaires (Mouron, Glauce, Trientale, etc.) ou groupées en grappes simples (Hottonie, Samole, etc.) ou composées (Lysimaque vulgaire, etc.), en ombelles (Primevère, Cortuse, etc.) ou o en capitules (Lysimaque thyrsiflore, etc.); elles sont

quelquefois hétérostylées dimorphes (voir fig. 281, p. 422).

Le calice, parfois pétaloïde (Glauce), a son sépale médian postérieur (fig. 1169); la corolle a quelquefois ses pétales libres (Apochoride, Astérolin), ou nuis (Glauce). L’androcée se compose de cinq étamines épipétales(fig. 1169), à filets concrescents avecle tube de la corolle, ou avec le calice quand la corolle manque (Glauce), a anthères introrses munies de quatre sacs s’ouvrant par deux fentes longitudinales; les étamines épisépales sont réduites à de petites dents (Samole, diverses Lysimaques et Soldanelles) ou complètement avortées. Le pistil est formé de cinq carpelles épisépales, ouverts, à bords stériles, mais munis chacun à sa base d’un appendice ligulaire portant de nombreux

Fig. iiCO. — Diagramm de la fleur de la Primevère officinale (Primula officinalis).

PRIMULACÉES — PLOMBAGINÉES.

ovales semi-anatropes rarement anatropes (Hottonie) ; ces carpelles sont concrescents à la fois par leurs bords stériles et par leurs appendices ligulaires, de manière à former un ovaire uniloculaire, traversé par une colonne renflée au sommet et chargée d’ovules; ce mode de placentation n’est qu’un développement spécial de la placentation basilaire, laquelle n’est elle-même qu’un cas particulier de la placentation pariétale (voir p. 396, fig. 252 et p. 890, fîg.373, e). Lêovaire est surmonté d’un style simple, terminé par un stigmate entier. Le pistil des Samoles est concrescent avec les trois verticilles externes dans la moitié de la hauteur de l’ovaire, qui est semi-infère. La formule florale des Primevères est : F = (5S) + (5P + 5EP) + (5C°).

Le fruit est une capsule à déhiscence suturale, dont les valves sont par conséquent superposées aux sépales (Primevère, Lysimaque, etc.), ou une pyxide (Mouron, Centoncle). La graine a un albumen charnu et un embryon droit parallèle au hile, qui est latéral.

Principaux genres : Primevère ( Primula ), Auricule ( Auricula ), Androsace ( Androsace ), Soldanelle ( Soldanella ), Cyclame (Cyclamen), Lysimaque ( Lysi machia), Mouron ( Anayallis ), Coride (Coris), Samole (Sa?nolus), etc.

Par la structure du pistil et la disposition épipétale des étamines, les Primulacées diffèrent de toutes les familles précédentes; ce double caractère les relie, au contraire, étroitement aux deux familles suivantes des Plombaginées et des Myrsinées.

Plombaginées. — Les Plombaginées comprennent 8 genres, avec environ 200 espèces, croissant la plupart sur lescôtes maritimes etsur les terrains salés de la région méditerranéenne et des contrées orientales de l’hémisphère boréal. Ce sont des herbes vivaces ou des sous-arbrisseaux, quelquefois volubiles à gauche (Dentelaire rose), à feuilles isolées, disposées an rosette ou plus rarement éparses le long de la tige, simples et sans stipules, à moitié ou tout à fait engainantes.

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, pentamères (fig. 1170), disposées en épis (Dentelaire) ou en cymes unipares héliçoïdes, groupées à leur tour en capitules (Armérie)ou en grappes (Statice). Les sépales sont concrescents, rarement libres (Vogélie), souvent membraneux; les pétales sont quelquefois libres (certains Statices) ou à peine concrescents (Egialite, divers Statices). L’androcée se réduit à cinq étamines épipétales, à filets tantôt concrescents avec la corolle (Statice, fig. 1170, etc.), tantôt libres ou seulement unis entre eux (Dentelaire, etc.), à anthères introrses munies de quatre sacs s’ouvrant en long ; les étamines épisépales sont complètement avortées. Le pistil se compose de cinq carpelles épisépales, ouverts, à bords stériles, concrescents en un ovaire uniloculaire au fond duquel se dresse une colonne placentaire de même origine que celle des Primulacées, mais ne portant au sommet qu’un seul ovule anatrope sus pendu à un long funicule ; l’ovaire est surmonté de cinq styles, libres ou concrescents sur une plus ou moins grande longueur, à stigmates épisépales.

folié ( Statice latifnlia).

DICOTYLÉDONES

Le fruit, enveloppé souvent par le calice persistant, est un akène (Slatice, Arrnérie, etc.) ou une capsule s’ouvrant irrégulièrement à la base (Dentelaire, Cératostigme, etc.). La graine a un embryon droit, muni d’un albumen amylacé plus ou moins abondant (Statice, Arrnérie, etc.) ou dépourvu d’albumen (Égialite, etc ).

Principaux genres : Acantholimon ( Acantholimon ), Statice (Statice), Arrnérie (Armeria), Dentelaire (Piumbago), etc.

Gomme il a été dit plus haut, les Plombaginées se rattachent directement aux Primulacées, dont elles diffèrent surtout par la pluralité des stigmates, l'unité et l’anatropie complète de l’ovule et l’albumen amylacé.

Myrsinées. — Les Myrsinées comptent 23 genres, avec environ 500 espèces, presque toutes tropicales. On en connaît 50 espèces tertiaires, appartenant pour la plupart aux genres encore vivants Myrsine et Ardisie. Ce sont des arbustes ou des arbres, à feuilles isolées, rarement opposées ou verticillées, simples et sans stipules, à limbe entier, souvent parsemé de petites poches sécrétrices (voir p. 628). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites (Pimélandre, Théophraste, etc.), parfois polygames dioïques (Myrsine, Ardisie, etc.) ou unisexuées dioïques (Wallénie, Comomyrsine, etc.), disposées en épis ou en grappes, pentamères (Jacquinie, Théophraste, etc.), tétramères (Gybianthe, Myrsine d’Afrique, etc.) ou hexamères (Pléioméride).

Le calice est souvent persistant; les pétales sont quelquefois libres (Embélie, certains Myrsines). L’androcée se compose d’un verticille d’étamines épipétales, à filets concrescents avec Je tube de la corolle et quelquefois entre eux (certains Clavijes), à anthères introrses (Ardisie, Myrsine, etc.), ou extrorses (Théophraste, etc.), munies de quatre sacs s’ouvrant en long, parfois subdivisés par des cloisons transversales (Egicère) ; les étamines épisépales sont remplacées par un verticille de pièces pétaloïdes (Théophraste, Jacquinie, Clavije, etc.) ou complètement avortées (Ardisie, Myrsine, etc.). Le pistil est constitué comme dans les Primulacées, et la disposition des stigmates montre aussi que les carpelles y sont épisépales; quelquefois, le nombre des carpelles y est plus petit que celui des sépales, réduit à trois, par exemple, dont un postérieur (Myrsine, etc.). Le pistil est parfois concrescent avec les trois verticilles externes, ce qui rend l’ovaire semi-infère comme dans les Airelles ou dans les Samoles (Mèse). Le fruit est une baie, parfois une drupe (Samare, etc.); la baie des Ardisies est comestible. La graine a un embryon souvent courbé, muni d’un albumen charnu ou corné, quelquefois dépourvu d’albumen (Égicère); dans ce dernier genre, la graine germe à l’intérieur du fruit.

Principaux genres : Mèse ( Mæsa ), Myrsine (Myrsine), Gybianthe (Cybianihus), Samare (Samara), Ardisie ( Ardisia ), Clavije (Clavija), Jacquinie (Jacquinia), Théophraste (. Theophrasta ), etc.

Les Myrsinées se rapprochent des Primulacées encore plus que les Plombaginées, car elles ont les ovules multiples et semi-anatropes avec l’albumen charnu. Elles ne se distinguent guère des Primulacées que par leur tige ligneuse et leur fruit charnu.

Sapotées. — Les Sapotées comprennent 24 genres, avec environ 330 espèces,

SAPOTÉES. 1705

| toutes tropicales; on en connaît 44 espèces fossiles tertiaires, appartenant la plupart aux genres encore vivants Chrysophylle, Sapotilier, Bumélie, Sidé— roxyle. Ce sont des arbres ou des arbustes, souvent munis de cellules laticifères disposées en files (voir p. 622) ; les feuilles sont isolées, simples, sans stipules, rarement pourvues de petites stipules caduques (Sarcosperme, Ecclinuse, Butyrosperme, Cryptogyne), à limbe penninerve entier, rarement denté et épineux (Chrysophylle impériale). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, parfois solitaires (Sapotilier), ordinairement groupées en ombelles ou en corymbes. Elles sont le plus souvent pentamères (fig. 1171), parfois tétramères (Isonandre, Lucume, etc.), hexamères (Sapotilier, Mimusopes de la section Ternaire), ou octomères (Imbricarie, Mimusopes de la section Quaternaire).

Le calice a, dans ces trois derniers cas, ses sépales disposés nettement en deux verticilles. La corolle, toujours gamopétale, est parfois isomère avec le calice (Chrysophylle, fig. 1171, Lucume, Sapotilier, Isonandre, etc.) ; mais ailleurs le i nombre des pièces pétaloïdes est trois fois plus grand (Mimusope, Labramie, Imbricarie, Marice, Bumélie, Diphole), ce qui tient à ce que chaque pétale développe en dedans (Diphole, etc.) ou en dehors de lui (Mimusope, etc.) deux stipules pétaloïdes. L’androcée comprend parfois deux verticilles alternes d’étamines fertiles (Isonandre, Dichopse) ; ailleurs, les étamines épisépales se réduisent à des staminodes, petits (Lucume, Sarcosperme) ou pétaloïdes (Arganie, Sapotilier), ou même avortent complètement (Chrysophylle, fig. 1171, Ecclinuse) ; ailleurs, au contraire, il s’opère un dédoublement qui porte à 25 ou 30 le nombre des étamines (Pycnandre). Les filets sont concrescents avec le tube de la corolle, à anthères extrorses, j rarement introrses (Lucume, etc.), munies de quatre sacs i s’ouvrant en long. Le pistil se compose de carpelles en I même nombre que les sépales auxquels ils sont superposés (fig. 1171), rar ement en nombre moindre, parfois réduit à deux (certains Lucumes), ou plus grand, parfois

' n r r Fig. 1171. — Diagramme

double (Sapotilier, etc.) ; ces carpelles sont clos et de la fleur d’un cbryconcrescents en un ovaire pluriloculaire, contenant )“[)1jylle (chnJs°Phyl~ dans chaque loge un seul ovule semi-anatrope ou campylotrope, souvent ascendanf, a raphé interne (Sapotilier, etc.) ; l’ovaire est surmonté d’un style simple, avec un stigmate entier. Pour les Chrysophylles, la formule florale est : F = 5S + (5P -f- 5E,,) + (50).

Le fruit est une baie, qui atteint parfois la grosseur d’une pomme (Sapotilier). La graine renferme un embryon droit, à cotylédons minces avec un albumen charnu (Isonandre, Chrysophylle, etc.) ou à cotylédons épais sans albumen (Dichopse, Bassie, etc.) ; le plan médian de l’embryon est perpendiculaire au plan de symétrie delà graine et au plan médian du carpelle (Sapotilier, etc.). Plusieurs de ces plantes donnent des fruits comestibles (Sapotilier, Lucume, Chrysophylle, etc.) ; les cotylédons charnus du Butyrosperme fournissent par expression un beurre recherché pour l’alimentation. Le latex concrété du Palaquegutte et de quelques autres Palaques constitue la gutlci-percha\ celui du Mimusope balate produit la balate, substance rouge analogue à la précédente

DICOTYLÉDONES

(voir p. 481). Enfin, plusieurs Sapotées donnent des bois très durs, recherchés pour les constructions (Sidéroxyle, Arganie, etc.).

Principaux genres : Chrysophylle [C hrysophyllum) , Lucume ( Lucuma ), Sidéroxyle ( Sideroxylon ), Sapotilier ( Sapota ), Palaque ( Palaquium ), Isonandre (. Isonandra ), Dichopse ( Dichopsis ), Bassie (Bassia), Bumélie ( Bumelia ), Mimusope ( Mimusops ), etc.

Les Sapotées se rapprochent des Myrsinées par la position épipétale des étamines fertiles, quand elles se réduisent à cinq. Elles en diffèrent notamment par les carpelles clos et uniovulés.

Ébénacées. — Les Ebénacées ne comptent que 6 genres, avec environ 250 espèces, dont plus de 150 pour le seul genre Plaqueminier, croissant la plupart dans la région tropicale et dans l’Afrique australe; on en connaît 40 espèces fossiles tertiaires, dont 33 Plaqueminiers. Ce sont des arbres et des arbustes dépourvus de latex, à bois dur, lourd et souvent noir, à feuilles isolées, rarement opposées ou verticillées par trois (certaines Euclées, Plaqueminiers de la section Mélonie), simples et sans stipules, à limbe coriace et entier. Les fleurs sont régulières, unisexuées, dioïques, rarement hermaphrodites ou polygames (Royène, Brachynème), solitaires ou groupées en ombelles de cymes, pentamères (Royène, Brachynème, etc.), tétramères (Tétracycle, etc.), ou trimères (Mabe).

Le calice est gamosépale, parfois concrescent dans toute sa longueur et se déchirant irrégulièrement à l’épanouissement; la corolle est toujours gamopétale. L’androcée comprend tantôt deux verticilles alternes d’étamines, remplacées quelquefois par autant de faisceaux d’étamines (Plaqueminier lotier), tantôt un seul verticille épipétale, l'autre avortant (Brachynème); à ces étamines épipétales se substituent parfois deux étamines ou deux faisceaux d’étamines (Euclée, certains Plaqueminiers, etc.). Les filets sont courts, libres ou concrescents avec la corolle et entre eux; les anthères, étroites et longues, sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long, rarement par des pores terminaux (Plaqueminiers de la section Leucoxyle). Le pistil se compose d’autant de carpelles que de sépales, épisépales, clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, dont chaque loge renferme deux ovules anatropes pendants, à raphé externe, et se trouve subdivisée par une fausse cloison en deux logettes uniovulées ; l’ovaire est surmonté d’autant de styles libres ou plus ou moins concrescents.

Le fruit est une baie. La graine contient un abondant albumen corné, entier ou ruminé, et un embryon droit ou courbe a cotylédons foliacés, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument et au plan médian du carpelle. Plusieurs de ces plantes produisent des fruits comestibles, comme les Plaqueminiers (PL lotier, PL kaki, etc); mais surtout elles donnent des bois très durs, recherchés pour l’ébénisterie, et, en première ligne, le bois d'ébène fourni par le Plaqueminier ébène, par le PL mélanoxyle, etc.

Principaux genres : Royène ( Royena ), Euclée ( Euclea ), Mabe ( Maba ) Plaqueminier ( Diospyros ), etc.

Les Ebénacées forment un petit groupe assez isolé, qui se relie à la fois aux

STYRàCÉES.

j Sapotécs, dont elles diffèrent notamment par ladiœcie et les carpelles biovul lés, et à la famille suivante des Styracées.

Sty racées. — Les Styracées comprennent 7 genres, avec environ 220 espè- 1 ces, répandues dans les régions chaudes de l’Asie, de l’Amérique et de l’Australie; on a trouvé dans le tertiaire 6 Aliboufiers et 5 Symploces. Ce sont des arbres ou des arbustes, à feuilles isolées, simples et sans stipules, à limbe - penninerve entier ou denté. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, ordinairement disposées en grappes simples ou composées, pentamères, rarement J tétramères (Lissocarpe).

L’androcée se compose le plus souvent de deux verticillos alternes d'étamines simples; rarement le verticille épipétale avorte (Pamphilie), ou bien j les étamines se ramifient de manière à en produire un grand nombre (Sym- : ploce). Les filets, concrescents avec la corolle, sont aussi parfois unis entre eux latéralement en forme de tube (Fovéolaire, Lissocarpe, etc.); les an- | thères sont introrses, à quatre sacs et s’ouvrent par deux fentes longitudinales, rarement en deux valves par une fente transversale (Diclidanthère).

1 Le pistil se compose de carpelles en même nombre que les sépales, auxquels ils sont alors superposés (Lissocarpe, Diclidanthère, etc.), ou en nombre moindre, se réduisant à trois (Aliboufier, Fovéolaire, Pamphilie) ; ces carpelles sont clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, dont chaque loge contient un (Fovéolaire, Pamphilie), deux (Symploce, Lissocarpe) ou un grand nombre d’ovules anatropes (Aliboufier, Halésie);les cloisons sont quelquefois incomplètes vers le centre (Aliboufier, etc.). L’ovaire est surmonté d’un style simple, terminé par un stigmate entier ou lobé. Il est quelquefois conerescenl à sa base ou dans toute sa longueur avec l’ensemble des verticilles externes, ce qui le rend à moitié (Symploce) ou tout à fait infère (Halésie).

Le fruit est une baie ou une drupe. La graine contient un albumen charnu ou | corné et un embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symé' trie du tégument (Aliboufier, etc.). Les Aliboufiers produisent en abondance des baumes riches en acide benzoïque, notamment le benjoin (Aliboufier benjoin) et le storax (A. officinal) ; d’autres plantes de cette famille sont tinctoriales (Symploce, etc.).

Principaux genres : Symploce ( Symplocos ), Aliboufier (Styrax), Diclidanthère ( Diclidanthera ), etc.

Les Styracées se relient à la fois aux Sapotées et aux Ébénacées. Elles se distinguent des premières par l’absence de latex et par la pluralité ordinaire des ovules; elles diffèrent des secondes par l’hermaphrodisme et l’albumen charnu.

R ésumé des Gamopétales supérovariées du type diplostémone. — Les

onze familles de l’ordre des Gamopétales supérovariées qui réalisent le type diplostémone peuvent être distinguées entre elles, et des Éricacées qui ont servi de point de départ, par les caractères résumés dans le tableau suivant :

17 08 DICOTYLÉDONES

GAMOPÉTALES SUPÉROVARIÉES DIPLOSTÉMONES.

I /indépendantes delalquatre sacs et déhiscence poricide Êricactes.

Icorolle. Anthères, à/deux sacs et déhiscence longitudinale Épacridées.

fermés. 1 / sec. ipluriovulés Diapensiacées.

Étaminesi \Carpelles)uniovulés Cyrillées.

I concrescentes avec/ / (Herbes sans chlorophylle Lennoées.

{ la corolle. Fruit J cjiarilu ^ 10'u LS| Arbres verts Ebénacées.

lCarpelles)uuiovulés Sapotées.

Vpluriovulés Styracées.

mluriovulé. jsec Primulacées.

ouverts avec placente central) Fruit * charnu Myrsinées.

funiovulé Plombaginées.

FAMILLE 17 Sol anacée s.

Appareil végétatif. — Les Solanacées sont des herbes, des arbustes dressés ou grimpants, quelquefois faiblement volubiles indifféremment vers la droite ou vers la gauche (Morelle douce-amère) ou grimpant à l’aide des feuilles (Morelle jasminoïde), rarement des arbres (quelques Dunalies et Acnistes) ; les feuilles sont isolées, souvent rapprochées deux par deux dans la région supérieure, rarement verticillées (Retzie), simples, à limbe entier ou diversement découpé. La tige et le pétiole des feuilles développent, à la périphérie de la moelle, des faisceaux libériens constituant un liber interne (voir p. 755).

Fleur. — Les fleurs sont hermaphrodites, régulières, mais parfois aussi zygomorphes dans la corolle seulement (Jusquiame) ou à la fois dans la corolle et dans l’androcée (Scbizanthe, Salpiglosse), avec plan de symétrie oblique passant par l’un des sépales antérieurs. Elles sont solitaires à l’extrémité de la tige et des branches; sous la fleur terminale, il se fait deux (Dature, etc.) ou plusieurs rameaux disposés soit en ombelle (Atrope, Nicandre), soit en grappe (Nicotiane, Morelle tubéreuse), qui ne portent que deux feuilles et se terminent par une fleur; la feuille supérieure produit de même un rameau bifolié terminé par une fleur, et ainsi de suite indéfiniment, de manière qu’il se forme unsympode et que la végétation, commmencée en cyme multipare ou bipare, se poursuit en cyme unipare héliçoïde. Dans cette cyme, les feuilles mères successives demeurent parfois en place (Pétunie, etc.), mais le plus souvent elles sont concrescentes avec le premier entre-nœud de leur rameau axillaire, de sorte que, tout le long du sympode, les feuilles sont, comme il a été dit plus haut, situées deux par deux au même niveau (Atrope, Dature, Morelle, etc.). Dans les Morelles, chaque article du sympode se termine non par une simple fleur, mais par une cyme; de plus, le pédicelle y est concrescent avec le rameau né au-dessous de lui, jusque vers le milieu du premier entre-nœud (voir fig. 161, p. 351). La fleur est pentamère dans ses verticilles externes, avec un pistil ordinairement dimère, et sa formule peut s’écrire : F= (5S) + (5P + 5E) + (2C).

Le calice est gamosépale, avecle second sépale médian et postérieur (fig. 1172.) ; ilest persistant. La corolle est gamopétale, parfois faiblement (Pétunie, fig. 1172,

SOLANACÉES.

Jusquiame) ou fortement zygomorphe (Schizanthe). L’androcée se compose de cinq étamines alternipétales; elles sont le plus souvent toutes également longues et fertiles (Atrope, Dature, Morelle, Lyciet, etc.). Quelquefois, elles sont inégales : tantôt, celle qui est devant le premier sépale est plus courte, les deux latérales plus longues et les deux postérieures de moyenne grandeur i (Coqueret, Pétunie, fîg. 1172, A,

I Scopolie) ; tantôt, à partir du troisième sépale, elles vont dimi- | nuant (Jusquiame) ou, au contraire, augmentant (Salpiglosse, fig. 1172, B, etc.) progressivement de grandeur en arrière. A cetteinégalité s’ajoute parfois une stérilité partielle; les deux plus grandes, postérieures, et les deux moyennes, latérales, sont alorsseules fertiles, l'antérieure, superposée au premier sépale, restant stérile (Salpiglosse, fig. 1172, B7 Anthocerce) ou même avortant complètement (Brunfelsie, Browallie, Franciscée); il peut même arriver que les deux postérieures demeurent stériles à leur tour et que les latérales seules soient fertiles (Schizanthe). On voit par là que l’androcée peut offrir une zygomorphie plus ou moins accusée par rapport au plan oblique qui passe par l’un ou l’autre des deux sépales antérieurs, le premier ou le troisième. Les filets sont concrescents avec le tube de la corolle, parfois unis entre eux plus haut par une courte membrane plissée (Gapsic, Nicandre); les anthères sont introrses, munies de quatre sacs et s’ouvrent d’ordinaire par deux fentes longitudinales, quelquefois par des pores terminaux (Morelle). Entre l’androcée et le pistil, le pédicelle se renfle en un disque nectarifêre, annulaire ou subdivisé en lobes alternes avec les étamines (Nicandre, Nicotiane, Salpiglosse, etc.), qui peut se réduire à deux protubérances alternes avec les deux carpelles (Pétunie).

Le pistil comprend quelquefois soit cinq carpelles épipétales (Nicandre, Jaborose) ou quatre diagonaux (Nicotiane quadrivalve), soit un nombre plus grand, jusqu’à 10 et au delà (Tomate comestible) ; mais partout ailleurs il se compose de deux carpelles seulement, obliquement situés, de manière que leur plan médian passe ordinairement par le premier sépale (fig. 1172 rarement par le troisième (Jusquiame), c’est-à-dire coïncide dans tous les cas avec le plan de symétrie de l’androcée et de la corolle quand il y a zygomorphie. Les carpelles sont clos, concrescents en un ovaii'e ordinairement biloculaire, renfermant dans l’angle interne de chaque loge, sur un gros placente saillant, un grand nombre d’ovules anatropes ou faiblement campyloropes;les loges sont quelquefois subdivisées par une fausse cloison, partant de la ligne dorsale du carpelle pour atteindre le milieu du placente (Dature, Solandre, Grabowskie) ; elles peuvent être pauciovulées (Grabowskie) ou même uniovulées (Sclérophylace). L’ovaire est surmonté d’un style unique, filiforme, terminé par un stigmate entier ou bilobé.

A, de la Pétunie nvctaginiflore [Pétunia nyctaginiflora)', B, du Salpiglosse sinueux [Salpiglossis sinuata).

DICOTYLÉDONES

l'ruit et graine. — Le fruit est une baie (Morelle, etc.), parfois enveloppée par un sac renflé provenant du calice accrescent (Coqueret), une capsule septicide (Nicotiane, etc.), rarement une pyxide (Jusquiame, Scopolie. Physochlaine). La graine renferme un albumen charnu et un embryon parfois droit ou à peine courbé, à cotylédons larges (Cestreau, etc.), le plus souvent enroulé autour de l’albumen, à cotylédons étroits. Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine.

Principaux genres. — La famille des Solanacées comprend 66 genres, avec plus de 1230 espèces, répandues dans toutes les régions chaudes du globe, surtout en Amérique; le genre Morelle en contient plus de 700; on n'en connaît qu’une espèce fossile, tertiaire. Ces plantes produisent dans leurs tissus divers alcalis organiques qui les rendent vénéneuses, notamment l’atropine de l’Atrope belladone, la nicotine du Nicotiane tabac; on sait l’usage qui est fait des feuilles de cette dernière plante. Plusieurs Solanécs produisent cependant des baies comestibles, comme la Tomate comestible et la Morelle aubergine, ou employés à titre de condiments, comme le Capsic annuel. On sait quel rôle important jouent dans l’alimentation de l'homme les renflements tuberculeux du rhizome de la Morelle tubéreuse, vulgairement Pomme de terre.

Les genres se groupent en quatre tribus, de la manière suivante :

1. Atropées. — Etamines toutes fertiles, embryon enroulé, baie : Tomate ( Lycopcrsiciun ), I

Morelle [Solarium), Coqueret ( Physalis ), Capsic (Capsicum), Nicamlre ( Xicandra ), Lyciet ( Lycium ), Atrope ( Atropa ), etc.

2. Hyoscyamées. — Etamines toutes fertiles, embryon enroulé, capsule : Dature ( Datura ), 1

Scopolie ( Scopolia ), Jusquiame ( Hyoscyamus ), etc.

3. Cestrées. - Etamines toutes fertiles, embryon droit : Cestreau ( Cestrum ), Fabienne

(. Fabiand. ), Nicotiane ( Nicotiana ), etc.

•i. Salpiglossidées. — Etamines en partie stériles, embryon droit : Pétunie [Pétunia), Nierenbergie [Nierenbergia), Salpiglosse [Salpiglossis), Schizanthe ( Schizanthus ), Brunfelsie ( Brunfelsia ), etc.

Familles rattachées aux Solanacées. — Aux Solanacées se rattachent plus ou moins directement neuf familles, ayant comme elles l’androcée formé d’un seul verticille d’étamines et la fleur essentiellement régulière. Ce sont les Borraginées , Hydropkyllées, Polémoniées, Convolvulacées, Gentianées, Loganiées, Apocynées, Asclépiadées et Olcacées, dont il faut tracer brièvement les principaux caractères.

Borraginées. — Les Borraginées comprennent 68 genres, avec environ 1200 espèces, répandues par toute la Terre ; on en connaît 6 espèces fossiles, tertiaires. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, des arbustes ou des arbres (Gordie, etc.), ordinairement hérissés de poils rudes, à feuilles isolées, rarement opposées (Antiphyte, Trichoderme), simples et sans stipules, à limbe entier, rarement lobé. Les fleurs sont hermaphrodites, régulières, rarement zygomorphes (Lycopside, Vipérine) ; elles sont disposées en cymes bipares se transformant, après la première dichotomie, en cymes unipares scorpioïdes ; fortement enroulées dans le jeune âge, ces cymes se redressent à mesure que les fleurs s’épanouissent ; elles portent sur la face supérieure deux séries de fleurs et sur la face inférieure deux séries de bractées, qui manquent quelquefois (Myosote, Héliotrope, etc., voir p. 347, fig. 153). La fleur est pentamère

B0RRAG1NÉES.

Fig. 1173. — Diagramme de la fleur de la Buglosse officinale ( Anc/iusa officinalis).

Fig. 1174. — Fleur de la Bourrache officinale (Bovrago officinalis), coupée en long.

avec deux carpelles (fig. 1173), et sa formule est la même que chez les Solanacées.

Le calice est gamosépale, avec le second sépale médian postérieur. La corolle est gamopétale et chaque pétale se prolonge souvent, au milieu de sa longueur et vers l’intérieur, en un o

éperon (Consolide,

Bourrache, lig.

1174, Buglosse, fig. 1173, Lycopside, etc , voir p.

3G5) ; l’un des pétales latéraux est quelquefois plus petit(Vipérine)ou, au contraire, plus

grand (Lycopside) que les autres, ce qui rend la fleur zygomorphe avec plan de symétrie oblique passant par le quatrième sépale. L’androcée a ses cinq étamines égales et toutes fertiles; rarement elles sont inégales, la plus petite (Vipérine) ou la plus grande (Lycopside) se trouvant superposée au quatrième sépale; plus rarement, il n’y en a qu’une seule fertile (Héliocarie). Les filets sont concrescents avec le tube de la corolle ; les anthères, parfois munies à leur base d'un appendice dorsal (Bourrache, fig. 1174), sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant par deux fentes longitudinales.

Le pistil se compose de deux carpelles médians, clos et concrescents en un ovaire biloculaire contenant dans chaque loge deux ovules anatropes ou semi-anatropes collatéraux, pendants à raphé ventral (Ehrétie, Héliotrope, etc.) ou ascendants à raphé dorsal (Consoude, Bourrache, etc.), toujours hyponastes par conséquent. De bonne heure il se fait entre les deux ovules une fausse cloison; après quoi, les quatre logettes s’accroissent beaucoup plus fortement que les cloisons qui les séparent, proéminent de plus en plus et forment quatre petits tubercules diagonaux, entre lesquels est enfoncée la base du style, devenu ainsi gynobasique (voir fig. 253, p. 398). Quelquefois la croissance de l’ovaire est uniforme; il demeure alors indivis avec un style terminal (Héliotrope, Tournefortie, Cordie, etc.). Cette différence dans le mode de croissance de i’ovaire est en corrélation avec la direction inverse de l’ovule, signalée plus haut. Gynobasique ou terminal, le style est unique, avec un stigmate entier ou bilobé (fig. 1174) ; ou bien il se divise en deux branches, elles-mêmes bifurquées (Cordie, etc.); il y a rarement deux styles distincts (Rochefortie).

Le fruit est un tétrakène quand le style est gynobasique (fig. 1175), ordinaireunement une drupe à un noyau quadriloculaire(Cordie, etc.) ou à quatre noyaux distincts (Tournefor- Fig. 1173. Tét™tie, etc.) quand il est terminal. La graine renferme un em- kfne( la B°urra~

J ' 1 ° # che ( Borrago ).

bryon droit ou courbe, avec des cotylédons épais, parfois

plissés (Cordie, etc.), quand il n’y a pas d’albumen, ce qui est le cas le plus

fréquent, avec des cotylédons foliacés quand il yaun albumen charnu (Bour-

DICOTYLÉDONES

rérie, Héliotrope, Tournefortie, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie du tégument et se trouve incliné de 45 degrés sur le plan médian du carpelle.

Les genres sont groupés en trois tribus, comme il suit :

1. Cordiées. — Style terminal, à branches bifides : Cordie ( Cardia ), Patagonule ( Patago -

nula ), Auxemme (Auxemma), etc.

2. Ehrétiéf.s. — Style terminal, à branches simples : Bourrérie ( Bourreria ), Ehrétie (Ehre-

tia), Tournefortie (Tourne f or tia), Héliotrope lllehotropium), etc.

3. Borragées.— Style gynobasique : Omphalode (Omphcilodes), Cynoglosse ( Ci/nog/ossum ),

Echinosperme Echinospermum) , Eritriche ( Eritriehium) , Consolide (S ymphytum), Bourrache (. Borrago ), Buglosse ( Anchusa ), Lycopside ( Lycopsis ), Nonnée (Nonnea), Pulmonaire (Pumonaria), Orcanette ( Alkanna ), Myosote (Myosotis), Grémil ( Lithospermum ), Vipérine ( Echium ), Unosme (Onosma), Cérinthe (Cerinthe), etc.

Plusieurs Ehrétiées et Cordiées ont des fruits comestibles ; les arbres de ces deux tribus sont parfois employés pour leur bois coloré et odorant (Cordie de Rumpb, etc.) ou pour leur écorce fébrifuge (Tournefortie à ombelle, etc.). Les Borraginées se distinguent des Solanacées par leur inflorescence, leurs carpelles biovulés et cloisonnés, souvent munis d’un style gynobasique et produisant un tétrakène, enfin par leurs graines ordinairement dépourvues d'albumen.

Hydrophyllées. — Les Hydrophyllées comprennent l(i genres avec environ 150 espèces, croissant la plupart dans l’Amérique du Nord. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, souvent hérissées de poils rudes, à feuillesisolées, simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement découpé. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, disposées, comme dans les Borraginées, en cymes bipares formées de cymes unipares scorpioïdes, à bractées développées (Némophile, Ellisie) ou nulles (Hydrophylle, diverses Phacélies, etc.). Elles sont pentamères à pistil dimère (fig. 1176), rarement sur un type numérique plus élevé (6-12 dans le Codon).

Le calice est gamosépale, orienté normalement; la corolle est gamopétale et porte assez souvent au fond du tube cinq émergences épipétales, parfois bifurquées (Hydrophylle, fig. 1176, Némophile, Phacélie, etc.). Les (étamines ont leurs filets concrescents avec le tube de la corolle ; leurs anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil a ses deux carpelles médians concrescents, mais tantôt ouverts et formant un ovaire uniloculaire à deux placentes pariétaux (Hydrophylle, fig. 1176, Némophile, etc.), tantôt fermés et constituant un ovaire biloculaire à placentation axile (Hydrolée, Wigandie, Drapérie, etc.) ; chaque placente porte un grand nombre d’ovules anatropes, semi-anatropes, ou campylotropes, quelquefois seulement deux ovules pendants (Ellisie, Hydrophylle, Drapérie). Les styles sont tantôt libres (Hydrolée, Wigandie, etc.), tantôt concrescents en un style unique bifide (Hydrophylle, etc.), rarement entier ( Romanzoffie). Pour les Hydrophylles, la formule florale est donc : F = (5S) + (5P + SE) -f (2C°).

Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale (Hydrophylle, Name, etc.), rarement suturale (Wigandie), ou s’ouvrant de chaque côté de la cloison

Fig. I17G. — Diagramme de la fleur de l’Hydrophylle de Virginie ( Hydrophyllum virginianum ).

POLÉMONIÉES — CONVOLVULACÉES.

placentifère (Hydrolée). La graine renferme un albumen charnu et un petit embryon droit.

Principaux genres : Hydrophylle (Hydropkyllum) , Némophile ( Nemo phila), Phacélie (Phacelia), Wigandie ( Wtgandia), Name ( Nama ), Hydrolée ( Hydrolea ), etc.

Les Hydrophyllées se relient aux Borraginées par leur port et leur inflorescence ; elles en diffèrent par leurs carpelles souvent ouverts, ordinairement multiovulés, leur fruit capsulaire et la présence d’un albumen.

Poiémoniées. — Les Polémoniées comprennent 8 genres, avec environ 150 espèces, croissant la plupart dans l’Amérique boréale et dans les Andes de l’Amérique centrale. Ce sont des herbes, rarement des arbustes ou des arbres (Gantue), parfois des plantes grimpantes à l'aide de vrilles foliaires (Cobôe), à feuilles isolées, rarement opposéesfPhloce, certaines Gilies), simples (Phloce, etc.) ou composées pennées (Gobée, etc.), sans stipules. Les fleurs sont hermaphrodites, parfois cléistogames (Collomie), régulières, rarement zygomorphes (Bonplandie, Lœsélie), solitaires (Cobée) ou groupées soit en capitule (Gilie), soit en grappe composée (Phloce, Polémoine), pentamères avec pistil trimère (fig. 1177).

Le calice est gamosépale, orienté normalement; la corolle est gamopétale, quelquefoisfaiblement bilabiée (Bonplandie, Lœsélie). Les cinq étamines épisépales sont concrescentes avec le tube de la corolle, à anthères introrses, munies de quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil se compose de trois carpelles (fig. 1177), dont un postérieur, fermés, concrescents en un ovaire Fig. n:7. — Diagramme de triloculaire renfermant dans l’angle interne de chaque loge soit un grand nombre d’ovules anatropes, semianatropes ou plus ou moins campylotropes, ascendants à raphé interne (Gilie, Cobée, etc.), soit seulement deux (Phloce, etc.) ou un seul ovule (Bonplandie); le style est unique, terminé par un stigmate trilobé. La formule florale est F z= 5S + (5P + 5E) + (3C).

Le fruit est une capsule loculicide (Phloce, etc.), rarement septicide (Gobée). La graine est parfois ailée (Cobée, Bonplandie) ; les membranes des cellules épidermiques de son tégument sont quelquefois munies de bandes spiralées (Collomie, Polémoine) et se gélifient sous l’influence de l’eau. Elle renferme un embryon droit à cotylédons larges et minces, muni d’un albumen charnu ou corné ; le plan médian de l’embryon est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument (Polémoine, etc.).

Principaux genres : Polémoine ( Polemonium ), Phloce ( Phlox ), Collomie ( Collomia ), Gilie ( Gilia ), Cobée ( Cobæa ), etc.

Les Polémoniées sont assez voisines des Hydrophyllées; elles s’en distinguent, ainsi que des Borraginées et des Solanées, par le pistil trimère et l’épinastie des ovules.

Convolvulacées. — Les Convoi vulacées comprennent 32 genres, avec environ 8U0 espèces, dont plus de 300 pour le seul genre Ipomée, répandues

la fleur de la Polémoine bleue (Polemonium cæruleum).

DICOTYLÉDONES

dans toutes les contrées du globe, plus nombreuses dans les climats chauds; on en connaît 9 espèces tertiaires, dont 8 Poranes et 1 Liseron. Ce sont des herbes, des arbustes, rarement des arbres (Humbertie de Madagascar), souvent pourvus de cellules laticifères superposées en files simples, sans résorption des cloisons ; elles sont fréquemment volubiles vers la droite, quelquefois dépourvues de chlorophylle et parasites sur les tiges, où elles se fixent à l’aide de suçoirs, (Cuscute), qui sont des émergences sous-épidermiques de l’écorce (voir p. 266). Les feuilles sont isolées, simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement lobé, parfois rudimentaires (Cuscute). Les racines peuvent se renfler en tubercules remplis d'amidon et alimentaires (Ipomée batate, etc.). Les fleurs sont régulières, hermaphrodites ou rarement polygames, solitaires axillaires (diverses Ipomées, Liseron, Calystégie) ou groupées en ombelles et en capitules, munies de deux bractées parfois très grandes et formant involucre sous la fleur (Calystégie) ; elles sont pentamères (fig.1178), rarement tétramères (Cuscute, Ilildebrandtie).

Les sépales, dont le médian est postérieur, sont libres, rarement concrescents (Wilsonie, Nolane, diverses Cuscutes). La corolle est gamopétale et la concrescence y est parfois si profonde que les cinq lobes se distinguent à peine (Liseron, Calystégie, etc.). Les cinq étamines épisépales sont concrescentes avec le tube de la corolle, parfois munies à leur base et en dehors de petites écailles stipulaires pétaloïdes à bord frangé , (Cuscute), à anthères introrses, munies de quatre sacs et s’ouvrant en long. Le pistil se compose de deux carpelles médians (fig. 1178), rarement de cinq carpelles épipétales (Nolane, etc.), fermés et concrescents en un ovaire biloculaire ou quinquéloculaire, contenant dans chaque loge deux ovules anatropes ascenf ig ii78. — Diagramme de dants àraphé interne, rarement quatre (Nolane, Alone) la fleur de la Calystégie des ou un seul ovule pareillement disposé (Polymérie,

haies [Cahjsteijia sepium). . . . „ . ,

Evolvule, etc.) ; la fermeture des carpelles peut etre incomplète et l’ovaire demeurer uniloculaire avec quatre ovules (Érycibe) ; ailleurs, au contraire, il se fait entre les deux ovules une fausse cloison et l’ovaire est partagé en quatre logettes uniovulées s’il y a deux carpelles (Rivée, Argyrée, certaines Ipomées, Falkie, etc.), en dix logettes uniovulées s’il y en a cinq (Nolane, etc.). Quelquefois, les deux carpelles se renflent dans la région dorsale et se séparent par un sillon profond qui rend le style gynobasique (Dichondre) ; s’il s’y fait en même temps une fausse cloison, il se trouve partagé alors en quatre lobes uniovulés, comme dans les Borragées (Falkie). Les deux styles sont parfois libres, terminaux (Lysiostyle, Dicranoslyle, certaines Cuscutes) ou gynobasiques (Dichondre, Falkie) ; le plus souvent, ils sont concrescents en un style unique, tantôt terminé par deux branches stigmatiques parfois bifides (Evolvule), tantôt entier jusqu’au sommet (Ipomée); le style est quelquefois nul et le stigmate sessile (Érycibe). Pour les Liserons, la formule florale est F = 5S + (5P -f 5E) + (2C).

Le fruit est une capsule quelquefois septifrage et bivalve (Porane, etc.), le

GENTIANÉES.

plus souvent à la fois septifrage etloculicide et, par conséquent, à quatre valves (Ipomée, Liseron, etc.), une baie (Érycibe, Rivée, etc.), un diakène (Dicliondre), un tétrakène (Falkie), un polyakène (Nolane, etc.). La graine a un albumen charnu et un embryon courbe à cotylédons larges et plissés, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument. Dans les Cuscutes, l'embryon cylindrique est enroulé en spirale et dépourvu de cotylédons.

Les genres se groupent en quatre tribus, de la manière suivante:

1. CoiN volvulées . — Deux carpelles, style terminal : Erycibe {Erycibe), Argyrée ( Argyreia ),

Ipomée [Ipomæa), Jacquemontie [Jacquemontia], Liseron [Convoie al us), Evolvule

( Evolvulus ), Brewérie ( Breweria ), etc. \

2. Dicho.n orées. — Deux carpelles, style gynobasique : Dichondre ( Dichondra ), Falkie

(Falkia).

3. Noi.anées. — Cinq carpelles : Nolane [Nolann), Dolie ( Dolia ), Alone (Alona), etc.

4. Cuscutées. — Plantes parasites sans chlorophylle : Cuscute ( Cuscuta ).

Les Convolvulacées se distinguent des Solanacées et des Ilydrophyllées par les carpelles biovulés et l’épinastie des ovules, des Borraginées parce dernier •caractère seulement. Elles diffèrent des Polémoniées par la dimérie du pistil.

Gentianées. — Les Gentianées comprennent 49 genres, avec environ 520 espèces, répandues par toute la Terre, surtout dansles régions tempérées et montagneuses. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des arbustes, riches en principes amers et fébrifuges; les feuilles sont opposées, parfois concrescentes (Chlore perfoliée, etc.), rarement isolées (Ményanthe, etc.) ou verticillées (certains Frasères etCurlies), simples, rarementcomposées (Ményanthe trifolié), sans stipules, à limbe entier, souvent palminerve. Les fleurs sont hermaphrodites, rarement polygames, régulières, parfois zygomorphes (Canscore), solitaires (Gentiane acaule, etc.), ou disposées soit en grappes simples (Ményanthe) ou composées (Swertie, Gentiane amarelle, etc.), soit en cymes bipares (Chlore), terminées parfois en cymes hélicoidcs (Érythrée, fig. 145, p. 343). Elles sont pentamères (Érytbrée, Ményanthe, Limnanthème, la plupartdes Gentianes, fig. 1179, etc.), tétramères (Cicendie, Schultésie, Gentiane croisée, G. champêtre, etc.), hexamères (Gentiane jaune, G. pourpre, G. ponctuée), octomères et jusqu’à dodécamères (Chlore, Lapithée, Sabbatie).

Les sépales sont libres ou plus ou moins concrescents; la corolle est toujours gamopétale, parfois munie de dents commissurales alternes ou de lamelles frangées épipétales formant une couronne (Gentiane germanique, etc.). Les étamines, concrescentes avec le tube de la corolie, parfois unies entre elles à la base par une membrane (Léiothamne), ont leurs anthères oscillantes, introrses, rarement extrorses, et alors conniventes (Gentiane pourpre, G. ponctuée, G. pannonique), à quatre sacs s’ouvrant en long, rarement par des pores terminaux (Exace, Cotylanthère), parfois contournées en spirale après la déhiscence (Érythrée, etc.). Le pistil se compose de deux carpelles mé-

Fig. 1179. — Diagramme de la fleur de la Gentiane rernale (Gentiana verna ).

DICOTYLÉDONES

dians, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placente pariétaux chargés d’ovules anatropes ou semi-analropes (fîg. 1179); la saillie îles placentes est parfois assez forte pour qu’ils se touchent au centre (Léianthe, Curtie, etc.); quelquefois aussi les carpelles sont entièrement clos et l’ovaire biloculaire (Exace, Gotylanthère, Déjanire, etc.). Le style est unique, termine par un stigmate entier ou bilobé.

Le fruit est une capsule à déhiscence suturale, rarement irrégulière. La graine a un embryon charnu et un petit embryon droit, dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Principaux genres: Exace ( Exacum ), Chironie ( Chironici ), Léianthe ( Leian ihus), Érythrée ( Erylhræa ), Canscore ( Canscora ), Schultésie ( Schullesia ), Lisianthe ( Lisiantkus ), Gentiane ( Genliana ), Swertie (Suoertia), Ményanthe (Menyanthes), Villarsie (h illarsia), Limnnanthème ( Limnanthemum ), etc.

LesGcntianées diffèrent des Convolvulacées par leurs feuilles opposées et par leurs carpelles ouverts et multiovulés. Elles se distinguent des Hydroph vllées à placentation pariétale par l’opposition des leuilles et la déhiscence suturale et non dorsale de la capsule.

Loganiées. — Les Loganiées comprennent 30 genres, avec 330 espèces, la plupart tropicales. Ce sont parfois des herbes, le plus souvent des arbustes ou des arbres de port très divers, à feuilles opposées, rarement verticillées, simples, pourvues de stipules axillaires, à limbe entier. Les fleurs sont régulières, parfois zygomorphes (Ustérie), hermaphrodites (Strychne, Spigélie, etc.) ou dioïques par avortement (Loganie), disposées en cymes bipares ou en cymes unipares héliçoïdes, rarement en capitule (Buddlée) ou solitaires (Desfontainée), quelquefois munies chacune d’un involucre de bractées (Antonie, Gelsémine, etc.); elles sont pentao mères, parfois tétramères (Antlxocléiste, Ustérie, Bud-

dlée, etc.).

Le calice est gamosépale, avec le second sépale ordinairement postérieur (fig. 1180), rarement antérieur (Loganie) ; le sépale externe est quelquefois plus grand et pétaluïde (Ustérie). La corolle, toujours gamopétale, est isomère avec le calice, rarement pléiomère, ayant par exemple 8-10 (Potalie) ou 10-16 pétales (Anthocléiste) avec un calice tétramère; ses lobes sont parfois un peu inégaux (Fagrée, Spigélie, Gelsémine). L’androcée est isomère, alterne et concrescent avec la corolle, parfois réduit à une seule étamine antérieure, superposée au grand sépale pétaloïde, ce qui rend la fleur zygomorphe (Usléi'ie); les antères introrses, à quatre sacs, s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose de deux carpelles médians, rarement de cinq carpelles épipétales (Desfontainée), fermés et concrescents en un ovaire biloculaire contenant dans l’angle interne de chaque loge ordinairement un grand nombre d’ovules anatropes ou semi-analropes, ascendants à raphé interne, parfois deux ovules seulement, collatéraux et ascendants à raphé interne (Plocosperme, Mosluée) ou un seul ovule pareillement

Fig. 1180. — Diagramme de la fleur du Strychne noix-vomique(SYr^cAttûs Nux-vornica).

APOCYNÉES.

I disposé (Gærtnère, etc.) ; les loges sont quelquefois subdivisées par une fausse cloison (Anthocléiste), ou, au contraire, elles confluent en une seule dans le haut de l’ovaire par l’insulfisance des cloisons (Fagrée, Desfontainée). Le style est unique, terminé soit par un stigmate entier ou bilobé (Loganie, etc.), soit par deux branches simples (Gærtnère, etc.) ou elles-mêmes bifurquées (Gelsémine, etc.).

Le fruit est une capsule seplicide, quelquefois une baie (Strychne, Fagrée, Pagamée, Gærtnère, Nicodémie) ou une drupe (Gærtnère, Couthovie). La graine, parfois aigrettée (Plocosperme), contient un albumen charnu ou corné, et un embryon droit ou courbe à cotylédons parfois foliacés (Strychne, etc.), dont le plan médian coïncide avec le plan de symétrie du tégument.

Plusieurs de ces plantes sont très vénéneuses (Strychne, Spigélie), propriété qu’elles doivent àdeux alcalis organiques, la strychnine et la brucine, dont l’action sur le système nerveux sensitif est des plus énergiques, et quj abondent surtout dans la graine et dans l’écorce de la racine. Elles servent à empoisonner les flèches.

Principaux genres : Gelsémine ( Gelsemium ), Spigélie ( Spigelia ), Loganie ( Logania ), Cériostome ( Ceriostoma ), Buddlée ( Buddleia ), Fagrée ( Fagræa ), Strychne ( Slrychnos ), Gærtnère ( Gærtnera ), etc.

Les Loganiées se distinguent de toutes les familles précédentes, et notamment des Gentianées, qui ont, comme elles, les feuilles opposées, par les stipules qui accompagnent les feuilles. Elles diffèrent en outre des Gentianées par la fermeture des carpelles.

Apocynëes. — Les Apocynées renferment 103 genres, avec environ 900 espèces, la plupart tropicales ou subtropicales; on en connaît 43 espèces fossiles tertiaires, dont quelques-unes se rattachent aux genres vivants Nérion, Plumôrie, etc., et 28 au genre éteint Apocynopbylle. Ce sont des arbres, des arbustes dressés, volubiles à droite (Échile, Mandéville, Dipladénie, etc.) ou grimpants à l’aide de vrilles raméales (Landolphie, Allamandc, Willughbée, etc.), rarement des herbes vivaces (Pervenche, etc.), souvent, pourvus de latex contenu dans des articles tubuleux indéfiniment ramifiés (voir p. 620, fig. 421). Les rameaux sont quelquefois charnus (Pachypode, Adène) ou armés d’épines axillaires (Carisse). Les feuilles sont opposées et verticillées, rarement isolées, simples et sans stipules, à limbe penninerve entier. Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, pentamères, rarement télramère? Leuconote), parfois solitaires (Macrosiphonie) ou en grappes (Lasséguée, Dipladénie), ordinairement en cymes bipares avec terminaison scorpioïde (Nérion, Apocyn, Tabernémontane, etc.), parfois en simples cymes unipares scorpioïdes (Pervenche mineure, etc.).

Les sépales, ordinairement concrescents et dont le second est médian postérieur, portent fréquemment sur leur face interne un ou plusieurs petits appendices en forme d’écailles ou de dents médianes ou latérales, dont l’ensemble constitue une sorte de calicule interne. La corolle est gamopétale et porte quelquefois à la gorge du tube des appendices ligulaires, superposés aux pétales (Nérion, Strophanthe, etc.) ou alternes avec eux (Prestunie), au

nombre soit de cinq entiers (Apocyn) ou frangés (Nérion), soit de dix rapprochés par paires (Strophanthe) ou concrescents en une manchette continue (Roupellie), formant tous ensemble une couronne.

Les cinq étamines, alternes avec les pétales (fig. 1181), ont leurs filets concrescents avec le tube de la corolle, souvent courts et aplatis, rarement concrescents entre eux (Thénardie) ; leurs anthères introrses, munies de quatre sacs s’ouvrant en long, parfois cohérentes latéralement (Échite, etc.), ont quelquefois leur connectif prolongé en filament (Nérion, Nériandre, etc.). Entre l’androcée et le pistil, le pédicelle se renfle en un disque nectarifère annulaire (Aspidosperme), ou divisé soit en cinq lobes alternes Fig. nsi. — Diagramme delà avecles étamines (Apocyn, Forstéronie), soit en un (flVfncaeJla>r)!enChe majeu'e grand nombre de petits tubercules (Nérion), soit

en deux grands nectaires alternes avec les carpelles p (Pervenche, Dipladénie, etc.). Le pistil se compose de deux carpelles médians, parfois ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux (Hancornie, Willughbée, etc.), le plus souvent fermés et libres (Nérion, Pervenche, fig. 1181, Apocyn, etc.), quelquefois fermés et concrescents en un ovaire biloculaire à placentation axile (Carisse, Leuconote, etc.) ; chaque placente porte de nombreux ovules campylotropes ou presque anatropes (Pervenche, Apocyn, etc.), se réduisant parfois à deux (Leuconote, Cerbère, etc.) 1 1 P1 ou à un seul (Lépinie, Notomère, etc.). Libres à l'origine, les styles se souoent de haut en bas dans le cours du développement, même lorsque les ovaires demeurent distincts (Apocyn, etc.); au-dessous des lobes stigmatiques, 1 | J qui correspondent au dos des carpelles, il se forme un renflement discoïde, annulaire ou cupuliforme, contre lequel les anthères sont quelquefois accolées par un liquide visqueux (Nérion, Apocyn, etc.). Dans quelques genres, le lit pistil comprend 3 à 5 carpelles au lieu de 2 (Piéiocarpe, Notomère, Lépinie).

La formule florale des Pervenches est : F (5S) + (5P + 5E) + 2C.

Le fruit est souvent un double follicule (Pervenche, Apocyn, etc.), parfois une capsule à déhiscence dorsale (Allamande, Chilocarpe, etc.), une baie (Hancornie, Leuconote, etc.) ou une drupe (Rauwolfie, Cerbère, etc.). La graine, assez souvent ailée ( Aspidosperrme, etc.) ou pourvued’une petite aigrette de poils (Eclate, Nérion, Apocyn, etc.) renfeime un embryon droit à cotylédons plans, quelquefois enroulés (Kickxie), avec un albumen charnu ou corné, rarement ruminé (Alyxie, etc.), parfois sans albumen (Willughbée, Leuconote, Cerbère, etc.). ;

Ces plantes sont utilisées surtout pour leur latex, qui est souvent sucré et recherché comme aliment (Carisse comestible, Carpodin doux, Tabernémontane utile, Goume, etc.) et d’où l’on extrait aussi du caoutchouc (Landolphic, i Urcéolaire, Hancornie, Coume, etc.) ; ce latex est quelquefois fébrifuge (Allamande cathartique, Plumérie blanche, etc.) ou vénéneux (Cerbère allouai,

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