LABIÉES
nacées, de même chacune de ces familles annexes des Scrofulariacées se relie à quelqu'une des familles que nous avons rattachées aux Solanacées.
Labiées. — Les Labiées comprennent 136 genres, avec environ 2600 espèces, dispersées par toute la Terre, depuis la zone tropicale jusqu’aux régions arctiques et aux montagnes les plus élevées; elles abondent surtout dans la région méditerranéenne. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des sous-arbrisseaux ou des arbustes (Thym, Romarin, etc.), à tige ordinairement quadrangulaire, à feuilles opposées, simples et sans stipules, entières ou diversement découpées, abondamment pourvues de poils sécréteurs produisant une huile essentielle (voir p. 480, 602 et 619). Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes avec plan de symétrie médian, disposées, à l’aisselle des feuilles ou de bractées parfois colorées (Origan, etc.), en petites cymes bipares (Sauge, etc.), terminées en cymes héliçoïdes (Népète, Calament, Lamier, etc.), ou même en simples cymes héliçoïdes (Sarriette, etc.), parfois réduites à une seule fleur (Physostégie, Westringie, etc.). Elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1186), ordinairement munies de deux bractées latérales, parfois dépourvues de bractées (Germandrée, Brunelle, etc.).
Le calice est gamosépale, persistant, avec le second sépale médian postérieur, régulier (Lamier, fig. 1186,
A, Menthe, Lavande, etc.), ou zy- ^ gomorphe et bilabié (Mélisse, Sauge, fig. 1186, B, etc.); les trois sépales postérieurs et les deux antérieurs sont parfois si intimement concreseents qu’ils semblent ne former que deux feuilles et le segment postérieur, enflé en écusson (Scutellaire), peut alors être caduc (Seutellaire, Périlonie); le calice est quelquefois muni de dents commissurales, alternes avec ses lobes (Marrube, etc.). La corolle est zygomorphe et bilabiée (fig. 183, p. 368), caractère d’où la famille a tiré son nom ; les deux pétales supérieurs sont quelquefois si complètement concreseents qu'ils paraissent n’en former qu’un et que la corolle semble télramère (Menthe, Lycope,Elsholtzie); ailleurs, ils sont au contraire séparés profondément l’un de l’autre et rejetés vers le bas avec les trois autres, de manière à former les deux dents supérieures d'une corolle unilabiée (Bugle, Germandrée, etc.) (fig. 184, p. 368) ; par contre, la lèvre supérieure peut comprendre quatre pétales, et la lèvre inférieure un seul (Pogostème). Des cinq étamines alternes et concrescentes avec les pétales, la postérieure est très rarement fertile (Bostrypoge en épi), rarement même représentée par un staminode, presque toujours complètement avortée; les quatre autres sont rarcmentégales (Menthe, Preslic),le plus souvent didynames (fig. 1186, A), les plus grandes situées ordinairement en avant (Lamier, etc., fig. 1187), parfois en arrière (Népète, etc.). Dans le premier cas, les deux étamines antérieures peuvent être seules fertiles, les deux latérales plus ou moins
Fig. U86. — Diagramme floral: A, ( Lamium album); B, de la Sauge pratensis).
du Lamier blanc des prés ( Salvia
DICOTYLÉDONES
Fig. 1187. — Androcée didyname de Labiée .
rudimentaires (Lycope, Hédéome, Romarin, Monarde, Sauge); il arive même alors que la moitié antérieure de chacune des deux anthères soit seule fertile, l’autre étant simplement avortée (Romarin) ou transformée en une écaille séparée de la moitié fertile par un connectif en forme de fléau de balance (Sauge, fig. 1186,/?, voir aussi p.443, fig. 299). Dans le second cas, les deux étamines latérales peuvent être seules parfaites, les antérieures n’ayant qu’une moitié d’anthère avec deux sacs polliniques (Scutellaire) ou étant réduites à des staminodes (Westringie, Microcoryde). Les filets sont le plus souvent libres entre eux, au-dessus de leur séparation d’avec la corolle, quelquefois concrescenls en tube (Colée, Solénostème, etc.); les anthères dorsifixes ont habituellement quatre sacs polliniques, diversement disposés et s’ouvrant par deux fentes longitudinales. Le
pistil se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents en un ovaire biloculaire contenant deux ovules anatropes ascendants à raphé interne, épinastes par conséquent ; de bonne heure il se fait dans chaque loge entre les ovules une fause cloison qui partage l’ovaire en quatre logettes uniovulées (fig. 1186), et ces logettes, s’accroissant beaucoup plus que les cloisons, forment bientôt quatre noyaux sailants,du centre desquels partie style devenu ainsi gynobasique (fig. 1188). Les diverses phases de ce développement sont représentées dans le Phlomide par la figure 253, page 398. Ce style est unique, séparé au sommet en deux lobes stigmatiques dorsaux, euxmêmes quelquefois bifurqués (Cléonie). En un mot, le pistil est exactement celui d’une Borragée, à cette seule différence près que les ovules sont épinastes.
Le fruit est un tétrakène (fig. 1189), entouré par le calice persistant ou tout au moins par la lèvre inférieure du calice; rarement il forme quatre drupes (Prase,Gomphostemme, etc.). La graine, dont le tégument gélifie souvent son épiderme, contient un embryon droit, rarement courbe (Scutellaire, Salazarie, Catophérie), sans albumen, quelquefois muni d'un albumen peu abondant (Prostanthère, Hémigénie, Microcoryde, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide ordinairement avec le plan de symétrie du tégument ; il lui est pourtant quelquefois perpendiculaire (Catophérie, etc.).
Principaux genres: Ocyme ( Ocymum ), Plectranthe ( Pleclranthus ), Colée ( Coleus ), Hyptide ( Hyptis ), Lavande ( Lavandula ), Pogostème ( Pogostemon ), Menthe ( Ment ha ), Lycope ( Lycopus ), Origan ( Ortganum ), Thym (Thymus),
fig. 1188. — Pistil de gynobasique.
Labiée, à style
Fig. 1189. — Tétrakène de ilélitte ( Melittis
UTRICULAR1ÉES.
Sarriette (Satureia), Micromérie (. Micromeria ), Galament (Calamintha), Mélisse (Métissa), Ilysope (Hysopus), Sauge ( Salvia ), Romarin (Hosmarinus), Népètc ( iXepeta ), Scutellaire (S eut et l aria), Marrube (Marrubium) , Bétoine ( Betoniça ), Upiaire ( Stachys ), Galéopse ( Galeopsis ), Agripaume (Leonvrus), Lamier ( Lamium ), Ballote (Ballota), Leucade ( Leucas ), Phlomide ( Phlomis ), Prostanthère ( Prostanthera ), Germandrée (. Teucrium ), Bugle (Ajuga), etc.
Par tous ces caractères, on voit que les Labiées se rattachent intimement aux Scrofulariacées, dont elles diffèrent surtout par le pistil, qui a ses carpelles biovulés, et par le fruit, qui est un tétrakène, exactement comme les Borraginées différaient des Solanacées dans le groupe étudié précédemment. D'autre part, elles se relient non moins intimement aux Borraginées, dont elles ne sont pour ainsi dire qu’une forme zygomorphe à ovules épinastes et sans albumen, c’est-à-dire exactement de la môme manière que les Scrofulariacées se rattachaient aux Solanacées. Les transitions, pour être ici moins nombreuses, n’en sont pas moins nettes, comme on le voit par la Vipérine du côté des Borraginées, par le Bostrypogc du coté des Labiées. On peut exprimer cette double affinité en disant que les Labiées sont aux Scrofulariacées ce que les Borraginées sont aux Solanacées, ou que les Labiées sont aux Borraginées ce que les Scrofulariacées sont aux Solanacées.
Les Labiées doivent à l’huile essentielle qu’elles sécrètent en abondance d’être employées comme condiments ou comme parfums : tels sont notamment la Lavande, la Menthe, la Mélisse, la Sauge, le Romarin, le Thym, le Calament, l’Origan, la Sarriette, le Pogostème patchouly, etc.
utricuiariées. — Les Utriculariées ne comprennent que 4 genres, avec 190 espèces, dont ISOpourleseul genre Utriculaire, disséminées dans toutes les contrées chaudes et tempérées du globe. Ce sont des herbes vivaces, tantôt aquatiques submergées, dépourvues de racines, à feuilles isolées, découpées en segments filiformes dont quelques-uns se différencient en ascidies operculées (la plupart des Utriculaires, voir p. 315), tantôt terrestres à feuilles de deux sortes, les unes entières, les autres filiformes et munies d'ascidies (Genlisée, Polypompholyce, diverses Utriculaires), tantôt enfin marécageuses à feuilles toutes entières, disposées en rosette et pourvues de poils sécrétant un suc qui paraît doué de propriétés digestives (Grassette, fig. 144, p. 340). Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, disposées soit en grappes ou en épis (Utriculaire, Genlisée, Polypompholyce), soit en ombelles (Grassette, elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1190).
Le calice est gamosépale, avec le second sépale médian postérieur, régulier (Grassette, Genlisée) ou bilabié; dans ce dernier cas, les deux sépales antérieurs sont si complètement concrescents que le calice semble tétramère (Polypompholyce); si le même phénomène se produit aussi pour les trois sépales postérieurs, le calice paraît n’être formé que de deux sépales médians (Utriculaire, fig. Fi§;„r19de 7utrSrTvui|a>re 1190). La corolle est bilabiée, avec lèvre inférieure (Utncuiana vuigans). dilatéë en sac ou prolongée en éperon (Grassette), souvent aussi replovée vers le
haut, de manière à fermer l’ouverture du tube (Utriculaire, fig. 1190). Des cinq étamines alternes et concrescentes avec les pétales, les trois postérieures avortent, ne laissant subsister que les deux antérieures, qui ont les anthères introrses à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil se compose de deux carpelles médians, ouverts, à bords stériles, mais à base renflée en un talon ovulilère, concrescents à la fois par leurs bords et par leurs talons en un ovaire uniloculaire, à placente basilaire sphérique ou ovoïde, portant à sa surface un grand . nombre d’ovules anatropes (fig. 1190) ; en un mot, l'ovaire a la même conformation que celui des Primulacées. Le style est court, terminé par deux stigmates égaux (Genlisée, etc.) ou dont l’antérieur seul se développe, l’autre se réduisant à une petite dent (Grassette, Utriculaire). La formule florale est : F= (5S) + (SP + 2E) + (2G°).
Le fruit est une capsule à déhiscence dorsale ou à la fois dorsale et suturale. La graine, dépourvue d’albumen, contient un embryon droit, tantôt muni soit de deux cotylédons (Grassette de Portugal), soit d’un seul cotylédon entier (G. vulgaire) ou profondément lobé (G. grandiflore), tantôt dénué de cotylédons et réduit à sa tigelle (Utriculaire vulgaire, U. mineure, etc.).
Genres : Utriculaire ( Utricularia ), Genlisée ( G enlise a ), Polypompholyce (. Polypompholyx ), Grassette ( Pinguicula ).
Les Ulriculariées se rattachent directement aux Scrofulariacées, et notamment aux Micranthèmes et Anticharides dont les deux étamines antérieures existent seules. Elles n’en diffèrent que par leurs carpelles ouverts avec placentation basilaire et par l’absence d’albumen.
Gcsnéracces. — Les Gesnéracées renferment 98 genres, avec plus de 900 espèces, la plupart tropicales ou subtropicales, quelques-unes (Orobanche, etc.) appartenant aux contrées tempérées de l’hémisphère boréal. Ce sont des herbes de port très divers, parfois munies d’un rhizome tuberculeux (Gesnère, Sinningie, etc.), quelquefois parasites sur les racines et dépourvues de chlorophylle (Orobanche, etc.); ce sont aussi des arbustes dressés ou grimpants sur les arbres et les rochers à l’aide de racines adventives (Colomnée, Eschynanthe, etc.), rarement des arbres (Gyrtandre, Crescentie, etc.). Les feuilles sont opposées, rarement isolées (Orobanche, etc.), simples et sans stipules, à limbe entier, rarement lobé, parfois rudimentaire (Orobanche, etc.); elles produisent facilement des bourgeons adventifs (Gloxinie, Àchimène, etc.), et cette production peut se manifester déjà sur les cotylédons (Streptocarpe). Pour ce phénomène et le singulier mode de végétation du Streptocarpe, voir page 247. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, rarement presque régulières (Ramondie, Championie, etc.), solitaires ou disposées en épis, en grappes simples ou en grappes de cymes hipares; elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1191).
Le calice, régulier ou plus ou moins bilabié, et la corolle, régulière dans les Ramondie, Championie et Conanthe, partout ailleurs nettement bilabiée, parfois même éperonnée à la base du côté postérieur (Nématanthe, etc.), se comportent comme dans les familles précédentes. Les cinq étamines, alternes et concrescentes avec les pétales, sont rarement toutes égales et fertiles (Ramondie, etc.); ordinairement la postérieure se réduitàunstaminodeoumême
GESNÉRACÉES.
avorte complètement (Drymonie, Orobanche), et les quatre autres sont didynames, les deux antérieures plus grandes que les latérales o
(fîg. 1191) ; quelquefois les latérales avortent aussi et les antérieures sont seules fertiles (Cyrtandre, Streptocarpe,
Chirite) ; ailleurs, ce sont au contraire les antérieures qui avortent et les latérales qui sont fertiles (Sarmiente, Martynie diandre, Columellie). Après leur séparation d’avec la corolle, les filets demeurent parfois concrescents en un tube fendu en arrière (Colomnée, Nématanthe, etc.) ; les anthères introrses ont quatre sacs parfois sinueux (Columellie), s’ouvrant en long et sont souvent agglutinées F’dê î^fi’euT d^Gesn™ deux par deux ou toutes ensemble. Le pistil se compose Pendant [Gesnera peu-
h , r dulina).
de deux carpelles médians, le postérieur parfois plus grand que l’autre, ouverts, à bords fertiles et concrescents en un ovaire uniloculaire à placentes pariétaux couverts d’ovules anatmpes (fig. 1191), terminé par un style unique avec deux stigmates dorsaux (Gesnère, etc.) ou commissuraux (Orobanche,etc.). Les deux carpelles peuvent se fermer (Pédale, Columellie, etc.) et les deux loges ainsi constituées se divisent parfois par une fausse cloison en quatre logettes (Sésame, etc.) ; celles-ci peuvent à leur tour être partagées en deux par la réflexion du bord placentaire jusqu’au contact de la face externe (Joséphinie). Le nombre des ovules se réduit quelquefois à deux par loge (Pédale, etc.). Lepistil est parfois concrescent à la base avec les verticilles externes, ce qui rend l’ovaire à demi (Isolome, Gesnère, etc.), ou tout à fait infère (Gloxinie, Achimène, Colomnée, etc.).
Le fruit est une capsule à déhiscence ordinairement dorsale ou loculicide (Martynie, Sésame, etc.), rarement suturale (Ramondie, etc.) ou septicide (Columellie, etc.), parfois tordue en spirale (Streptocarpe) ou prolongée en cornes au sommet (Martynie, Craniolacie) ; ailleurs, c’est une baie (Colomnée, Crescentie, etc.) ou un tétrakène (Pédale, Joséphinie, etc.). La graine renferme un embryon droit, parfois non différencié (Orobanche, etc.), avec un albumen charnu plus ou moins développé (Gesnère, Orobanche, etc.) ou sans albumen (Pédale, Sésame, Cyrtandre, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide ordinairement avec le plan de symétrie de la graine. L’embryon des Sésames (S. d’Orient, S. indien) contient en abondance de l’huile grasse, employée à la fois comme aliment et pour la fabrication des savons.
Les genres peuvent se grouper en cinq tribus :
1. Gesnérées. — Albumen charnu, anthères droites : Gloxinie ( Gloxinia ), Achimène ( Achi -
menés), Isolome ( Isoloma ), Gesnère (Gesnera), Sinniugie ( Sinningia ), Pentaraphie (Pentarrhaphia), Épiscie ( Lpiscia ), Alloplecte ( Alloplentus ), Colomnée ( Columnea ), Cyrtandre ( Cyrtandra ), Eschynanthe ( Æschynanthus ), Beslérie ( Bes/eria ), Didymocarpe ( Didymo car pus), Ramondie (liamondia), etc.
2. Colcmelliées. — Albumen charnu, anthères sinueuses : Columellie ( Cnlumellia ).
3. Crescentiées. — Pas d'albumen, arbres : Crescentie ( Crescentia ), Kigélie ( Kigelia ),
Phyllarthre ( Phijllarthron ), etc.
4. Pédaliers . — Pas d’albumen, herbes : Martynie (Martynia), Pédale ( Pedalium „ Rogérie
( Rvqeria ), Sésame ( Sesamum ), Joséphinie (Josephinia), etc.
5. Orobanciiées. — Parasites sans chlorophylle : Orobanche ( Orobanche ), Phélipée ( Phe -
lipæa ), Christisonie (Christisonia), Eginétie ( Æqinetia ), etc.
Les Gesnéracées se rattachent directement aux Scrofulariacées, dont elles diffèrent surtout par la placentation pariélale.
VAN TIEGIIEM, TRAITÉ, 2e ÉDITION.
DICOTYLÉDONES
Bignoniacées. — Les Bignoniacées comprennent 49 genres, avec environ 400 espèces, la plupart tropicales, manquant complètement en Europe et dans toute la région méditerranéenne. On en connaît 6 espèces fossiles tertiaires, appartenant aux genres vivants Bignone, Catalpe, Técome et Jacarande. Ce sont des arbres et des arbustes dressés, volubiles à droite (Técome, etc.), ou grimpants à l’aide de vrilles foliaires (Bignone, etc.), très rarement des herbes (Tourrétie); les feuilles sont opposées, rarement verticillées (Diplanthère) ou isolées (Parmenlière), le plus souvent composées pennées ou palmées, rarement simples (Catalpe), sans stipules, fréquemment terminées en vrilles dans les lianes (Bignone, etc.). La tige des lianes a souvent une forme caractéristique, tordue en câble (Pyrostégie, Glaziovie, Disticte), quadrangulaire (Tynanthe), ou d’abord quadrangulaire, puis cylindrique, lorsque le liège a exfolié les quatre ailes (Pithécoctène, etc.) ; sa structure aussi offre de remarquables anomalies, qui ont été étudiées p. 822, fig. 539 et p. 829, et, pour ce qui concerne l’anomalie spéciale du Técome radicant, p. 826. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, disposées en grappes ou en grappes de cymes bipares, pentamères avec pistil dimère (fig. 1192).
Le calice est gamosépale, quelquefois complètement concrescent et se fendant en long à l’épanouissement soit en avant (Spathotécome, Macfadyène), soit en arrière (Spathodée), parfois muni de petites dents commissurales (Incarvillée). La corolle, rarement presque régulière (Arrabidée, etc.), est ordinairement bilabiée, la lèvre inférieure quelquefois très petite (Tourrétie). Les cinq étamines, alternes et concrescentes avec les pétales, sont rarement toutes fertiles, de même longueur ou de plus en plus courtes vers l’arrière (Rhigoze, Gatophracte) ; le plus souvent, la postérieure est réduite à un staminode et les quatre autres sont didynames (fig. 1192), les deux d’avant plus grandes, quelquefois seules fertiles(Catalpe). Les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long; quand les deux étamines antérieures sont seules fer- Fig. U92. — Diagramme de tiles, il arrive quelquefois que les deux moitiés postéta fleur du Bignone grimpant rieures jeg anthères avortent, comme dans la Sauge et
(Biynonia capreolata). . .
le Romarin (Miliingtonie). Lepistilse compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents enunovairebiloculaire renfermant dans chaque loge, sur les deux bords placentaires souvent séparés par une bande stérile (fig. 1192), un grand nombre d’ovules analropes ; l’ovaire est terminé par un style unique avec deux stigmates dorsaux.
Le fruit est une capsule loculicide (Catalpe, Técome, etc.), ou s’ouvrant par quatre fentes en isolant la cloison, à la manière d'une silique (Bignone, etc.), rarement une baie (Parmenlière, Colée). La graine est ailée, très rarement aptère (Argylie) ; elle renferme un embryon à larges cotylédons souvent bilobés, sans albumen. Le plan médian de 1 embryon coïncide avec le plan de symétrie du tégument, lequel est perpendiculaire au plan de l’aile.
Les genres peuvent être groupés en deux tribus : t. Bignoniées. — Capsule septifrage : Lundie ( Lundia ), Bignone ( Bignonia ), Macfadyène
ACANT1UCÉES.
[Macfadyena], Adénocalymne ( Adenocalymna ), Anémopegme ( Anemopæqma ), etc.
2. Técomées. — Capsule loculicide : Catalpe [Catalpa), Técoine ( Tecoma ), Dolichandrone
IDolic/iandronp), Stéréosperiue ( Stereospermum ), Jacaraude ( Jacarancla ), Parineutière
( Pai-mentiera ), etc.
Les Bignoniacées se rattachent directement aux Scrofulariacées, dont elles se distinguent surtout par les graines ailées et l’absence d’albumen.
Acanthacées. — Les Acanthacées comprennent 120 genres, avec environ 1350 espèces, répandues dans toutes les régions chaudes du globe. Ce sont des herbes ou des sous-arbrisseaux, rarement des arbustes ou de petits arbres, quelquefois volubiles tantôt à droite (Thunbergie), tantôt à gauche (Adhatode), souvent munis de cytolithes (voir p. 569) ; les feuilles sont opposées, parfois verticillées par trois ou quaire, très rarement isolées (Elythraire), simples et sans slipules, à limbe entier ou diversement lobé. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorpbes, parfois en partie cléistogames, solitaires ou disposées en grappes de cymes bipares et unipares héliçoïdes, pentamères avec pistil dimère (fig. 1193).
Le calice est souvent gamosépale et bilabié ; le sépale médian postérieur est parfois avorté, les latéraux très petits et les deux antérieurs confondus en un seul (Acanthe) ; ailleurs, il est tubuleux à bord entier (Pbysacanthe, Phialacanthe, Satanoeratère), ou réduit à un court anneau (Thunbergie, Glistace). La corolle, parfois presque régulière (Thunbergie, Ruellie, Mimulopse, etc.), est le plus souvent bilabiée, parfois avec concrescence complète des deux pétales supérieurs (Aphélandre, etc.), ou, au contraire, avec séparation de ces pétales, qui se rejettent vers le bas et forment les deux lobes supérieurs d'une corolle unilabiée (Acanthe, fig. 1 193, etc.). Des cinq étamines, alternes et concrescentes avec la corolle, la postérieure est toujours réduite à un staminode ou nulle ; on ne la trouve fertile que dans le seul Penstémonacanthe.
Les quatre autres sont didynames (fig. 1193); tantôt les deux antérieures sont plus grandes (Acanthe,
Ruellie, Thunbergie, etc.), ou seules fertiles, les deux autres se réduisant à des staminodes (Éranthème, Thyrsacanthe, etc.) ou avortant tout à fait (Dianthère, Adhatode, etc.) ; tantôt, au contraire, les deux latérales sont plus grandes (Diptéracanthe,
Téliostache, etc.), ou seules fertiles, les deux antérieures étant réduites à des staminodes (certaines Ébermayères) ou avortées (Dicliptère, Bélopérone). Les filets sont libres après leur séparation d’avec la corolle, ou concrescents soit deux par deux, soit tous ensemble; les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant par des fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Ophiorrhiziphylle, certaines Ébermayères); elles ont parfois une moitié stérile réduite à une petite dent (Chétothylace, Heinzélie, etc.). Le pistil se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents en un ovaire biloculaire, renfermant dans chaque loge soit un grand nombre d’ovules anatropes ou semi-anatropes, disposés en une ou deux rangées, soit seulement deux ovules collatéraux (Thunbergie
Fig. 1193. — Diagramme de la fleurde l’Acanthe mou ( Acanthus mollis).
Acanthe, etc.). Le style est unique, terminé par un stigmate entier ou bilobé.
Le fruit est une capsule loculicide, s’ouvrant souvent avec élasticité, très rarement une drupe (Mendoncie). La graine contient un embryon courbe, rarement droit, à cotylédons larges, parfois plissés, sans albumen, rarement avec un albumen charnu (Nelsonie, Ébermayère, etc.); le plan médian de l’embryon est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument.
Principaux genres : Thunbergie ( Thunbergia ), Ébermayère ( Ebermayera ), Hygrophile ( Hygrophila ), Ruellie ( Ruellia ), Strobilanthe ( Slrobilanthes ), Bléphare ( Blepharis ), Acanthe ( Acanlhus ), Barlérie ( Barleria ), Éranthème ( Eran themum), Lépidagathe ( Lepidagathis ), Aphélandre (Aphelandra) , Justicie (Justicia), Bélopérone ( Beloperone ), Dianlhère ( bianthera ), Jacobinie ( Jaco binia ), Dicliptère ( Dicliptera ), etc.
Les Acanthacées se rattachent intimement aux Scrofulariacées, dont elles diffèrent surtout par la déhiscence loculicide de la capsule et par l’absence d'albumen.
Sélaginacées. — Les Sélaginacées comprennent 16 genres, avec environ 220 espèces, appartenant la plupart aux régions extratropicales de l'ancien continent, pendant que d’autres sont localisées en Australie (Myopore, etc.). Ce sont des arbustes, rarement des herbes (Globulaire), ou de petits arbres (Bontie), à feuilles isolées, rarement opposées, simples et sans stipules, souvent petites. L’écorce de la tige et le parenchyme des feuilles y sont quelquefois parsemées de poches sécrétrices oléifères (Myopore). Les fleurs sont hermaphrodites, plus ou moins zygomorphes, solitaires (Érémophile), en grappe (Myopore, etc.), en épi (Sélage, etc.) ou en capitule (Globulaire), pentamères avec pistil dimère (fig. 1194).
Le calice gamosépale, régulier ou bilabié, est quelquefois partagé en deux lèvres latérales (Dischisme) ou fendu en gaine sur la face antérieure (Hébenstreitie, fig. 1194, A, Gymnandre). La corolle gamopétale est tantôt presque régulière (Gosèle, Agathelpide, certains Sélages et Microdons), tantôt bilabiée (Gymnandre, diverses Globulaires), ou unilabiée à lèvre antérieure parce que
lig. 1194. — Diagramme delà fleur : A, de l'Hébenstreitie pOStélieUie avorte tOlljoUlS, taildentée (Heben^treitia dent ata), le carpelle postérieur est tôt les quatre autres Sont fertiles, stérile; B , de la Globulaire Dudicaule ( Globularia nudi- . .
nies de quatre sacs s’ouvrant en long (Globulaire, fig. 1194, B, Myopore, etc.) ; tantôt les deux latérales avortent aussi et les antérieures sont seules fertiles;
la lèvre postérieure est rudimentaire (Globulaire nudicaule, fig.
1194, B, G. salicine), ou à lèvre postérieure parce que le pétale antérieur se réduit à une petite dent et que les quatre autres forment une sorte de gaine fendue en avant (Hébenstreitie, fig. 1194, A). Des cinq étamines alternes et concrescentes avec la corolle, la
caulis).
didynames, les antérieures plus grandes, à anthères introrses.mu-
VERBÉNACÉES.
elles subissent alors un dédoublement et chaque moitié se montre munie d’une anthère à deux sacs polliniques (Sélage, Hébenstreitie, fig. 1194, B ); parfois la moitié antérieure se réduit à un staminode (Gosèle) ou avorte tout à fait (Agathelpide), de sorte que l’androcée se réduit alors, comme dans la Sauge et le Romarin, à deux demi-étamines. Le pistil se compose de deux carpelle* médians, fermés et concrescents en un ovaire biloculaire dont chaque loge contient un (Sélage, Hébenstreitie, fig. 1194, A, etc.), deux (Pholidie, Myopore, etc.) ou quatre (Érémophile, Oftie, etc.) ovules anatropes pendants, à raphé dorsal ; les carpelles sont rarement ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire ne contenant qu'un seul ovule pendant inséré sur le carpelle postérieur (Globulaire, fig. 1194, B) ; quand les loges sont pluriovulées, les ovules s’y séparent quelquefois par de fausses cloisons (Myopore). Le style est unique, terminé par un stigmate entier ou bilobé, dont le lobe antérieur est parfois plus grand ou même seul développé (Globulaire).
Le fruit est un akène (Globulaire), un diakène (Sélage, Hébenstreitie, etc.) ou une drupe (Myopore, Érémophile, etc.). La graine renferme un embryon droit avec un albumen charnu.
Les genres peuvent se grouper en trois tribus :
1. Myoporées. — Etamines à quatre sacs, carpelles fermés : Myopore ( Myoporum ), Pholidie
( Pholidia ), Erémophile ( Eremophi/a ), etc.
2. Sélarinées. - Etamines à deux sacs, carpelles fermés : Sélage ( Selago ), Hébenstreitie
(Hebenstreitia), Dischisme (D/.vcAim«),Gyinnaudre ( Gymnandra ), etc.
3. Globulariées. — Etamines à quatre sacs, carpelles ouverts : Globulaire (Globularia).
Les Sélaginacées se rattachent aux Scrofulariacées, dont elles diffèrent surtout par les carpelles biovulés ou uniovulés.
Verbénacées. — Les Verbénacées comprennent 59 genres, avec environ 700 espèces, répandues dans les contrées chaudes, assez nombreuses aussi dans les régions tempérées de l’hémisphère austral; on a rencontré dans les couches tertiaires unGattilier et unePétrée. Ce sont des herbes(Verveine, etc.), des arbustes (Lantane, etc.) ou de grands arbres (Teck, etc.) de port très divers, parfois grimpants et volubiles à gauche (Clérodendre, etc.) ; les feuilles sont opposées, rarement verticillées (Stilbe, etc.) ou isolées (Dipyrène, Àmasonie, Espadée), simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement découpé, rarement composées pennées (Péronème) ou palmées (Gattilier). Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, rarement presque régulières, disposées en épis, grappes, capitules, ou en cymes bipares, terminées en cymes héliçoïdes; elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1195), rarement hexamères (Teck) ou sur un type numérique plus élevé et jusqu a 16 (Lachnostachide, Symphorème).
Le calice est gamosépale, persistant, à second sépale médian postérieur, presque régulier (Égiphile, Callicarpe, etc.), ou bilabié avec prédominance de la lèvre inférieure (Verveine, Durante, etc.) ou de la lèvre supérieure (Lantane) ; le sépale postérieur avorte quelquefois (Lantane, Lippie, etc.). La corolle gamopétale, dont le tube est souvent courbé, est rarement régulière (Géunsie, Bruckée, etc.), à bord quelquefois à peine lobé (Lachnostachide) ; le plus souvent, elle est bilabiée, à lèvre supérieure ordinairement plus grande que l’inférieure ; les deux pétales postérieurs sont quelquefois complètement unis, de manière à
simuler une corolle tétramère (Lantane, Lippie, etc.), rarement, au contraire, séparés et rejetés vers le bas pour former les deux lobes supérieurs d'une corolle unilabiée (Monochile). Les cinq étamines, alternes et concrescentes avec les pétales, sont parfois toutes fertiles, égales, quand la corolle est régulière (Qéunsie, Teck, Bruckée, etc.), le plus souvent inégales, de plus en plus courtes vers l’arrière; la postérieure est réduite ordinairemenlàunstaminode (Durante,
Prive, Pétrée, etc.) ou complètement avortée (Gatti. lier, Verveine, fig. 1195, Clérodendre) ; les quatre autres sont fertiles, parfois égales (Stilbe, etc.), ordinairement didynames (Verveine, fig. 1195, Lantane, Lippie, Clérodendre, etc.), ou bien les deux antérieures seules sont fertiles (Améthystée, Oxère), les deux latérales étant réduites à des staminodes ; plus rarement, ce sont les deux latérales qui sont fertiles, les antérieures transformées en staminodes (Stachytarphète). Lesfilets sont toujours libres après leur séparation d’avec la corolle ; les anthères sont Fig. ti9o. — Diagramme deiafleur dorsifixes, introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. offirfnaih')>ne ;jfficina'e ^ Verbena Le pistil se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents en un ovaire biloculaire contenant dans chaque loge deux ovules souvent campylotropes, ascendants à raphé ventral, épinastes par conséquent comme dans les Sélaginacées et dans les Labiées, rarement orlhotropes (Phryme), souvent séparés par une fausse cloison (Verveine, fig. 1195, Gattilier, etc.); ailleurs, les carpelles demeurent ouverts, à bords stériles, et portent les ovules sur leur base renflée, comme dans les Utriculariées (Avicennie, Symphorème). Le carpelle antérieur est parfois stérile (Pétrée) ; si, en outre, le postérieur prend une fausse cloison entre ses deux ovules, on a l’illusion d’un pistil à deux carpelles latéraux (Lantane, Prive, Lippie). 11 y a rarement cinq carpelles épipétales, avec cloisons incomplètes et ovaire uniloculaire (Géunsie), ou quatre carpelles subdivisés par la réflexion externe du placente en huit logeltes uniovulées (Durante). Le style est unique, terminé par un stigmate simple ou bilobé, à lobe antérieur souvent plus grand et seul utile, même quand l’ovaire correspondant a avorté.
Le fruit estime drupe (Lantane, Teck, Gattilier, etc.), un diakène (Lippie, etc.) ou un télrakène (Verveine, etc.), rarement une capsule à deux ou quatre valves (Avicennie, Campylostachide, Caryoptéride). La graine renferme un embryon droit, quelquefois pourvu d’un albumen charnu (Stilbe, Chloan- Ihe, etc.), ordinairement sans albumen. Dans les Avicennies, qui vivent sur les rivages limoneux des mers tropicales, la germination de la graine a lieu pendant que le fruit lient encore a la branche ; la plantule tombe de l’arbre toute formée et s’enracine directement dans la vase, comme on l’a vu pour le Rhizophore manglier (p. 1683). Le plan médian de l’embryon est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument (Verveine, etc.).
Quelques Verbénacées sont recherchées pour leurs feuilles aromatiques (Lippie citriodore), ou pour leurs fruits comestibles (Lantane, Premne,
PLANTAGINEES.
etc.), d’autres pour leur bois précieux pour les constructions (Teck, etc.).
Les genres peuvent être groupés en deux tribus :
\ . STiLBfiEs. — Albumen charnu : Stilbe [Stilbe), Chloanthe ( Chloanthes ), Pityrodie ( Pity rodia), etc.
J 2. Verbénéks. — Pas d’albumen : Lautaue ( Lantana ), Lippie ( Lippia ), Bouchée ( Bouchea ), Staehytarphète ( Stachytarpheta ), Verveine ( Verbena ), Callicarpe (Callicarpa), Egiphile [Ægiphila), Teck ( Tectona ), Guttilier ( Vitex), Clérodendre ( C/erodendron ), Avicennie ( Aviçennia ), etc.
Les Verbénacées se relient étroitement aux Labiées, dont elles ont les cari pelles biovulés avec les ovules épinastes dressés et séparés par une fausse cloison ; elles s’en distinguent surtout par le style terminal et le fruit souvent drupacé.
Pian tagî nées. — Les Plantaginées ne comprennent que 3 genres, avec environ 100 espèces, répandues par toute la Terre, plus nombreuses dans les climats tempérés et dans les montagnes de la zone tropicale. Ce sont des plantes herbacées, à feuilles isolées ou opposées, parfois disposées en rosette, simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement lobé. Les fleurs sont disposées en épis ou en capitules, toutes hermaphrodites (Plantain), hermaphrodites à la base de l’épi et mâles en haut (Bouguère), ou unisexuées, mais réunies en épillets triflores, deux fleurs mâles en bas, une fleur femelle en haut (Lit— torelle).
Le type floral est encore pentamère, mais avec une série de déformations qui concourent à le faire paraître tétramère (fig. 1196).
En effet, le calice ne se compose que de quatre sépales
diagonale ment
situés, les deux antérieurs souvent
rig, 1196. — Diagramme de la fleur du Plantain moyen (Plantago media).
concrescents, comme il convient à un calice pentamère dont le sépale postérieur a avorté, fait dont les familles précédentes nous ont offert plusieurs exemples. La corolle gamopétale est formée de quatre pétales alternes avec les sépales, et presque égaux, le pétale postérieur résultant, comme dans les Véroniques, de la concrescence complète des deux pétales de la lèvre supérieure. L’androcée a quatre étamines presque égales, alternes avec les pétales, l’étamine postérieure ayant avorté, comme c’est le cas général dans les familles précédentes. Enfin, le pistil se compose de deux carpelles médians, clos et concrescents en un ovaire bitoculaire, dont chaque loge renferme soit un «(Plantain cynope, P. lancéolé, etc.), soit deux (PI. moyen, fig. 1196), ou 4-8 ovules semi-anatropes (PI. majeur, etc.) ascendants à raphé ventral ; entre les ■ovules, il se fait parfois une fausse cloison. Le carpelle postérieur peut avorter, pendant que l’anlérieur seul développe un ovule dressé (Littorelle, Bouguère).
Le fruit est une pyxide (Plantain) ou un akène (Littorelle, Bouguère). La graine, dont le tégument gélifie parfois son épiderme (Plantain psylle, etc.), renferme un embryon droit et un albumen charnu; le plan médian de l'embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine et avec le plan médian du demi-carpelle correspondant.
Genres : Plantain ( Planlcigo ), Littorelle ( Liltorella ), Bouguère ( Bouguera ).
Comme on voit, ce petit groupe se rattache encore aux Scrofulariacées, mais par un lien assez indirect pour que sa place, d’ailleurs isolée, soit bien au dernier rang de la série que nous venons de parcourir. La structure du pistil rapproche les Plantaginées des Labiées et des Verbénacées, dont elles diffèrent notamment par la présence d’un albumen.
Résumé des Gamopétales supérovariées du type isostémone zygomorphe.
— En mettant à part les exceptions, les neuf familles de l’ordre des Gamopétales supérovariées qui réalisent le type isostémone zygomorphe peuvent être distinguées entre elles, et des Scrofulariacées qui ont servi de point de départ, par les caractères résumés dans le tableau suivant :
GAMOPÉTALES SUPÉROVAUIÉES ISOSTÉMONES ZYGOMORPIIES.
pentamère'
c l fermés. Fleur!
ouverts. Placentation^
Un albumen charnu.! multiovulés
Carpelles \ uniovulésou biovulés
(multiovulés. (ailées
Pas d’albumen. 1 Graines (aptères
Carpelles ibiovulés. (terminal
'Style (gynobasique .
devenant tétramère par altération
basilaire
pariétale
Scrofulariacées.
Sélaginacées.
Bignoniacées.
Acanthacées.
Verbénacées .
Labiées.
Plantaginées.
Utriculariées.
Gesnéracées .
GAMOPÉTALES INFÉRO VARIÉES.
L’ordre des Gamopétales inférovariées ne comprend que dix familles, se rattachant toutes au type isostémone, tel qu’il est réalisé par les Ombellifères parmi les Dialypétales inférovariées. A la rigueur, il suffirait donc d'en considérer une seule, pour y rattacher aisément toutes les autres. Nous en prendrons trois : les Campanulacées, les Rubiacées et les Composées , ainsi définies :
Etamines
indépendantes de la corolle
concrescentes avec la corolle. Carpelles
( fermés ( ouverts
C a mpa nulacées.
Rubiacées.
Composées.
Les Composées constituent un type assez isolé, de sorte que c’est autour des Campanulacées et des Rubiacées que viennent se grouper toutes les familles secondaires.
famille 19 Campanulacées .
Appareil végétatif. — Les Campanulacées sont des herbes annuelles, bisannuelles ou vivaces, quelquefois volubiles (Leptocode, Codonopse, etc.), rarement des arbustes ou de petits arbres (Rollandie, Cyanée, Clermontie, Sclérothèce, etc.). Elles sont abondamment pourvues de latex renfermé dans des files de cellules anastomosées en réseau (voir p. 624); leurs feuilles sont
CAMPANULACÉES.
isolées, parfois disposées en rosette, rarement opposées (Campanumée, Canarine), simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement lobé.
Fleur. — Les fleurs sont hermaphrodites, rarement dioïques par avortement (quelques Lobélies etPraties), solitaires terminales (Wahlenbergie, etc.) ou disposées en épi (Sphénoclée, diverses Raiponces), capitule (Jasione, certaines Raiponces), grappe simple ou grappe de cymes bipares (diverses Campanules, Spéculaires, etc.), rarement en cyme unipare scorpioïde (Pentaphragme). Elles sont pentamères, rarement hexamères (Canarine), parfois sur un type numérique moindre, 3-4 (diverses Wahlenbergies), ou plus élevé, 8-10 (Michauxie). Elles sont tantôt régulières (Campanule, etc ) tantôt zygomorphes avec plan de symétrie médian (Lobélie, etc.). Leur organisation générale peut s’exprimer, au-dessous du départ du calice, par la formule : F = (3S + 3P -j- 3E + 5C), qui devient, au-dessus du départ du calice : F vr: 5S (5P) -(- 5E -(- (3C). Le diagramme est donné par les figures 1197 et 1198.
Les sépales sont rarement libres au-dessus de leur séparation d’avec la corolle (Campanumée), ordinairement concrescents en un calice gamosépale, régulier ou bilabié, parfois munis entre eux d’appendices bistipulaires (Michauxie, Campanules de la section Carillon, fig. 180, p. 367). Le sépale
Fig. 1197. — Diagramme floral: A, de la Campanule carillon fleur ( Campanala Medium) ; B , de la Spéculaire miroir (Specularia Spéculum).
Fig. 1198. — Diagramme floral de la Lobélie brûlante ( Lobelia urens).
médian est tantôt postérieur (Campanule, fig. 1197, etc.), tantôt antérieur (Lobélie, fig. 1198, etc.) ; dans ce dernier cas, la fleur subit avant l’épanouissement une torsion de 180» sur son pédicelle, comme chez les Orchidées, de manière à ramener le sépale antérieur en arrière et à rendre à la fleur tout entière son orientation normale. Les pétales sont concrescents au-dessus du calice, souvent marcescents, demeurant parfois unis au sommet après l’épanouissement (Raiponce). La corolle gamopétale ainsi formée est tantôt régulière (Campanule, etc.), tantôt bilabiée avec lèvre supérieure plus développée et parfois éperonnée (Hétérotome). Dans le second cas, les deux pétales antérieurs peuvent être séparés, et alors, ou bien ils sont rejetés vers le haut avec les autres, de manière à former les deux lobes inférieurs d’une corolle unilabiée (Hétérotome, certains Tupes), ou bien ils deviennent distincts des autres et disposés latéralement (Trimère, Dobrowskie); parfois, enfin, les cinq pétales sont tous libres jusqu’à leur séparation d’avec le calice (Dialypétale, Néma-
DICOTYLÉDONES
clade). Les cinq étamines, alternes avec les pétales, sont indépendantes de la corolle au-dessus du niveau où celle-ci se sépare du calice (fig. 1197 et 1198), rarement concrescentes avec le tube, toutes (Siphocode, Rollandie) ou seulement les trois antérieures (Isotome) ; les filets, fortement dilatés à la base, sont libres et portent des anthères introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long, ordinairement libres aussi, parfois agglutinées (Jasione) ou même soudées entre elles (Symphyan dre, Lobélie, etc.). La soudure des anthères se prolonge parfois sur les filets en formant une gaine qui entoure le style et les stigmates (fig. 1198 et fig. 1199).
Le pistil est concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l'ovaire, qui est infère; rarement la concrescence n’a lieu qu’avec l’androcée et la corolle, le calice demeurant libre et dialysépale (Campanumée), ou bien même elle ne s’opère pas du tout et Fig. ii99. — Androcée de l’ovaire est supère (Cyananthe, quelques Laurenties et déeTe6 f el(amines sou' Lobélies). Il se compose parfois d’autant de carpelles que de sépales, épisépales (Michauxie, Canarine, diverses Campanules, fig. 1197, A, et Wahlenbergies), ou épipétales (Platycode, Musschie, Microcode); souvent il en compte unnombre moindre: trois, dont un postérieur (Spéculaire, fig. 1197, B , la plupart des Campanules), deux médians (Jasione, Raiponce, Lobéliées, fig. 1198). Ces carpelles sont fermés et concrescents en un ovaire pluriloculaire, dont chaque loge contient un grand nombre d’ovules anatropes, rarement deux ovules ascendanls (Mercière) ou un seul ovule pendant (Siphocode). Quelquefois, les carpelles demeurent ouverts et l’ovaire est uniloculaire avec deux placentes pariétaux (Lysiporne, quelques Clermonties et Délissées). Le style est unique, rarement indivis, ordinairement partagé en autant de branches ou de stigmates que de carpelles. Sous le stigmate se trouve un anneau de poils qui joue un rôle dans la pollinisation. Autour de la base du style, les carpelles se renflent sur la face dorsale en un bourrelet nectarifère continu, divisé en lobes alternes avec les étamines (Leptocode) ou creusé en coupe (Adénophore).
Fruit et graine. — Le fruit est quelquefois une baie (Canarine, Campanumée, Rollandie, Cyanée, etc.), le plus souvent une capsule s’ouvrant tantôt au sommet en valves loculicides (Jasione, Wahlenbergie, Platycode, Lobélie, Laurentie, etc.), ou en pyxide (Githopse, Treichélie, Sphénoclée, Lysiporne, Rhizocéphale, etc.), tantôt sur les flancs entre les cloisons par autant de trous (Campanule, Spéculaire, Raiponce, Adénophore) ou de fentes (Downingie). La graine, petite, parfois ailée, contient un embryon droit dans l’axe d’un albumen charnu.
Principaux genres. — Avec l’extension qu’on lui donne ici, la famille des Campanulacées renferme 53 genres, avec plus de 1000 espèces, dont 230 Campanules et 200 Lobélies, répandues dans les climats tempérés et tropicaux. Plusieurs sont cultivées comme plantes d’ornement (Campanule, Lobélie, etc.).
Les genres se groupent en deux grandes tribus :
1. Campanulées. — Corolle régulière : Jasione [Jasione], Lightfootie [Lightfootia], Wahlcn-
STYLIDIÉES.
berjfie (Wahlenbergia), Codouopse ( Codonopsis ), Cainpanumée ( Campanumæa ), Roelle ( Roella ), Prismatocarpe (Prismalocarpus) , Raiponce ( Plujteuma ), Campanule ( Campa nula), Spéculaire (Specularia), Adénophore (Adenophora), etc.
2. Lobbukes. — Corolle zygomorpbe : Lobélie ( Lobelia ), Délissée ( Delissea ), Centropoge ( CenAropogon ), Syphocampyle (Siphocampylus),lsotome (Isotoma), Laurentie [Laurentia), Pratie ( Pratia ), Lobélie [Lobelia), Cyphie ( Cyphia ), etc.
Familles rattachées aux Campanulacées, — Aux Campanulacées SG rattachent trois familles, ayant comme elles les étamines indépendantes de la corolle et les carpelles clos avec placentation axile : ce senties Slylidiées, Goudéniées et Cucurbitacees , dont il suffira d’esquisser les principaux caractères.
Stylidiées. — Les Stylidiées ne comprennent que 4 genres, avec environ 100 espèces, dont 80 pour le seul genre Stylide, croissant presque toutes en | Australie. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, à feuilles isolées, souvent j rapprochées en rosette, simples et sans stipules, à limbe entier, souvent petit; la tige offre dans sa structure l’anomalie des Chénopodiacées (voir p. 826). Les fleurs sont hermaphrodites, solitaires terminales (Forstérie) ou disposées en épis, grappes ou cymes bipares, presque régulières (Forstérie, Phyl- 1 lachne) ou fortement zygomorphes (Stylide, Leuwenhookie), pentamères avec pistil dimère (fig. 1200).
Le calice a son sépale médian postérieur, comme dans les Campanulées ; il est régulier ou bilabié.
La corolle a parfois ses
; les deux latérales, indépendantes de la corolle, comme dans les deux familles précédentes, sont concrescentes avec le style et forment avec lui un gynostème comme chez les Orchidées (fig. 1201). Ce gynostème est souvent coudé vers le bas et excitable ; l’excitation le fait osciller dans le plan de symétrie (voir p. 450). Les anthères, situées au sommet du gynostème, sont introrses, à quatre sacs polliniques s’ouvrant en long. Le pistil est concrescent avec les verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère, et cette concrescence se continue avec l’androcée jusqu’au sommet du style, comme il vient d'être dit; il se compose de deux carpelles médians, tantôt clos et concrescents en un ovaire biloculaire dont la loge postérieure est parfois plus petite et vide (Stylide, fig. 1200), tantôt imparfaitement fermés (Forstérie, Phyllachne) ou même tout à fait ouverts avec placentation basilaire (Leuwenkookie). Chaque carpelle porte sur les bords un grand nombre d’ovules anatropes. Le style est unique, terminé par un stigmate entier et globuleux.
pétales égaux (Forstérie, Phyllachne) ailleurs, le pétale antérieur est rudimentaire et les quatre autres forment ensemble une grande lèvre supérieure (Stylide, fig. 1200 et 1201, Leuwenhookie). Des cinq étamines alternes avec les sépales, la postérieure et les deux antérieuresavortent(fig. 1200)
Fig. 1200. — Diagramme de la fleur du Stylide adné ( Styli dium adnatum ).
Fig. 1201. — Fleur de Stylide ( Stylidium ), avec son long gynostème.
DICOTYLÉDONES
Le fruit est une capsule bivalve, à déhiscence tantôt suturale (Forstérie, Leuwenhookie), tantôt loculicide pour la loge antérieure, la postérieure ne s’ouvrant pas (Stylide). La graine contient un petit embryon droit dans l’axe d’un albumen charnu.
Genres : Stylide ( Stylidium ), Leuwenhookie ( Leeuwenhoolcia ), Forstérie (Forsleria), Phyllachne ( Phyllachne ).
Cette petite famille diffère des Campanulacées et des Lobéliées surtout par l’avortement de trois étamines et la concrescence des deux autres avec le style.
Goudéniées. — Les Goudéniées renferment 12 genres, avec plus de 200 espèces, presque toutes australiennes. Ce sont des herbes, rarement des arbustes, à feuilles isolées, souvent ramassées en rosette, rarement opposées (Scévoles de la section Énantiophylle), simples et sans stipules, à limbe entier, rarement pennifide. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, rarement régulières (Brunonie)ou presque régulières (Diaspase), solitaires axillaires ou groupées en épis, capitules (Brunonie), grappes simples ou composées; elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1202).
Le calice est parfois rudimentaire au-dessus du niveau où il se sépare des verticilles internes (Dampière). La corolle est souvent bilabiée (Goudénie, fig. 1202, etc.), parfois éperonnée en arrière (Picrophyte) ; ailleurs, elle est fendue en haut jusqu’à la base et les deux pétales postérieurs rejetés en avant, ce qui rend la corolle unilabiée (Sellière, Catosperme, Scévole). Les cinq étamines alternes avec les pétales sont indépendantes de la corolle et du style, toutes fertiles, avec anthères introrses à quatre sacs s’ouvrant en long, parfois agglutinées latéralement en tube (Leschenaultie, Anthote). Le pistil est concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui e^t infère ; quelquefois, cette concrescence n’a lieu qu’avec l’androcée et la corolle, tandis que le calice demeure libre (Vellée), ou même elle n’a pas lieu du tout et l’ovaire est supère (Brunonie). 11 se compose de
deux carpelles concrescents, fermés complètement (fig. 1202), ou imparfaitement (Sellière, Galogyne), parfois même ouverts et formant un ovaire uniloculaire à placentation basilaire (Brunonie, Vellée); chaque carpelle porte un grand nombre d’ovules anatropes, se réduisant parfois à deux (Catosperme), à un (Scévole, Diaspase), ou même à un seul pour la loge unique formée par les deux carpelles ouverts -ig. 1203. — (Brunonie, Dampière); les deux loges peuvent dénie avecTa se subdiviser par une fausse cloison (Tétracupuie sous- phylace). Le style est unique, terminé par un
stigmatique. 1 . ...
stigmate bilobé, entouré a sa base par une expansion cupuliforme (fig. 1203), bordée d’un anneau de poils et parfois bilabiée (Leschenaultie).
Le fruit est une drupe (Scévole), un akène (Brunonie, Dampière) ou une capsule tantôt septifrage (Goudénie, Calogyne, etc.), tantôt à la fois septifrage et loculicide (Anthote, Vellée, Leschenaultie, etc.). La graine renferme un
Fig. 1202, — Diagramme de la lleur de la Goudénie ovale ( Goode nia ovata).