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CUCURBITACÉES

embryon droit dans l’axe d’un albumen charnu, qui manque parfois (Brunonie).

Principaux genres : Leschenaultie ( Leschenaultia ), Vellée ( Velleia ), Goudénie ( Goodenia ), Scévole ( Scævola ), Dampière ( Dampiera ), Brunonie ( Bruno nia), etc.

Ce petit groupe est très voisin des Campanulacées, dont il ne diffère que par l'absence de latex et par la cupule qui entoure les stigmates.

Cucurbîtacées. — Les Cucurbitacées renferment 68 genres, avec plus de 500 espèces, croissant dans les contrées chaudes et surtout dans la zone tropicale. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement dressées (Machade), rampant d’ordinaire ou grimpant à l’aide de vrilles foliaires, très rarement des arbustes épineux à feuilles rudimentaires (Acanthosicie) ; les feuilles sont isolées suivant |, simples et sans stipules, à limbe entier ou diversement découpé ; les racines se renflent parfois en tubercules (Bryone, etc.). La vrille, simple (Bryone, voir fig. 89, p. 261, etc.) ou ramifiée (Courge, etc.), est la première feuille du rameau axillaire ; la seconde feuille de ce rameau se développe aussi quelquefois en vrille (Pilogyne); ailleurs, au contraire, les vrilles font défau (Ecballe). Les faisceaux libéroligneux ont, comme on sait (fig. 440, p. 650), un double liber, le liber interne étant souvent plus développé que le liber externe. Les fleurs sont régulières, unisexuées avec monœcie (Courge, etc.) ou diœcie (Bryone dioïque, etc.), très rarement hermaphrodites (Schizopépon), situées à l’aisselle des feuilles, parfois solitaires, le plus souvent groupées en grappes simples ou composées; elles sont pentamères avec pistil trimère (fig. 1204).

Le calice, dont le second sépale est médian postérieur, demeure concrescent avec la corolle après que celle-ci s’est séparée du pistil ; au-dessus de la séparation des deux verticilles externes, les sépales sont libres, parfois rudimentaires (Cyclanthôre explosif, etc.), tandis que les pétales sont tantôt libres (Ecballe, Bryone, Sicie, etc.), tantôt conc rescents en une corolle gamopétale (Concombre, Courge, Citrouille, etc.). Dans la fleur mâle, les étamines sont au nombre de cinq superposées aux pétales, mais qui se dédoublent latéralement de manière à produire dix étamines à deux sacs polliniques. De ces dix étamines partielles, celles qui sont superposées au premier et au second pétale, ainsi que celle qui correspond à la première moitié du troisième pétale, sont seules fertiles, les cinq autres avortent. Les cinq étamines fertiles demeurent quelquefois libres ; elles se déplacent alors de manière à se trouver également espacées autour de l’axe, ce qui les amène en superposition avec les sépales (Sicie, Zanonie, Alsomitre, etc.) ; mais le plus souvent elles sont concrescentes dans chaque paire, de sorte que l’androcée se compose de deux étamines épipétales à quatre sacs et d’une troisième étamine à deux sacs de-

venue épisépale

(fig-

Fig. 1204. — Diagramme des fleurs de l'Ecballe agreste ( Ecballium agreste). A, fleur mâle; B, fleur femelle.

Quelquefois, l’avortement en porte que sur une seule des dix étamines, celle qui est superposée à la seconde moitié du cinquième pétale, et les

DICOTYLÉDONES

Fig. 1205. — Étamine

double de Bryone (Br y onia).

autres sont concrescentes par paires ; il y a donc alors quatre étamines épipétales à quatre sacs et une étamine à deux sacs (Sèche, Prasopépon) ; parfois même les dix étamines sont fertiles et concrescentes en cinq étamines épipétales à quatre sacs (Telfaire). Ailleurs, au contraire, l’étamine superposée à la première moitié du troisième pétale avorte comme les cinq autres; les quatre fertiles sont alors libres (Gerrardanthe) ou concrescentes deux par deux (Angurie). Enfin, tous les filets des étamines peuvent être concrescents en une colonne cylindrique et tous leurs sacs se confondre en deux sacs circulaires au sommet de cette colonne renflé en disque (Cyclanthère). Les filets des étamines sont concrescents à la base avec les deux verticilles externes, mais indépendants de la corolle au-dessus du niveau où celle-ci s'est séparée du calice, comme dans les trois familles précédentes; les anthères sont extrorses et leurs sacs polliniques, d’ordinaire recourbés en S (fig. 1203), rarement droits (Zehnérie, Ehynchocarpe, Sicyosperme, Sicyde), s’ouvrent en long par une fente de même forme.

Dans la fleur femelle, le pistil est concrescent avec les deux verticilles externes dans toute la longueur de l'ovaire, qui est infère ; accidentellement, il n’est qu a demi-infère, comme dans la variété de Courge nommée Courge-turban, ou même tout à fait supère (variété chinoise de la Courge maxime, voir p. 383). Il se compose de trois carpelles, dont un postérieur, clos et concrescents en un ovaire triloculaire (fig. 1204, B), dont les bords chargés d’ovules anatropes se réfléchissent d’abord vers l’extérieur jusque contre la paroi externe, puis se replient de nouveau vers l’intérieur, de manière à rapprocher les ovules des cloisons. Le style est unique, terminé par trois stigmates épais, ordinairement contournés et lobés; il y a rarement trois styles libres (Févillée). Accidentellement, le pistil peut se trouver formé de cinq carpelles, qui sont alors épisépales (Courge, etc.) ; ailleurs, il est normalement réduit à deux carpelles (Angurie). La fermeture des carpelles peut demeurer incomplète, ce qui rend l’ovaire uniloculaire à placentes pariétaux (Hodgsonie, certains Ecbinocystes) ; le nombre des ovules de chaque loge peut se réduire aussi à un ou deux (Échinocyste, Sicie).

Le fruit est une baie, dans laquelle la couche externe du péricarpe est dure et parfois ligneuse, tandis que les cloisons et les bords placentaires se résolvent en une pulpe liquide ; il s’ouvre quelquefois, soit en trois valves (Herpétosperme, Schizocarpe, Schizopépon, Biswarée),soit au sommet en p\xide (Luffe, certains Echinocystes) ou par un ou deux pores (Échinocyste), soit à la base en se déchirant avec élasticité (Élatère) ou simplement en se détachant du pédicelle et projetant les graines par l’ouverture (Ecballe). La graine renferme un embryon à larges cotylédons plans, sans albumen, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument.

Beaucoup de Cucurbitacées sont cultivées pour leurs fruits comestibles ; citons d’abord les diverses Courges et notamment: la Courge maxime, vulgairement Potiron, la Courge pépon, la Courge musquée, etc., puis le Concombre melon et le Concombre cultivé, la Calebasse vulgaire ou Gourde, la Citrouille

RUBIACÉES.

vulgaire, connue sous le nom de Pastèque, etc. Quelques autres sont comestibles par leurs racines tuberculeuses , comme la Bryone d’Abyssinie, etc.

Principaux genres : Trichosanthe ( Trichosanth.es ), Luffe ( Luffa ), Momordique (Momordica), Concombre ( Cucumis ), Calebasse (Lagenaria), Céphalandre (' Cephalandra ), Courge ( Cucurbita ), Citrouille ( Citrullus ), Bryone [Br y onia) Zehnérie ( Zehneria ), Mélothrie ( Melothria ), Rhynchocarpe ( lihynchocarpa ), Angurie ( Anguria ,) Échinocyste ( Echinocystis ), Élatère (E lateriurn) , Cyclanthère ( Cyclanthera ), Sicie ( Sicyos ), Févillée ( Fevillea ), etc.

Les Cucurbitacées forment une famille isolée et dont les affinités sont encore obscures. Elle différé des Campanulacées par l’unisexualité des fleurs, la position épipétale, le dédoublement et l’avortement partiel des étamines, la nature du fruit, l’absence d’albumen, etc. ; néanmoins, elle se rattache mieux à ce groupe qu’à aucun autre, et notamment qu’aux Dialypétales inférovariées isostémones, c’est-à-dire aux Ombellifères, à côté desquelles il faudrait la placer si on voulait la conserver parmi les Dialypétales.

Résumé des Gamopétales inférovariées à étamines libres et carpelles clos.

— En résumé les quatre familles de l’ordre des Gamopétales inférovariées qui ont les étamines libres et les carpelles clos se distingent entre elles de la manière suivante :

Fleurs

hermaphrodites uaisexuées

Latex

Pas de latex.. .

v Cupule stigmatique I Gyuostème

Campanulacées.

Goudéniées.

Stylidiées.

Cucurbitacées.

Rubiacées.

Appareil végétatif. — Les Rubiacées sont des arbres, des arbustes ou des herbes de port très divers, à tige quelquefois volubile à gauche (Manetlie, etc.), parfois tuberculeuse, épiphyte et creusée de galeries où nichent les fourmis (Myrmécodie, Hydnophyte). Elle renferme quelquefois, dans la couche profonde de l’écorce et à la périphérie de la moelle, de longues cellules isolées sécrétant un liquide laiteux et résineux (Quinquina, Ladenbergie, etc.) (voir p. 620). Les feuilles sont opposées ou verticillées, rarement isolées (Didymochlamyde), simples, à limbe entier, rarement denté (Neurocalice, Silvianthe, Hétérophyllée, etc.) ou lobé (Pentagonie, Sickingie), pourvues de stipules; ces stipules sont latérales ou axillaires, libres ou concrescentes entre elles ou avec le pétiole, persistantes ou caduques, quelquefois de même forme que les feuilles (Gaillet, etc.), de manière à simuler des verticilles, rarement rudimentaires ou nulles (Silvianthe, Limnosipanie).

Fleur. — Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, rarement polygames avec monœcie (Vaillantie) ou diœcie (certaines Psychotries), assez souvent hétérostylées dimorphes ou trimorphes (Quinquina, Randie, Mitchelle, Pentade, Otoméric, Hédyote, etc., voir p. 422), disposées en inflorescences très diverses, souvent en grappes composées qui se terminent en cymes bipares, en grappes

DICOTYLÉDONES

d’ombelles, etc. Elles sont pentamères ou tétramères (fig. 1206) avec pistil dimère, rarement trimères (Aspérule tinctoriale, divers Anthospermes et Operculaires), ou, au contraire, sur un type plus élevé : 6 (parfois dans les Garances et les Caféiers), 8 (Randie), 11 (Gardénie), etc. Leur organisation s’exprime, au-dessous du départ du calice, par la formule F=(5S-f 5P + SE-|-2C), qui devient, au-dessus du départ du calice : F— 5S-f-(5P-f-5E) + (2G) .

Le calice est parfois très développé au-dessus de sa séparation d’avec les verticilles internes (Dictyandre, Pentalonche, Pentanisie, Gaillonie, etc.) ; il peut même être alors pétaloïde et plus grand que la corolle (Carphalée, Phyllomélie, Polyprème). Mais le plus souvent, les sépales se prolongent peu audessus de ce niveau, et se réduisent à de petites dents (Gaillet, etc.), fréquemment invisibles. Quand ils se prolongent, les sépales sont tantôt libres (Polyprème, etc.), tantôt concrescents en tube (Quinquina, etc.), parfois inégaux, l’un d’eux, par exemple, se développant plus que les autres et devenant pétaloïde (Calicophylle, Pogonope, Mussende, Schizocalice, Pincknée, etc.). La corolle est gamopétale, régulière, rarement plus ou moins bilabiée (Ferdinanduse, Capirone, Dicliilanthe, Ilenriquézie) ; les pétales y sont quelquefois distincts jusqu’à la base (Aulacodisque, Synaptanthère, Molopanthère). Les étamines sont en même nombre que les pétales, alternes avec eux et concrescentes avec le tube de la corolle ; elles sont rarement en nombre moitié moindre (Carlemannie, Silvianthe) ou en nombre double (Praravinie) ; très rarement aussi elles sont indépendantes des pétales (Synaptanthère, fleurs longistyles d’Adénosacme). Les filets sont libres au-dessus de leur séparation d’avec la corolle, rarement con- Fig. 1206. — Diagramme de la crescents (Monadel phandre, Capirone, Solénandre. fleur de^ Aspéruie ^dorante Strumpfie); les anthères sont introrses, quelquefos agglutinées en tube (Acranthère, Neurocalice, divers Argostemmes), munies dequatre sacs s’ouvrant par des fentes longitudinales, rarement par des pores terminaux (Rustie, certains Argostemmes), quelquefois cloisonnés transversalement (Dictyandre, Isertie, Anomanthodie).

Le pistil est concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère ; rarement la concrescence n’a lieu que dans la moitié de cette longueur et l’ovaire est à demi supère (Henriquézie, Platycarpe, etc.). Il se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents en un ovaire biloculaire, dont chaque loge contient un (Caféier, Gaillet, fig. 1206, etc.), deux (Rétiniphylle, etc.) ou un grand nombre (Quinquina, Gardénie, etc.) d’ovules anatropes, semi-anatropes ou campylotropes; quand les carpelles sont uniovulés ou biovulés, les ovules sont ascendants à raphé interne, quelquefois pendants à raphé externe (Chiocoque, Guettarde, Canthe, Mitchelle, etc,), toujours épinastes par conséquent. Quelquefois les carpelles demeurent ouverts, ce qui laisse l’ovaire uniloculaire à placentes pariétaux (Gardénie, etc.). Ailleurs, le nombre des carpelles est plus grand: 3 (Richardsonie), 4 (Morinde, etc.) et jusqu’à 10-12 (Lasianthe). Les deux styles sont parfois libres (Gaillet, etc.), le plus souvent concrescents en un style unique

RUBIACÉES. 17.45

terminé par un stigmate entier ou bilobé. Autour de la base du style, les carpelles renflent le parenchyme de leur face dorsale en un bourrelet nectarifère, rarement lobé.

Fruit et graine. — Le fruit est une capsule loculicide (Ladenbergie, etc.) ou septicide (Quinquina, Cascarille, etc.), une baie (Garance, etc.), une drupe (Caféier, Céphélide, etc.) ou un diakène (Gaillet, etc.). Quelquefois, les drupes de deux fleurs voisines se soudent en un fruit double (Mitchelle) ou toutes les drupes d’un même capitule se soudent en un fruit en forme de mûre (Sarcocéphale, Morinde, Rcnnélie), soudure qui peut s’opérer de même entre capsules provenant d’un même capitule (Operculaire). La graine, parfois munie d’un arille (Galinière, Isidorée), renferme un embryon droit ou courbe à cotylédons diversement conformés, muni d’un albumen charnu ou corné, parfois creusé d’un sillon (Caféier) ou ruminé (Galinière, Rutidée, Coptosperme, Polysphérie), rarement sans albumen (Henriquézie, Platycarpe, etc.). Le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine et avec le plan médian du carpelle quand il est uniovulé.

Principaux genres. — La famille des Rubiacées est très vaste et comprend 337 genres, avec environ 4100 espèces, la plupart tropicales et subtropicales, croissant en grande majorité en Amérique ; dans les climats tempérés vivent principalement les Galiées dans l’hémisphère boréal, et les Anthospermées dans l’hémisphère austral. On en a trouvé 27 espèces fossiles tertiaires, dont plusieurs se rattachent aux genres encore vivants Gaillet, Gardénie, Morinde, etc. ; d’autres forment les genres éteints Cinchonide et Rubiacite. Un grand nombre de ces plantes donnent des produits utiles : les unes ont une écorce au plus haut degré fébrifuge, comme les Quinquinas (Q. calisaie, Q. officinal, Q. rouge, etc.), d’où l’on extrait plusieurs alcalis organiques, notamment la quinine et la cinchonine (voir p. 535) ; d’autres forment dans leurs racines des substances vomitives, comme le Céphélide ipécacuanha, etc., oïi tinctoriales, comme la Garance des teinturiers, etc. ; plusieurs sont comestibles par leurs fruits (Génipe, Sarcocéphale, etc.) ou par l’albumen torréfié de leurs graines, comme le Caféier d’Arabie ; quelques-unes enfin donnent un bois très dense, analogue à celui du Buis (Nauclée, Oncarie, etc.).

On peut grouper les principaux genres en trois grandes tribus, de la manière suivante :

1. Cinchonées. — Carpelles multiovulés, stipules membraneuses : Nauclée ( Nauclea ), Quin-

quina (Cinchona), Cascarille ( Cascarilla ), Bouvardie ( Bouvardia ), Manettie ( Manettia ), Exostemme (Exostemma), Bikkie (Bik/cia), Uondelettie (Ronde lettia), Argostemme (Argostemma), Hédyote ( Hedyotis ), Oldenlandie ( Oldenlandin ), Ophiorrhize (Ophiorrhiza), Mussende ( Mussænda ), Urophylle ( Urophyllum ), Randie ( Randia ), Gardénie (Gardénia), etc.

2. Coffékes. — Carpelles uniovulés, stipules membraneuses : Guettarde ( Guettarda ),

Antirrhôe (Antirrhœa), Plectronie ( Plectronia ), Vanguérie (Vangueria), Ixore ( lxora ), Bavette (Pavetta), Caféier (Coff'ea), Morinde ( Morinda ), Faramée ( Faramea ), Psychotrie ( Psychotria ), Palicourée (Pa/icourea), Rudgée ( Rudgea ), Céphélide ( Cephælis ), casianthe ( Lasianl/ius ), Anthosperme ( Anthospermum ), Gailionie ( Gaillonia ), Spermacoce (Spermacoce), etc.

3. Rubiées. — Carpelles uniovulés, stipules foliacées : Garance ( Rubia ), Gaillet ( Galium ),

Aspérule (Asperula), Crucianelle (Crucianella), Shérardie ( Sherardia ), etc.

Les Rubiacées forment une famille nettement limitée; elle se relie aux Dialypétales à ovaire infère, notamment aux Ombellifères et surtout aux

VAN TIEGUEM, TRAITÉ. 2' ÉDITION HQ

DICOTYLÉDONES

Cornées, dont les Cofféées et les Rubiées diffèrent par les feuilles opposées stipulées et la corolle gamopétale; elle se rattache aussi aux Gamopétales à ovaire supère, notamment aux Loganiées, dont les Cinchonées ne se distinguent que par l’ovaire infère.

Familles rattachées aux Rubiacées. — Aux Rubiacées se rattachent quatre familles, ayant comme elles les carpelles clos et les étamines concrescentes avec la corolle : ce sont les Capr [foliacées, Valérianées, Dipsacées et Calycérées , dont il convient de tracer brièvement les caractères.

Caprifoiiacées. — Les Caprifoliacées comprennent 13 genres, avec environ 200 espèces, croissant en grande majorité dans les climats tempérés de l’hémisphère boréal; on a trouvé dans le tertiaire 14 Viornes, 1 Sureau et 1 Chèvrefeuille. Ce sont des arbustes, parfois volubiles à gauche (divers Chèvrefeuilles), rarement des herbes vivaces (Adoxe, Trioste, Sureau yèble), ou de petits arbres (certains Sureaux), dont la tige est parfois pourvue de longues cellules tannifères (Sureau), comme il a été dit page 620. Les feuilles sont opposées, rarement isolées (Alseuosmie), simples (Chèvrefeuille, etc.) ou composées pennées (Sureau, Adoxe, etc.), sans stipules, rarement stipulées (certains Sureaux et Viornes, Pentapyxide). La racine a souvent son assise sus-endodermique munie d’un réseau de soutien lignifié, analogue à celui des Rosacées, des Conifères, etc. (Viorne, Chèvrefeuille, Symphorine, etc.).

Les fleurs sont hermaphrodites, rarement stériles et plus grandes à la périphérie de l’inflorescence (Viornes de la section Obier), ordinairement régulières, parfois zygomorphes (Chèvrefeuille, Linnée, Dierville, Abélie), solitaires axillaires (divers Triostes et Alseuosmies) ou groupées en épis (Symphorine), en capitules (Adoxe), en grappes (Dierville), en grappes composées d’ombelles (Viorne, Sureau), en cymes bipares isolées (Chèvrefeuilles de la section Xylostéon), ou groupées soit en épis (Leycestérie), soit en capitules (Chèvrefeuilles delà section Caprifolié). Elles sont pentamères (fig. 1207), rarement tétramères (fleur terminale d’Adoxe, etc.).

Les sépales, dont le second est médian postérieur, sont égaux (fig. 1207), rarement inégaux (Leycestérie) ; le postérieur avorte quelquefois (Weigélie). La corolle est gamopétale, régulière (Adoxe, Sureau, Viorne), ou bilabiée,

faiblement (Linnée, Dierville) ou fortement, la lèvre inférieure étant réduite à un seul pétale pendant que la supérieure en comprend quatre (Chèvrefeuille); elle est parfois dilatée ou éperonnée à la base sur la face inférieure (Abélie, Trioste, Chèvrefeuille); les deux pétales postérieurs peuvent être concrescents dans toute leur longueur, de manière à simuler une corolle tétramère (Weigélie). Les cinq étamines sont alternes avec les péta- 1207) ; la postérieure avorte quelquefois (Linnée, Abélie, Weigélie); ou bien, au contraire, elles se dédoublent

Pig. 1207 . — Diagramme floral: A , de la Symphorine à grappe ( Symphoricarpus racemosus) ; B, du Sureau yèble ( Sambucus Ebulus)

les et concrescentes avec la corolle (fii

CAPRIFOLIA.CÉES.

et forment dix étamines à deux sacs polliniques qui alternent par paires avec les pétales, dont elles sont alors complètement indépendantes (Adoxe). Les filets, libres entre eux, portent des anthères introrses, rarement extrorses (Sureau), à quatre sacs polliniques (excepté dans T Adoxe), qui s’ouvrent en long.

Le pistil est concrescent avec les trois vertieilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère; la concrescence n’a lieu quelquefois que dans la moitié de cette longueur et l’ovaire est à demi supère (Adoxe). Les carpelles peuvent être en même nombre que les sépales et épipétales (Leycestérie, Adoxe, Sureau du Canada); mais le plus souvent ils se réduisent à trois, dont un antérieur (Chèvrefeuille, Trioste, Sureau, fig. 1027, Zf, Viorne) ou postérieur (Linnée, Abélie), rarement à quatre en croix (Symphorine, fig. 1027, A) ou à deux médians (Dierville, Weigélie). Ces carpelles sont clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire, dont chaque loge contient tantôt un grand nombre d’ovules anatropes (Chèvrefeuille, Dierville, Leycestérie, etc.), tantôt un seul ovule pendant, à raphé interne, épinaste (Trioste, Sureau, fig. 1027, B, Viorne) ; des quatre carpelles de la Symphorine (fig. 1027, A), les deux médians renferment deux rangs d'ovules épinastes, tandis que les deux latéraux sont uniovulés; des trois carpelles des Abélies et Linnées, le postérieur et l’un des antérieurs sont multiovulés, le troisième seul uniovulé. Dans ces deux derniers cas, les carpelles pluriovulés avortent, pendant la formation du fruit; dans la Viorne, deux des trois carpelles uniovulés avortent également, mais beaucoup plus tôt, et c’est l’un des postérieurs qui se développe seul. Les styles sont quelquefois libres (Adoxe), le plus souvent concrescents à la base et séparés plus haut en autant de branches que de carpelles (Sureau, Viorne), ou concrescents dans toute la longueur en un style unique, terminé par un stigmate entier (Chèvrefeuille, Dierville) ou lobé (Symphorine, Trioste) ; les stigmates sont tantôt dorsaux (Sureau, Viorne, etc.), tantôt commissuraux (Symphorine, Leycestérie).

Le fruit est une baie (Chèvrefeuille), une drupe (Viorne, Sureau), une capsule (Dierville) ou un akène (Linnée). Les deux ovaires contigus de la cyme bipare se soudent quelquefois en se transformant en fruit, et il en résulte une double baie (Chèvrefeuilles de la section Xylostéon). La graine renferme un petit embryon muni d’un abondant albumen charnu ; le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de symétrie de la graine et avec le plan médian du carpelle quand il est uniovulé.

Plusieurs de ces plantes, notamment les Viornes, les Sureaux, les Chèvrefeuilles, la Symphorine, la Weigélie, etc., sont cultivées dans les, jardins. Quelques-unes sont utiles par leur bois (Chèvrefeuille grimpant), qui peut servir à préparer du charbon pour fabriquer la poudre (Viorne obier), par leurs branches flexibles (Viorne mancienne) ou pourvues d' une large moelle (Surea u) .

Les genres peuvent être groupés en deux tribus :

1. Sambccébs. — Styles plus ou moins distincts : Aloxe ( Acloca ), Sureau ( Sambucus ),

Viorne ( Viburnum).

2. Lonicérées. — Style unique : Trioste ( Triosteum ), Symphorine [Symphoricarpus), Chè-

vrefeuille ( Lonicera ), Dierville ( Diervilla ), etc.

LesCaprifoliacées se rattachent, on le voit, très intimement aux Rubiacées, dont elles diffèrent surtout par l’absence de stipules et par le pistil souvent tri-

DICOTYLÉDONES

mère. Elles se relient, par conséquent, comme les Rubiacées elles-mêmes, à la série des Dialypétales inférovariées isostémones, et surtout aux Cornées, qui ont les ovules épinastes.

Valérianées. — Les Valérianées renferment 9 genres, avec environ 300 espèces, crois-ant la plupart dans les régions tempérées de l’hémisphère boréal. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des arbustes (Phyllactides de la section Portérie), à feuilles opposées, simples ou composées, sans stipules. Les fleurs sont hermaphrodites, ou dioïques par avortement et alors dimorphes (Valériane), zygomorphes, pentamères, disposées d’ordinaire en grappes composées, se terminant en cymes bipares, puis en cymes unipares scorpioïdes.

Le calice ne se prolonge que très peu au-dessus du niveau où il se sépare des verticilles internes, sous forme soit d’un petit rebord (Valérianelle potagère.

V. carénée, etc.), soit d'une petite cupule dentée (Patrinie, Valérianelle dentée, V. auricule, etc.) eu frangée, dont les franges se développent pendant la maturation du fruit en une couronne de plumes (Valériane, fig. 1208, Centranthe). La corolle est gamopétale, dilatée (Valériane, fig. 1208) ou même éperonnée (Centranthe, Plectritide) à la base du côté antérieur, à pétales souvent inégaux et bilabiée (Patrinie, Valériane), la lèvre inférieure réduite parfois à un seul pétale, pendant que les quatre au- Fig. 1208. — -diagramme de la tres Arment la lèvre supérieure (Centranthe). Des iieur de la Valériane officinale cinq étamines, alternes et concrescentes avec les pé-

(Valeriana officinalis). .11 , , • , , ,

taies, la postérieure avorte toujours ; les quatre autres sont parfois toutes fertiles (Patrinie, Nardostachide) ; ailleurs, l'une des antérieures avorte et il n’en reste que trois (Valériane, fig. 1208, Valérianelle, Plectritide, Astréphie); ou bien les deux antérieures avortent et il ne reste que les deux latérales (Fédie) ; ou, enfin, l une des deux latérales avorte aussi, et l'androcée se réduit à une seule étamine latérale (Centranthe). Les filets, toujours libres entre eux, portent des anthères oscillantes, introrses, à quatre sacs, s’ouvrant en long. Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes, ce qui rend l’ovaire infère, se compose de trois carpelles clos et concrescents, dont un antérieur ; mais l’un des deux carpelles postérieurs développe seul son ovaire, qui contient un ovule anatrope pendant, à raphé interne; les deux autres ovaires demeurent stériles et forment deux petites vésicules sur les flancs du premier (fig. 1208). Le style est unique, terminé par un stigmate entier ou trilobé.

Le fruit est un akène, couronné par le calice non modifié (Valérianelle, Patrinie, etc.) ou devenu plumeux (Centranthe, Valériane). La graine renferme un embryon droit, sans albumen ; le plan médian de l’embryon coïncide à la fois avec le plan de symétrie du tégument et avec le plan médian du carpelle fertile. Les Valérianes sécrètent dans leurs racines une huile odorante employée en médecine; les Valérianelles se mangent en salade, notamment la V. potagère, vulgairement Mâche.

Principaux genres : Patrinie ( Patrinia ), Phyllactide (Phyllactis), Valériane

CAPR1F0LIACÉES 1749

( Valeriana ), Centranthe ( Centranthus ),c: Valérianelle ( Valerianella ), etc.

Les Valérianées se relient directement aux Caprifoliacées par les Viornes, qui font, comme elles, avorter deux de leurs trois carpelles uniovulés ; elles se rattachent aussi intimement aux deux familles suivantes.

Dipsacées. — Les Dipsacées comprennent 8 genres, avec environ 120 espè ces, appartenant toutes à l’ancien continent, où elles abondent, surtout dans la région méditerranéenne. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, rarement des arbustes, à feuilles opposées, simples et sans stipules. Les fleurs sont hermaphrodites, zygomorphes, pentamères, disposées en capitule involucré sur un réceptacle conique, à l’aisselle de bractése mères (Cardère, Scabieuse), parfois avortées (Knautie), rarement en cymes bipares groupées en ombelle (Triploslégie) ou en épi interrompu à la façon des Labiées (Morine). Chaque fleur porte deux bractées latérales concrescentes, qui l’entourent d’un involucré partiel de forme assez variable (fig. 1209).

Le calice se prolonge, au-dessus du niveau où il devient libre, en cinq dents, dont une est médiane postérieure (Scabieuse, fîg. 1209,Ptérocéphale) ; les deux sépales antérieurs demeurent parfois concres cents jusqu’au sommet et ne forment qu’une seule dent, ce qui réduit à quatre le nombre des dents du calice, deux médianes et deux latérales (Cardère,

Knautie, Céphalaire) ; ou bien la dent postérieure avorte et les quatre autres sépales, concrescents deux par deux, ne forment que deux dents latérales (Morine). La corolle est gamopétale, bilabiée, les deux pétales qui formentla lèvre supérieure étant parfois distincts (Scabieuse, fig. 1209, Ptérocéphale, Morine), parfois complètement concrescents de manière à ne former en apparence qu’un seul pétale (Cardère, Succise, Knautie, Céphalaire). Dans ce dernier cas, si le calice n’a aussi que quatre dents, la fleur paraît tétramère (Knautie, Céphalaire, Cardère), mais la superposition des pétales aux sépales dissipe aussitôt l’illusion. Des cinq étamines alternes avec les pétales et concrescentes avec le tube de la corolle, la postérieure avorte (fig. 1209) et les quatre autres sont tantôt libres entre elles (Cardère, Scabieuse, etc.), tantôt unies latéralement deux par deux dans toute la longueur des filets (Morine); les anthères sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long. Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère, se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents; le carpelle antérieur développe seul son ovaire, qui contient un seul ovule anatrope attaché en arrière, près du sommet de la suture, et pendant, à raphé dorsal; le postérieur avorte dans sa région ovarienne (fig. 1209). Le style est unique, terminé par deux stigmates médians (Knautie, Scabieuse, Succise), ou par un seul stigmate postérieur, l’antérieur ayant avorté (Cardère, Céphalaire). Dans le premier cas, chacun des deux carpelles a développé son style et son stigmate; dans le second, le carpelle postérieur seul, atrophié dans l’ovaire, développe un style et un stigmate, tandis que l’antérieur,

Fig. 1209. — Diagramme de la fleur de la Scabieuse colombaire ( Scabiosa columbaria) ; », involucelle.

Feuilles

DICOTYLÉDONES

développé dans l’ovaire, avorte dans le style et le stigmate. Ce phénomène singulier a déjà été signalé à plusieurs reprises dans les fami'les les plus diverses.

Le fruit est un akène enveloppé dans l’involucelle, souvent aussi couronné parle calice persistant. La graine renferme un embryon droit dans l’axe d’un albumen charnu; le plan médian de l’embryon coïncide à la fois avec le plan de symétrie de la graine et avec le plan médian du carpelle fertile et de la fleur tout entière.

Genres : Triploslégie ( Triplostegia ), Morine ( Morina ), Cardère ( Dipsacus ), Céphalaire (Cephalaria) , Scabieuse ( Scabiosa ), Succise ( Succisa ), Knautie ( Knaulia ), Ptérocéphale ( Pterocephalus ).

Les Dipsacées se rattachent directement aux Valérianées, dont elles diffèrent surtout par l’involucelle.

Calycérées. — Les Calycérées ne comprennent que 3 genres, avec environ 20 espèces, appartenant toutes aux régions extratropicales de l’Amérique australe. Ce sont de petites herbes annuelles ou vivaces, à feuilles isolées, sans stipules, à fleurs hermaphrodites, régulières, pentamères avec pistil dimère, disposées en capitule involucré.

Le calice forme, au-dessus du niveau où il devient libre, cinq lobes foliacés, dont un est médian postérieur. La corolle est gamopétale, régulière, longuement tubuleuse. Les étamines, alternes avec les pétales et concrescentes avec le tube de la corolle, sont toutes fertiles; les filets sont unis entre eux et forment un tube autour du style; ils ne deviennent libres qu’au-dessous des anthères ; celles-ci sont introrses, à quatre sacs s’ouvrant en long, et agglutinées bord à bord au moins dans leur partie inférieure. Le pistil, concrescent avec les trois verlicilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère, se compose de deux carpelles médians, fermés et concrescents, dont le postérieur avorte sans doute dans sa région ovarienne, comme dans les Dipsacées, et dont l’antérieur contient un seul ovule anatrope, attaché en arrière au sommet de la suture, et pendant à raphé dorsal. Le style est unique, terminé par un stigmate entier.

Le fruit est un akène, couronné par le calice persistant et devenu épineux. La graine renferme un petit embryon droit dans l’axe d'un albumen charnu; le plan médian de l’embryon coïncide avec le plan de[symétrie de la graine, et en mèmetempsavecleplan médian du carpelle fertile etde la fleur toutentière.

Genres : Boope ( Boopis ), Calycère ( Caltjcera ), Acicarphe ( Acicarpha ).

Ce petit groupe se rattache intimement aux Dipsacées, dont il a l’ovule épinaste pendant et la graine albuminée ; mais il en diffère par les feuilles isolées, l’absence d’involucelle et la régularité de la fleur.

Résumé des Gamopétales inférovariées à carpelles clos et étamines unies

à la corolle. — En résumé, les cinq familles de l’ordre des Gamopétales infé rovariées qui ont les carpelles clos et les étamines concrescentes avec la corolle peuvent être distinguées de la manière suivante :

stipulées

Isans stipules.

!Pas d'albumen Albumen charnu.

Plusieurs carpelles fertiles.

Un seul carpelle fertile. .. .

isolées

Rubiacées.

Valérianées.

Capri foliacées.

Dipsacées.

Calycérées.

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