COMPOSÉES
FAMILLE 21 Composées .
Appareil végétatif. — Les Composées sont des herbes, des arbustes (Astre, Albertinie, etc.), rarement des arbres (Dendrosère, etc.), de port très divers, quelquefois volubiles à droite (Mikanie, etc.) ou grimpant à l’aide de vrilles foliaires (Mutisie, etc.) ; les feuilles sont isolées ou opposées, rarement verticillées, sans stipules, simples ou composées, à limbe entier ou diversement découpé. Tige, racines et feuilles sont pourvues tantôt de longues cellules isolées sécrétant un liquide opaque et résineux (Chardon, Vernonie, etc.), tantôt de cellules fusionnées et anastomosées en réseau produisant du latex (Laitue, Scorsonère, fig. 424, p. 624, etc.), tantôt de canaux sécréteurs oléifères (Hélianthe, Armoise, etc.); les deux derniers appareils sécréteurs se remplacent pour ainsi dire et se substituent l'un à l’autre (voir p. 628), tandis que le premier peut se superposer au troisième.
Fleur. — Les fleurs sont toujours disposées en capitules, ou fleurs composées, caractère d’où la famille a tiré son nom (voir fig. 150, p. 345, et fig. 189, p. 369). Ces capitules, réduits parfois à un petit nombre de fleurs (Armoise cine, capitule femelle de Xanthe, etc.) ou même à une seule fleur (Échinope, capitule femelle d’Ambrosie, etc.), sont tantôt solitaires, terminaux (Chardon, Astre, Hélianthe, etc.) ou axillaires (Spilanthe, etc.), tantôt groupés à leur tour en grappe (Armoise, etc.), corymbe (Tanaisie, Achillée, etc.), épi (Ambrosie, Chicorée, etc.), capitule (Echinope, Lychnophore, Lagascée, Syncéphalanthe, OEdère, Grundélie, etc.), en cyme bipare (Eupatoire, etc.) ou unipare scorpioïde (Vernoniesde la section Lépidaplée). Le réceptacle du capitule est diversement conformé, plan (Chardon, Astre, Hélianthe, etc.), convexe (Hélène, Matricaire, etc.) ou concave (Centaurée, etc.) ; il est toujours muni de bractées stériles disposées en un ou plusieurs rangs, et, dans ce dernier cas, allant en décroissant de dehors en dedans, libres, ou plus ou moins concrescentes (Tagète, Adénostemme, etc.), formant l’involucre. Les bractées mères des fleurs sont membraneuses (Hélianthe, Achillée, Porcelle, etc.), parfois rudimentaires, réduites à des soies (Chardon, Carline, etc.) ou même tout à fait avortées (Chrysanthème, Astre, Salsifis, etc.); elles peuvent être développées à la circonférence, où elles passent peu à peu aux bractées de l’involucre, et avortées dans la région centrale du réceptacle (Filage, Logfie, etc.). Elles sont parfois soudéees entre elles et avec celles de l’involucre en une masse épaisse qui renferme un (Ambrosie) ou deux fruits (Xanthe). Les fleurs sont hermaphrodites, unisexuées ou neutres par avortement, la répartition des trois sortes de fleurs étant variable suivant les genres et pouvant servir à les caractériser. Elles sont pentamères avec pistil dimère (fig. 1210), et leur organisation s’exprime, au-dessous de la séparation du calice, par la formule : F = (5S + 5P + 5E + 2C°), qui devient, au-dessus de la séparation du calice : F= 5S -f (5P + 5E) + (2C°).
Le calice ne se prolonge, au-dessus du niveau où il devient libre, que sous forme d’un bourrelet annulaire entier (Chrysanthème, Pâquerette, Tanaisie, Achillée, etc.), portant soit une couronne de soies lisses ou plumeuses (Char-
Fig. 1210. — A, diagramme de la Heur d’une Composée. B, les quatre formes de corolle: a, tubuleuse; b, ligulée h cinq dents; c, liguléc à trois dents; d, bilabiée.
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don, Astre, Laitue, Vernonie, etc.) (fig. 1211 et fig. 188, p. 368), soit quelques petites écailles membraneuses (fig. 1212) (Gai)lardie, Arctote, Hélianthe, fig. 258, p. 401, Hélène, Matricaire, etc.). Ces écailles ont quelquefois une nervure médiane et des stomates (Gaillardie) ; elles sont parfois au nombre de cinq et alternes avec les pétales (Gaillardie, Odontosperme, Sphénogync, Nassauvie, Krigie, etc.) ; le plus souvent, elles sont en nombre différent, plu* grand (Arctote, etc.) ou plus petit, se réduisant, par exemple, à deux médianes (Hélianthe) ou latérales (Bident).
La corolle est formée de cinq pétales concrescents, dont le médian est
tourné en avant; rarement elle se réduit à un petit bourrelet ((leur femelle d’Ambrosie) ou avorte entièrement (Thespide, fleur femelle de Xantbe). Elle ne possède souvent que des nervures comraissurales sans nervures médianes (fig. 1212) voir p. 367 et p. 873) ; pourtant les nervures médianes y sont aussi parfois bien développées (Dahlie, Gaillardie, Hélène, Arnice, etc.). Elle est tantôt
régulière (fig. 1210, B, à) (Chardon, fig. 1211, Vernonie, etc.), tantôt zygomorphe, et cela de quatre manières différentes : lu parce que les pétales, bien que tous égaux, sont profondément séparés en arrière et tous ensemble étalés en avant en une languette à cinq, dents, formant ainsi une corolle ligulée (1210, B, b) (Chicorée, fig. 1212, etc.) ; 2° parce que les pétales sont inégaux, plus profondément séparés sur les côtés qu’en arrière et en avant, et forment une corolle bilabiée, à lèvre inférieure plus grande que la supérieure (fig. 1210, B , d) (Nassauvie, fleurs centrales des Mutisies, etc.); 3° parce que les pétales sont inégaux, l’antérieur plus grand, les autres de plus en plus petits vers l’arrière, sans qu’il y ait formation de deux lèvres (fleurs périphériques des Centaurées, etc.) (voir fig. 188, B , p. 368) ; 4° enfin, parce que, dans la corolle bilabiée, la lèvre supérieure avorte de bonne heure et ne laisse
Fig. 1211.— Fleur de Chardon ( Cardu us).
Fig. 1212. — Fleur
de Chicorée (Cichorium' ).
Fig. 1213. — Androcée de Composée, à anthères agglutinées en tube.