COMPOSÉES
subsister que la lèvre inférieure en forme de languette à trois dents, produisant ainsi une corolle ligulée, qu’il faut se garder de confondre avec la i corolle ligulée à cinq dents signalée plus haut (fig. 1210, B, c ) (fleurs périphériques du capitule des Anthémide, Astre, Hélianthe, etc.) (voir fig. 189, p. 369). De là, cinq formes de corolles : tubuleuse régulière, liguléeàcinq dents, bilabiée, tubuleuse irrégulière et ligulée à trois dents. Tantôt le capitule ne renferme que des fleurs d'une sorte: tubuleuses régulières (Chardon, Vernonie, etc.), ligulées à cinq dents (Chicorée, etc.), bilabiées (Nassauvie, etc.); tantôt il contient deux sortes de fleurs: au centre, des fleurs tubuleuses régulières; à la périphérie, des fleurs tubuleuses irrégulières (Centaurée, etc.), des fleurs bilabiées (Barnadésie, etc.) ou des fleurs ligulées à trois dents (Hélianthe, j Astre, Souci, etc.); ou bien: au centre, des fleurs bilabiées; à la périphérie, des fleurs ligulées à trois dents (Mutisie, etc.). Les fleurs périphériques ont, en outre, assez souvent leur corolle autrement colorée que celles du centre (Anthémide, etc.).
Les cinq étamines sont alternes avec les pétales, concrescentes avec le tube de la corolle, toutes égales et fertiles, quelle que soit la forme de la corolle 1 (fig. 1210, A); les filets sont libres entre eux, rarement concrescents (Diptérocom.e, Barnadésie); les anthères, introrses à quatre sacs s’ouvrant en long, sont ordinairement agglutinées bord à bord en un tube qui entoure le style I fig. 1210, A, 1211, 1212 et 1213); elles demeurent rarement libres (Xanthe, Ambrosie, Eleuthéranthère). Cette union presque constante des anthères a fait quelquefois donner à la famille le nom de Synanthérées; on a vu qu’elle existe déjà chez les Calycérées.
Le pistil, concrescent avec les trois verticilles externes dans toute la longueur de l’ovaire, qui est infère, se compose de deux carpelles médians, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire (fig. 1210, A); cet ovaire contient un seul ovule anatrope dressé, inséré à la base du carpelle antérieur et tournant aussi son raphé en avant; il en résulte que l’ovule est hyponaste, et non épinaste, comme dans les familles précédentes. L’ovaire est terminé par un style unique, divisé en deux branches stigmatiques recourbées en 1 dehors. Le développement de la fleur à été représenté figure 238, page 401.
Fruit et graine. — Le. fruit est un akène, à sommet nu (Chrysanthème, Chicorée, Hélianthe, etc.) ou couronné par une aigrette provenant du développement du calice (Chardon, Laitue, Astre, etc.), aigrette qui joue un grand rôle dans la dissémination ; elle est quelquefois portée par un long bec rigide (Pissenlit, Laitue, etc.). Le fruit est très rarement une drupe (Ostéosperme). Les akènes du capitule sont parfois enveloppés par les bractées soudées, et enfermés ainsi dans autant de logettes (Ambrosie, Xanthe); ailleurs ils sont nichés dans autant d’alvéoles du réceptacle (Albertinie, Balduine). La graine renferme un embryon droit à cotylédons plans, rarement enroulés (certaines Bobinsonies, etc.), sans albumen. Le plan médian de l’embryon tantôt coïncide avec le plan de symétrie du tégument et en même temps avec le plan médian du carpelle fertile et de la fleur tout entière (Salsifis, Souci, etc.), tantôt est perpendiculaire à ce plan (Hélianthe, Tagète, etc.).
Principaux genres. — La famille des Composées, répandue par toute la
DICOTYLÉDONES
Terre, mais surtout dans les climats tempérés subtropicaux, est la plus vaste de l’embranchement des Phanérogames; elle comprend, en effet, 766 genres avec plus de 10000 espèces. On n’en connaît que 27 espèces fossiles, toutes tertiaires : 4 Silphides,21 Cypsélites,l Bidentite etl Hvosérite.
D’après la forme de la corolle et la disposition des fleurs dans le capitule, les genres peuvent être groupés en quatre grandes tribus, comme il suit :
1. Lioih.ifi.ores. — Fleurs d’une seule sorte, ligulées à cinq dents : Scolyme ( Scolymus ),
Chicorée ( Cichorium ), Microsère ( Microseris ), Hyosère ( Hyoseris ), Lampsane ( Lapsana ), Picride ( Picris ), Crépide {Crépis), Epervière ( Hieracium ), Porcelle ( llypoc/iœris ), Liondent ( Leontodon ), Chondrille ( Chondrilla ), Laitue ( Lactuca ), Laiteron [Sonchus), Salsifis (Tragopogon), Scorsonère [Scorzonera), etc.
2. Tubuliflores. — Fleurs d'une seule sorte, tubuleuses: Veruonie {Vernonm), Agérate
(Agératum), Stévie ( Stevia ), Eupatoire ( Eupatorium ), Echinope [Echinons), Carline (Curlina), Chardon ( Carduus ), Cnice ( Cnicus ), Artichaut ( Cinara ), Saussurée ( Saussurea ), Jurinée ( Jurinea ), Sarrète ( Serratula ), Centaurée ( Ccntaurea ), Carthame ( Cartha mus), etc.
4. Radiées. — Fleurs de deux sortes, tubuleuses au centre, ligulées à trois dents à la périphérie : Solidage ( Solidago ), Pâquerette ( Bellis ), Astre [Aster), Oléaire ( Otearia ), Vergerette (Erigeron), Convze ( Conyza ), Baccharide ( Baccharis ), Blumée (BLumea), Filage ( Filago ). Gnaphale ( Gnaphalium ), Hélichryse [. Helichrysum ), Cassinie ( Cassinia ), Inule (lnula), Pulicaire [ Pulicaria ), Silphe ( Silphium ), Ziunie [Zinnia), Wédélie (Wedelia), Viguière ; Vig niera), Hélianthe [Helianthus), Coréopside [Coreopsis) , Dahlie( Dahlia). Bident. (Bidens), Calée (Calea), Ta.gèle(Taqetes), Pectide [Pectis), Athanasie [Athanasia], Achillée [Achillea), Anthémide [Anthémis), Chrysanthème ( Chrgsanlhemum ), Matricaire ( Mairie aria), Cotule [Cotula),Taun\s\e[Tanacetum), ArcaoiaelArtemisia), Arnice [Arnica], Cinéraire ( Cineraria ), Séneçon ( Senecio ), Souci ( Calendula ), Ursinie ( Ursinia ). Arctote ( Arctolis ), Berkhée ( Berkhega ), etc.
4. Labiatifloues. — Fleurs bilabiées, seules (Nassauvie, etc.), avec des fleurs tubuleuses au centre (Barnadésie, etc.), ou avec des fleurs ligulées à trois dents à la périphérie (Mutisie, etc.) : Barnadésie ( Barnadesia ), Mutisie ( Mulisia ), Onosère (Onoseris), Chuquirague ( Chuguiragua ), Moquinie ( Moquinia ), Chétanthère [Chætantkera), Chaptalie ( Chaptalia ), Pérézie [Perezia), Trixide ( Trixis ), Nassauvie [Nassauvia), etc.
Seule, la Iribu des Liguliflores est nettement limitée; les trois autres sont reliées par de nombreuses transitions. Cette différence s’accuse encore davantage si l’on remarque que les Liguliflores possèdent les réseaux laticifères à cellules fusionnées, représentés figure 424, page 624, et sont dépourvues de canaux sécréteurs oléifères ; tandis que les plantes des trois autres tribus sont, au contraire, ordinairement munies de canaux sécréteurs oléifères, mais privées de réseaux laticifères. Aux canaux oléifères, qui existent seuls chez les Radiées, s’ajoutent chez la plupart des Tubuliflores, surtout dans la tige et dans les feuilles, de longues cellules à suc trouble et résineux. De sorte que l’appareil sécréteur revêt dans cette famille trois formes distinctes, qui caractérisent plus ou moins nettement les trois principales tribus et leur donnent des propriétés différentes. Ainsi, les Liguliflores doivent à leur latex d’être tantôt narcotiques et vénéneuses comme la Laitue vireuse, tantôt amères comme la Chicorée sauvage ou le Pissenlit dent-de-lion; les Radiées doivent à leurs canaux oléifères d’être stimulantes et aromatiques comme l’Anthémide noble, vulgairement Camomille, I’A. pyrèthre, l’Armoise vulgaire, l'A. estragon etl’A. absinthe, etc. ; les Tubuliflores, enfin, doivent à leurs cellules résinifères d’être astringentes et fébrifuges, comme le Silybe de Marie, l’Artichaut scolyme, l’Eupatoire officinale, etc.
Plusieurs Composées sont alimentaires par leurs racines, cuites comme les Scorsonères et les Salsifis, ou torréfiées comme la Chicorée sauvage ; par les tubercules de leur rhizome, riches en inuline, comme l’Hélianthe tubéreux, vulgairement Topinambour; par les feuilles, après qu’on leur a fait perdre