ACCIDENTS DE LA SURFACE
cellule superficielle, cessant de croître sans s’exhausser ni s’enfoncer, se diivse en deux moitiés qui se séparent et s’arrondissent de manière à laisser entre elles une ouverture en forme de boutonnière, une sorte de bouche dont elles sont les deux lèvres. Une pareille bouche est ce qu’on appelle un stomate, et par elle le milieu extérieur trouve accès dans l’intérieur du corps de la plante.
Quelques mots sur chacune de ces trois sortes d’accidents.
Poils. — Tout ce qui naît de la croissance vers l’extérieur d’une des cellules superficielles du corps est un poil. La plupart des plantes ont ainsi leur surface hérissée d’un grand nombre de poils, aussi bien si le corps est simple (pie s’il est rameux, et dans ce dernier cas toutes les parties peuvent en former, qu’elles soient semblables ou différenciées. Quand une partie du corps en est couverte, on la dit velue ; quand elle en est dépourvue, on la dit glabre.
Rien de plus varié d’ailleurs que la forme des poils (fi g. 34). Simples, étoilés, ou rameux, filiformes, écailleux ou massifs, isolés ou groupés en bouquet, dressés perpendiculairement ou réfléchis parallèlement à la surface qu’ils couvrent, on les rencontre tantôt d’une seule sorte sur de grands espaces comme nous le verrons plus tard sur les racines, tan tôt de plusieurs sortes
entremêlées en des points très rapprochés, comme sur un grand nombre de feuilles.
Ici, ils sont éphémères ; ils couvrent la surface des parties jeunes et tombent sans laisser de traces quand elles sont développées. Là, ils persistent aussi longtemps que la partie qu’ils revêtent. Nous ne faisons en ce moment qu’en signaler l'existence, devant y revenir plus tard avec détails.
Émergences. — Quand la protubérance, au lieu de provenir de la croissance d’une seule cellule superficielle, procède du développement local d’un certain nombre des cellules sous-jacentes, qui forment une bosse recouverte par les cellules superficielles, elle prend le nom d 'émergence. Tels sont, par exemple, les aiguillons des Rosiers ( Rosa ) et des Ronces (/ lubus ); telles sont aussi les verrues ou piquants qui hérissent la surface d’un grand nombre de fruits, comme ceux du Ricin ( Rieinus ), de l’Aigremoine ( Agrimonia ), etc.
Émergences piiîfères. — Parfois ces deux sortes d’accidents en relief se combinent et se superposent. 11 se fait une émergence, au sommet de laquelle une cellule superficielle se prolonge en poil. C’est ce qu’on observe, par exemple, dans l’Ortie ( Urûca ) et dans la Garance ( Rubia ) (fig. 34, d et <7), où le poil enfonce sa base élargie dans l’émergence qui le supporte, ainsi que dans le Diclamne blanc ( Dictamnus albus), vulgairement Fraxinelle, où le poil est terminal.
Fig. 34. — Diverses formes de poils simples : a, de la corolle d’une Primevère ( Primula sinensi.t); b , de la corolle d’un Muflier (Antirrhinum majus) ; n, de la corolle d’une Violette ( Viola altaica) ; dy de la tige d’une Garance (Rubia tinctorum) ; e, f, g divers états du développement du poil d’une Ortie ( Urtica dioica ). (D’après Kny).
7 0 MORPHOLOGIE GÉNÉRALE DU CORPS
Cryptes. — Les cryptes sont des accidents en creux qui ont généralement la forme d une bouteille à col étroit. On les trouve abondamment développées
dans tout le corps des Yarecs {Fucus), dans les feuilles du Nérion oléandre(Aren’um oleander){ fig. 35), dans celles des Banksies ( Bank sia), etc. Elles s’allongent quelquefois en forme de sillons, comme dans la tige des Casuarines ( Casua rina) .
Cryptes pilifères. — Parfois lisse, leur paroi interne développe souvent certaines de ses cellules en autant de poils, qui y demeurent renfermes, comme dans le Nérion, ou qui s'échappent en pinceau par l’ostiole, comme dans les Yarecs.
Ou bien encore le fond de la crypte se relève en un seul poil massif, qui remplit la cavité tout entière, comme dans le chapeau mâle des Marchandes ( Marchanda ). La crypte est alors pilifère.
Stomates. — Un stomate résulte de la division en deux d’une cellule périphérique, avec écartement ultérieur des deux moitiés au milieu delà face de contact, ce qui donne lieu à une ouverture en forme de boutonnière (fig. 36). Par ces ouvertures, les espaces vides que le corps renferme entre ses cellules communiquent directement avec le milieu extérieur.
On rencontre les stomates pressés en grand nombre sur les parties aériennes du corps de la plante, et notamment sur les feuilles, oit ils sont visibles à la loupe et parfois à l’œil nu, comme autant de petits points blancs. Les espaces intercellulaires du corps renfermant principalement des gaz, c’est à faire communiquer les gaz internes avec l'atmosphère extérieure que les stomates sont essentiellement destinés. 11 était nécessaire et il suffit, pour le moment, de savoir que la surface de la plante aérienne est ainsi perforée, ouverte de toutes parts, et que son corps est directement accessible à l’air jusque dans ses profondeurs. Nous aurons à revenir plus tard sur les stomates, en traitant de la structure de la plante.
Émergences et cryptes stomatifères. — Les stomates sont généralement disposés sur les régions planes de la surface du corps. On en trouve cependant qui sont portés chacun au sommet d’une émergence, comme dans le fruit des Balisiers {Canna). On en rencontre aussi qui sont enfoncés et localisés dans des cryptes, sur la paroi desquelles ils sont entremêlés à la base des poils, comme
Fig. 35. — Section transversale de la feu lie du Nérion oléandre (Nerium Oleande7')t vulgairement Laurier- Rose, passant par une des cryptes pilifères et stomatifères de la face inférieure. Les grains de chlorophylle ne sont marqués que dans la moitié gauche de la figure.