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ABSORPTION DE LA RACINE

résidu solide. Ce résidu étant déjà très faible, si l’exosmose y a une part, il est bien certain que ce phénomène ne joue dans la racine qu’un rôle très peu important.

Étant donné que les racines renferment bien des matières diffusibles dans l’eau, sachant que ces mêmes matières quand elles sont contenues dans d’autres parties du corps, dans les cotylédons, par exemple, s’exosmosent très facilement (p. 16o), on trouvera ce résultat des plus remarquables. Il est aussi des plus utiles à la vie de la plante, car ce serait grand dommage pour elle que tant de matières qu’elle a fabriquées pour son usage allassent se perdre ainsi indéfiniment dans le sol. Pour l’expliquer, on ne peut guère invoquer que l’état particulier des membranes des cellules superficielles et notamment des poils, état tel que les substances solubles d’origine végétale, comme les sucres, les acides, etc., ne les traversent que très difficilement ou pas du tout.

Au point de vue pratique, cette solution approchée suffit déjà pour ôter toute valeur à la théorie ancienne, dite des excrétions de racines, par laquelle on voulait expliquer la nécessité de la rotation des cultures, les prétendues sympathies et antipathies des plantes, etc.

Ramenée ainsi tout au moins à des proportions très faibles, la question de l’exosmose par la racine n’est pourtant pas complètement résolue. On vient de voir combien elle est difficile, puisqu’il y faut tenir compte de débris dont la quantité et la nature sont inconnues. En prenant des racines dépourvues de poils, comme celles de Lis, d’Ail ou de Jacinthe, on éliminerait l’une des causes d’erreur. Pour se débarrasser de l'influence de la coiffe, il faudrait opérer après sa chute quand elle est caduque, comme dans les racines d’IIydrocharide ou d’Azolle. Il faut remarquer aussi que quand on aurait démontré qu’une substance particulière introduite artificiellement dans la plante, un poison par exemple, s’est échappée en partie dans l’eau qui baigne ses racines par une véritable exosmose, la preuve ne vaudrait que pour cette substance ; il ne serait nullement permis d’en conclure que le sucre, par exemple, ou telle autre matière qui fait normalement partie du corps, s’exosmose par les racines. La preuve de l’exosmose doit être faite pour chaque substance en particulier.

Les recherches les plus précises accomplies dans cette voie ont conduit jusqu'ici à un résultat négatif (1). De sorte qu’après avoir reconnu comme certain que l’exosmose ne s’opère par les racines qu’avec une intensité très faible, nous sommes amenés à regarder comme probable qu’elle ne s’y fait pas du tout.

Il est une circonstance pourtant où il semble d’abord que quelque principe soluble s’échappe par cette voie. Une racine qui se développe dans l’air humide sur du papier bleu de tournesol rougit le papier sur son passage et chaque poil y marque sa trace colorée. La membrane est donc mouillée par un liquide acide, produit par la cellule elle-même. Mais cet acide est retenu par la membrane qu’il imbibe, il ne se répand pas au dehors dans l’eau distillée. En effet, si 1 on ajoute à l’eau une dissolution de permanganate de potasse, il ne se fait de précipité pulvérulent de manganèse que sur les membranes elles-mêmes et

(1) Notamment celles de Uuger (1833), Walser (1838), Rracounot (1839), Triuchiuetti (1834) et Boussingault (1873).

VAN TIF.GHE.W, TRAITÉ , 2e ÉDITION.

PHYSIOLOGIE DE LA RACINE

non dans le liquide. On ne peut donc pas invoquer cette acidité des membranes comme la preuve d’une exosmose par les racines.

Action de la racine sur les solides. Digestion.

C’est pourtant par cette acidité de la membrane des poils et par les autres propriétés du liquide dont elle est imprégnée, que la racine devient capable d’agir énergiquement sur les parlicules solides de la terre où elle se développe.

Soudure des poils avec les particules solides. — En se développant dansle sol, les poils ont leur croissance à chaque instant gênée par la pression et les frottements des particules solides ; ils s'appliquent en conséquence étroitement sur elles, se moulent, se soudent à leur surface et les enveloppent de leurs replis (voir p. 193 et p. 194, fig. 58). Aussi quand on retire avec précaution une racine développée dans du sable fin, et qu’on la secoue doucement, voit-on une gaine de grains de sable persister autour d’elle dans toute la région des poils, pendant que sur les extrémités jeunes et sur les parties âgées le sable n’adhère pas

Fig. 71. — Deux plantules de Moutarde blanche (S inapis alba), développées , l’une dans l’eau A, l'autre dans le sable humide B. Dans B, les poils de la racine retiennent les grains de sable, avec lesquels ils sont intimement unis (d’après Sachs).

(fig. 71 et 7 2). Si l’on agite plus fortement, ou si l’on essuie la surface, les grains se déta-

Fig. 72. — Deux plantules de Blé cultivé ( Triticuin sativuni), développées dans de la terre et secouées. Dans la plusjeune A , les racines sont entièrement enveloppées d’une gaine terreuse adhérente aux poils, excepté dans la région de croissance. Dans l’autre S, plus âgée d’uu mois, les parties anciennes, ou les poils sont morts, ne retiennent plus la terre; les parties jeunes, où les poils sont vivants, sont seules enveloppées de granules (d’après Sachs).

client, mais en entraînant avec eux les poils brisés.

Action «liges-

Que se passe-t-il dans ce contact intime des poils avec les particules solides ? Le liquide acide qui imbibe la membrane des poils exerce sur ces particules une action corrosive, comme il a été expliqué plus haut (p. 157). Les carbonates de chaux et de magnésie, le phosphate de chaux, etc.r

tive de la racine-

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