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DIGESTION DE LA UACINE

sont attaqués ainsi, rendus solubles et enfin absorbés comme les matières solubles ordinaires. C’est une véritable digestion au contact, avec absorption consécutive.

C’est de la même manière que les racines des plantes qui vivent dans l’humus et dans les feuilles mortes, comme la Néottie [Neottia Nidus-avis), par exemple, attaquent les substances ligneuses, les rendent solubles et ensuite les absorbent, en un mot les digèrent.

On peut donc dire que la racine digère les particules solides du sol ; sa fonction digestive ne s’exerce d’ailleurs que dans la région des poils et au contact direct de leur membrane imprégnée de sucs acides.

Résumé des fonctions externes de la racine. — En résumé, la racine fixe la plante au sol et exerce sur le sol une triple action : sur les gaz, en respirant ; sur l’eau et les matières dissoutes, en les absorbant ; sur les solides, en les digérant. Ces trois phénomènes se manifestent à la fois sur chaque racine ou radicelle dans la région des poils; bien plus, il peuvent s’accomplir tous ensemble le long d’un même poil. Il suffit pour cela que cette radicelle ou ce poil trouve sur son parcours à la fois des particules solides et des interstices occupés, les uns par du gaz, les autres par du liquide.

Des quatre fonctions externes que la racine remplit ainsi quand elle possède sa forme ordinaire, il en est trois qui lui sont spéciales, qui ne se retrouvent pas normalement dans les autres membres de la plante : ce sont la fixation, l’absorption et la digestion. La racine est donc essentiellement l’organe fixateur, absorbant et digestif de la plante. La respiration, au contraire, n’appartient à la racine que comme partie constitutive du corps ; nous verrons en effet que les autres membres la possèdent au même titre qu’elle : c’est une fonction générale.

C’est encore ce triple rôle fixateur, absorbant et digestif que la racine remplit quand elle produit des suçoirs, soit dans toute son étendue, comme dans le Gui, soit seulement sur quelques-unes de ses radicelles, comme dans le Mélampyre et le Rhinanthe, dans le Thèse, dans l’Orobanche, etc.

Les différenciations secondaires de la racine, en tant du moins qu’elles correspondent à des fonctions externes, c’est-à-dire en mettant à part les tubercules, qui sont des réservoirs nutritifs, ont un rôle purement mécanique et servent à soutenir la plante, comme le Lierre avec ses crampons, la Vanille avec ses vrilles, la Jussiée avec ses flotteurs, le Derris avec ses épines (voir p. 207) : ce sont des fonctions accessoires.

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