NECTAIRES FLORAUX
nectar (beaucoup de Monocotylédones) (fig. 205, A). Enfin le stigmate luimême peut contenir des sucres en abondance, devenir un vrai nectaire, tandis rpie le liquide stigmatique prend toutes les qualités du nectar, comme on le voit dans le Peuplier ( Populus ), dans le Gouet [Arum), etc.
Nectaires dépendant du réceptacle floral. Disque. — Entre les insertions du calice, de la corolle, de l’androcéc et du pistil, le réceptacle de la fleur développe quelquefois certaines parties accessoires, de forme variée, qui sont des nectaires. Ces pièces ne sont pas des feuilles, mais seulement des protubérances, des émergences du réceptacle, qui n’apparaissent que peu de temps avant l’épanouissement. Leur nature morphologique est la même que celle de la cupule (p. 350). Pour les distinguer des nectaires de la première catégorie, qui sont foliaires, on en désigne l’ensemble sous le nom de disque. Il est d’ailleurs quelquefois difficile de décider si un nectaire donné appartient au disque, ou s’il est une dépendance de la base des carpelles, des étamines ou des pétales.
Le plus souvent c'est entre l'androcée et le pistil que le disque est situé. Tantôt il est composé d’un certain nombre de tubercules indépendants, disposés en verticille autour de la base du pistil, en même nombre que les sépales et les pétales et superposés, ici aux pétales, comme dans l’Orpin [Scdum), la Joubarde ( Sempervivum ), le Cobée (Cobæa), l'Apocyn ( Apocynum ), là aux sépales, comme dans la Vigne ( Vitis), ou bien en même nombre que les carpelles et alternes avec eux comme dans la Pervenche ( Vinca ). Tantôt ces tubercules sont concrescents en un bourrelet à bord uni, comme dans la Rue ( Ruta ), ou en une coupe à bord festonné qui entoure la base du pistil, comme dans le Diosme ( Diosma ), le Tamaris ( Tamarix ). Dans les fleurs irrégulières, le disque aussi est irrégulier, développant davantage et prolongeant en forme d’écaille, tantôt son côté postérieur, comme dans le Résède [Ileseda), tantôt son côté antérieur, comme chez les Labiées et les Papilionacées.
Le disque est parfois situé entre la corolle et l’androcée, comme dans l’Astrocarpe [Astrocarpus) et l’Hippocratée ( Hippocratea ), ou bien entre le calice et la corolle, comme dans laGhironie [Chironia). Il s’étend même quelquefois dans toute la partie du réceptacle comprise entre le calice et le pistil et y forme un renflement épais dans lequel sont enchâssés les pétales et les étamines, comme dans le Cléome ( Cleome ) et le Gardiosperme [Cardiospennum).
La position et le nombre des pièces du disque peuvent changer d’un genre à l’autre dans une même famille, comme on le voit par exemple chez les Crucifères. On y observe tantôt seulement deux tubercules latéraux, situés entre les étamines courtes et l’ovaire, comme dans la Lunaire ( Lunaria ); tantôt quatre tubercules, deux entre les étamines courtes et l’ovaire, et deux entre les sépales antéro-postérieurs et les deux paires d’étamines longues superposées, comme dans le Chou ( Brassica ) ; tantôt quatre tubercules encore, mais disposés entre les étamines longues et les étamines courtes, comme dans l’Ethionème ( Æthionema ). Ailleurs toutes les proéminences se rejoignent en un bourrelet qui laisse les étamines courtes en dehors et les étamines longues en dedans, comme dans le Sisymbre ( Sisymbrïum ).
f 11 arrive quelquefois que le réceptacle, sans produire d’émergences
MORPHOLOGIE DE LA FLEUR
spéciales, accumule des sucres dans toute l’étendue de sa couche superficielle et exsude du nectar par toute sa surface; il n’y a pas alors de nectaires localisés, mais seulement un nectaire diffus; c’est ce qu’on observe dans l’Anémone sylvie ( Anemone nemorosa ) et dans le Populage des marais ( Caltha palustris). Enfin, dans les fleurs dites sans nectaires et sans nectar, on n’en constate pas moins une accumulation de sucres plus ou moins marquée à la base de toutes les feuilles florales et à la phériphérie du réceptacle ; il y a encore un nectaire diffus, mais sans exsudation, comme chez le Millepertuis ( Hyperieum ), le Pavot ( Papaver ), la Morelle (Solarium), la Tulipe ( Tulipa ), le Blé (Triticum), l’Avoine ( Avcna ), etc.
Si diverses qu’en soient l’origine et la nature morphologique, le nectaire floral existe donc toujours et possède partout la même valeur physiologique. C’est toujours une réserve sucrée, destinée à alimenter la croissance des organes voisins et surtout, comme il sera dit plus tard, le développement de l'ovaire en fruit.
Symétrie et plan de la fleur.
Symétrie de la fleur. — Quand elle est verticillée, si toutes les verticilles qui la composent sont réguliers, la fleur tout entière est symétrique par rapport à son axe; elle est régulière, ou actinomorphe, comme dans le Lychnide (. Lychnis ), la Tulipe (Tulipa), etc. Mais il suffit déjà qu’un seul verticille floral soit irrégulier, pour que la fleur tout entière ne soit plus symétrique que par rapport au plan de symétrie de ce verticille, pour qu’elle soit irrégulière, ou zygomorphe. Ainsi la fleur de la Berce (. Heracleum ) est zygomorphe, parce que sa corolle est irrégulière, bien qu’elle ait un calice, un androcée et un pistil réguliers (fig. 178). De même la fleur du Prunier ( Prunus ) est zygomorphe, parce ou’avec un calice, une corolle et un androcée réguliers, elle a un pistil ■irrégulier.
Si deux des verticilles sont irréguliers, leurs plans de symétrie se confondent et ce plan unique partage la fleur en deux moitiés symétriques. Avec un calice et un pistil réguliers, les Labiées et les Orchidées, par exemple, ont la corolle et T androcée irréguliers et symétriques par rapport au plan médian.
S’il y a trois verticilles irréguliers, leur plan commun de symétrie est aussi celui delà fleur tout entière, comme dans les Scrofulariacées, qui ont les trois verticilles externes irréguliers, avec un pistil régulier, comme dans certaines Papilionacées, notamment le Cytise ( Cytisus ), le Genêt ( Genista ), le Lupin ( Lupinus ), le Sophore ( Sophora ), etc., qui ont le calice, la corolle et le pistil irréguliers avec un androcée régulier.
Enfin la zygomorphie atteint son plus haut degré, quand les verticilles qui composent la fleur sont tout à la fois irréguliers et symétriques par rapport au même plan. Il en est ainsi, par exemple dans un grand nombre de Papilionacées, comme le Haricot ( Phaseolus ), le Pois ( Pisum ), le Trèfle ( Trifolium), etc.
Le plus souvent, comme dans tous les exemples qui viennent d’être cités,