SYMETRIE ET PLAN DE LA FLEUR
le plan de symétrie est médian, ou antéro-postérieur; il partage la fleur en une moitié droite et une moitié gauche, qui sont l’image l’une de l’autre dans un miroir. Quelquefois cependant il affecte une position différente. Il est transversal dans le Corydalle ( Corydallis ) et partage la fleur en une moitié antérieure et une moitié postérieure symétriques, parce que la corolle, seul verticille irrégulier, prolonge en éperon l’un de ses pétales latéraux. Il est i oblique dans le Marronnier (. Æsculus ), le Sumac ( Iîhus ), etc. Enfin il est des ! fleurs qui sont dépourvues d’un plan de symétrie ; on les dit asymétriques : telles sont celles de la Valériane ( V aleriana ), du Balisier [Canna), etc.
Dans ce qui précède, il s’agit à la fois d’une symétrie de position et d’une | symétrie de forme. Quand la fleur est cyclique ou mixte, il ne peut plus être question d’une pareille symétrie de position, puisque les feuilles y sont en tout | ou en partie insérées à des hauteurs diverses. Mais la symétrie de forme peut ; encore s’y manifester de deux manières différentes. Si toutes les feuilles d’un ! même cycle, ou d’une même formation, sont égales entre elles dans toutes les | formations, touslescycles qui la constituent étant réguliers, la fleur elle-même | sera régulière. Si, au contraire, les feuilles de certains cycles sont inégales et de telle manière que le cycle, considéré comme un verticille, soit symétrique par rapport à un plan, qui est commun à tous les cycles irréguliers, la fleur tout entière sera irrégulière et pourra être regardée comme symétrique par : rapport à ce même plan. C’est ainsi, par exemple, que les fleurs cycliques de l’Aconit ( Aconitum ) et de la Dauphinelle ( Delphinium ), qui ont un calice et une corolle irréguliers, sont zygomorphes, partagées en deux moitiées symétriques par le plan médian, qui est le plan commun de symétrie du calice et de la corolle.
Pian «le la fleur. — Ceci posé, il est nécessaire, pour faciliter l'étude de la fleur, pour se représenter à chaque instant les rapports de nombre, de position et de symétrie des diverses parties qui la constituent, et surtout pour rendre possible la comparaison de l’organisation florale dans les plantes les plus différentes, d’en tracer le plan, au moyen de signes conventionnels. Ce plan peut être dessiné : c'est un diagramme floral ; il peut être écrit : c’est alors une formule florale.
Diagrammes floraux. — La fleur étant un ensemble de feuilles insérées sur le même rameau, son diagramme s’établira conformément aux principes posés plus haut (p. 61 et p. 307), et on l’orientera toujours, comme il a été dit à la p. 360, entre la bractée mère en bas et la branche mère en haut.
Four en simplifier le tracé, on se bornera à marquer dans le diagramme le nombre et la position des diverses parties, en négligeant à dessein les caractères secondaires de grandeur, de forme, de préfloraison, de concrescence, etc. De cette manière, on pourra comparer facilement entre elles un grand nombre d’organisations florales différentes, en y saisissant d’un coup d'œil les ressemblances et les différences de nombre et de position.
Un petit rond placé au-dessus du diagramme marque toujours la situation de la branche mère; on le supprime si la fleur est terminale. La feuille ou la bractée mère étant au-dessous du diagramme, on peut se dispenser de la représenter ; pourtant on la figure souvent sous forme d'un arc de cercle. La partie
MORPHOLOGIE DE LA FLEUR
inférieure du diagramme correspond donc au côté antérieur de la fleur. De simples points suffiraient aussi à la rigueur pour indiquer le nombre et la disposition des feuilles florales ; mais afin de faciliter aux yeux la vue rapide
Fig. 270. — Diagram me de la fleur des Liliacées.
Fig. 271. — Diagramme de la fleur des Musées.
Fig. 272. — Diagramme de la fleur des I ridées.
des choses, on a fait choix de signes conventionnels différents pour marquer les diverses formations. Les feuilles du périanthe sont représentées par des arcs de cercle et, pour distinguer à première vue les sépales des pétales, on
Fig. 273. — Diagramme de la fleur des Orchidées. A, dans les Orchidées ordinaires, /y, dans le Cvpripède Cypripedium).
Fig. 274. — Diagramme de la fleur des Zingibérécs ( Hedy chium).
Fig. 275. — Diagramme de la fleur des Ruta-
cées (Di a ta innus).
marque les premiers d'une petite proéminence dorsale qui figure une côle médiane.
Le signe employé pour les étamines ressemble à une coupe transversale
Fig. 276. — Diagramme de la fleur des l'rimulacées.
Fig. 277. — Diagramme de la fleur des Hypéricacées (Androsæmum).
tracées Celastrus).
simplifiée de l’anthère ; on en tourne la concavité en dedans ou en dehors, suivant que l’anthère est introrse ou extrorse.
Si les étamines sont ramifiées, on l'indique en massant les signes staminaux en autant de groupes serrés, comme le montre la fig. 277 où les cinq groupes