Grains de pollen de Pri
grandiflore (Primula (jrandiflora). A, contour des grains dans la forme à style long; B, dans la orme à style court (d’après Darwin ).
Fig. 283. Fleurs de Lin grandillore ( Linum yrandiflorum ) , périanthe détaché . A , forme à styles longs ; B , forme à styles courts (d'après Darwin).
(. Hollonia ), l’Androsace (Androsace) , etc.
Le même dimorphisme se présente dans plusieurs autres plantes, dans les Lins ( Linum grandiflorum, perenne, flavum, etc.) (fig. 283), les Pulmonaires (. Pulmonaria of/icinalis, anguslifolia) ( fig. 284), le Sarrasin ( Fagopyrum esrulentum) (fig. 283), beaucoup de Rubiacées ( Mitchella , Borreria , Faramea, Cinchona, etc.).
Quelques autres espèces se présentent sous trois formes florales différentes. Le Lythre salicaire (. Lythrum Salicaria), par exemple, possède une forme à style trois fois plus long que la première, et une forme à style de longueur moyenne entre les deux précédentes (fig. 286). Dans la forme à style court (C). les deux verticilles d’étamines dépassent la corolle; les moins longues ont leurs filets blancs et leur pollen jaune; les plus longues ont leurs filets roses et leur pollen
POLYMORPHISME DE LA. FLEUR
vert. Dans la forme à style long (A), l'an des verticilles d’étamines demeure
Fig. 284. — Fleurs île Pulmonaire ( Pulmonaria anf/usti folia), coupées en long. A, forme à style long: B, forme à style court (d’après Darwin).
Fig. 28j. — Fleurs de Sarrasin {Fayopymm es cul 6 7i t uni), coupées en long. A, forme à styles longs; B, forme à styles courts (d’après Darwin).
inclus dans la corolle, l'autre atteint la longueur des étamines les plus courtes
de la forme à style court; elles ont toutes le pollen jaune. Dans la forme a style moyen (B), l’un des verticilles d'étamines est aussi inclus dans la corolle, l’autre acquiert la longueur des plus longues étamines de la forme à style court; les premiers ont les filets blancs et le pollen jaune, les secondes ont les filets roses et le pollen vert.
Le stigmate de la forme à style court se trouve à la même hauteur que les anthères des courtes étamines des deux autres
formes. Le stigmate de la forme
à style long correspond aussi aux anthères des plus longues étamines des deux autres formes. Enfin le stigmate de la forme à style moyen est à la meme hauteur que les anthères des courtes étaminesde la forme à style court et des longues étamines de la forme à style long.
Fig. 286. — Fleurs du Lythre salicnire ( Lythrum Salicaria , périanthe enlevé en avant. A, forme à style long: B, forme à style moyen ; C, forme à style court (d'après Darwin).
Le même trimorphisme s’observe dans certaines Oxalides (O. speciosa, valdi-
MORPHOLOGIE DE LA FLEUR
viana, Regnelli, rosea, etc.), tandis que d’autres espèces de même genre son homostylées [O. acelosella, etc.). On le retrouve encore dans certaines Pontédéries ( Pontederia ).
Anomalies de la fleur.
On observe quelquefois dans la nature, et beaucoup plus souvent dans les plantes cultivées, des fleurs déviées de quelque façon de leur organisation normale. Les anomalies qu'elles présentent sont parfois utiles à l'homme, qui a intérêt à les fixer, ce qu’il fait par les moyens habituels de conservation que nous avons déjà indiqués sommairement : marcotte, bouture, greffe, et sur lesquels nous reviendrons plus tard. Elles ont parfois aussi une grande valeur scientifique, parce qu'elles viennent mettre en pleine évidence la véritable nature morphologique des feuilles florales les plus différenciées, comme les étamines et les carpelles, en les ramenant par d’insensibles transitions à l’état de feuilles ordinaires. C’est à ce dernier point de vue seulement que nous considérerons ici ces anomalies. Sans en entreprendre l’histoire complète, nous nous bornerons à signaler les principales et surtout celles qui ont un intérêt direct au point de vue de la démonstration de la vraie nature de la fleur (1).
Anomalies de l'inflorescence. Inflorescences doubles. — On trouve parfois, comme il a été dit (dus haut, dans les inflorescences à fleurs nombreuses, certaines fleurs plus grandes et plus éclatantes que les autres, mais aussi plus ou moins complètement avortées.
Ainsi, dans l’inflorescence de l’Hydrangée hortensie [Hydrangea Hortensia ), les fleurs de la circonférence ont un calice très grand et dans lequel toutes les autres parties ont avorté; celles du centre ont un calice très court et une organisation normale. Par la culture, on est arrivé à rendre toutes les fleurs du centre pareilles à celles de la circonférence, c’est-à-dire à exagérer le développement du calice coloré aux dépens des trois autres verticilles, qui avortent. On a transformé ainsi, comme disent les jardiniers, les hortensies simples en hortensies doubles. En faisant de même pour la Viorne obier ( Viburnum Opulus ), on a obtenu cette variété stérile appelée vulgairement Boule-de-neige.
Dans la Dahlie [Dahlia), dans l’Astre de Chine [Aster sinensis), vulgairement Reine-Marguerite, et en général dans les Composées dont le capitule a deux sortes de fleurs, les fleurs du centre sont tubuleuses régulières, à corolles petites, mais à organisation complète, celles de la périphérie sont irrégulières, à corolle grande, mais à pistil avorté. La culture arrive à rendre les fleurs du centre pareilles à celles de la périphérie, c’est-à-dire à y exagérer le développement de la corolle aux dépens du pistil, qui avorte. L’inflorescence acquiert
1) Consulter : Moquin-Taudon : Éléments de Tératologie végétale, 1841. — Masters : Vegelalile Teratology. Londres, 1869. — Frank : Die K> anUieiten der Pflanzen, p. 248, 1880.