PHYSIOLOGIE
DE LA FLEUR
plusieurs tubes polliniques pénètrent à la fois dans le sac embryonnaire
(fig. 308). Dans les Cupressées, au contraire, un seul tube pollinique suffit à couvrir tout le faisceau de corpuscules serrés côte à côte sous le large entonnoir commun de l'endospermc , comme on l'a vu fig. 200, p. 411; cependant il peut aussi s’en introduire deux dans cet entonnoir(fig. 300).
Fig. 308. — Section longitudinale de la région supérieure de l'en- Ü'^S les pi CUlil I ( S, chaque dosperme et d’un corpuscule, dont la rosette est formée de trois tube pcllinique dissocie les étages de quatre cellules. A , dans le Pin < 'Pinus maritima), avant . , .
l’arrivée du tube pollinique. Il, dans l’Kpicéa (Picea vulgaris), Cellules de la rosette COrresaprès la pénétration du tube jusqu: dans le haut de la cellule een- pondante laquelle COUltrale (d’après Strasburger). 1 ’ *
prend parfois trois étages de cellules superposées (fig. 308) et pénètre un peu dans la grande cellule inférieure du corpuscule, dont le protoplasme tout entier, avec son noyau, constitue l’oosphère. Dans les secondes, l’unique tube pollinique remplit tout l’entonnoir, étale sa large extrémité sur toutes les rosettes et projette au centre de chacune d’elles un court et mince prolongement, qui pénètre jusque dans l’oosphère (fig.
30!(). Au sommet de chaque prolongement, l’épaisse membrane du tube présente une place mince, qui facilite évidemment le passage du protoplasme et du noyau mâle dans l’oosphère, et la formation de l’œuf.
La formation de l’œuf s’opère donc essentiellement dans les Gymnospermes comme dans les Angiospermes. Les différences ne sont que secondaires et c’est plus tard seulement que nous pourrons
rig. 309. — Genévrier ( Juniper us virginiana). Marche des ,
tubes polliniques p, à travers le nucelle nu et l'entonnoir de lCS ctlldicr. DornonS-nOUS à dire l'endospermc ni, jusque sur les rosettes des corpuscules cjg fait ici des divisions dans
(d'après Slrasburger). ‘
le noyau du tube pollinique, qu’il se fait aussi des divisions dans les cellules filles du sac embryonnaire, et que c’est entre les produits de même ordre de ces divisions que l’acte fécondateur
FORMATION DE L’ŒUF
s’accomplit. Ces divisions sont supprimées chez les Angiospermes; il en résulte chez ces plantes un raccourcissement et une simplification des phénomènes.
Caractères g-énéraux «le la formation «le l’œuf chez les Phanérogames. —
Chez toutes les Phanéragames, l’œuf résulte donc, en définitive, de la fusion, de la combinaison de deux corps protoplasmiques pourvus de noyau, combinaison qui porte séparément sur les protoplasmes et sur les noyaux. Ces deux corps, ces deux gamètes , comme on dit en général (p. 20), diffèrent à la fois par leur origine, parleur forme et par la manière dont ils s’unissent; il y a donc hétérogamie ou sexualité. Celui qui fait tout le chemin pour s’unir à l’autre est dit mâle, celui qui reste en place est dit femelle. Mais il faut remarquer qu’ici le gamète femelle, qui est l’oosphère, est seul nettement différencié ; le gamète mâle, qui est une portion du protoplasme du tube pollinique avec le noyau qu’elle enveloppe, n’a ni forme, ni dimension déterminées. En remontant de proche en proche, on dit aussi mâle : le tube pollinique, le grain de pollen, le sac pollinique, l’étamine, l’androcée, la fleur staminée, enfin la plante tout entière quand elle ne porte que des fleurs staminées. De même, on dit femelle : le sac embryonnaire, l’ovule, le carpelle, le pistil, la Heur pistillée et enfin la plante tout entière quand elle ne porte que des fleurs pistillées.
Aux caractères de la plante ancienne, qui lui sont transmis puisqu ils sont déposés à la fois dans le protoplasme et le noyau de l’oosphère, dans le protoplasme et le noyau du tube pollinique, s’ajoutent dans l’œuf des caractères nouveaux, acquis à l’instant même de la fécondation et par le fait seul de la combinaison des deux protoplasmes et des deux noyaux différents. Virtuellement présents, ces caractères nouveaux se manifesteront plus tard peu à peu pendant le développement de l’œuf. Pleinement épanouis dans la plante adidte, ils constitueront la personnalité de cette piante, par où elle diffère de celle qui lui a donné naissance, ce qu’on aopellesa variation, comme il a été dit en général à la p. 29.
Conséquences de la formation «le l’œuf. — Les œufs formés, le rôle de la lleur est rempli. Aussi les diverses parties qui la composent, en dehors du pistil, n’attendent-elles pas l’entier accomplissement du phénomèue pour se détacher ou se flétrir. Déjà la pollinisation du stigmate entraîne de grands changements dans la fleur. Le calice et la corolle tombent le plus souvent avec les étamines, et le pistil demeure seul. Dans les Orchidées, c'est même seulement à la suite et comme conséquence de la pollinisation du stigmate que les ovules se forment à la surface des placentes, ou du moins qu’ils y acquièrent leur développement complet.
Une fois les tubes polliniques parvenus dans la cavité ovarienne, le stigmate et le style, qu’ils ont épuisés sur leur parcours pour se nourrir, se flétrissent, 9edessèchentet bientôt de la fleur toutentière ilne subsiste que l’ovaire. Quand plus tard les œufs se développeront en embryons et les ovules en graines, 1 ovairc deviendra le fruit.